Que la force soit avec nous - Raph

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Que la force soit avec nous - Raph ✻ ( Sam 28 Mai - 21:57 )



❝ Que la force soit avec nous❞
Toi & Moi
Sa tête était appuyée contre son siège, son regard perdu dans l’immensité du ciel. Le sol se rapprochait de plus en plus vite. L’atterrissage se préparait et avec lui l’arrivée d’Avalon aux États-Unis pour la toute première fois de sa vie. Durant son vol, elle avait eu le temps de sympathiser avec sa voisine. Une jeune française de 18 ans qui réalisait son rêve en s’expatriant aux États-Unis. Elle rêvait de devenir actrice et après avoir passé quelque temps chez une de ses amies, elle partirait rejoindre Los Angeles, mais pour le moment elle préférait commencer petit, comme elle aimait si bien dire. Le sourire de cette gamine était radieux, plein de vie et si elle était aussi bonne actrice que voisine alors elle deviendrait surement l’une des meilleures du pays. Grâce à la spontanéité de Chloé et à ses facéties, le voyage s’était écoulé bien plus rapidement que prévu, surtout qu’une partie s’était déroulée durant la nuit. Désormais, plus les minutes s’écoulaient et plus Ava se rapprochait du moment fatidique, ça la terrifiait. Elle avait décidé de venir, de le retrouver, mais que lui dirait-elle une fois qu’elle poserait de nouveau son regard sur lui après 4 ans ? De nombreuses questions se bousculaient dans son esprit et elle ne savait pas par où commencer. Quoique si… Elle allait faire au plus simple. Déjà elle allait se rendre chez Raph, se poser et après elle aviserait. Avec un peu de chance, son ami pourrait même lui venir en aide dans ses recherches, peut-être qu’il connaissait Alec ? D’après ce qu’elle avait pu comprendre, ce n’était pas le cas, mais elle n’avait pas été très claire, un peu perdue par tous les sentiments qui l’avaient envahi après l’annonce qu’il était toujours en vie.  « C’est quand même incroyable cette histoire ! » Un sourire se dessina sur les lèvres d’Ava. Si elle possédait un accent irlandais aux sonorités nordiques, la petite Française parlait en écorchant  chaque syllabe la langue de Shakespeare, mais ça lui donnait un certain charme. « J’aurais adoré vivre en Irlande ! » Ava venait tout juste de terminer de lui raconter une des légendes qui se contait dans son petit coin de paradis. La jeune femme l’avait écouté de A à Z sans décrocher une seule seconde, mais il fallait bien l’avouer Ava savait très bien les raconter. Elle avait tellement baigné dedans depuis son enfance. L’auberge de sa mère et sa grand-mère avant elle était toujours remplie des personnages âgés du village. Alors très souvent, ils avaient pris le temps de raconter à Ava et ses frères et sœurs, les histoires qui faisaient de leur île la plus belle de toutes.

« Bonne chance Ava ». La petite blonde agita sa main avant d’attraper sa valise pour poursuivre sa propre aventure. « À toi aussi ! » Ava lui sourit, mais elle ne met pas longtemps avant de perdre celui-ci. Elle sent une boule envahir sa gorge. Malgré ses nombreux voyages, Ava ne s’est jamais sentie aussi étrangère à un endroit qu’à ce moment précis. Dans cet aéroport bondé où les vies se succèdent à une vitesse invraisemblable. Les gens courent, certains pleurent, d’autres semblent porter une bonne dose de malheur sur les épaules. Au milieu d’eux il y a Ava qui ne sait plus vraiment où elle en est. Sa raison lui dit de repartir, de faire demi-tour avec sa valise. Elle n’a qu’à prendre un billet et dans moins d’une demi-journée elle retrouva son fils et sa vie. Pourtant, même si cette idée lui paraît plus qu’alléchante, elle sait au fond d’elle que rien ne sera net et clair dans sa vie tant qu’elle ne l’aura pas retrouvé. Ava ne va pas à Cap harbor pour reconstruire son histoire brisée, il y a bien longtemps qu’elle a accepté la fatalité. Elle y va pour retrouver un certain goût de la vie et surtout pour que son fils est un père. Elle ne peut pas obliger Sam à vivre comme elle alors qu’il y a une possibilité pour qu’il connaisse Alec, c’était inconcevable pour elle. Ce voyage elle l’avait entrepris en majeure partie pour Sammy, mais aussi pour elle, pour qu’elle puisse tout simplement tourner la page. Elle ne savait pas ce qui l’attendrait à Cap Harbor, encore moins ce qu’elle y trouverait, mais elle savait que c’était ce chemin-là qu’elle empruntait, même s’il était le plus difficile d’entre tous.

Avalon quitta le grand hall de l’aéroport pour se diriger vers les voitures de location. Après quelques formalités avec une Américaine pure souche elle put enfin prendre possession de son véhicule. Elle qui était habituée à sa petite twingo resta dubitative devant l’énorme 4x4 qui se trouvait devant elle. Un léger sourire apparut cependant sur son visage quand elle posa son regard sur la marque. C’était une Chevrolet et elle n’avait jamais eu la chance d’en conduire une. Son petit bonheur fut cependant de courte durée quand elle comprit que son GPS était loin de fonctionner. Elle avait pourtant pris l’option internationale… ou elle avait pensé très fort à le faire. Son cœur manqua un battement au moment où elle comprit son erreur, elle avait complètement oublié de vérifier si on lui avait activé. Sans perdre de temps, elle tenta donc de joindre son agence, mais son portable ne voulait rien entendre. La brune soupira avant de passer ses mains sur ses tempes pour tenter de se calmer. Si elle résumait, elle était aux États-Unis, perdue, loin de tout ce qu’elle connaissait. Retenant une crise de larmes, Avalon sortit du véhicule pour repartir voir l’employée qui s’occupait de la gestion des locations. Par chance, elle possédait une connexion internet et imprima la route à suivre. Ava la remercie d’un millier de mercis avant de remonter en voiture et cette fois-ci elle prit la route.

Pour la belle, tout était démesuré. Elle vivait en Irlande certes, mais à Kinsale une petite ville se situant à environ 25km de Corks où elle travaillait. Si en été, elle se trouvait envahie par les touristes en temps normal seul les locaux y séjournaient et ils étaient peu nombreux. Elle était bien loin de la démesure américaine. Après plusieurs sueurs froides sur les immenses autoroutes, Ava commença tout doucement à se détendre. Elle allait y arriver, elle ne pouvait plus reculer de toute manière. Le futur était devant elle et le passé derrière. Si elle voulait offrir le meilleur à son fils, elle ne pouvait pas tourner les talons. « J’espère que tu me remercieras un jour Sammy » se dit-elle à elle-même alors qu’elle observait la grande route d’asphalte se dessinait devant ses yeux.

3 heures plus tard, le petit village apparut devant ses yeux et elle gara son véhicule sur le parking central.  Ava prit une grande bouffée d’air frais tandis qu’elle s’imprégnait des lieux. C’était joli, assez typique et ça lui rappelait son chez elle. Elle préférait ça à une grande ville, c’était clair et net. Elle avait fait plus de trois quarts du chemin. Désormais, elle n’avait plus qu’à trouver ou loger Raph, ce qui aurait été beaucoup plus facile avec l’adresse. Le problème c’est qu’elle avait oublié de noter celle-ci ! sure et certaine de pouvoir prévenir le grand brun pour qu’il vienne la chercher. Elle n’a plus qu’à espérer qu'une personnse qu'elle croise connaisse Raphael.

Deux heures plus tard, couverte de sueur, transpirante et franchement assoiffée.
Elle gare sa voiture devant une petite maison, quelqu’un lui a assuré qu’il habitait là. Ava n’a plus qu’à espérer que ce dernier ne se soit pas trompé comme les autres personnes qui l’ont toute envoyée sur une piste différente. Prenant son courage à deux mains pour se préparer à arriver chez la mauvaise personne, Ava descend de sa voiture après s’être passé une bonne dose de déodorant. Elle n’avait pas envie d’empester, même si elle savait que c’était déjà le cas. Son aventure américaine connaissait bien mal et même la possibilité de retrouver Alec ne lui avait pas effleuré l’esprit, tant elle était terrifiée à l’idée de se retrouver toute seule dans ce petit village peuplé d’inconnus. Quand elle appuya sur la sonnette, elle pria pour qu’elle soit bien au bon endroit, sinon elle abandonnait et partait dormir dans un hôtel. Tandis que la porte s’ouvrait, Ava était en train de doucement rendre l’âme, elle ne supporterait pas un énième. « Désolée vous vous êtes trompée ! » Alors quand son regard se posa sur ce visage connu elle ne put s’empêcher de laisser échapper, un vrai soupire, de bonheur. « Raphael ! » Elle avait jamais été aussi heureuse de le voir. Il ne s’était pas vu depuis bien un an, mais ça ne changeait rien au fait qu’elle l’appréciait énormément et dire qu’ils s’étaient rencontrés à l’autre bout du monde. « Je suis désolée d’arriver si tard, j’ai eu un problème avec mon téléphone, puis je n’avais pas écrit ton adresse. Bref, ça fait deux heures que je parcours Cap Harbor en long en large et en travers. » Elle se mit à rire, riant de sa propre bêtise, elle avait été franchement nulle sur le coup. « C’est vraiment sympa de m’héberger, t’as meilleure mine que la dernière fois que je t’ai vu. » et elle ponctua cette remarque d’un léger sourire. Il avait commencé un traitement pour sa tumeur, mais se doutait que cela ne devait pas être facile tous les jours, surtout pour lui, après tout ce qu’il avait vécu.



© Pando

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Re: Que la force soit avec nous - Raph ✻ ( Jeu 2 Juin - 19:08 )

Avalon ∞ Raphaël
Elle a tout rempli. Elle est la seule raison pour laquelle j’suis en vie. J’comprends pourquoi j'ai affronté la neige, les embouteillages, le gel sur la route : pour m’rappeler que tous les jours, j’dois m’reconstruire et, pour la première fois d’toute mon existence, accepter qu’j'aime un être humain, plus que moi-même. (Citation remaniée de Paulo Coelho, pour coller à l’état d’esprit de Raph, concernant ses sentiments pour Gaëlle et les décisions qu'il a pris, depuis l'accident, pour elle).


Samedi 28 mai :

J’me pince les lèvres, songeur. C’d’un air intrigué qu’j’contemple l’résultat d’ma longue session d’ménage et d’rangement, qui m’a tenu en haleine dès l’aube, ou presque, vu qu’j’me suis réveillé vachement tôt c’matin. Ca m’arrangeait, d’toute façon, car fallait qu’j’fasse un truc que j’n’avais qu’trop repoussé : ranger un peu l’reste d’mes cartons. Ceux qu’attendent, comme des âmes en peine (diantre, ils ressemblent à leur proprio !) qu’j’les foute quelque part. N’allez pas croire pour autant qu’tous sont enfin vidés. Non, c’loin d’être l’cas. J’parle pas uniquement d’c’qui est lié à Elle. J’n’ai sorti que c’que j’avais réellement besoin. Ainsi donc, par exemple, l’ensemble d’mes DVD s’trouvent toujours dans des cartons. Si j’veux voir un film, y’a internet, et sinon, bah… J’n’abruti juste pas encore plus qu’il ne l’est déjà, mon pauvre et innocent esprit, devant un film, c’tout. L’reste, c’est très bien dans les cartons. J’vais pas m’embarrasser du superflu alors qu’j’pense pas m’attarder ici plus longtemps qu’nécessaire. Rien n’est encore sûr, pour l’heure, j’reste surtout pour ma sœur, mais aussi pour Loan et notre gosse. J’pense qu’il m’faudra pas tarder à mettre les voiles. M’installer ailleurs m’apparaît nécessaire, plus l’temps passe, et plus j’en acquiers la certitude ! Reste juste à savoir si j’attends qu’Arnaud, mon neveu, soit prêt à aller s’risquer en Asie pour l’y accompagner, ou si j’me choisis une destination quelconque en attendant, ou encore si j’peux pas juste tailler la route – sans aucune destination d’fixe, en mode baroudeur, mais ça risque d’mettre à mal les soins qu’j’ai enfin décidé d’prendre, plus ou moins sérieusement. Bref, c’encore à réfléchir, tout ça, ça reste flou, mais ça reste une possibilité, une nécessité. Après, d’toute façon, j’sais qu’j’suis « condamné » à devoir revenir ici assez régulièrement. Pour Loan et l’mioche. Pour Gwen qui fait ses études ici. Pour Erin et Flavien, qui viennent juste d’arriver et vont pas s’tirer d’si tôt, ça serait stupide. Pour Cameron (bah ouais, c’mon futur mari, même si j’ai pas encore fait ma demande, mais j’veux qu’ça soit grandiose, notre amour débile l’mérite tellement !). Pour toutes les personnes qu’j’ai pu rencontrer ici et avec lesquelles j’ai réussis à sympathiser, en fait (on va tous faire comme si on n’avait pas remarqué mon excès d’fainéantise d’faire la liste d’tout c’beau monde !) ‘fin, on s’en fout d’ça, là, c’que j’veux dire, c’qu’j’ai encore pas mal d’affaires dans mes cartons. Et qu’en fait, si on regarde ma déco, on s’rend compte qu’c’est plutôt sommaire. C’fait exprès, bien entendu, vu qu’il n’a jamais été prévu qu’j’m’installe pour de bon dans ce p’tit bled ! Ca devait être l’affaire d’un an ou deux, max’. J’ai donc juste déposé quelques photos d’famille un peu partout, plusieurs dessins des mini-Edgecombe, certains rappels à mon goût pour l’Art (photos d’célèbres photographes, représentations d’quelques toiles…) et 2-3 affiches d’films qu’j’aime bien. Même pour l’ameublement et l’électroménager, j’n’ai pris que l’strict minimum.

Entre mes lèvres, j’emprisonne une nouvelle clope, alors qu’j’regarde Placebo et Pandore faire les cons dans c’qui m’sert d’jardin. « Tiens, ton café. », m’fait savoir Héléna, en venant m’rejoindre sur la terrasse. J’l’ai croisé, tout à l’heure, en début d’après-midi, alors que j’faisais un break dans mon jogging (n’ayant eu l’temps d’le faire c’matin), afin d’aller m’acheter un nouveau paquet d’cigarettes. On a échangé quelques mots, et d’fil en aiguille, on a fini chez moi, sans qu’ça n’soit réellement prévu. D’un hochement d’tête, j’la remercie, tandis qu’elle s’installe sur l’banc, à mes côtés. J’vois bien qu’elle cherche à démarrer une conversation, mais j’fais rien pour l’y encourager. D’toute façon, comme j’lui ai fait comprendre, j’la vois pas vraiment pour parler, hein… « T’es sûr de vouloir héberger… cette nana ? », peste-t-elle finalement, n’supportant visiblement plus c’silence, et n’cherchant même pas à camoufler l’mépris qu’elle ressent pour Avalon, dont elle sait l’arrivée imminente, et qu’elle n’connaît même pas. Expulsant la fumée, j’prends même pas la peine d’lui répondre, m’contentant d’attraper mon café pour en boire une gorgée. « On devrait se voir moins souvent ! », continue-t-elle à protester, essayant, une fois encore, de m’faire réagir. Mais ma décision est prise, j’lui ai déjà dis. C’d’ailleurs pour ça, entre autre, qu’j’ai pris la peine d’faire du rangement dans mon bordel, un peu plus tôt dans la journée. Quand j’n’arrive pas à dormir, j’me sens rarement pris d’une frénésie ménagère ! « J’vais prendre ma douche. » . C’tout c’que j’accepte d’lui répondre, la laissant en plan, l’entendant cependant m’demander, alors qu’j’ouvre la porte vitrée pour rentrer chez moi : « Pourquoi tu l’as pas prise avec moi tout à l’heure ? ». Sa voix, qu’elle tente d’rendre suave, m’fait lever les yeux au ciel. « J’avais pas envie. » , voici c’que j’déclare, franc, tout en refermant la porte derrière moi. J’vois son visage devenir boudeur, alors qu’l’offense commence enfin à voir l’jour dans son cerveau d’p’tite brune, bien plus jolie qu’intelligente. Si mon programme n’avait pas été chamboulé par Héléna, ma douche serait déjà prise depuis bien longtemps maintenant. Mais j’ai voulu être gentil, et lui laisser accès à la salle de bain, après qu’on soit rentré chez moi (‘fin, pas de suite après notre arrivée ici, mais on va pas jouer sur les mots, tout d’même !). J’avoue, c’est aussi parce qu’j’avais pas envie d’y aller avec elle. Disons qu’il a été très rare qu’j’prenne une douche avec une autre femme qu’Elle, et c’pas vraiment un truc auquel j’souhaite remédier. C’con, j’en ai conscience, mais c’comme ça.

Ma lèvre s’retrouve captive entre mes dents alors qu’j’fixe Héléna, agacé. « Je te comprends pas, Raph ! », râle-t-elle, les bras croisées sur le ventre, manifestement vexée. C’pas d’ma faute si elle a tenté d’s’inviter sous la douche avec moi, et qu’j’l’ai viré d’là bien rapidement. « J’sais pas, quand on t’dit qu’on veut être seul, t’comprends ça comme une invitation à faire chier ton monde ? » . J’enfile mon t-shirt, ne m’souciant même pas du fait qu’mes cheveux sont encore humides. « Comment tu peux dire non à… ça ? », m’interroge-t-elle en s’désignant d’un ample geste d’la main, comme si elle était une œuvre d’art, fruit du talent des plus grands artistes d’ce monde. J’secoue la tête, tout en ricanant, sans m’inquiéter du fait qu’mes cheveux puissent ainsi projeter quelques gouttelettes d’eau un peu partout. « C’vraiment pas la modestie qui t’étouffe, toi ! » . J’l’entends grogner avant d’me faire savoir que : « Et toi, le savoir-vivre ne t’étouffera jamais ! ». Un regard, et j’hausse les épaules, lui montrant bien c’que j’en fais, d’son savoir-vivre, et d’l’opinion qu’elle a d’moi. « Ecoute, t’ferais mieux d’y aller ! » , qu’j’propose alors, voyant bien qu’elle veut rajouter un truc, mais n’ayant franchement pas l’envie d’l’entendre m’faire la morale quant à ma façon d’me comporter avec les gens. « J’aurai bien aimé qu’on puisse profiter encore un peu l’un de l’autre, avant que l’Irlandaise ne débarque… ». Là, j’esquisse un grand sourire. Sourire d’agacement en entendant, pour la 2nde fois en peu d’temps, d’la jalousie alors qu’elle évoque Avalon. Sourire d’irritation, parce que cette conversation, on l’a déjà eue à plusieurs reprises, depuis qu’Héléna sait qu’Ava va s’installer chez moi quelque temps. « C’une amie, j’vais pas l’envoyer à l’hôtel alors qu’j’ai d’la place ici, ça serait con. Et égoïste ! » . Et là, on retourne dans l’schéma habituel auquel nous mène cette conversation, à chaque fois. Les autres fois où on a abordé c’sujet d’conversation, elle a mis en avant l’absence d’Gwen chez moi, ce à quoi j’lui rétorquais qu’j’avais proposé à ma frangine d’s’installer ici, mais qu’elle a préférée saisir sa chance d’prouver à tous qu’elle peut être indépendante. Même si ça n’empêche pas ma p’tite sœur d’venir souvent m’rendre visite, sachant pertinemment qu’la porte d’ma maison lui sera toujours grande ouverte. Là, pour une fois, la brune change de tactique. Pas la bonne, malheureusement pour elle…. « Ah, oui, j’oubliais : t’es tellement un mec serviable que t’assumes un gosse que tu veux pas ! ». Du regard, j’la foudroie, alors qu’j’lui fais savoir, tout d’même, que : « C’que j’fais, ça t’regarde pas. T’es juste une nana avec qui j’couche d’temps à autre, t’as rien à dire sur ma façon d’vivre ma vie. Et c’quoi votre putain d’problème avec cette grossesse ? J’l’assume : j’suis un gros con. J’l’assumerais pas : j’serais un gros con. » . Tout en parlant, j’me suis dirigé vers la porte d’entrée, qu’j’ouvre en grand : « Dégage ! » . Si elle avait des doutes quant à mon niveau d’énervement, j’pense qu’là, elle est fixée. « Raph… ». Au ton d’sa voix, elle tente visiblement d’me calmer. Elle essaie d’mettre ses charmes en avant, pour y parvenir, mais aussi la douceur d’sa voix, qui lui est fort utile pour son boulot d’infirmière. Elle se dirige vers moi, de sa démarche chaloupée à ses yeux de biche, elle met l’paquet pour tenter d’m’amadouer.

J’ai encore sur les lèvres l’goût d’celles d’Héléna. Elle a usé d’ses charmes pour qu’j’la vire pas d’chez moi, mais ça n’a pas marché. Disons qu’l’entendre m’parler d’Loan, ça m’a mis sur les nerfs en m’rappelant une… embrouille ? qu’j’ai récemment eu, avec Elle, et qu’j’ai toujours pas digéré. Et qu’sentir ses lèvres s’écraser sur les miennes m’a un peu trop remis en mémoire… des choses qu’j’aurai préféré oublier. Source d’grande frustration, qu’j’avais d’ailleurs oublié, l’soir d’ma dernière prise de tête avec une certaine kiné, dans un ascenseur bloqué, dans les bras d’la brune. Ouais, fallait bien qu’elle m’serve à quelque chose. M’enfin, maintenant, Héléna n’devrait plus m’faire chier. Disons qu’elle a vraiment pas supporté l’fait qu’j’ai refusé d’changer d’avis quant à Avalon, et encore moins quand j’lui ai fait savoir qu’il n’se passerait jamais rien d’plus entre elle (Héléna) et moi, qu’une histoire de sexe. Mais l’pire fut sans doute c’que j’lui ai envoyé dans la gueule, quand elle a tenté d’me faire croire qu’il s’passait forcément un truc entre nous, qu’elle l’sentait, dans les moments d’intimité qu’on partageait ensemble, dans la façon qu’j’avais alors d’l’étreindre. Mon sourire s’était étiré pour devenir plus carnassier qu’moqueur quand j’lui avais alors asséné l’coup d’grâce : « C’parce qu’j’pense à une autre, t’crois quoi ? » . Et putain qu’ça a été libérateur d’lui dire. C’cruel, p’têtre bien, j’vous l’accorde, mais disons qu’j’en avais marre, d’prendre des gants, pour lui faire comprendre qu’nous n’serions jamais en couple. Et qu’au bout d’un moment, fallait juste qu’j’l’aide à en prendre conscience. J’l’ai p’têtre fait avec juste un peu trop d’franchise, mais bon, c’moi quoi, j’ai déjà été assez gentil pour n’pas le lui dire dès l’début, tentant d’lui faire passer l’idée autrement. Pas d’ma faute si elle est con comme ses pieds…

Mon pinceau s’retrouve coincé entre mes lèvres, l’temps qu’ma main droite plonge dans la poche d’mon jean pour y extirper mon portable, alors qu’mon autre main est occupée à mettre un peu d’peinture verte sur ma palette. J’pousse un soupir en réalisant qu’non, ça n’est toujours pas un message provenant d’Avalon. « Mais qu’est-c’qu’elle fout ? » . Elle devrait déjà être arrivée depuis un p’tit moment. Maintenant, ça m’inquiète vraiment, car, même si elle n’connaît pas les lieux, et même si elle a fait d’nombreuses pauses sur la route, elle devrait déjà être là. J’connais assez bien l’temps qu’ça prend d’venir d’ici à l’aéroport (et inversement), pour l’avoir fait à quelques reprises, quand j’allais y chercher Erin et Flavien, ou encore certains Edgecombe, m’faisant une p’tite visite. J’remets mon téléphone à sa place, et m’décide à retourner à mon tableau, m’disant qu’j’vais p’têtre attendre encore un peu avant d’m’inquiéter pour de bon. P’têtre qu’Ava a voulu s’faire plusieurs longues pauses, ou qu’elle a connu quelques soucis la sortie d’l’aéroport, pour récupérer ses valises ou louer une voiture, par exemple. Bref, y’a un paquet d’raisons qui peuvent expliquer qu’elle n’soit pas déjà arrivée. Pis, si vraiment elle a un souci, elle a mon numéro…

Un grognement s’échappe d’mes lèvres pincées, alors qu’j’suis concentré sur la toile qui prend vie sous mes coups d’pinceaux, et qu’la sonnette d’la porte d’entrée retentit. J’me débarrasse d’mes affaires pour aller voir d’qui il s’agit, espérant qu’ça soit l’Irlandaise et non Héléna, décidée à revenir à la charge (j’ai déjà eu assez d’ses quelques SMS envoyés dans la journée pour n’pas vouloir la supporter à nouveau.). Un p’tit sourire en coin domine mes lèvres quand, la porte partiellement ouverte, j’vois qu’Ava est sur l’seuil d’la porte : « Raphael ! » , s’écrie-t-elle avec une chaleur indéniable dans la voix, et un immense sourire fendant son visage visiblement éreinté par sa journée. « Je suis désolée d’arriver si tard, j’ai eu un problème avec mon téléphone, puis je n’avais pas écrit ton adresse. Bref, ça fait deux heures que je parcours Cap Harbor en long en large et en travers. » , m’explique-t-elle alors qu’j’ouvre grand la porte, et qu’j’m’appuie mon épaule contre celle-ci. J’secoue la tête, bien amusé par ses péripéties, partageant l’rire qui lui échappe même. « En fait, t’es blonde, c’est ça ? » , qu’j’la charrie, bien content d’la voir enfin, car j’commençais à m’dire qu’il fallait qu’j’tente d’la joindre, pour savoir où elle était, mais j’redoutais qu’son téléphone n’soit plus chargé (hypothèse avec laquelle j’m’étais expliqué l’fait d’n’avoir pas eu d’ses nouvelles.). « C’est vraiment sympa de m’héberger, t’as meilleure mine que la dernière fois que je t’ai vu. » . J’secoue la tête, balayant ses remerciements. « C’normal voyons ! » . Il est vrai qu’on s’connaît pas plus qu’ça, mais j’la considère quand même comme une amie, sans compter qu’elle m’a franchement aidé à remonter la pente, quand j’étais au plus bas. Alors, c’naturel, pour toutes ces raisons, d’lui filer un coup d’main à mon tour. « Et j’avoue qu’j’ai p’têtre meilleure mine qu’toi ! » , qu’j’balance avec un grand sourire taquin. Cela dit, elle n’a pas tort, j’avais franchement une sale tronche en Irlande, mais vu les circonstances, c’était normal. Là, on va dire qu’ça peut aller mieux. « Rentre donc, t’as l’air claquée ! » , dis-je en m’adossant contre la porte, d’manière à la laisser rentrer.

Refermant la porte derrière moi, j’mordille brièvement mes lèvres, enfin débarrassés du goût d’celles d’Héléna. C’qui n’est franchement pas pour m’déplaire, loin d’là. Cela dit, j’trouve, tristement, qu’elles ont toujours l’goût d’un certain baiser manqué, qui m’a pas mal frustré. D’un soupir, j’chasse ces pensées d’mon esprit, pour m’concentrer sur mon invitée. « T’veux manger un bout ? Boire un coup ? » . Vu sa tête, c’bien possible qu’ça soit un joli mélange des deux. Ses valises, j’pense qu’elles peuvent encore attendre un peu dans la voiture, nan ? J’attends qu’elle soit rentrée à son tour dans la maison pour lui indiquer la disposition des lieux, du moins, la localisation des toilettes, car si elle a rôdé longtemps à la recherche d’ma maison, il n’est pas improbable qu’elle souhaite les utiliser incessamment sous peu. Tout faire pour n’pas penser à Elle : voici l’objectif qu’j’poursuis, d’toutes  mes forces, depuis quelques semaines à présent. Pas un franc succès non plus mais j’fais d’mon mieux, d'autant plus qu'Elle est la seule dont l'prénom est l'unique captif dans mon esprit, alors qu'il aimerait franchir l'seuil d'mes lèvres. Que la chaleur de Ses lèvres semble toujours flotter sur les miennes, après... bref... j'ferais mieux d'me concentrer sur Ava, c'bien plus prudent, bien moins frustrant !

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I wanna kiss you, make you feel alright : I'm just so tired to share my nights. I wanna cry & I wanna love, but all my tears have been used up : on another love. If somebody hurts you, I wanna fight, but my hands been broken, one too many times. So I'll use my voice, I'll be so f*cking rude. Words they always win, but I know I'll lose. I wanna cry, I wanna learn to love, but all my tears have been used up. I wanna sing a song, that'd be just ours, but I sang 'em all to another heart. I wanna cry, I wanna fall in love but all my tears have been used up.


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Re: Que la force soit avec nous - Raph ✻ ( Ven 3 Juin - 19:52 )



❝ Que la force soit avec nous❞
Toi & Moi
Raph c’était l’histoire d’une rencontre dans le petit village irlandais de Kinsale. Kinsale et ses couleurs chatoyantes, ses villageois rieurs et très rarement de mauvaise humeur. Un village prisé par les touristes et parfois par ceux dont l’âme brisée a besoin pendant un temps de vivre loin de tout ce qui lui rappelle qui elle était. C’était un peu l’histoire de Raph et celle d’Ava aussi. L’Irlande possédait des pouvoirs étranges qui émanaient de ses falaises abruptes, de ses fjords et de ses légendes. Certains anciens du village aimaient à dire qu’on ne vient jamais en Irlande pour rien, que c’est elle qui vous appelle pour une raison ou pour une autre elle devient un passage obligé, un pied à terre dans un océan de désespoir. Quand elle l’avait vu rentrer pour la première fois dans leur petite auberge et qu’elle avait vu le regard effrayé de sa mère, elle avait pris les devants et était allée l’accueillir. Médecin ou pas, il ne fallait aucune connaissance si ce n’est un peu de psychologie pour comprendre que ses bagages étaient bien plus lourds que ceux qu’il transportait. Il respirait tout sauf la santé et l’odeur qui émanait de sa bouche indiquait un petit penchant pour la bouteille, mais ça ne la regardait finalement pas. Elle n’aurait sûrement d’ailleurs jamais entamé la conversation avec lui s’il ne lui en avait pas donné l’occasion. Allez savoir pourquoi ce soir-là en le voyant accoudé au bar avec son verre elle s’était décidée à aller le rejoindre. Peut-être que parce que comme lui en cette soirée glaciale elle se sentait aussi seule que le vent d’hiver qui soufflait à l’extérieur de l’auberge et dont les hurlements se faisaient entendre jusque dans la pièce principale, alors que la bâtisse possédait des murs d’une épaisseur ancienne, presque indestructibles. Elle avait commencé par un mot, il lui avait répondu brièvement, plus les mots étaient devenus des phrases et les phrases un vrai dialogue. Finalement, Ava s’était pris d’affection pour ce grand brun brisé qui lui rappelait étrangement quelqu’un d’autre, même si contrairement à lui, elle au moins avait eu plus de chance.  Leur amitié était donc née de leur tristesse respective, même si pour Raph on pouvait aisément parler de désespoir, le stade de la tristesse ayant été dépassé depuis longtemps. Mais ce qui les avait rapprochés ce n’était pas cette soirée, elle n’était que le début de leur histoire. Leur lien s’était vraiment soudé après qu’Ava est retrouvée Raph en coma éthylique dans sa chambre. Sans ses premiers soins, qui sait si Raph serait encore là aujourd’hui, mais là n’est pas la question. Après cet incident, la belle brune est devenue la médecin référente de l’artiste tourmenté et elle a tenté avec ses mots de lui donner envie de se battre. Si elle avait réussi ou échouer elle n’en savait rien, mais ce qu’elle savait c’était qu’il était encore là bien présent et que même si tout n’était pas parfait et qu’il était loin d’avoir affronter tous ses démons, sa situation était moins préoccupante que durant son séjour en Irlande et c’était le plus important. Après tout, on ne reconstruit pas si facilement ce qui est brisé et malgré tous nos efforts, ce qui est brisé ne retrouve jamais sa forme originelle. Le plus dur c’est finalement de l’accepter et de faire avec. Après le départ de Raph, Ava et lui ont tout de même gardé le contact et même si leur correspondance n’a jamais été des plus régulières, elle a finalement toujours été présente.

D’une nature courageuse, mais finalement peu téméraire. Ava n’aurait jamais osé loger chez quelqu’un en qui elle n’avait pas confiance et malgré le peu de temps qu’elle avait fréquenté Raph, elle savait parfaitement qu’elle serait en sécurité chez lui. Voir même plus que ça, qu’elle apprécierait sûrement ces quelques semaines en sa compagnie. Il y avait plusieurs points en commun comme l’amour qu’ils éprouvaient pour leur famille respective. D’ailleurs, Ava avait hâte de rencontrer ces sœurs, d’après ce qu’elle avait compris, certaines d’entre elles vivaient à Cap Harbor, elle allait donc forcément les rencontrer et c’était loin de la gêner. Ava aimait les grandes tablées, les rires et les conversations qui n’ont ni queue ni tête. Elle détestait la solitude, ça ne lui ressemblait pas, après tout elle avait vécu toute sa vie en compagnie de plusieurs frères et sœurs et la maison avait toujours été remplie par leurs cris et bavardages. Elle espérait même que Raphael ait organisé ce genre d’événement, ça lui éviterait d’avoir le mal du pays, parce qu’elle commençait déjà à ressentir qu’elle n’était bien loin de la maison.

Trouver la maison de son ami aurait été plus facile si elle s’était montrée plus prévoyante, mais Ava était encore chamboulée par la nouvelle de la survie d’Alec et elle n’avait pas encore réussi à vraiment remettre toutes ses idées en place. Quant à savoir ce qu’elle allait faire par la suite, pour le moment elle n’en savait rien. Venir ici c’était l’étape la plus facile, le plus difficile n’allait pas tarder à pointer le bout de son nez et la brune espérait réussir à surmonter tout ça sans s’enfuir en courant. Pour le moment en tout cas, elle allait déjà se reposer et prendre ses marques avant de partir à la recherche d’Alec. Autant avoir les idées claires pour affronter votre passée.

Si le stress d’Ava montait en flèche depuis plus de deux heures, il diminua très rapidement à la vue de son colocataire pour les quelques semaines à venir. Il arriva même à la faire rire en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. « En fait, t’es blonde, c’est ça ? » « Y a pas plus blonde que moi » Elle lui répond au tac au tac avant de lui emboîter le pas pour rentrer dans sa demeure. . « Et j’avoue qu’j’ai p’têtre meilleure mine qu’toi ! » « ça ce n’est pas bien difficile. » Elle sait parfaitement que quand elle va se voir dans un miroir le spectacle va lui donner envie de disparaître, heureusement, elle n’a jamais été le genre de fille à faire des maladies pour une apparence imparfaite. Ava elle a toujours aimé les imperfections. « Tu vas être encore plus beau dans 3 semaines, tu vas voir. Avec mes petits plats irlandais, tu vas gambader comme un leprechaun en quête d’or » plaisante t’elle avant de tourner sur elle-même pour regarder ce qui l’entoure.

« T’veux manger un bout ? Boire un coup ? » Ah ça il vient de marquer un point. « Je pourrais boire une rivière entière ! je suis assoiffée. » En fait elle rêvait d’un grand verre d’eau glacé depuis plus de trois heures. Elle avait la gorge sèche et se sentait desséchée, mais c’était sur le point de s’arranger. « Je veux bien manger, mais on cuisine à deux, parce que j’en peux plus de rien faire de mes mains. » Ava a toujours été une personne active, ses heures d’avion lui ont paru interminable, comme à chaque fois d’ailleurs et puis elle adore cuisiner, c’est le genre de truc qui lui fait toujours du bien et puis ça lui rappelle  la maison. « Par contre avant je veux bien un grand grand verre d’eau ! » Elle dépose son sac sur une chaise avant de tourner autour d’elle pour observer ce qui l’entoure.  Assez curieuse Ava ne met pas longtemps à remarquer que la maison manque de vie. Disons qu’on a l’impression qu’elle n’a pas vraiment d’âme, comme s’il n’avait jamais pris le temps de poser ses valises. Elle remarque cependant bien rapidement plusieurs photos, sûrement des photos de familles. « C’est ta tribu ? » lui demanda t’elle en pointant une photo du bout de ses doigts et sans attendre qu’il réponde elle rajoute. « Vous êtes nombreux ! » Pure constatation et elle se met à les compter. « Tes parents sont courageux ! Rien qu’avec Sam j’ai déjà l’impression de rien gérer du tout ! »  et il n’avait que 3 ans, elle préférait ne même pas penser à l’adolescence.

Elle venait juste de terminer sa phrase quand un éclair gris bleu lui fonça dans les jambes. Automatiquement son regard se posa sur le farfadet qui lui sautait dessus. « Oh il est trop beau ! » Raph l’avait prévenu, il possédait tout un petit monde à poil et même à écaille dans sa petite maison, et ça ne risquait pas de déranger Ava qui était folle amoureuse de son chien. « Placebo ? c’est ça ? » Le chien lui répondit de lui-même, suffisait de regarder ses oreilles se pointer pour savoir qu’il venait de comprendre son prénom. « T’es beau mon tititi , bouille à bisous ! » . Ava se redressa, abandonnant Placebo qui ne mit pas longtemps à se dresser sur ses pattes arrière pour quémander d’autres caresses. « J’adore cette race de chiens, j’en aurais pris un, si ma route n’avait pas croisé celle de Silver. » Son berger allemand ancien type qu’une patiente lui avait donné. Un miaulement retentit dans la pièce est un chat tigré aux airs de panthère arrive à son tour. « Rha… lui c’est… » Raph lui avait pourtant bien dit, encore fallait-il qu’elle s’en souvienne. « Ah Pandore ! et c’est une fille . Sorry miss.» Doucement Ava laissa sa main glisser sur le dos de la chatte avant de se rapprocher de Raph qui se trouvait un peu plus loin dans la cuisine, sûrement partie à la recherche de son verre d’eau. En chemin, elle croisa l’aquarium des poissons. « Si Sam était là, il serait aux anges, il adore les poissons rouges. Je lui en acheté un… il est mort 5 jours plus tard. Je lui ai dit qu’il s’était échappé et qu’il avait rejoint sa famille et l’océan. » Elle se mit à rire , elle n’en était pas vraiment fière, mais si ça pouvait éviter une peine de cœur à son fils, alors … ça passait non ? « Ça fait longtemps que tu es arrivé à Cap Harbor ? » demanda t’elle à Raphael tout en abandonnant sa contemplation des poissons rouges. Même si la maison n’était pas entièrement décorée, elle savait déjà qu’elle allait se plaire ici.


© Pando

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Re: Que la force soit avec nous - Raph ✻ ( Mer 8 Juin - 1:15 )

Avalon ∞ Raphaël
Elle a tout rempli. Elle est la seule raison pour laquelle j’suis en vie. J’comprends pourquoi j'ai affronté la neige, les embouteillages, le gel sur la route : pour m’rappeler que tous les jours, j’dois m’reconstruire et, pour la première fois d’toute mon existence, accepter qu’j'aime un être humain, plus que moi-même. (Citation remaniée de Paulo Coelho, pour coller à l’état d’esprit de Raph, concernant ses sentiments pour Gaëlle et les décisions qu'il a pris, depuis l'accident, pour elle).


Samedi 28 mai :

On peut s’demander pourquoi j’ai accepté d’héberger Ava chez moi. C’vrai, on peut croire qu’j’souhaite en profiter pour faire passer un message à une certaine blonde, lui montrant qu’j’peux poursuivre ma vie sans Elle (même si y’a rien entre l’Irlandaise et moi, et qu’c’pas prévu : Avalon est jolie, mais c’une amie !). On peut aussi croire qu’j’veux jouer sur Sa jalousie : après tout, y’a quelques années en arrière, Elle aurait eu du mal à m’voir vivre en coloc’ avec une séduisante brune. Mais, dans les faits, ma décision n’a pas été motivé par c’qu’Elle pourrait bien en penser. C’bien c’que j’ai essayé d’Lui faire comprendre, dans l’ascenseur : j’vis ma vie, Elle vit la sienne : basta. Moi, j’cherche juste à rendre un service à une personne qu’a su m’tendre la main dans un moment d’ma vie où, franchement, j’le méritais pas. Surtout pas avec l’comportement qu’était alors le mien à l’époque. J’étais plus ou moins ivre, les ¾ d’la journée. J’envoyais paître tout l’monde. Quelques heures avant qu’nous n’parvenions à avoir notre 1ère conversation, j’ai quand même agi comme un gros con. Pire que ce que je n’avais fait jusqu’alors, dans l’auberge qu’gérait la mère d’Ava. C’jour-là, un prêtre était venu pour manger, discutant avec la plupart des personnes présents. J’l’entendais distribuer ses inepties visant à dire à quel point la religion peut sauver l’âme d’toutes les personnes qui prennent la peine d’croire en une Entité, en dépit des difficultés qu’ils peuvent vivre. Autant dire qu’ce discours m’a mis bien hors de moi. Car j’ai jamais été pote avec la religion, peu importe l’nom qu’on donne à cette divinité. J’me suis donc pas gêné pour l’mettre face à la plus grosse arnaque – à mon sens – qu’est d’demander à des gens d’croire en un truc qu’ils n’verront jamais. J’ai ainsi – très sommairement – évoqué mon cas personnel. Celui d’un gosse qu’avait jamais rien fait d’excessivement mal, outre les bêtises propres à l’enfance. Celui d’un gamin qui voit sa vie voler en éclats avec l’arrivée d’une maladie mentale chez sa mère, et qui doit supporter les regards qu’ça engendre sur sa famille. Celui d’un mioche qui perd peu à peu son innocence en apprenant qu’la Mort l’réclame, alors qu’il lui reste tant à vivre. Celui d’un ado qui lutte contre son corps malade et qui n’peut sauver la fille qu’il aime d’un père violent. Celui d’un amoureux qui n’réfléchit pas avant d’prendre la fuite avec celle qui fait battre son cœur, n’imaginant une seule seconde qu’cette fugue causera la mort d’certains des siens, en blessera d’autres à jamais, et marquera l’ensemble d’la famille pour toujours. Celui d’un homme qui pensait enfin avoir droit à la vie dont il rêvait depuis toujours mais qu’a vu tout partir en fumée, à cause d’un chauffard, d’un accident d’voiture, d’un enfant mort avant même d’naître et d’pans d’vie entiers évaporés sous l’amnésie persistante. J’ai terminé tout ça par une seule et unique question : « Dans quel but ? ». J’me suis jamais considéré comme un mec bien, loin d’là, mais j’ai jamais douté du fait qu’y’avait pire qu’moi, qu’j’avais juste un caractère bien trempé, mais rien d’un bandit ni d’un tueur ou d’un pervers. Pourquoi donc l’débile qui veut qu’on l’vénère alors qu’on n’aura même jamais la moindre preuve d’sa putain d’existence impose d’telles épreuves à des gens aussi banals qu’moi ? N’y a-t-il donc pas assez d’tueurs ou d’malfrats en tout genre pour qu’il puisse nous prouver qu’le plus grand sadique, au fond, c’est lui, en leur faisant endurer des événements atroces ? N’sommes-nous rien d’autres, aux yeux d’quiconque gouvernant la vie des pauvres mortels qu’nous sommes, qu’une simple ramassis d’fourmis, dans une fourmilière géante, qu’il est bien drôle d’secouer d’temps à autre, tel un enfant qui s’emmerde, pour s’distraire à nos dépens ? Et j’sais pas si c’est l’ensemble d’mon plaidoyer visant à prouver que, croyants comme « hérétiques », nous pouvions tous vivre la même merde m’a attiré les foudres des gens présents, ou l’fait qu’j’ai comparé toute divinité vénérée par l’Humanité à un gosse capricieux qui sait pas comment s’occuper n’a pas joué en ma faveur. J’suis quasi-sûr qu’ma dernière réplique, lancée après qu’l’homme de foi ait tenté d’me sortir le speech du « C’est pour vous mettre à l’épreuve, parce qu’Il nous laisse notre libre arbitre et que certains s’en servent pour faire la mal… », n’a pas été apprécié par les témoins. Disons qu’conseiller à un prêtre d’aller s’foutre son texte sacré où on pense, ça déplait. C’fut sur c’conseil fortement spirituel qu’j’ai quitté l’auberge, m’foutant du fait qu’il pleuvait à verse, et qu’la bourrasque qui régnait dehors n’arrangeait pas les choses. L’temps était à l’image d’mon état d’esprit, et j’avais besoin d’m’éloigner d’la foule pour m’calmer. Car j’pense pas qu’flanquer une raclée à un homme d’église, ça soit bien vu, vous savez ? Et là, j’en étais pas loin. Car j’supportais pas son regard compatissant, ni son discours qu’il m’balançait d’une voix douce. J’supportais plus les murs d’cette auberge, au confort faussement familial alors qu’j’m’y sentais réellement indésirable. J’supportais plus c’pays, sa verdure, son calme, ses mythes, bien qu’depuis toujours, il m’avait fasciné. J’supportais plus d’me sentir bien qu’lorsqu’j’avais plus d’alcool que d’sang qui circulait dans mes veines. J’supportais plus les messages qu’mes proches m’envoyaient, comme s’ils pouvaient seulement comprendre c’que j’vivais, alors qu’ils avaient fini par croire qu’cela faisait bien longtemps qu’j’ressentais plus rien pour Elle. J’supportais plus d’voir des gens heureux, parce qu’ça m’renvoyait au fait qu’c’sentiment, j’en étais privé. Mais, par-dessus tout, c’était moi qu’j’supportais plus. Mon incapacité à tourner la page. Mon incapacité à L’oublier. Mon incapacité à guérir d’Elle. C’maudit gouffre qui m’apparaissait tellement plus réconfortant qu’la moindre tentative d’en sortir. Les mensonges qu’j’avais été obligé d’proférer pour qu’Elle S’éloigne de moi, auxquels tout mon entourage avait gobé, et dans lesquels j’m’enlisais un peu plus chaque jour. L’reflet d’moi qu’j’voyais dans l’miroir m’dégoûtait d’moi et d’ma faiblesse qui m’empêchait d’relever la tête. Alors, c’plus pour tenter d’me fuir, moi, qu’fuir les personnes présentes dans l’auberge, qu’j’me suis risqué à aller dehors, en dépit du temps catastrophique. Et parce qu’il fallait qu’j’extériorise l’flot d’émotions qui m’agitait, j’me suis défoulé, non pas sur la tronche de l’homme de Dieu, mais sur un arbre. Stupide, j’sais. Mais j’avais juste besoin d’faire du mal. Idéalement à quelqu’un, mais j’me suis rabattu sur un quelque chose. Plus concrètement parlant, c’était p’têtre bien à moi, qu’j’voulais faire du mal. Qu’mon corps soit enfin en symbiose avec c’que j’étais intérieurement : en morceau. La colère était sans doute bien trop présente en moi, au point d’supplanter tout l’reste, car la douleur d’ma main, je n’l’ai ressenti qu’après l’avoir fait percuté à plusieurs reprises l’arbre, avec toute l’énergie du désespoir qui m’accablait. Ce n’fut donc que quelques minutes plus tard, quand j’me suis enfin motivé à rentrer, et à aller prendre une douche pour m’réchauffer, qu’la douleur a afflué en moi. J’avais sommairement bandé ma main, avant de quitter ma chambre, quelques heures plus tard, pour aller, une fois encore, m’asseoir au comptoir. C’fut à c’moment-là qu’Avalon m’a parlé pour la 1ère fois, s’intéressant à l’état d’ma main, puis on a fini par parler. A croire qu’j’avais besoin d’ça : que quelqu’un cherche à m’faire parler, à voir à travers les apparences, à accepter d’m’écouter, simplement. C’donc parce qu’j’dois beaucoup à Avalon qu’j’ai accepté d’l’héberger chez moi.

Et en la voyant arriver j’me dis qu’j’ai bien fait. Parce qu’avoir un peu d’compagnie, ça devrait m’forcer à sortir la tête de l’eau. Et ça m’permettra de n’pas compter qu’sur mon boulot pour m’changer les idées. Pis, j’sais qu’en un sens, elle m’comprend, elle sait c’que j’vis, même si, dans son cas, elle pensait jusqu’à peu que l’mec qu’elle aimait était mort. Et qu’pour l’instant, elle n’est pas vraiment sûre qu’il soit en vie, étant venue à CH pour vérifier ça. Et c’aussi parce que j’voulais essayer d’être là pour elle, peu importe l’dénouement qu’connaitra cette histoire. « Y a pas plus blonde que moi. », riposte l’Irlandaise à ma taquinerie, c’qui m’fait ricaner. Encore une belle preuve qu’avec elle, on devrait pas s’ennuyer, car elle n’hésite pas à m’renvoyer la balle, quand j’la vanne. Et j’préfère ça à quelqu’un qui s’contente d’esquisser un p’tit sourire, amusé ou agacé, sans rien dire. « ça ce n’est pas bien difficile. », déclare-t-elle, après qu’j’lui ai clairement fait savoir qu’elle n’avait pas l’air au mieux d’sa forme. Peu galant : possible. Mais vrai. Sceptique, j’laisse échapper un p’tit : « Hum… », indiquant qu’j’suis peu convaincu, et qu’elle a sans doute oublié un critère important : ma tête de con. Mais j’ai pas envie d’rentrer dans un débat sans fin, alors j’rajoute rien. « Tu vas être encore plus beau dans 3 semaines, tu vas voir. Avec mes petits plats irlandais, tu vas gambader comme un leprechaun en quête d’or. ». Un sourire aux lèvres, j’réfléchis à c’qu’elle vient d’dire, avant d’l’interroger sur un point qui m’tracasse un peu trop : « La tenue est obligatoire ? ». Bah ouais, c’encore moins bien habillé qu’moi, ces p’tits êtres, alors bon. « Et l’arc-en-ciel peut être imagé, pour la quête d’l’or ? ». Autre interrogation. Si j’veux devenir riche, faut que j’sache comment ça s’passe. Parce qu’à défaut d’savoir où trouver un véritable arc-en-ciel, j’sais où trouver Jean. Dommage qu’j’ai trop d’respect pour elle pour n’pas m’permettre d’me servir d’elle afin d’Lui prouver qu’Elle aurait p’têtre mieux fait d’rester fixée sur l’opinion qu’Elle semblait avoir d’moi, début avril. Elle a vu en moi un p’tit con qu’on pouvait évincer d’sa vie sans un mot, pourquoi n’penserait-Elle pas cela à nouveau, m’détruisant plus qu’j’ne l’suis déjà ? Et sincèrement, j’ai pas envie d’revivre ça. Faudrait qu’j’m’tire ou qu’j’m’éloigne, mais j’suis trop faible, aussi m’voici à m’dire qu’si Elle m’refait c’coup-là, va falloir qu’j’donne raison à Elle et à tous ceux qui partagent cet avis…. P’têtre pas en foutant Jean dans mon lit pour une simple nuit, mais une autre d’Ses amies. Au moins, comme ça, j’saurai pourquoi Elle refusera d’me parler. Qu’la rancune, c’pas beau ! Et après, j’partirais pour de bon. M’enfin, j’en suis pas à là. Là, j’suis bien content d’avoir Avalon. Car, j’l’avoue, j’déteste faire à manger, et savoir qu’elle n’a pas c’problème, c’cool. J’suis pas un piètre cuisinier, disons juste qu’j’ai l’impression d’perdre du temps dès qu’j’me mets derrière les fourneaux. ‘fin, y’a pas qu’pour cette raison qu’j’suis content d’avoir la doc’ chez moi.

En hôte attentif, j’me soucie d’Avalon, qui, sans surprise, m’avoue que : « Je pourrais boire une rivière entière ! je suis assoiffée. » . Vu sa journée, c’logique. « Je veux bien manger, mais on cuisine à deux, parce que j’en peux plus de rien faire de mes mains. » Ahaha, ça commence, tiens donc. J’esquisse un sourire et hoche la tête : après tout, ça m’arrange, ça rendra le fait de cuisiner moins chiant et soporifique. « Par contre avant je veux bien un grand grand verre d’eau !». J’hoche la tête et j’réponds un amusé : « Bien M’dame ! », qui s’adresse aussi bien à sa suggestion d’cuisiner à deux qu’au fait d’lui servir un verre d’eau. « C’est ta tribu ? », demande-t-elle par la suite, m’indiquant une photo, ajoutant dans la foulée un : « Vous êtes nombreux ! », qui m’fait sourire, à chaque fois qu’un tel constat est fait sur les Edgecombe. J’lui réponds d’un signe positif de tête, même si mon regard s’voile en s’posant sur la photo, tandis qu’j’la vois nous compter. Enfin, compter ma famille telle qu’elle était avant, car à présent, nous sommes 3 en moins : merci à l’incendie déclenché par Oscar, et merci à la drogue ! « Tes parents sont courageux ! Rien qu’avec Sam j’ai déjà l’impression de rien gérer du tout ! ». J’soupire en m’demandant si mes parents sont courageux ou juste stupides. Une famille nombreuse, c’cool, mais p’têtre pas à c’point-là. Quand j’pensais qu’on pourrait fonder notre famille ensemble, j’rêvais d’avoir 4 à 5 gosses, c’qui aurait déjà représenté une jolie masse d’boulot. Mais ça n’se fera pas… « C’aussi sympa qu’ça peut être chiant ! », dis-je, réaliste. Sans oublier qu’mes parents pouvaient compter sur l’aide d’leur famille, mais aussi des aînés, pour les aider à tout gérer. C’qu’est nettement plus que c’que dispose Avalon, qui s’débrouille très bien avec son p’tit bout. « Oh il est trop beau ! Placebo ? c’est ça ?», demande-t-elle alors qu’une boule de poils qu’a débarqué sur ces entrefaites, jouant sa fouine pour voir la nouvelle arrivée. « Eau fraîche ou pas ? », qu’j’demande alors qu’Placebo est aux anges, Avalon lui octroie quelques caresses. Une fois qu’j’ai la réponse d’l’Irlandaise, j’m’empresse d’aller chercher deux verres (bah ouais, j’vais l’accompagner, j’suis galant moi, vous croyez quoi ?). « T’es beau mon tititi , bouille à bisous !», lance-t-elle à Placebo, qu’est en train d’faire le beau, pour la faire craquer. Et ça m’rappelle une scène qu’a des allures d’rêve cruel à présent, avec une blonde à la place d’la brune, mais l’même air d’gosse flanqué sur l’visage. J’secoue la tête, comme pour m’sortir d’ses dangereuses pensées douloureuses. « J’adore cette race de chiens, j’en aurais pris un, si ma route n’avait pas croisé celle de Silver. », confesse Avalon. « J’m’écouterais, j’adopterais une tonne d’animaux. », qu’j’admets, n’voulant pas m’interroger pour savoir si cela atteste d’mon profond amour pour les bêtes, ou juste d’mon immense solitude qu’j’tente d’tromper comme ça. Pis, j’peux pas trop réfléchir à cela, car Pandore débarque, s’annonçant d’un miaulement sonnant presque comme un « Poussez-vous, la Reine débarque ! ». Mes animaux sont mignons, mais un brin mégalo… Heureusement qu’les poissons rouges n’peuvent pas faire leur show également. « Rha… lui c’est… Ah Pandore ! et c’est une fille . Sorry miss.», parvient à s’souvenir Avalon, tandis qu’j’m’occupe d’la servir. « Si Sam était là, il serait aux anges, il adore les poissons rouges. Je lui en acheté un… il est mort 5 jours plus tard. Je lui ai dit qu’il s’était échappé et qu’il avait rejoint sa famille et l’océan. », m’fait savoir Avalon, m’rejoignant dans la cuisine, après avoir fait la connaissance des deux boules de poils des lieux. Un sourire s’dessine sur mes lèvres en entendant l’anecdote, même si, j’l’avoue, j’peux pas m’empêcher d’ressentir une pointe de jalousie. Voici une situation relativement banale qu’bon nombre d’parents peuvent être amené à connaître un jour. Pas moi. Y’a bien l’gosse d’Loan, mais ça n’sera pas pareil. Déjà parce qu’j’vivrais pas avec. Et qu’ça sera pas nôtre enfant. « Dommage qu’tu l’aies pas amené ! », rétorqué-je en lui tendant son verre. J’aurai bien aimé voir son p’tit, bien qu’j’comprenne qu’elle ait préféré n’pas l’amener. M’servant un verre d’coca (besoin d’caféine), j’entends Avalon qui m’interroge : « Ça fait longtemps que tu es arrivé à Cap Harbor ? ». J’range le coca, pour finir par lui répondre, après avoir réfléchi brièvement : « Ca doit faire un an maintenant… ». Mais j’cherche pas à cacher l’fait qu’j’sois pas sûr d’moi. Disons qu’depuis l’accident, ça m’intéresse plus vraiment, l’écoulement du temps. Pour moi, tous les jours s’ressemblent, et les semaines défilent avec la même monotonie, tandis qu’les mois s’enchaînent, sans surprise. « Mais j’sais pas si j’vais rester un an d’plus. L’monde est vaste, après tout ! », déclaré-je, comme si c’était suffisant pour justifier mon envie d’partir. Bien qu’en un sens, ça soit l’cas, j’ai toujours voulu découvrir l’monde, j’en ai juste jamais eu l’occasion.

J’bois une gorgée d’coca, tandis qu’Pandore va s’allonger non loin d’nous, s’mettant d’façon à c’que l’soleil, qui tape à travers une des fenêtres d’la cuisine, soit sur elle. Et la marmotte ferme ses yeux, pour une sieste, d’son point d’vue à elle, bien mérité ! Mon verre finit, pour l’instant, posé sur l’plan d’travail, alors qu’j’me tourne vers Avalon. « Alors, que veux-tu manger ? Pâtes ? Riz ? J’ai quelques légumes frais, ‘fin, achetés cette semaine, s’tu veux ! », qu’j’énumère, ouvrant l’frigo pour qu’elle puisse regarder plus facilement c’que j’ai, aussi bien en légumes qu’en viande. J’avoue avoir fait quelques courses supplémentaires, exprès pour sa venue. « Par contre, j’te préviens : j’suis loin d’être un aussi bon cuisinier qu’l’est ta mère. Il t’faudra beaucoup d’talent pour rehausser mon niveau ! ». Comme dit auparavant, c’pas mauvais, c’que j’fais. Mais voilà, c’pas l’genre d’truc qui vous laisse un souvenir impérissable. C’p’être un truc qu’a contribué à c’qu’Elle m’oublie aussi facilement, via Son amnésie. La conversation reste relativement légère, pour l’heure, j’évoque pas encore la raison d’sa présence ici, mais j’compte bien l’faire. Au moins pour lui demander, une fois encore, si elle est sûre d’vouloir savoir si l’homme qu’elle aime est toujours en vie ou pas. J’comprends ses motivations, j’lui ai déjà dit cela. Tout comme j’lui ai dit qu’parfois, la vérité est plus douloureuse qu’les mensonges. Même si j’ai conscience qu’si j’étais à sa place, moi aussi, j’aurai entrepris c’voyage. « Et avant qu’j’oublie : il n’est pas impossible qu’on ait des invités, un d’ces soirs. Erin et Flavin veulent t’rencontrer. ». C’qu’est normal, vu qu’j’leur ai parlé d’elle et d’notre cohabitation à venir, pour quelques semaines. J’ai aussi parlé, quelques fois, d’ce duo à Avalon, notamment lorsqu’ils m’ont fait la surprise d’s’installer ici. En fait, globalement, Avalon connaît tout d’ma vie, du moins, dans les grandes lignes. Elle ignore juste qu’Elle est ici également, ça, j’ai préféré n’pas l’dire : trop dur….

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I wanna kiss you, make you feel alright : I'm just so tired to share my nights. I wanna cry & I wanna love, but all my tears have been used up : on another love. If somebody hurts you, I wanna fight, but my hands been broken, one too many times. So I'll use my voice, I'll be so f*cking rude. Words they always win, but I know I'll lose. I wanna cry, I wanna learn to love, but all my tears have been used up. I wanna sing a song, that'd be just ours, but I sang 'em all to another heart. I wanna cry, I wanna fall in love but all my tears have been used up.


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Re: Que la force soit avec nous - Raph ✻ ( Jeu 16 Juin - 21:07 )



❝ Que la force soit avec nous❞
Toi & Moi
« Si tu n’as pas le tenue, ça ne vaut pas le coup! » lui rétorque t’elle en haussant les épaules presque déçue qu’il ne veuille pas endosser le très connu habit vert. Après tout qui n’a pas rêvé de se promener avec le plus beau costume irlandais. « Puis t’as déjà la barbe ! » dit-elle en indiquant à Raphael son petit look négligé, même si dans le fond, elle trouve que ça lui va bien. Disons que ça va avec le personnage et finalement c’est peut-être aussi pour ça qu’elle l’apprécie, parce qu’il reste assez naturel, malgré qu’il ait cette tendance à se cacher derrière de nombreuses couches protectrices. Un peu comme elle d’ailleurs, sauf qu’Ava elle se couche de voile de joie, des faux sourires et des faux rires. Raph lui il a juste choisi le contraire, mais à la fin, au plus profond d’eux, ils ne sont pas si différents que ça. Tous deux essayant à leur manière de fuir leur propre vérité tout en essayant de si confronter. Un choix qui parfois peut s’avérer bien plus dangereux que prévu, mais qui sait, peut-être que le jeu en vaut la chandelle. « Et l’arc-en-ciel peut être imagé, pour la quête d’l’or ? » « Si tu es un leprechaun, tu as forcément de l’or. C’est parce qu’ils ont une sainte manie de cacher leur or un peu partout que se créent les arcs en ciel. Après faut se dépêcher pour leur voler parce qu’ils sont les premiers à savoir où ils ont planqué leur or. » Dit-elle à demi sérieuse tandis qu’un sourire amusé se dessine sur son visage enfantin. « D’ailleurs, ils tiennent tellement à leur or que lorsqu’on les capture, ils peuvent réaliser trois de nos vœux. J’ai bien tenté d’en capturer durant mon enfance pour trouver un mari à ma mère, mais ça a toujours été un échec… » Oué… de toute façon même avec l’aide d’un leprechaun, elle n’était pas sûre que cela aide sa mère. Après tout à la fin on reste mettre de ses choix. « J’essaie encore d’en attraper parfois, mais ce sont des petits personnages qui se cachent très bien. » Dommage parce qu’elle avait plus d’un vœu en tête. « Parfois je ressens cette sensation de déception quand je me dis que toutes ses histoires sont fausses. Comme si tous nos espoirs étaient vains et que la vie ne possédait rien de magique… » Ava soupire, parfois la vie lui semble trop compliqué, trop terre-à-terre, comme si elle manquait d’un petit brin de folie et de fantastique. « Enfin je continue de chercher, mais si j’en trouve un, je veux bien d’offrir un vœu » dit-elle en levant un doigt vers le beau brun. « Tu n’as plus qu’à réfléchir à ce que tu souhaiterais ! » Oué parce que c’était important comme choix, un seul vœu… une seule possibilité, mais lequel ? « Si la vie t’offrait cette chance ? Qu’est-ce que tu choisirais ? » C’était une bonne question, même elle n’en savait rien en fait. « Bon on à qu’a se donner la réponse dans trois semaines quand je repartirais en Irlande et je te promets d’apporter ton secret dans la tombe ! » Voilà, ils allaient faire comme ça, enfin si Raph trouvait le jeu intéressant.

« Oh fraîche, glaciale même, ça me rappellera l’Irlande. » Elle a eu tellement chaud qu’elle ne pense qu’à boire quelque chose de frais, si possible avec des glaçons, le plus de glaçons possible d’ailleurs, histoire de pouvoir diminuer sa température corporelle. « Merci » dit-elle en saisissant le verre déjà glacé par la température de l’eau. Ce simple contact lui fait du bien , elle porte le verre à ses lèvres et en boit quelques gorgées délicieuses. Dans ce genre de moment, elle se dit toujours qu’il n’a rien de mieux qu’un bon verre d’eau. Elle se disait toujours la même chose lors de sa mission humanitaire en Irak. Il n’y avait rien de mieux pour lui faire du bien après une de ses grosses journées que de s’avaler un immense verre d’eau glacé. À l’autre bout du monde, ça sonnait un peu comme quelque chose d’exceptionnel.

Ava aurait peut-être pu omettre de lui parler de sa famille, il lui avait partout parlé du feu qui avait englouti avec lui 3 membres de celle-ci. Pourtant, elle préférait ne pas en tenir compter, jugeant qu’il était en mesure d’y faire face. Avec le temps, peut-être trouverait-il assez de courage pour lui en parler plus en détail. Elle espérait en tout cas réussir à le faire lâcher plus de mots. Même si elle n’était pas venue le voir en tant que médecin, elle espérait réussir à l’aider. Parce que malgré tout et le fait qu’ils ne se connaissent pas depuis longtemps, elle avait envie de le voir heureux et bien dans sa peau. Souvent quand elle pensait à lui ou même là quand elle l’observait bouger dans sa cuisine, elle voyait une âme brisée ayant presque abandonné sa reconstruction. C’était comme si depuis bien trop longtemps le grand brun avait choisi de prendre une route qui ne le mènerait à aucun point. Une sorte de fuite journalière et répétitive. Un cercle vicieux sans fin tant qu’il ne trouverait pas le courage de faire face à la seule personne qui entravait son existence. Lui-même. Après tout, c’est connu, notre pire ennemi, ce n’est jamais la vie, jamais le voisin du coin, mais nous même. Cette personne qui nous entrave au sol, qui nous empêche d’avancer, qui fait tout pour nous priver de ce qui a de mieux, juste nous et personne d’autre. Dans le cas de Raph les choses étaient en plus encore plus complexes. La vie ne lui avait fait aucun cadeau, comme si elle cherchait à s’acharner sur lui pour une raison inconnue, mais Ava aimait croire que ces épreuves finiraient un jour par passer et que s’il arrivait à les surmonter le reste n’en serait que meilleur. C’était ce qu’elle pensait, mais elle le gardait pour elle, pour ne pas le brusquer et aussi pour ne pas se brusquer elle. Parce qu’elle faisait face à la même chose et que pour le moment elle restait cachée derrière ses retranchements… Elle avait fait un long voyage, mais trouverait-elle le courage de faire le reste du chemin, ça elle en était beaucoup moins sûr.

« C’aussi sympa qu’ça peut être chiant ! » « Oué, mais à la fin ça vaut le coup » Ava parle pour lui, mais aussi pour elle. Parce qu’elle a aussi une famille assez nombreuse, enfin beaucoup moins que celle de Raph mais avec un frère et 2 sœurs, elle a toujours vécu en leur compagnie et est très attaché à eux. Encore plus depuis son retour d’Irak parce qu’ils ont été un vrai soutien pour elle. Sans eux, elle préférait ne pas penser à ce qu’elle serait devenue. « J’adore mon frère et mes sœurs, même si parfois j’avoue avoir eu envie qu’ils disparaissent. Je ne sais pas ce qui serait arrivé de moi à mon retour d’Irak s’ils n’avaient pas été là. » Entre la perte d’Alec et sa grossesse, la vie d’Ava avait été mise à rude d’épreuve, mais ses épreuves elle ne les avait pas affrontées seule. Dans ses moments de doutes, ils avaient été là pour la réconforter et elle avait compris que quoiqu’il puisse lui arrive, même si elle tombait encore plus bas, ils se trouveraient toujours à ses côtés pour la relever. Savoir qu’elle ne serait jamais seule lui avait donné assez de force pour se relever et aujourd’hui elle était fière du chemin parcouru.

« J’m’écouterais, j’adopterais une tonne d’animaux. » Ava se met à rire. « Tu devrais revenir à l’auberge. Désormais on a trois chèvres, Shakira la vache, deux poneys, une vieille jument en plus des moutons. » Oué, c’était un peu une sorte de refuge pour laisser pour compte. « Ma mère reçoit des écoles et leur fait visiter notre petite ferme. » C’était un petit plus pour l’auberge et cette personne venait d’ailleurs uniquement pour les animaux, ça rajoutait du charme à la vieille bâtisse. Sans oublier que ça apportait aux résidents un peu de calme et surtout de la tendresse gratuite. Il n’y a rien de plus gratuit que l’amour et la tendresse d’un animal, car avec eux il n’y avait jamais de tricherie

. « Dommage qu’tu l’aies pas amené ! » « Me parle pas de malheurs. Si tu savais déjà l’enfer qui me fait vivre pour deux heures de voiture, je ne préfère pas penser avec presque 10 heures d’avion ». Elle avait beau adorer son fils et détester être séparé de lui, elle savait pertinemment qu’un tel voyage avec un enfant de trois était pire qu’un parcours du combattant alors elle avait préféré le laisser tranquillement chez sa tante. « Je crois qu’il est très content de faire vivre un enfer à sa tante, mais il me manque déjà. » Oui dès qu’il n’était pas là, elle se sentait toujours mal à l’aise, comme si lui manquait une partie d’elle. Elle avait devoir apprendre à se soigner, car plus il grandirait, plus il s’éloignerait d’elle. Surtout que c’était un garçon et que souvent il partait assez loin de leur mère. Rien que l’idée la terrifiait, mais elle n’y était pas encore, après tout il n’avait que trois ans…

« Mais j’sais pas si j’vais rester un an d’plus. L’monde est vaste, après tout ! », ça faisait un an qu’il était là et il avait déjà envie de partir. Doucement Ava recule pour se caler contre un des rebords de la cuisine. « Toi, t’as encore pas réussi à te poser. » Ce n’est pas une critique, mais une simple constatation. Elle a compris que la suite était pour lui la meilleure solution, parce qu’à chaque fois qu’il recommençait les choses lui semblaient sûrement plus facile. Doucement elle baisse les yeux, hésitante, mais finit par se lancer. « T’es pas obligé de me répondre et si je vais trop loin, dis-le-moi, même si ça changera sûrement rien, les Irlandaises sont immensément têtues, et tu peux pas mettre une fille qui peut te trouver un leprechaun à la rue. Mais est-ce que tu l’as retrouvé ? » Elle parle bien évidemment d’elle, cette Gaëlle si importante dans la vie de Raph, la seule personne qui lui est visiblement indispensable, mais qu’il a laissé par un sale coup du destin lui filer entre les doigts. Elle est finalement la seule à pouvoir sortir Raph de ce cercle vicieux, la seule à détenir la clé de son existence.

« Alors, que veux-tu manger ? Pâtes ? Riz ? J’ai quelques légumes frais, ‘fin, achetés cette semaine, s’tu veux ! » À son tour Ava pose son verre , pas encore terminé, sur le plan de travail. Puis elle s’approche de Raphael avant de mettre la tête dans son frigo. « Laisse faire une professionnelle ! » Ava n’a pas son diplôme de cuisinière, mais c’est tout comme. Après tout, elle a presque grandi dans une cuisine et c’est parfaitement bien se débrouiller, même si elle avoue avoir une petite préférence lorsqu’on cuisine pour elle. « Par contre, j’te préviens : j’suis loin d’être un aussi bon cuisinier qu’l’est ta mère. Il t’faudra beaucoup d’talent pour rehausser mon niveau ! ». « Tu vas avoir trois semaines pour t’améliorer alors ! » lui retorque t’elle tout en balayant le frigo du regard. « Hmmm je pense qu’on peut se faire un boxty ! » Soit une sorte de crèpes irlandaise. « Et avant qu’j’oublie : il n’est pas impossible qu’on ait des invités, un d’ces soirs. Erin et Flavin veulent t’rencontrer. ». Erin, Erin ça lui dit quelque chose. « Erin, c’est ta sœur c’est ça ? » Elle relève la tête du frigo pour regarder Raph avant d’en sortir les ingrédients : Des œufs, des pommes de terre, quelques tomates, un concombre. « Flavien ? » demande t’elle curieuse, ce prénom ne lui rappelle rien, mais elle n’a pas une très bonne mémoire. Déposant tout sur le plan de travail, Ava remonte ses manches avant de poser son regard dans celui de Raph. « Allez montre-moi comme les Anglais cuisinent. Tu sais faire cuire des pommes de terre ? Rassure-moi ? » Elle le taquine bien sûr et tente de faire appel à sa fierté. Ava se saisit d’un économe après avoir fait comme chez elle et se lance dans l’épluchage. « Faut qu’on en fasse cuire quelques-unes, mais les autres faut qu’on les épluche et après on va les râper. Je suis sûre que tu feras un très bon rappeur de pommes de terre » dit-elle en plaisantant tout en envoyant une d’elle dans les mains du grand brun. « Allez au boulot ! »



© Pando

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Re: Que la force soit avec nous - Raph ✻ ( Dim 26 Juin - 17:52 )

Avalon ∞ Raphaël
Elle a tout rempli. Elle est la seule raison pour laquelle j’suis en vie. J’comprends pourquoi j'ai affronté la neige, les embouteillages, le gel sur la route : pour m’rappeler que tous les jours, j’dois m’reconstruire et, pour la première fois d’toute mon existence, accepter qu’j'aime un être humain, plus que moi-même. (Citation remaniée de Paulo Coelho, pour coller à l’état d’esprit de Raph, concernant ses sentiments pour Gaëlle et les décisions qu'il a pris, depuis l'accident, pour elle).


Samedi 28 mai :

Avalon, j’l’aime bien, mais elle est en train d’flinguer mon délire d’être un leprechaun ! C’franchement pas cool ! Bien qu’j’étais pas convaincu d’l’intérêt d’devenir un d’ces p’tits bonhommes légendaires, outre l’fait qu’ça aurait pu être drôle. Pis permettre d’changer d’vie, ça aussi, c’qu’est pas inintéressant ! « Si tu n’as pas le tenue, ça ne vaut pas le coup! ». Mes épaules s’affaissent, montrant ma tristesse, face à ce rêve qui s’brise. Qu’à cela n’tienne, j’n’abandonne rien ! « Si tu es un leprechaun, tu as forcément de l’or. C’est parce qu’ils ont une sainte manie de cacher leur or un peu partout que se créent les arcs en ciel. Après faut se dépêcher pour leur voler parce qu’ils sont les premiers à savoir où ils ont planqué leur or. », m’explique l’Irlandaise, attestant qu’pour c’qu’est d’la culture d’son pays, j’ai des lacunes. M’enfin, au moins, elle pourra m’expliquer tout ça. C’toujours intéressant d’apprendre les mythes des autres pays. J’suis sûr qu’les p’tits malades qu’j’vois quotidiennement apprécieraient d’découvrir les mythes et légendes d’autres pays. J’ai déjà prévu d’leur parler d’la légende Arthurienne ! J’aime, dans la mesure du possible, leur transmettre le plus d’connaissances possibles, pas uniquement liées à l’Art, lorsqu’j’suis avec eux. Tiens, p’têtre que j’proposerais à Avalon d’venir avec moi, un jour, ça pourrait lui plaire, et elle pourra leur raconter un peu les légendes d’son pays, pour qu’on crée dessus. « D’ailleurs, ils tiennent tellement à leur or que lorsqu’on les capture, ils peuvent réaliser trois de nos vœux. J’ai bien tenté d’en capturer durant mon enfance pour trouver un mari à ma mère, mais ça a toujours été un échec… ». J’esquisse un sourire à l’écoute de l’anecdote de ma comparse. C’typiquement l’genre de truc qu’j’aurai pu tenter d’faire aussi. Pas forcément pour atteindre l’même but, mais pour avoir droit aux trois souhaits, dont un qui m’aurait indubitablement servi pour soigner ma mère, et faire en sorte qu’elle puisse revenir vivre chez nous. « Encore heureux qu’j’sois pas un leprechaun, tu tenterais d’me voler mon or ! », fais-je remarquer, affichant un prétendu air offusqué. Pas sûr qu’ça soit si cool qu’ça, d’être un leprechaun, vu qu’tout l’monde veut mettre la main sur vous ! Remarquez, pour les fuir, faut vivre en ermite, ça doit pas être si mal qu’ça ! Au moins, on n’est pas emmerdé par les gens ! « J’essaie encore d’en attraper parfois, mais ce sont des petits personnages qui se cachent très bien. Parfois je ressens cette sensation de déception quand je me dis que toutes ses histoires sont fausses. Comme si tous nos espoirs étaient vains et que la vie ne possédait rien de magique… ». J’me contente d’hocher positivement la tête, comprenant c’qu’elle entend par là. C’clair qu’ça serait plus facile, si les contes et légendes n’étaient pas qu’des récits imaginaires, ça rendrait la vie moins chiante. Mais, ici-bas, nulle trace d’magie. C’juste la merde. Ca fait bien longtemps qu’j’ai cessé d’croire en une quelconque féérie, qui illuminerait parfois la vie. Ou alors, si elle existe, elle ne s’montre qu’à d’rares élus… « Enfin je continue de chercher, mais si j’en trouve un, je veux bien d’offrir un vœu. Tu n’as plus qu’à réfléchir à ce que tu souhaiterais ! », m’annonce ma coloc’ momentanée, avec l’plus grand des sérieux. « Si la vie t’offrait cette chance ? Qu’est-ce que tu choisirais ? Bon on à qu’a se donner la réponse dans trois semaines quand je repartirais en Irlande et je te promets d’apporter ton secret dans la tombe !». J’pousse un soupir, avant d’laisser échapper un p’tit : « Pas sûr d’avoir quelque chose à souhaiter… ». J’suis sûr qu’vous vous attendiez à c’que j’évoque un souhait lié à Elle ! J’pourrais. Mais faut pas s’voiler la face : même si la magie existait, nul n’pourrait m’la ramener. Pis, si ça s’faisait, j’me vois franchement mal vivre avec quelqu’un qu’est avec moi uniquement parce qu’la magie le lui impose. Et j’pense surtout qu’le réel souhait qu’j’pourrais faire, ça serait d’remonter dans l’temps. Afin d’éviter l’accident. Qu’Elle n’frôle jamais la mort. Qu’Elle n’perde jamais la mémoire. Qu’notre enfant n’meurt pas. Mais ça aussi, c’impossible. Ou alors l’prix à payer serait trop conséquent. Y’a toujours un prix à payer, dans la vie. C’bien c’que tente d’nous inculquer les diverses légendes mentionnant la magie, l’retour à la vie, ou l’voyage dans l’temps. Regardez, par exemple, du côté d’Orphée, la patience – inexistante – de l’autre débile, lui vaut son grand amour. Ou regardez l’film L’Effet papillon, qu’est plutôt parlant quant aux conséquences en vrac, quand on tente d’contrôler l’cours d’la vie. Mais puisqu’ça paraît amuser Avalon, j’vais quand même tenter d’réfléchir, afin d’lui donner une réponse d’ici à son départ. Toutefois…. « Si j’te dis mon vœu, faut qu’tu m’dises ceux qu’tu ferais, toi ! ». Bah ouais, ça m’paraît légitime, comme demande, nan ?

La conversation s’poursuit, jusqu’à atteindre un moment plus « terre à terre », durant lequel j’demande à Avalon comment elle préfère son eau : « Oh fraîche, glaciale même, ça me rappellera l’Irlande. ». Sa réplique m’fait sourire. Avec minutie, j’dépose donc plein d’glaçons dans son verre, remplie d’eau fraîche : elle devrait être à une température idéale ! Un p’tit temps d’silence survient quand Avalon attrape son verre, se désaltérant quelques instants. Temps que j’mets à profit pour réfléchir à c’qu’a été dit. Et surtout pour faire l’tri dans mes pensées, qui s’orientent un peu trop vers une certaine anglaise qu’j’ferais mieux d’oublier. Ou du moins, d’tout mettre en œuvre pour n’pas La voir dominer aussi régulièrement mes pensées. C’bien pour ça qu’j’bosse autant. Et ça, ça n’risque pas d’changer, en dépit d’la présence d’Avalon. Après, j’vais tenter d’pas la laisser trop seule, quand elle n’aura rien d’prévu, bien entendu. Elle n’est pas là pour longtemps, et j’ignore quand on s’reverra. Faut bien que j’lui serve d’guide, vu qu’elle m’a servie d’guide quand j’ai été en Irlande. Séjour qu’avait mal commencé, et qu’elle avait réussi à rendre bien plus sympa. Séjour qui n’devrait pas s’reproduire, j’aime bien l’Irlande, mais j’ai pas envie d’y retourner, pas plus qu’j’ai envie d’retourner chez moi, ou d’rester encore à CH d’longs mois. Après, j’sais pas si j’resterais longtemps à l’étranger, car d’toute façon, j’ai conscience qu’j’ai foutrement besoin d’voir ma famille, au moins d’temps à autre quoi. Pis, ils m’foutraient pas la peine bien longtemps : les Edgecombe, ça s’accroche. « Oué, mais à la fin ça vaut le coup. », rétorque Ava, au sujet des familles nombreuses. Et c’vrai qu’j’peux qu’approuver. Au moins, on n’est jamais vraiment seuls, dans une vaste famille. Même si on aimerait l’être. La preuve : j’ai tenté d’m’éloigner des miens pour n’pas les avoir trop régulièrement sur l’dos, et voilà qu’Gwen a fini par débarquer dans les parages ! Si j’dois être honnête, m’faut reconnaître qu’j’m’en plains pas. Pas réellement. On s’prend la tête, p’têtre plus souvent qu’dans d’autres familles, mais au final, on est toujours là l’un pour l’autre. « J’adore mon frère et mes sœurs, même si parfois j’avoue avoir eu envie qu’ils disparaissent. Je ne sais pas ce qui serait arrivé de moi à mon retour d’Irak s’ils n’avaient pas été là. », déclare Avalon, rejoignant c’que j’pense pour les miens. Et ça m’fait sourire, car c’vraiment un truc qu’j’aurai pu sortir. Hormis c’qu’est d’l’Irak, bien entendu, vu qu’j’n’y ai jamais mis les pieds. « J’vois c’que t’veux dire, c’pareil avec mes frères et sœurs. ». A la différence près qu’on a déjà perdu certains des nôtres, et qu’on sait donc la souffrance qu’ça engendre. C’du passé, même si, oui, j’l’admets, c’toujours douloureux, du fait des circonstances qu’ont menées à tout ça, et d’l’écho d’culpabilité qui m’quitte jamais. Mais j’sais c’que c’qu’d’avoir l’besoin d’bénéficier du soutien des siens, pour traverser des épreuves difficiles. Y’a p’têtre qu’suite à l’accident et à Son amnésie qu’j’ai réalisé qu’leur présence à mes côtés n’serait pas suffisant. Qu’en dépit d’leurs mots d’réconforts, rien n’serait en mesure d’me guérir vraiment. Qu’j’étais trop brisé pour être réparé, d’toute façon. C’en partie pour ça qu’j’suis parti. Pour n’pas qu’ils m’voient sombrer, les jours où j’peux pas, j’veux pas, cacher mon désarroi. Pour n’pas qu’ils m’voient m’réfugier dans les clopes et l’alcool, pour tenter d’retrouver un semblant d’frisson d’vie. Pour n’pas qu’ils m’voient lentement dépérir. Pour n’pas qu’ils sachent pour Tumy. « D’ailleurs, ils l’ont pris comment, quand tu leur a dit qu’tu partais pour l’Irak ? ». Question qu’j’n’hésite pas à lui poser, intrigué. Chez nous, j’sais pas comment ça aurait été accueilli. J’pense pas qu’on aurait été jusqu’à tenter d’faire changer d’avis la personne qui voulait s’y rendre. Mais ça aurait fait flipper beaucoup d’entre nous. Même si on aurait sans doute compris les motivations. Bon, après, j’sais qu’c’pas forcément tout l’monde qui veut parler d’une telle expérience, mais puisqu’elle a mis l’sujet sur l’tapis, ma foi….

J’confesse par la suite ma passion pour les animaux, qui m’ferait en adopter encore et encore, si j’m’écoutais. Ca doit être lié à mon enfance, j’vois qu’ça. Aveu qui fait rire l’Irlandaise, qui m’fait ensuite savoir : « Tu devrais revenir à l’auberge. Désormais on a trois chèvres, Shakira la vache, deux poneys, une vieille jument en plus des moutons. Ma mère reçoit des écoles et leur fait visiter notre petite ferme.». J’cherche pas à camoufler mon rire, en entendant l’nom d’la vache. Mon rire s’flétrit quelque peu quand j’entends la suite, même s’il reste présent, commençant juste à mourir, car j’suis pas non plus en train d’me taper un fou-rire d’enfer. Pourquoi aie-je été quelque peu refroidi ? Simplement parce qu’l’délire d’ouvrir un Bed & Breakfast, on l’a eu, à une époque, avec Elle. Très brièvement. En un Et si ?, qui nous plaisait plutôt bien. Une belle maison qu’on aurait rénovée pour accueillir notre famille et quelques clients. Un beau jardiner pour avoir des fruits et légumes qu’on aurait produits nous-même. L’incontournable magnolia, visible depuis mon futur atelier. Possiblement une p’tite piscine, pour qu’Elle puisse flemmarder sur l’eau en été. Et des animaux, bien entendu : chevaux, poneys, ânes, chiens, chats…. On n’avait pas encore tranché. Et on n’tranchera jamais, car ça n’restera qu’un projet possible, éternellement en suspend. « Si j’retourne en Irlande, j’y manquerais pas ! ». C’pas parce qu’c’pas dans mes projets pour l’instant qu’ça l’sera jamais ! Ca m’ferait plaisir d’revoir sa mère. Et l’gamin aussi. Pis l’Irlande, qu’a toujours été un pays qui m’fascinait, d’part sa verdure et ses mythes, même si en c’moment, c’pas vraiment un endroit auquel j’aime à penser, car ça m’fait automatiquement penser à Elle… D’ailleurs, en parlant du mioche, comme j’tarde pas à l’faire savoir à la brune, c’con qu’elle l’ait pas amené. « Me parle pas de malheurs. Si tu savais déjà l’enfer qui me fait vivre pour deux heures de voiture, je ne préfère pas penser avec presque 10 heures d’avion. », s’exclame Ava. « Vu sous cet angle, t’as bien fait ! ». Sans oublier qu’ça aurait p’têtre été trop déroutant, outre l’long trajet. Y’a l’décalage horaire, et l’fait d’être dans un pays étranger, qui ressemble pas forcément à son chez-lui, loin des siens… Sans oublier qu’Ava sera bien plus tranquille, sans lui, pour tenter d’retrouver l’homme qu’elle aime. Pas d’crainte qu’en cas d’retrouvailles, l’gosse voit l’homme, s’attache à lui, et finisse par souffrir si Alec n’voulait pas faire partie d’la vie du marmot, ou autre…. Elle sera aussi plus libre d’craquer, si jamais elle n’retrouve pas son militaire. C’que j’lui souhaite pas, bien entendu, j’préférerais qu’elle l’retrouve et qu’tout s’termine pour le mieux pour elle, mais ça reste une possibilité…. « Je crois qu’il est très content de faire vivre un enfer à sa tante, mais il me manque déjà. ». Un nouveau sourire s’épanouit sur mes lèvres, alors qu’entre celles-ci, légèrement entrouvertes, filtre un léger : « Le monstre ! », plus amusé qu’autre chose. J’connais bien ça. J’ai souvent à faire à ça avec mes neveux et nièces, quand j’les vois ou qu’j’les garde pour quelques heures. Même sur l’net, en fait, ils adorent m’faire tourner en bourrique. Et ça m’dérange pas, j’avoue. « Heureusement qu’y’a Internet ! », dis-je en lui adressant un p’tit sourire d’réconfort, m’doutant bien qu’ça n’doit pas être facile pour elle d’être loin d’son fils. Mais comme j’l’ai dit, avec les nouvelles technologies, y’a moyen d’alléger quelque peu la souffrance.

J’évoque mon envie d’partir, qu’j’ai ressenti, si j’veux être franc, très tôt en arrivant à CH. L’fait qu’Elle soit ici n’a pas changé la situation, ça m’a juste motivé encore plus à m’tirer d’ce patelin, dès qu’ça m’sera possible. « Toi, t’as encore pas réussi à te poser. », observe Avalon, alors qu’j’me passe une main dans mes cheveux, qui, fort heureusement pour moi, ont repoussé depuis les fêtes de Noël. Ils sont pile poil à la longueur qu’j’préfère, qui s’avère être aussi celle qu’Elle affectionnait tant, appréciant grandement passer Sa main dans ma tignasse pour la décoiffer encore plus qu’elle ne l’était. J’me contente d’hausser les épaules, et d’laisser échapper un p’tit : « Humhum. », d’approbation. J’ai pas trop envie d’m’étaler plus qu’nécessaire sur ça. Avalon est bien assez maligne, pour n’pas comprendre qu’j’suis dans un cycle d’éternelle fuite en avant. « T’es pas obligé de me répondre et si je vais trop loin, dis-le-moi, même si ça changera sûrement rien, les Irlandaises sont immensément têtues, et tu peux pas mettre une fille qui peut te trouver un leprechaun à la rue. Mais est-ce que tu l’as retrouvé ? », m’balance Avalon, d’une voix peu assurée, comme si elle hésitait à m’dire ça. Ma mâchoire s’crispe, j’expulse un soupir douloureux, j’détourne la tête, et j’opte pour un brillant changement d’sujet d’conversation : l’repas. Pas prêt d’parler d’ça, pour l’instant. J’le serais sans doute jamais. Pas pour une conversation à cœur ouvert, du moins. J’parle pas même d’Elle avec Erin, c’pour dire ! « Laisse faire une professionnelle ! », s’amuse Avalon, m’rejoignant vers l’frigo pour étudier c’qui s’y trouve. Son attitude m’arrache un sourire, à moitié sincère, encore sous l’choc d’sa précédente interrogation. J’en suis encore à réfléchir, sur c’que j’peux lui dire ou pas, c’que j’suis capable d’dire ou pas. C’bien pour ça qu’j’ai éludé ses propos jusqu’à présent, j’ai besoin d’un p’tit temps d’réflexion. J’laisse donc l’Irlandaise regarder c’qui s’trouve dans l’frigo, tâchant d’me concentrer sur c’qui s’passe dans cette cuisine, et non sur l’bordel qu’agite mon esprit depuis… qu’j’L’ai revu… « Tu vas avoir trois semaines pour t’améliorer alors ! ». J’pince les lèvres tout en secouant la tête, avant d’lui faire savoir, d’une voix franche : « T’as bien d’l’espoir ! ». J’n’exagère rien, y’a bien eu mon cousin Gabriel, cuisiner d’talent, actuellement traiteur, qu’a tenté d’m’initier à l’art d’la cuisine. Y’a aussi eu d’autres Edgecombe. Et Elle. En vain. Sans doute parce qu’ça m’emmerde, d’cuisiner ! Trop long, et trop d’temps morts surtout. « Hmmm je pense qu’on peut se faire un boxty ! ». Alors ça, j’ai qu’une chose à dire : « Parfait ! ». Pour en avoir mangé quelques fois lors d’mon séjour en Irlande, j’peux déclarer qu’c’une bonne idée. Et ouais, j’fais partie des « tarés » qui aime à manger local, quand ils voyagent. Autant qu’le dépaysement soit complet, jusqu’à dans l’assiette ! J’fais ensuite savoir à Avalon qu’y’a 2 débiles qui aimeraient possiblement la rencontrer : Flavien et Erin. « Erin, c’est ta sœur c’est ça ? ». J’affiche un sourire, bien sincère cette fois, en entendant cela. C’p’têtre une erreur, mais dans les faits, en c’qui m’concerne, c’le cas ! « Nan, c’ma meilleure amie ! », qui résonne comme un « Mais elle est comme ma sœur ! », alors qu’Avalon sort c’qu’il lui faut. « Flavien ? ». Possible qu’j’lui ai pas parlé d’l’autre idiot. Ou qu’son prénom s’soit noyé dans la masse des prénoms des gens qui composent ma vie, et dont j’ai bien pu lui parler. « Un d’mes plus proches amis. Et l’mec d’Erin depuis 2 ans. » Pas compliqué d’se souvenir d’ça, ils s’sont mis ensemble plus ou moins quand l’accident a eu lieu. « Allez montre-moi comme les Anglais cuisinent. Tu sais faire cuire des pommes de terre ? Rassure-moi ? » J’ricane, amusé par son attitude, préférant qu’on m’taquine d’la sorte, plutôt qu’on tente d’mesurer ses paroles, d’peur d’m’énerver. « J’les mange crûes, ça va plus vite ! », qu’j’prétends, sérieusement, avant d’laisser échapper un p’tit rire. « Faut qu’on en fasse cuire quelques-unes, mais les autres faut qu’on les épluche et après on va les râper. Je suis sûre que tu feras un très bon rappeur de pommes de terre. Allez au boulot ! », s’amuse-t-elle, m’balançant une pomme de terre dans les mains, qu’j’rattrape en feignant d’râler : « A peine là, et ça m’donne déjà des ordres hein ! », tout en ayant un p’tit sourire en coin. Mais avant d’m’exécuter, j’sors d’quoi faire cuire les patates, et un saladier, pour y mettre celles qui périront sous les lames d’une vile râpe. Puis j’retourne vers la chef d’cuisine, et j’joue au commis. C’au bout d’quelques minutes, à officier sans vraiment trop parler, qu’j’finis par lancer un p’tit : « On se reparle. », sans prendre la peine d’préciser d’qui il s’agit, Avalon comprendra. J’me suis en effet décidé à répondre à sa question. Au moins, pour lui dire rapidement c’qu’il en est d’la situation. Parce qu’si elle enclenche son mode têtu, j’crois ça va vite m’gonfler. Autant s’débarrasser au plus tôt d’ce sujet d’conversation. Poussant un soupir, j’délaisse la pomme de terre dont j’avais la charge pour ajouter, en tournant la tête vers la brune : « Mais ça s’arrêtera là. Elle va s’marier, elle est heureuse, et j’ai pas changé d’avis vis-à-vis d’mon choix…. ». J’cherche l’regard d’ma coloc’, pour lui faire comprendre qu’j’suis toujours sûr d’moi, d’avoir agi comme j’devais. J’évite, bien entendu, d’lui dire qu’Elle est là. Pas envie qu’elle s’mette en tête d’aller La voir. J’lui dirai p’têtre plus tard, si jamais j’sens qu’ça pourrait s’avérer « dangereux », même si j’en doute. « C’qu’il y avait d’mieux à faire. Et c’toujours le cas ! », déclamé-je, en tentant d’insuffler l’plus d’conviction possible à ces mots. J’me remets à ma besogne, pour terminer par un p’tit : « T’sais où commencer à l’chercher ? ». Puisqu’on est dans l’sujet d’nos fantômes respectifs du passé, autant poursuivre avec le sien. Puis, j’ai envie d’savoir c’qu’elle a prévu d’faire, et d’voir si j’peux l’aider aussi.

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I wanna kiss you, make you feel alright : I'm just so tired to share my nights. I wanna cry & I wanna love, but all my tears have been used up : on another love. If somebody hurts you, I wanna fight, but my hands been broken, one too many times. So I'll use my voice, I'll be so f*cking rude. Words they always win, but I know I'll lose. I wanna cry, I wanna learn to love, but all my tears have been used up. I wanna sing a song, that'd be just ours, but I sang 'em all to another heart. I wanna cry, I wanna fall in love but all my tears have been used up.


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Re: Que la force soit avec nous - Raph ✻ ( Ven 1 Juil - 23:27 )



❝ Que la force soit avec nous❞
Toi & Moi
Si certains Irlandais se moquaient totalement de leur culture et n’y portaient aucun intérêt, ce n’était pas le cas d’Ava qui depuis toujours se passionnait pour les mythes et légendes de son pays. Quand on y réfléchissait, il n’y avait rien de très surprenant. Ava avait grandi dans un petit village, entourée d’hommes et de femmes d’un certain âge qui enfant adoraient lui raconter de nombreuses histoires. Elle, elle les avait écoutés avec son regard enfantin, parfois émerveillé, parfois terrorisé, mais à chaque fois elle s’était faite happée par ces histoires fantastiques et aujourd’hui encore quand un des villageois se mettait à en raconter une, elle était la première à s’asseoir à la table. En fait, Kinsale possédait son propre compteur. Le vieux Maverick passait très souvent à l’auberge et durant la période estivale il devenait l’une des attractions principales de la ville. Bon nombre de touristes se pressaient dans l’auberge de sa mère, juste dans le seul but de l’écouter. Alors, elles éteignaient les lumières, allumaient quelques bougies et laissaient faire la magie. La mère de la brune lui disait souvent qu’il était grand temps qu’elle arrête de croire à ces conneries, mais Ava n’en avait que faire, elle aimait trop ça pour détourner son attention. Alors oui, elle refusait d’arrêter de croire à l’impossible, mais qui cela gênait-il ? « Encore heureux qu’j’sois pas un leprechaun, tu tenterais d’me voler mon or ! » « Non j’y arriverai ! » le corrigea t’elle tandis que son visage indiquait qu’elle ne lui aurait laissé aucune chance. Après tout, on ne laisse pas échapper le trésor d’un leprechaun, surtout quand celui-ci s’appelle Raphael. « N’empêche, maintenant je rêve de te voir revêtir tes habits de lumière d’émeraudes. » plaisanta t’elle tandis qu’elle s’imaginait Raph habillé en lutin avec son petit pot d’or courir dans les bois verdoyant de l’Irlande. De quoi lui créer un petit fou rire qu’elle arriva cependant rapidement à rattraper.

« Pas sûr d’avoir quelque chose à souhaiter… ». Ava hausse les épaules avant de secouer la tête visiblement pas d’accord avec ce qu’il venait de lui sortir. « On souhaite tous quelques choses, même si c’est attraper la lune, manger une fraise géante ou revenir sur le moment où on a accepté d’ouvrir sa maison à une Irlandaise en quête d’espoir » et d’amour peut-être, mais Ava n’osait pas encore prononcer ce mot. Tout était trop compliqué pour elle, mais elle n’était peut-être pas venue uniquement pour retrouver le père de son fils. En fait, la vraie raison de sa venue lui faisait peur et elle préférait ne pas trop y penser. « Si j’te dis mon vœu, faut qu’tu m’dises ceux qu’tu ferais, toi ! ». « Okay ! » Et Ava lui tend la main pour sceller leur pacte. Maintenant elle n’a plus qu’à réfléchir à ce son souhait. Comme ça ça paraît tellement évidemment, mais plus les secondes passent et plus elle ne se perd dans ses désirs… 3 semaines, elle a encore 3 semaines pour se fixer et elle commence à comprendre que ça ne serait peut-être pas assez. Enfin, c’était le jeu et Ava ne partirait pas sans avoir donné une réponse sincère à son colocataire.

Ils s’étaient rencontrés à des milliers de kilomètres de cette ville, là-bas en Irlande, dans cette auberge si peu fréquentée à cette période de l’année. Au premier regard rien ne pouvait les rapprocher et pourtant plus ils avaient parlé et plus ils avaient compris que leur vie se ressemblait sur quelques points. Par exemple sur la famille. Tous les deux possédaient plusieurs frères et sœurs, ils avaient appris le partage, les grandes engueulades, mais aussi les retrouvailles et à la fin malgré tout ce qui avait pu se passer dans leur vie, ils se sentaient faire partie d’un tout, un cocon qui reste et ne disparaît jamais même si parfois il s’effrite et est proche de l’implosion

« D’ailleurs, ils l’ont pris comment, quand tu leur a dit qu’tu partais pour l’Irak ? » « Houlala ! » Ava lève les yeux au ciel tandis que ses souvenirs refont doucement surface. « Ma mère a voulu m’interdire de partir en me disant que si je franchissais le pas de la porte elle ne serait plus jamais ma mère. » Tragique ? Pas vraiment, Ava éclate de rire. Elle a eu le temps de s’habituer aux petites crises d’hystérie de sa mère qui une fois la pilule avalée finit par se faire à l’idée. « Mon frère m’a encouragé, il trouvait ça cool, mais je pense pas qu’il voyait vraiment de quoi ça retourner. Ma plus jeune sœur, c’est elle qui m’a le plus soutenue, parce qu’elle savait que j’avais ça en moi et que je ne changerais pas d’idée. Mon autre sœur était plus du côté de ma mère. Elle est même allée me chercher sur internet tout ce que j’encourrais… Bref de la folie pendant plus de quinze jours jusqu’à ce que je foute les pieds dans l’avion. » Elle marqua une pause de quelques secondes avant de poursuivre. « Mais le pire je crois c’est après que je sois revenue et quand je leur ai dit que je repartais en mission humanitaire. Là pour tout le monde ça a été un non catégorique, surtout qu’ils avaient Sam comme moyen de pression. » C’était lui qui avait été au centre du problème. S’il arrivait quelque chose à Ava, il serait tout simplement devenu orphelin et pour sa famille la décision d’Ava était donc purement égoïste. La belle brune l’avait toujours vu différemment, mais elle était bien la seule à le voir comme ça. « Une fois de plus je n’en ai fait qu’à ma tête, mais avec des conditions cette fois-ci. Pas de pays en guerre et pas plus d’un mois, mais ça me convient, je trouve que c’est juste pour tout le monde. » Elle pouvait continuer à faire ce qu’elle aimait et sa famille ne se faisait pas un sang d’encre, ils étaient donc tous gagnants.

Raph lui avait parlé de la perte de son enfant. Un drame terrible qui à l’époque avait retourné Ava et qui l’a touché toujours autant. Elle qui était maman ne pouvait que comprendre ce qu’il avait dû ressentir, sans oublier ce qu’elle avait dû ressentir elle en perdant un être si cher. Pourtant si certains se seraient refusés à parler enfant, ce n’était pas le cas d’Ava. Certes le sujet n’était pas facile à aborder, elle y mettait des pincettes, mais elle savait aussi que Raph ne pouvait pas vivre dans un monde où ses souvenirs ne lui sauteraient pas au visage. Les enfants ils devaient en croiser pas mal, des parents aussi et malheureusement il avait sûrement dû apprendre avec la douleur de ne pas avoir pu connaître ce bonheur avec la femme qu’il aimait.  « Vu sous cet angle, t’as bien fait ! ». Oué, elle avait souhaité éviter l’enfer, surtout que si elle l’avait pris avec elle, ça aurait tout compliqué. Au moins, elle le savait en sécurité et ça la rassurait. Hors de questions de briser son cœur d’enfant en lui montrant un père qui peut-être ne voudrait pas de lui. Si Ava était habituée à prendre des risques avec son fils elle se montrait incroyablement protectrice et il était hors de question qu’elle le mette dans une situation délicate. Non, il n’avait que 3 ans et il était trop jeune pour les histoires d’adultes. « Le monstre ! » « Parfois je me demande vraiment comment je fais m’en sortir, mais on sert les poings et on fait face ! » Dire qu’il n’avait que 3 ans et déjà il lui arrivait de se sentir surpassé par les événements. Sans oublier le nombre de fois où elle remettait son jugement en question. Avait-elle été pas assez ou trop sévère ? prenait-elle assez de temps pour lui ? Tout pleins de questions qui ne la quittaient plus depuis qu’on lui avait annoncé sa grossesse. « Heureusement qu’y’a Internet ! » «  Là, tu prêches une convaincue ! » dit elle en riant. Parce que la douce Ava elle est un peu Geek. Une semaine sans internet se résume pour elle à une semaine en enfer, et même en mission elle se bat toujours pour obtenir une connexion, même minable , mais ça la rassure de savoir qu’elle peut toujours contacter sa famille et son fils bien sûr.

« Humhum. » « En Irlande, ça veut dire Oui ! » rétorque Ava avec un large sourire sur le visage. Pauvre Raph, il venait de faire rentrer le loup dans la bergerie. La dernière fois il était parti trop vite, elle n’avait pas vraiment eu le temps de s’occuper de son cas, mais maintenant elle allait avoir trois semaines pour essayer de le remettre un peu plus sur la bonne route. Elle la voyait encore cette haine. Moins présente que la dernière fois, mais toujours là, à le consumer comme aurait brûlé un tas de cendres. Sauf que chez Raph la combustion ne terminait jamais empêchant ainsi sa reconstruction. Parler de la blonde, elle le savait c’était quitte ou double. Pour le moment elle venait de faire chou blanc, mais elle n’allait pas s’avouer vaincue aussi vite. Elle esquissa un sourire avant de baisser les bras pour le moment afin de se concentrer sur le repas. Vu ce que possédait son frigo et surtout vu la connaissance qu’avait Raph de celui-ci, il ne devait quasiment jamais s’en servir. Parfait, Ava serait donc sa cuisinière pour ses trois prochaines semaines. « T’as bien d’l’espoir ! » « Je suis médecin, je crois aux miracles des causes désespérées ! » Ne jamais perdre espoir , c’était ça le secret. La vie avait appris à Ava que rien n’est jamais gagné et que celle-ci nous réserve parfois des surprises insoupçonnées. Comme ses gens qui se réveillent parfois après une mort cérébrale et qui explique leur voyant entre les deux… ce genre de chose qui remettait le sens même de la vie et de la mort en question.

« Nan, c’ma meilleure amie ! » Bon bhé voila évidemment elle s’était gourée, elle s’appelait pas Avalon Howel pour rien. « Binng première erreur de la journée ! » Ou peut-être la deuxième si on comptait sa question sur la blonde. « Ah ok. Flavien et Erin tes meilleurs amis qui sortent ensemble. » C’était en gros ça , si elle résumait le tout. Elle n’avait plus qu’à le noter dans une partie de son cerveau pour ne pas l’oublier. Allez, elle pouvait le faire ! « J’les mange crûes, ça va plus vite ! » « Oué oué ! » Elle pouffe avant de jeter un regard à ses mains. « Bon allez épluche, la fait pas trop souffrir quand même, pauvre madame la pomme de terre ! » C’est qu’elle allait quand même les nourrir, elle était précieuse la belle dorée. « A peine là, et ça m’donne déjà des ordres hein ! » Elle hausse les épaules amusée avant de rajouter avec une pointe de taquinerie. « C’est ma plus grande qualité ! » et elle sourit de toutes ses dents avant de saisir ce qu’il vient tout juste de sortir.

« On se reparle. »  Ava est en train de faire plonger ses pommes de terres dans l’eau. Elle se retourne vers Raph, hausse un sourcil et lui sort le plus naturellement du monde. « A qui ? la pomme de terre ? » ahahah très drôle, elle comprend juste deux secondes après de qui il est en train de lui parler. « Non c’est vrai ! Depuis quand? » C’est pas une question, plus une sorte de petit moment d’excitation. Bon c’est peut être pas un grand pas pour l’humanité, mais pour lui elle sait que c’est un pas de géant. « Mais ça s’arrêtera là. Elle va s’marier, elle est heureuse, et j’ai pas changé d’avis vis-à-vis d’mon choix…. » Ava roule des yeux, en fait non il n’a pas tellement changé. « Tu lui as laissé le choix au moins ? Comment elle peut savoir sans se souvenir ? » Bha oui, comment aurait-il pu faire un choix entre deux hommes, sans connaître ce que Raph ressentait toujours pour elle, sans avoir la force de leur histoire passée. « T’as pas l’impression de la laisser partir sur un mensonge ? » lui demande d’elle curieuse et sûrement attristée par la situation que ce soit pour lui ou pour elle. « Enfin je dis ça, mais je parle sans vraiment connaître, tu me diras… » Oui elle n’était peut-être pas la plus placé pour aborder le sujet, après tout elle ne connaissait pas vraiment leur histoire. « Mais moi je sais que si j’avais été dans son cas, j’aurais aimé savoir la vérité, toute la vérité, pour pouvoir faire un choix, un vrai. » Elle sourit avant de se rapprocher de Raph pour regarder les pommes de terre. « Tu l’as presque réussi… » dit elle en regardant la tronche de la pomme de terre, il en restait quand même assez pour qu’il puisse la cuisiner. « T’sais où commencer à l’chercher ? » C’était un juste retour. Il venait de parler de Gaelle, à elle de parler d’Alec. « J’ai trouvé une adresse , je vais aller voir, mais je sais pas trop comment m’y prendre. » C’était bien ça le problème. « Il a très bien pu refaire sa vie, sûrement d’ailleurs. Je me vois mal me pointer chez lui et lui dire : Salut Alec tu te souviens de moi ? Mais si la fille avec laquelle tu t’es éclaté en Irak avant qu’elle se fasse exploser la figure ! Bha tu sais quoi on a un enfant ensemble ! » Yeahhh , c’était ce qu’elle devait lui dire, sauf qu’elle ne pouvait pas lui sortir comme ça et qu’elle ne savait pas du tout comment s’y prendre. Ava referma ses mains sur le plan de travail avant de s’étirer doucement. « Je sais même pas si je vais réussir à lui parler de Sam, mais je vois pas comment je peux partir sans lui dire. C’est son fils et même s’il n’a aucune envie de s’en occuper, ce que je peux comprendre, il est en droit de savoir . C’est surtout pour Sam en fait, je veux qu’il sache qui est son père, qu’il connaisse la vérité même si elle est dure et pour ça va bien falloir que j’arrive à lui faire face. » Ava soupira ce n’était pas gagné cette histoire, mais elle allait au moins tenter d’essayer. « Enfin j’ai quand même trois semaines… c’est long et court à la fois. Je verrais bien ! » dit elle en se redressant pour se lancer dans la découpe de ses légumes. « Au fait, tu peins en ce moment ? T’es sur un projet en particulier ? » Ava n’était pas très fan de l’art, mais elle aimait les gens qui vouaient leur vie à celui-ci qu’il soit musical ou bien artistique.


© Pando

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Re: Que la force soit avec nous - Raph ✻ ( Jeu 7 Juil - 1:27 )

Avalon ∞ Raphaël
Elle a tout rempli. Elle est la seule raison pour laquelle j’suis en vie. J’comprends pourquoi j'ai affronté la neige, les embouteillages, le gel sur la route : pour m’rappeler que tous les jours, j’dois m’reconstruire et, pour la première fois d’toute mon existence, accepter qu’j'aime un être humain, plus que moi-même. (Citation remaniée de Paulo Coelho, pour coller à l’état d’esprit de Raph, concernant ses sentiments pour Gaëlle et les décisions qu'il a pris, depuis l'accident, pour elle).


Samedi 28 mai :

C’est d’un ton super sérieux qu’on parle de leprechaun, et d’une éventuelle confrontation qui aurait pu avoir lieu entre nous si j’en avais été un. Oui, on n’s’est pas vu depuis un moment, et on s’amuse à débattre sur ces créatures légendaires. Les sujets sérieux, bah, ça viendra plus tard, y’a l’temps, on a bien l’droit d’décompresser un peu. ‘fin, surtout Ava, vu l’trajet – compliqué – qu’elle s’est tapée, juste après l’avion. «  Non j’y arriverai ! » Et c’qu’elle a l’air sûre d’elle, la p’tite, en plus ! Oh, elle m’connaît pas, en tant qu’leprechaun virtuel, j’serais une teigne ! (Tout va bien dans ma tête !). « Arrête, t’aurais aucune chance : j’serai l’meilleur des leprechauns ! Fourbe et tout c’qui faut pour garder mon or ! », somme tout, pas grand choses d’différents par rapport à maintenant. Merde, j’ai un caractère d’leprechaun, ‘fin, du moins, d’leprechaun tel que j’me les imagine… « N’empêche, maintenant je rêve de te voir revêtir tes habits de lumière d’émeraudes. ». Pourquoi j’sens qu’j’vais finir par m’déguiser en leprechaun, moi, durant l’temps où Avalon sera à Cap Harbor ? « T’as qu’à m’en coudre un, et je le mettrais, si t’veux ! ». Ah, bah voilà, c’pour ça qu’j’avais c’pressentiment. Et l’pire, c’que je le ferais, si elle s’plie au jeu. J’ai déjà dit qu’j’étais débile, par moment, et qu’j’l’assume entièrement ? Si j’devais virer d’ma vie tous les moments où j’ai fait l’crétin, j’devrais virer presque 80% d’ma vie. A peu d’choses près ! Mais qu’importe, faut savoir s’amuser, dans la vie. Pis l’ridicule, c’pas une cause d’mort. ‘fin, sauf si on fait l’con en prenant d’sacrés risques, bien sûr ! Toujours dans l’registre des légendes, on y vient à rêver du fait d’avoir droit à des vœux, ou du moins, à tenter d’réfléchir à ceux qu’on pourrait souhaiter, si on s’en voyait accorder… J’admets qu’pour ma part, y’a sans doute pas grand-chose qu’j’souhaiterais. Trop compliqués, tous les changements que ça engendrerait…. Ma comparse doute ouvertement, et m’le fait savoir : « « On souhaite tous quelques choses, même si c’est attraper la lune, manger une fraise géante ou revenir sur le moment où on a accepté d’ouvrir sa maison à une Irlandaise en quête d’espoir ». J’secoue la tête en entendant les hypothèses qu’elle énumère. « Moi, j’préfère avoir une fraise géante qui peut voler jusqu’à la lune, comme ça, j’habite là-haut et j’évite l’Irlandaise en quête d’espoir ! », m’amusé-je, en reprenant sa réponse, la détournant, heureux d’avoir une occasion d’emprunter une voie moins sérieuse qu’celle qui pourrait être cachée. Celle qui touche à c’qu’on veut vraiment, tous les deux, mais qu’pour des raisons différentes, on n’peut pas encore obtenir. « Okay ! », m’répond Ava, quand j’accepte d’réfléchir – vraiment – à un vœu qu’j’pourrais aimer faire, pour le lui dire avant son départ. C’est en s’serrant la main qu’on conclut notre p’tit accord. J’ai beau avoir 3 semaines d’réflexion, j’sais déjà qu’ça sera sans doute pas lié à Elle. Plutôt à ma famille, en fait. Qu’ma mère n’tombe jamais malade. Ou qu’j’craque pas pour Elle, afin d’éviter qu’Son père n’brûle ma maison, et qu’certains des miens périssent.

On parle ensuite d’famille, et d’son choix qui l’a mené à partir loin des siens, pour aider les autres. Un choix admirable à mon sens, qu’j’pense qu’j’aurai pu faire, si j’avais pu être utile là-bas. Pas en tant qu’soldat, par contre, j’dois avouer qu’le délire d’la vie militaire, ça n’a jamais été mon kif. J’dois être trop chiant pour m’laisser dicter ma conduite de A à Z, j’pense. « Houlala !», commence-t-elle quand j’l’interroge sur la réaction des siens quand elle leur a fait part d’son choix d’partir. « Ma mère a voulu m’interdire de partir en me disant que si je franchissais le pas de la porte elle ne serait plus jamais ma mère. ». J’l’accompagne dans son rire, car ça n’m’étonne pas d’sa mère, d’après c’que j’ai pu voir d’elle, durant mon séjour. Pis c’bien une réaction d’mère, j’trouve, j’suis sûr qu’la mienne aurait pu sortir un truc similaire à ça. Ou ça aurait été mon père. Ou quelqu’un d’ma fratrie. Ou p’têtre tous, en fait ! « Logique ! », qu’j’me contente d’faire savoir. « Mon frère m’a encouragé, il trouvait ça cool, mais je pense pas qu’il voyait vraiment de quoi ça retourner. Ma plus jeune sœur, c’est elle qui m’a le plus soutenue, parce qu’elle savait que j’avais ça en moi et que je ne changerais pas d’idée. Mon autre sœur était plus du côté de ma mère. Elle est même allée me chercher sur internet tout ce que j’encourrais… Bref de la folie pendant plus de quinze jours jusqu’à ce que je foute les pieds dans l’avion. », poursuit-elle, alors que j’hoche la tête par moments, montrant qu’j’comprends les divers points d’vue, des diverses personnes mentionnées. J’retiens un p’tit rire, parce que : « C’marrant, les Edgecombe auraient réagi pareil ! T’es sûre qu’on est pas parents éloignés ? », j’plaisante, mais à peine ! Entre ceux qui pourraient essayer d’planquer l’passeport, ceux qui s’amuseraient à dresser la liste d’toutes les maladies qu’on peut choper là-bas, ou encore d’la bouffe pas forcément ragoûtante… Y’aurait d’quoi illustrer la folie edgecombienne, en fait ! « Mais le pire je crois c’est après que je sois revenue et quand je leur ai dit que je repartais en mission humanitaire. Là pour tout le monde ça a été un non catégorique, surtout qu’ils avaient Sam comme moyen de pression. ». J’grimace, car c’clair qu’avec le p’tit, ça devait être encore plus difficile pour la famille d’Ava d’la laisser partir. Même pour elle, ça n’a pas dû être un choix facile à faire…. « Une fois de plus je n’en ai fait qu’à ma tête, mais avec des conditions cette fois-ci. Pas de pays en guerre et pas plus d’un mois, mais ça me convient, je trouve que c’est juste pour tout le monde. ». Bon compromis, en effet. J’sais pas si j’aurais pu faire la même chose, à sa place : partir aussi loin qu’ça, en ayant un gosse.  J’dis pas qu’c’irresponsable, c’qu’Ava a fait, n’vous méprenez pas. J’pense juste qu’j’aurais fait partie d’ces parents qui galèrent à s’éloigner (mais vraiment loin hein, donc, n’pas être dans l’même pays, ça m’serait compliqué !) d’leurs progénitures, plus d’une p’tite semaine, du moins, les premières années. Cela dit, il n’est pas impossible qu’j’fasse ça quand le p’tit d’Loan et d’moi naîtra. Ca vient p’têtre d’un détachement psychologique, du fait qu’ça n’sera pas un gamin qu’j’aurai eu avec Elle. Non pas qu’j’l’aimerais pas, l’mioche, mais… ca sera juste pas pareil… Pis, même quand j’partirais en Asie, ça n’sera pas pour toujours. J’reviendrais là, pour voir Loan et l’minus, mais j’pense pas qu’j’continuerais à vivre dans cette ville, par contre. Pas impossible qu’j’finisse par m’installer dans une ville à proximité, on verra bien…. « Ca doit pas toujours être facile… d’voir des gens aussi mal qu’ceux qu’tu vois, socialement parlant… ». Outre l’fait d’être dans des pays pauvres et d’voir la misère à un niveau plus « haut » qu’celle qu’on peut voir, dans nos rues, j’veux dire. En tant qu’médecin, elle doit parfois entendre les histoires d’ses patients, c’qui n’doit pas toujours être facile. Et j’en ai un p’tit aperçu : « Quand j’fais du bénévolat à l’hosto et qu’les gosses m’parlent un peu d’eux, ça m’bouffe, parfois, d’pas pouvoir plus les aider… ». Car tous n’ont pas forcément « que » leur maladie qui leur complique la vie. « J’t’admire pour c’que tu fais. Ton boulot et tes missions humanitaires. », qu’j’avoue avec un p’tit sourire. Parce qu’les gens qui bossent dans l’milieu d’la santé m’ont toujours impressionné (même si j’en ai détesté certains, pour c’qu’ils ont pu m’faire endurer, plus jeune, quand bien même c’était pour m’soigner. M’enfin, j’en voulais encore plus à ceux qu’étaient aussi aimables qu’une porte de prison…). Et l’aspect humanitaire, ça, c’encore plus admirable, selon moi, par l’engagement qu’ça sous-entend. Et j’estime qu’parfois, pour les gens qui font tout ça, faut juste leur faire entendre d’telles choses. Car avec le stress qu’ça doit engendrer, et les moments d’doutes, ça n’doit pas être facile tous les jours.

Un autre point qui fait mon admiration concernant Avalon, c’le fait qu’elle s’occupe seule d’son fils. Et qu’elle s’batte pour lui, comme elle l’fait en ayant pris son courage à deux mains pour venir ici, afin d’retrouver l’père. « Parfois je me demande vraiment comment je fais m’en sortir, mais on sert les poings et on fait face ! ». Ca, j’ai aucun doute, j’vois bien qu’c’pas souvent facile, via mes frères et sœurs, et leurs propres gosses. Certes, ça n’doit pas être comparables quand on est parents, mais ça donne déjà une assez belle idée d’la galère qu’ça peut être, par moments ! « Vous êtes tous les deux bien entourés, ça aide pas mal ! ». Du peu qu’j’ai pu voir d’la famille d’Ava, celle-ci serait prête à tout pour l’mioche, et pour aider la brunette. Pis l’gosse paraît pas trop s’plaindre d’la situation, grâce à ça, il est même presque mieux loti qu’des enfants qu’ont leurs deux parents à côté…. « Là, tu prêches une convaincue ! », m’répond Avalon, tandis qu’on s’met d’accord sur les bienfaits d’Internet, qui permet d’garder l’contact avec les gens, malgré la distance. Autrement dit, un biais qu’j’ai souvent utilisé, avec Elle. Passons…. « Hésite pas à utiliser mon ordi, d’ailleurs, si t’as pas amené l’tien. » Sait-on jamais, vu qu’y’a un poids max’ pour voyager, qui nécessite d’payer si on l’dépasse, elle n’a p’têtre pas pu amener son PC. Ou n’a pas voulu prendre l’risque qu’il rejoigne l’tas des bagages perdus dans les aéroports…. « C’qui m’fait penser qu’faudra qu’j’te file l’nécessaire pour utiliser la Wi-Fi. ». C’qui peut être rudement pratique, qu’elle utilise mon ordi ou qu’elle ait amené l’sien. « En Irlande, ça veut dire Oui ! », s’amuse-t-elle, alors qu’j’évite d’véritablement répondre à son interrogation sur l’fait qu’j’ai pas encore réussi à m’trouver un chez-moi. J’pousse un soupir, amusé et partiellement consterné, avant d’dire : « Mince, faudra m’filer l’dico Anglais/Irlandais alors ! » qu’j’puisse saisir toutes les subtilités d’la langue, vous voyez ? J’approuve pas grand-chose, mais j’dénie pas non plus ! « Je suis médecin, je crois aux miracles des causes désespérées ! », s’exclame Avalon, alors qu’on s’décide à s’faire à manger, et qu’elle espère m’aider à améliorer mon niveau en cuisine. Aussi réalisable qu’faire d’Elle une future Picasso…. « Parce qu’y’a des médoc’ qu’existent pour transformer des cuistot qui laissent à désirer à d’bons cuistot ? P’tain, la médecine fait d’ces miracles ! », qu’j’m’amuse à demander, pour remettre un peu d’fraîcheur dans une ambiance qu’en a pris un coup, depuis qu’l’Irlandais a tenté d’me faire parler d’Elle. C’que j’ai brillamment évité, pour l’moment. D’ailleurs, on en vient à parler d’Flavien et d’Erin, signe qu’ma distraction a fonctionné. Pour l’instant, du moins, car de c’que j’ai pu voir d’Avalon, elle est plutôt têtue. Va falloir qu’j’me tienne sur mes gardes, avec elle. Cela dit, l’inverse est vrai : si elle veut m’faire parler d’Elle, moi, j’veux la faire parler d’lui… « Binng première erreur de la journée ! ». D’une voix amusée, j’lui fais savoir « J’t’ai parlé d’trop d’gens aussi ! ». C’qu’est vrai. Déjà, rien qu’avec le p’tit portrait qu’j’lui ai dépeint des Edgecombe, y’avait d’quoi perdre n’importe qui ! Plus encore sans les avoir déjà croisé, histoire d’mieux coller un visage sur tous ces noms. « « Ah ok. Flavien et Erin tes meilleurs amis qui sortent ensemble. ». « C’tout à fait ça ! ». Très bon résumé d’la situation. J’esquisse un léger sourire, teinté d’nostalgie, en m’disant qu’sans Elle, y’aurait p’têtre même jamais eu d’eux. Si Elle n’avait pas aidé Erin à réaliser qu’Flavien et elle, ça pourrait l’faire, j’crois qu’les deux n’auraient jamais fini par s’mettre ensemble. Flavien serait sans doute toujours avec Millicent. J’appréciais cette dernière, j’ai juste jamais trouvé qu’ils étaient franchement assorti, tous les deux. Pas autant qu’peuvent l’être ma meilleure amie et c’cinglé. Allez, on s’concentre sur la bouffe à préparer, Raph ! « Oué oué ! ». Ava n’semble guère convaincue, quand j’lui fais savoir qu’j’mange les pommes de terre crûes ! J’ouvre la bouche, ronde d’étonnement, avant d’glisser un : « T’étonnes pas si j’en bouffe une, dans c’cas-là ! », comme un gosse pourrait menacer un adulte d’bouffer un peu d’préparation à gâteau, s’ils cuisinent ensemble. « Bon allez épluche, la fait pas trop souffrir quand même, pauvre madame la pomme de terre ! ». J’serre les lèvres, m’concentrant sur ma mission, tentant, d’mon mieux, d’repousser mon idée à la con. Mais…« Parce qu’elle peut porter plainte ? ». Après tout, on est en Amérique, y’a eu des procès plus incongrues qu’ça, alors bon… « Ou ça atténuera son goût, avec la rancœur qu’elle aurait envers moi ? ». J’crois qu’cuisiner, c’nocif pour moi. Regardez les conneries qu’j’sors ! Bon, j’en sors tout l’temps, mais vous auriez pu faire semblant d’me croire ! En tout cas, c’moment détente fait du bien, même si Avalon m’taquine, et qu’j’la taquine en retour. On est la parfaite illustration du « Qui aime bien châtie bien ! ». Et j’en suis fier, car c’était pas gagné, à notre rencontre ! « C’est ma plus grande qualité ! ». J’pousse un soupir, à fendre l’âme. Ou juste pour servir à illustrer une connerie à venir : « Pauvre de moi ! J’vais m’mettre en quête d’un leprechaun pour t’rendre moins pénible alors ! ».

Ma boutade a été lancée d’une voix moqueuse, plus amusée qu’blessante, car d’toute façon, bien qu’j’connaisse pas non plus Avalon très bien, j’ai pas envie d’la changer. J’l’apprécie telle qu’elle, chiante, têtue et amusante (très bref résumé de c’que j’ai pu apprendre d’elle au fil du temps.). Par la suite, la conversation prend une tournure plus sérieuse, car j’lui fais savoir qu’on s’reparle, avec la blonde. « A qui ? la pomme de terre ? », m’demande-t-elle, avec un sérieux admirable, qui m’fait rire (c’qui mérite d’être noté, car j’suis plus tendu qu’amusé, en c’moment précis), au point d’me faire riper dans mon épluchage. Pas d’bobo à déplorer, par chance. Heureusement qu’j’suis moins maladroit qu’Elle, hein ! « Non c’est vrai ! Depuis quand ?», demande-t-elle finalement, après avoir compris d’qui j’parlais, non sans cacher sa joie. « Quelques mois », admis-je, ouvertement évasif. J’parviens déjà à lui parler un peu d’Elle, on va pas m’reprocher d’pas trop rentrer dans les détails, tout d’même. Pis, d’toute façon, comme j’lui fais savoir, ça n’change rien. Déclaration qui n’est guère appréciée par Avalon, vu l’beau « roulement » d’yeux qu’elle m’offre alors. « Tu lui as laissé le choix au moins ? Comment elle peut savoir sans se souvenir ? ». C’est un rire amer qui s’échappe d’mes lèvres, à son interrogation. « T’as pas l’impression de la laisser partir sur un mensonge ? Enfin je dis ça, mais je parle sans vraiment connaître, tu me diras… Mais moi je sais que si j’avais été dans son cas, j’aurais aimé savoir la vérité, toute la vérité, pour pouvoir faire un choix, un vrai. » Mes mains s’resserrent un peu plus, autour d’la pomme de terre et d’mon équipement d’cuisine. Preuve qu’ça m’est toujours difficile d’parler d’Elle, c’qu’explique pourquoi j’évite, en général. Sans compter qu’les gens n’peuvent pas vraiment comprendre mes motivations…. J’pousse un soupir, pour tenter d’me calmer, car c’surtout à c’merdier, cette situation pénible, qu’j’en veux, et pas à Avalon, ni à personne d’autre. Ou si, p’têtre à moi, qu’était derrière l’volant, c’soir-là… Détournant la tête d’la brune, j’continue l’épluchage. « Elle l’sait. J’lui ai dit pendant des mois, après son réveil, c’que j’ressentais pour elle, alors qu’j’suis pas du genre à m’étaler sur mes sentiments… ». Mes mots s’échappent, avec une teinte d’amertume. Car j’Lui en veux. Si y’a au moins un truc qu’Elle devait s’souvenir sur moi, c’bien l’fait qu’niveau sentiments, j’suis pudique. Et qu’si j’les exprime clairement, c’jamais sans les penser, du plus profond d’mon être. Alors ouais, j’en ai eu marre d’passer des mois à Lui dire qu’j’L’aimais, pour n’cesser d’voir l’doute briller dans Son regard. L’doute de quoi, d’où ça sortait, on peut m’le dire ? Lui aies-je donné, une seule fois, une raison d’douter d’moi ? J’veux bien qu’Elle soit amnésique, mais d’là à n’plus s’souvenir d’choses aussi basiques qu’ça d’mon caractère, alors qu’on s’connaît depuis toujours, tout d’même…. « Crois-moi : elle a fait son choix…. ». Du moins, c’comme ça qu’j’vois les choses, et qu’j’les dépeint, avec un brin d’détresse dans la voix. A partir du moment où Elle a admis à une amie être amoureuse d’Chris, j’estime qu’la partie était perdue, pour moi. Qu’il était temps d’tirer ma révérence. J’allais pas m’emmerder à lutter alors qu’Elle n’était déjà plus mienne. Franchement, j’en avais plus l’énergie. Comment aurais-je pu en avoir, alors qu’j’savais qu’Son cœur battait pour un autre ? « Tu l’as presque réussi… », m’charrie Avalon, en jetant un coup d’œil au fruit d’mon dur labeur ! Ou pas ! « J’vais m’reconvertir en manipulateur pro d’patates tiens ! », qu’j’plaisante, ou qu’j’tente plutôt d’plaisanter, avant d’mettre l’sujet d’Alec sur l’tapis, car c'pas facile d'parler aussi longtemps d'Elle sans m'laisser submerger par la douleur, ravivée par Sa présence à CH et notre rapprochement/éloignement d'ces derniers temps. « J’ai trouvé une adresse , je vais aller voir, mais je sais pas trop comment m’y prendre. ». J’pousse un soupir, compatissant. C’clair qu’ça doit pas être une situation plus enviable qu’la mienne…. « Il a très bien pu refaire sa vie, sûrement d’ailleurs. Je me vois mal me pointer chez lui et lui dire : Salut Alec tu te souviens de moi ? Mais si la fille avec laquelle tu t’es éclaté en Irak avant qu’elle se fasse exploser la figure ! Bha tu sais quoi on a un enfant ensemble ! ». Voici c’qu’elle m’dit, alors qu’j’poursuis ma tâche, tandis qu’elle ajoute : « Je sais même pas si je vais réussir à lui parler de Sam, mais je vois pas comment je peux partir sans lui dire. C’est son fils et même s’il n’a aucune envie de s’en occuper, ce que je peux comprendre, il est en droit de savoir . C’est surtout pour Sam en fait, je veux qu’il sache qui est son père, qu’il connaisse la vérité même si elle est dure et pour ça va bien falloir que j’arrive à lui faire face. Enfin j’ai quand même trois semaines… c’est long et court à la fois. Je verrais bien ! ». J’me mords l’intérieur d’la lèvre, tâchant d’trouver un conseil judicieux à lui donner. Mais y’a pas grand-chose qui m’vienne, en fait… Pas facile, en même temps, vu c’qu’elle vit, et c’qu’elle s’apprête à faire. Et si j’avais la solution miracle vous vous doutez bien qu’j’l’aurai utilisée et adaptée avec la blonde. Même si dans l’cas d’celle-ci, c’est une histoire d’amnésie, là où dans l’cas d’mon amie, c’une situation qu’a amenée à c’qu’ils s’pensent mutuellement morts. « Déjà, parle-lui d’toi et d’vous. Laisse-lui quelques temps pour s’faire à l’idée qu’tu sois toujours en vie. Parle-lui d’Sam un peu plus tard. Pas trop d’chocs à la fois, l’pauvre ! ‘fin, c’comme ça qu’j’ferais… ». Mais ma proposition n’est pas des plus brillante, et j’en suis désolée, comme l’atteste l’fait qu’mes sourcils s’froncent, désappointé par tout ça. « Pour l’risque qu’il ait refait sa vie, ça, malheureusement… t’y peux rien… mais t’peux offrir un père à Sam, une fois l’choc d’la nouvelle passée. ». Et si Alec est un mec bien, aussi. Mais d’après c’qu’elle m’a dit d’lui, ça semble être quelqu’un d’bien. Après, d’là à s’assumer père d’un gosse d’3 ans, dont on ignorait l’existence, y’a sans doute un gouffre. C’est consciemment qu’j’évoque pas une éventuelle retour d’flamme entre Alec et Avalon. Parce qu’me connaissant, j’serais plus du genre à lui faire perdre tout espoir qu’la rassurer. Parce que j’me baserais sur mon expérience perso, et qu’comme ça, au moins, si ça s’passe mal, elle sera pas trop déçue. « Si t’as besoin d’soutien moral, pour les retrouvailles, hésite pas ! ». Pas sûr qu’j’sois d’une grande utilité, en un tel cas, mais bon, ça peut être réconfortant d’avoir quelqu’un à proximité. Quoi qu’il en soit, j’serai présent pour elle, à son retour ici, après les fameuses retrouvailles. A défaut d'être en mesure d'lui préparer un bon p'tit repas pour lui mettre du baume au coeur, j'lui paierais l'restau. Et/ou l'ciné, si elle préfère. 'fin, j'tenterais d'lui changer les idées, si nécessaire. Sauf si elle préférera être seule. « Au fait, tu peins en ce moment ? T’es sur un projet en particulier ? », m’demande-t-elle finalement. « J’ai une commande qui pourrait conduire à obtenir une p’tite expo, dans un p’tit musée, pas loin d’ici. », autant dire qu’c’un projet qu’j’prends très à cœur, depuis les quelques semaines qu’j’suis dessus, soit début mai. Après, on est plusieurs artistes à avoir été contacté, des 4 coins du globe, donc…. « La concurrence est rude… On verra bien… », soufflé-je, sans trop d’convictions. Plus trop d’foi en c’que j’fais, depuis quelques années maintenant. Disons surtout qu’j’ai pas retenté une possible expo depuis…. L’accident…. J’me suis contenté d’donner quelques cours, d’faire du bénévolat, et d’réaliser quelques p’tites commandes. Rien qui pourrait vraiment m’mettre en avant autant qu’l’expo d’ce p’tit musée, qui s’ouvrirait avec les œuvres de quelques artistes soigneusement sélectionnés. Autrement dit, un sacré coup d’projecteurs sur les vainqueurs. C’qui met une pression monstre. Et en c’moment, c’pas plus mal, j’avoue. Ca m’force à m’focaliser sur l’boulot et non sur l’désastre d’ma vie privée. Et encore moins sur la montée de stresse qui m'envahir, si j'viens à être sélectionné, et qu'j'aurai pas une certaine blonde pour m'aider à m'changer les idées, Elle qu'était plutôt douée pour m'redonner confiance si nécessaire, et m'amuser si besoin pour m'aérer l'esprit. « Ca t’vas, ou t’faut plus d’patates ? », qu’j’termine alors par lui demander, intrigué. Non sans m'amuser à choper un bout d'pommes de terre râpée pour la manger, avec un p'tit sourire.

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I wanna kiss you, make you feel alright : I'm just so tired to share my nights. I wanna cry & I wanna love, but all my tears have been used up : on another love. If somebody hurts you, I wanna fight, but my hands been broken, one too many times. So I'll use my voice, I'll be so f*cking rude. Words they always win, but I know I'll lose. I wanna cry, I wanna learn to love, but all my tears have been used up. I wanna sing a song, that'd be just ours, but I sang 'em all to another heart. I wanna cry, I wanna fall in love but all my tears have been used up.


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Re: Que la force soit avec nous - Raph ✻ ( Mer 27 Juil - 22:40 )



❝ Que la force soit avec nous❞
Toi & Moi
C’est assez plaisant de retrouver Raph. Au départ la brune était un peu, voire beaucoup tendue. Allez vivre chez quelqu’un qu’elle n’avait rencontré que peu de fois, ce n’était pas vraiment son truc. D’une nature timide et peut-être un peu introvertie, Ava mettait du temps à se détendre et à se sentir chez elle, mais Raph avait réussi en quelques secondes à lui faire disparaître ses doutes. Elle le savait, elle allait être bien dans sa maison et elle était finalement ravie de ne pas être seule à la vue de la situation. Sans oublier qu’elle était aussi heureuse de le retrouver en meilleure forme que la dernière fois. L’un comme l’autre, ils avaient réussi à avancer dans leur vie, ils ne leur manquaient plus qu’à faire le grand saut, mais ce n’était pas encore gagné. En tout cas, la brune était ravie de le retrouver et de remarquer que leur petite complicité n’avait pas disparu. C’était d’ailleurs amusant de remarquer que parfois il ne faut pas grand-chose pour que des liens se créent, des liens forts qui s’ancrent dans le temps, sans que l’on sache vraiment pourquoi. Avec Raph, Ava retrouvait un peu la même complicité qui existait entre elle et son frère et ça lui faisait du bien de retrouver une sorte de cocon familial alors qu’elle se trouvait à ses milliers de kilomètres de sa famille. « T’as qu’à m’en coudre un, et je le mettrais, si t’veux ! ». Hou là, il a de l’espoir, parce que si Ava est douée pour recoudre les êtres humains et même les animaux, il lui ai déjà arrivé de s’occuper des animaux de leur petite fermette, elle est beaucoup moins douée pour la couture. « Je peux toujours essayer, mais m’en veux pas si tu ressembles à un enfant perdu et pas du tout à un leprechaun !: » Oui ça serait quand même assez dommage, mais Ava craignait que même en mettant tout sa bonne volonté, elle n’arrive pas à sortir un résultat vraiment concret. « Mais bon vu que tu sembles tellement y tenir, je vais essayer ! » Ou elle allait tricher et en acheter un pour être sûr de lui donner un vrai costume de leprechaun.

Quand elle avait rencontré Raph, elle avait tout de suite qui lui manquait quelque chose de principal, un but. Peut-être que désormais, il s’octroyait enfin la possibilité de rêver. « Moi, j’préfère avoir une fraise géante qui peut voler jusqu’à la lune, comme ça, j’habite là-haut et j’évite l’Irlandaise en quête d’espoir ! », Pfff, c’était pas sympa ça. « J’adore les fraises. » dit-elle rêveuse en imaginant un bol de fraise et de la chantilly. L’eau lui montait à la bouche, elle aurait pu en manger des tonnes. « J’ai toujours rêvé de manger une fraise énorme, mais pas de m’envoler sur la lune avec et encore mois d’éviter une gentille Irlandaise. » Elle lui tire la langue avant de reporter son attention sur ce qu’elle est en train de faire, parce qu’Ava elle est du genre assez pointilleuse. « Je suis sûre que tu peux trouver mieux ! » Oué , elle venait même de lui offrir trois semaines, il avait plus qu’à faire un peu travailler sa petite tête, histoire de se souvenir qu’il était un être humain et que comme chacun d’entre eux, il possédait le droit de rêver et d’espérer.

Autant ils arrivaient à dire plein de conneries, autant ils arrivaient à se monter plus sérieux, comme en ce moment même. C’était assez drôle de voir que leurs familles étaient assez proches, alors que pourtant elles ne se connaissaient pas du tout. « C’marrant, les Edgecombe auraient réagi pareil ! T’es sûre qu’on est pas parents éloignés ? » Ava se met à rire, non aucune origine commune, mais ils possédaient quand même quelque chose en commun. « Hmmm , c’est peut-être parce qu’on a grandi sur des îles assez proches l’une de l’autre XD. » Elle allait taire les querelles entre les Anglais et les irlandais, mais bon c’était quand même moins grave que si la brune était Écossaise. Là ils auraient peut-être fini par en venir aux mains.

Concernant ses missions humanitaires, Ava jugeait que c’était plus difficile pour elle, c’était un choix, mais elle détestait partir et laisser Sam. Le truc c’est qu’après l’Irak, elle ne se voyait pas comment refuser son aide à des gens en difficulté. Elle pouvait leur offrir 3 semaines de son temps. Après tout si elle prenait l’avion ce n’était pas pour partir en vacances, mais pour essayer de sauver les vies, et pour la brune c’était d’une importance considérable.

« Ca doit pas toujours être facile… d’voir des gens aussi mal qu’ceux qu’tu vois, socialement parlant… » La brune acquiesce, il marque un point. « C’est vrai, ce n’est jamais facile. » Elle arrête ce qu’elle fait pour s’appuyer quelques secondes sur le plan de travail. « On doit souvent faire face à la misère des gens et à leur détresse, mais quand on a des sourires, des mercis, parfois des cadeaux, quand on comprend qu’on a vraiment eu un impact sur leur vie et qu’on leur a offert un peu de paix et de protection, ça fait du bien. Ça aide à continuer. » Dans son métier elle voyait de tout, elle entendait tout, elle devait très souvent faire face au désespoir, à l’inquiétude et parfois quand elle rentrait chez elle, Ava s’écroulait en larmes, mais heureusement son métier était aussi fait de bons moments. « Quand les gens te remercient, qu’ils viennent parfois te voir après avoir été soignés, c’est un vrai bonheur, ça te donne l’énergie pour continuer. » Elle sourit, elle a vécu pas mal de belles histoires avec ses patients, mais cela n’efface pas tout, car elle se souvient de tous ceux qu’elle a perdu. « Quand j’fais du bénévolat à l’hosto et qu’les gosses m’parlent un peu d’eux, ça m’bouffe, parfois, d’pas pouvoir plus les aider… » Elle ne peut que le comprendre, car hélas, les maladies ne sont pas les seules choses auxquelles ils doivent faire face. « Si on devait faire face juste aux problèmes médicaux, ça serait facile, mais c’est vrai qu’on doit faire face à pas mal de problèmes sociaux. Si tu savais le nombre de fois où j’ai dû faire appel aux services sociaux. » Parce que la brune n’hésitait pas, dès qu’elle comprenait qu’il y avait violences ou pire, elle ne faisait pas dans la dentelle. Si elle pouvait sortir les enfants de l’enfer dans lequel ils étaient, elle n’hésitaient pas une seule seconde. « Certains ont des vies vraiment pas faciles et parfois on peut rien faire, c’est toujours difficile de savoir qu’on est juste sans pouvoir. On fait de notre mieux… » C’était le principal, mais ça n’enlevait pas la colère qu’elle ressentait à chaque fois dans ce genre de situation. « J’t’admire pour c’que tu fais. Ton boulot et tes missions humanitaires. » La brune lui sourit, c’est vrai que Raph il a vu aussi l’autre côté, celui du patient. Le fait qu’il soit en vie dépendait de lui bien sûr, mais aussi des soignants qu’il avait rencontrés. Et son combat n’était pas encore terminé « C’est gentil, merci. » Elle est touchée, comment ne pas l’être, parce que c’est un peu toute sa vie, elle s’est donnée, elle a énormément travaillé pour en arriver là. Dans ces moments-là, elle se rappelle toujours de son amie d’enfance, c’était grâce à elle qu’Ava était devenue médecin. Elle avait fait tout ça pour Lucy et maintenant quand elle sauvait des enfants atteints de la même maladie, elle avait l’impression de continuer à la faire vivre et ça lui faisait du bien. « Tu sais pourquoi j’ai décidé de devenir medecin ? » Non, il ne devait pas le savoir, parce qu’elle ne lui avait jamais dit. « Quand j’étais petite, ma meilleure amie était atteinte d’une leucémie. Je lui avais promis de devenir médecin pour la sauver.» Ava sourit, mais ça reste difficile d’en parler. « J’ai réussi à devenir médecin, je l’ai surtout pour elle, pour respecter ma promesse. Elle a pas eu la chance de battre cette foutue maladie… » Non elle était morte alors qu’elle n’avait même pas 8 ans… « J’ai fini par choisir autre chose que la branche pédiatrique, c’était trop dur, mais je suis pas mal les enfants quand même et quand certaines repartent en pleine forme, c’est vraiment une victoire. » Une victoire des médecins bien sûr, mais aussi une victoire de la vie tout simplement. Si Ava n’avait pas réussi à sauver Lucy, elle était bien décidée à sauver Raph, même si pour le moment elle préférait ne pas trop le brusquer, elle allait y aller en douceur.

D’une certaine manière, malgré son caractère assez timide, Ava avait toujours été une battante. Après tout, c’était la seule chose qu’elle possédait pour réussir dans sa vie. Elle n’avait jamais eu de grandes facilités scolaires, elle avait juste abattu un travail titanesque en mettant son adolescence de côté, mais elle ne le regrettait pas. Pour l’arrivée de Sam, l’histoire c’était un peu répétée, car la brune n’avait pas du tout prévu de tomber enceinte, surtout en n’ayant jamais vécu dans une vraie famille. Sa mère ayant toujours collectionné les hommes et les enfants de ceux-ci, elle s’était toujours dit que si elle fondait une famille, c’était une fois sûre et certaine d’avoir trouvé le bon. Avec Alec, elle était tombée enceinte au bout de 6 mois et même si elle était amoureuse de lui, elle n’avait en aucun cas pensé à avoir un enfant. Pourtant, elle avait dû prendre une décision rapidement. Impossible pour elle d’avorter, ça ne lui était même pas venu à l’esprit. Alors elle l’avait gardé et avait fait face aux difficultés. « Vous êtes tous les deux bien entourés, ça aide pas mal ! ». Ça c’était clair et net. « Complètement, Sam, il a une maman certes, mais il est aussi très entouré par ma mère, mes sœurs et mon frère. On vit toujours ensemble d’ailleurs. » Oui c’était un peu comme ça chez eux. Sa mère ne voulait pas les laisser partir et puis fallait bien faire vivre l’auberge. Sans oublier que chacun d’entre eux appréciait leur vie. C’était sympa de se retrouver tous les soirs et de partager un même repas, sans oublier les parties de Monopoly et de poker qui devenaient rapidement un véritable champ de guerre. Ava avait pensé plusieurs fois à prendre un appart, mais elle était toujours arrivée au même point. C’était plus facile pour elle , elle pouvait laisser Sam à sa mère ou sa sœur, sans jamais s’inquiéter. Elle avait pas mal d’avantages, même si les inconvénients comme l’absence de vie privé ne lui plaisaient pas forcément. Mais le truc c’est qu’Ava avait depuis longtemps oublié ce que c’était d’être une femme. Désormais elle ne portait plus que l’étiquette : Maman. « Hésite pas à utiliser mon ordi, d’ailleurs, si t’as pas amené l’tien. » « Oh Super, Merci. J’ai pas pu prendre le mien, juste ma tablette ! » Oui et ça avait été dur, parce qu’Ava elle était un peu geek dans l’âme quand même. Alors, savoir qu’elle aurait accès à un ordi, ça la rassurait pas mal. Surtout que Raph venait tout juste de parler de Wifi et autant dire qu’elle n’allait pas attendre une heure avant de lui demander le code d’accès.

Ils parlent assez d’elle, parlons de Raph désormais, parce qu’après tout, sa vie elle intéresse pas mal la brune. Où en est-il depuis qu’il a quitté sa très chère Irlande ? Elle a bien compris que Raph n’est bien nulle part, comme s’il cherchait encore sa place. Une place qui se trouvait uniquement à côté d’une certaine blonde, mais ça fallait encore qu’il puisse l’accepter. C’était pas le lieu le problème, mais l’absence d’une certaine personne dans ce le lieu. Ava un peu trop romantique ? Oui sûrement, mais elle le vivait assez bien. . « Parce qu’y’a des médoc’ qu’existent pour transformer des cuistot qui laissent à désirer à d’bons cuistot ? P’tain, la médecine fait d’ces miracles ! » « Comme si t’avais pas compris ce que je voulais dire. Mais tu vas voir, dans quelques semaines tu vas savoir cuisiner. » Parce que oui, Ava elle sait faire des miracles, surtout en cuisine, elle va lui apprendre quelques petites choses pour qu’il mange un peu sainement, ça lui fera pas de mal. Bon pour le moment, Ava fait un peu chou blanc, mais elle ne perd pas totalement espoir. Évidemment, faut qu’elle fasse une bourde, parce qu’elle est comme ça la brune, elle ne peut pas s’en empêcher. « J’t’ai parlé d’trop d’gens aussi ! » « Y a trop de gens dans ta famille ! » plaisante t’elle avant de le rassurer. « T’inquiète pas, je suis très mauvaise pour me souvenir de ce genre de chose. » Oui … elle zappait très facilement les prénoms, sans oublier les visages. Ava n’était pas particulièrement douée pour se souvenir des gens qu’elle croisait, alors ceux qu’elle n’avait pas encore vu, ce n’était même pas la peine. En tout cas maintenant c’était noté, Erin c’était sa meilleure amie et Flavien son petit ami qui était aussi son meilleur pote. Pratique !. Fallait juste qu’elle le garde en tête cette fois-ci. « C’tout à fait ça ! » « C’est noté, c’est noté, même si je pense qu’il va falloir que tu me fasses une sorte d’arbre généalogique et amical pour que je ne fasse pas de grosses bêtises, une fois qu’ils seront tous là ! » Avec des photos !!! Parce que sinon elle n’y arriverait jamais. Elle allait l’apprendre le soir pour ne pas paraître trop à l’ouest une fois qu’ils arriveraient.

La cuisine et Raph. Autant dire que ce n’est pas gagné. « T’étonnes pas si j’en bouffe une, dans c’cas-là ! », Oh c’est immonde… beurk beurk beurk. « T’es anglais c’est normal ! » dit elle avec un grand sourire. Si elle le taquine, bhé oui. Ava regarde du coin de l’œil l’épluchage des pommes de terre made by Raph. « Parce qu’elle peut porter plainte ? » « Je l’entends déjà crier ! » et Oui c’est qu’il est pas tendre avec madame la pomme de terre, elle a rien demandé la pauvre, alors un petit peu de douceur. « Ou ça atténuera son goût, avec la rancœur qu’elle aurait envers moi ? ». « Pire que ça, je pense même qu’elle pourrait t’étouffer ! » Ne jamais sous-estimer une pomme de terre en colère ! Oui parce que la brune, elle avait déjà failli s’étouffer avec une pomme de terre et une pomme aussi. Mais bon ce n’était pas très étonnant, vu qu’elle mangeait vite et qu’elle oubliait souvent de bien mâcher. « Pauvre de moi ! J’vais m’mettre en quête d’un leprechaun pour t’rendre moins pénible alors ! ». Ava lui donne un coup d’épaule amical. « Bha tu sais quoi, ça marcherait même pas, c’est le charme irlandais ! » Héhé, il va vivre trois semaines d’horreur, mais ça va lui faire du bien. Même que quand elle va partir, il serait sûrement très triste de plus l’avoir chez lui ou au contraire très heureux de ne plus l’avoir dans son champ de vision.

Miracle ou pas ? Mais il lui parle enfin de la blonde. Autant dire qu’elle est surprise, elle n’aurait pas cru que cela arrive si vite, mais elle est touchée que ça soit le cas. « Quelques mois » Quelques mois, ça veut quand même dire pas mal de temps, autant dire qu’Ava a manqué un train ou deux… En mode féministe, Ava est bien décidée à montrer son point de vue. Elle tente de se mettre à la place de Gaelle. Essayez de comprendre l’autre pour réussir à avancer, c’est ce qu’elle tente de faire, mais elle est peut-être pas super bien placée pour comprendre leur histoire. Il suffit de regarder Raph pour voir que la discussion est difficile pour lui, mais au moins il parle, il ne reste pas dans le silence. C’est mieux que rien. « Elle l’sait. J’lui ai dit pendant des mois, après son réveil, c’que j’ressentais pour elle, alors qu’j’suis pas du genre à m’étaler sur mes sentiments… » « Oh… » Ava pose son couteau. « C’est bien que tu l’ais fait Raph, même si tu n’attendais peut-être pas à ce qu’elle réagisse comme ça. » À l’époque, quand elle l’avait rencontré en Irlande, il était contre l’idée même de lui parler. Maintenant elle apprenait qu’il avait réussi à lui parler de ce qu’il ressentait et ça pour la brune c’était quand même une belle avancée. Ava était contente, parce que c’était le signe qu’il reprenait doucement sa vie en main. « Crois-moi : elle a fait son choix…. » Ava hausse les épaules, elle en ait pas si sur. « Tu sais parfois on est vraiment surpris… abandonne pas. Tant qu’y a de la vie, y a de l’espoir. » Oui elle était peut-être un peu trop rêveuse, mais fallait bien ça pour travailler dans son milieu.

Ils parlent et Raph vient de finir à éplucher ses pommes de terre et pas mal en plus. Autant profiter d’un petit intermède pour faire redescendre la tension parce que la brune sent bien que cette discussion est assez difficile à mener pour son hôte. Il s’était confié sur Gaelle, c’était désormais au tour d’Ava de se confier sur Alec, même si elle savait encore fichtre rien de ce qu’elle allait faire. Ava met cartes sur table, elle lui parle de ses doutes, de ses questions et ça lui fait du bien de pas tout garder pour elle et puis Raph est un homme ( et oué XD ) et il est bien placé pour lui donner son avis. « Déjà, parle-lui d’toi et d’vous. Laisse-lui quelques temps pour s’faire à l’idée qu’tu sois toujours en vie. Parle-lui d’Sam un peu plus tard. Pas trop d’chocs à la fois, l’pauvre ! ‘fin, c’comme ça qu’j’ferais… ». Ava continue de cuisiner, elle le fait avec une certaine rapidité et minutie, elle sait ce qu’elle fait et ça va vite. « Je sais pas trop si y a vraiment encore des choses à dire sur nous en fait… » Peut-être qu’il y aurait eu des choses à dire s’ils s’étaient retrouvés plus tôt, mais 4 ans elle avait le sentiment qu’ils n’avaient tout simplement plus rien à sauver. « Pour l’risque qu’il ait refait sa vie, ça, malheureusement… t’y peux rien… mais t’peux offrir un père à Sam, une fois l’choc d’la nouvelle passée. » Ava sourit, c’était pour ça qu’elle était là à vrai dire. Même si elle avait quelques espoirs encore concernant sa relation passée avec Alec. Après tout elle n’était pas une romantique pour rien. « La seule chose que j’espère c’est qu’il voudra apprendre à le connaître et faire partie de sa vie. Tu connais ma mère ! j’ai grandi sans père et je ne le souhaite à personne… Je crois qu’on cherche toujours à savoir pourquoi on a rejeté, ce qu’on a fait de mal … » En tout cas, c’était des questions qu’elle se posait encore. Elle n’avait jamais rendu visite à son père, il avait été assez clair de toute façon, il avait même changé de pays, elle n’allait pas courir après une chimère. « Si t’as besoin d’soutien moral, pour les retrouvailles, hésite pas ! » « Je n’hésiterais pas à venir pleurer sur ton épaule au besoin. » Oui parce qu’Ava, elle avait un petit cœur tout mou qui saignait bien trop rapidement. Conséquence de tout ça, elle pleurait très souvent et très rapidement. « On a pas bol avec nos histoires d’amour, on dirait pas que ça soit vraiment arrangé depuis la dernière fois qu’on s’est vue. » Oué ça n’avait pas vraiment évolué. « Bon allez dans un an, on est marié, amoureux et heureux en ménage. Séparément bien sûr. » Oui fallait pas qu’il pense qu’elle lui propose un plan tiré par les cheveux. Nan nan, elle leur mettait juste un but dans leur vie.

Assez parlé de leurs vies sentimentales pathétiques, sinon ils ne vont pas tarder à sortir la bouteille d’alcool et se bourrer pour oublier tout ça. Le pire c’est que l’idée de boire ne dérange pas Ava, elle a grandi dans un pub, boire ça la connaît, mais elle est en compagnie de Raph. Autant dire qu’elle n’est pas prête d’oublier l’image de lui en plein coma éthylique. Il est donc, hors de question qu’elle lui propose de boire ne serait-ce qu’une goutte d’alcool. Alors pour changer de sujet, elle préfère partir sur les peintures. Après tout, elle est chez un artiste. « J’ai une commande qui pourrait conduire à obtenir une p’tite expo, dans un p’tit musée, pas loin d’ici. », « C’est super, faut que tu montres tout ça. Je voulais aussi te demander, si tu faisais des portraits ? ça me plairait d’en faire faire un de Sam. Je voulais te le demander personnellement. » La brune aimait l’art, alors si elle pouvait profiter des doigts experts de Raph pour immortaliser son fils ça serait avec grand plaisir. « La concurrence est rude… On verra bien… » « Je me fais pas de soucis pour toi ! » Oui parce qu’à l’époque, elle était rentrée dans sa chambre, elle y avait fait le ménage et donc elle avait vu quelques-unes de ses œuvres. « Dans tout ce que tu fais, y a une âme, ça parle et c’est ça l’art… » En tout cas, c’était comme ça que la brune le concevait. Raph était doué et elle était sûre qu’un jour où l’autre il serait reconnu pour son travail. « Ca t’vas, ou t’faut plus d’patates ? » Elle fait non de la tête, c’est bon elle en a assez. Nan, mais c’est pas possible, elle lui tape sur la main avant de jurer en irlandais puis elle rajoute d’un ton très maternel. « Mais c’est pas possible t’es pire qu’un gosse. File ranger ta chambre ! » Oué… il n’écoutait rien ce grand gamin. « Râpe les au lieu de faire des conneries ! » Oui qu’il se montre utile au lieu de les bouffer tout de suite alors qu’ils sont censés les faire cuir ! Pendant ce temps, la brune, elle, attrape les pommes de terre cuites et commence à en faire de la purée. « Râpe bien, t’es un artiste n’oublie pas. » Oui qu’il fasse ça bien, un peu d’application dans ce monde de brute. Une fois les pommes de terre râpées, elle ajoute de la farine puis mélange le tout avec la purée. « Dis-moi que tu sais faire de la salade verte ? » Oui quand même ? Ce n’était pas si compliqué que ça, surtout qu’elle avait vu de la salade en sachet dans son frigo. Il avait juste besoin de préparer un assaisonnement. « Je sais que c’est peut-être pas le moment de poser la question, mais c’est une sorte de déformation professionnelle. » Oué, elle n’y pouvait rien, c’était impossible pour elle de ne pas en parler. « Comment ça va la haut ? » dit elle en indiquant sa tête et donc sa tumeur. « Tu prends bien ton traitement hein ? » Ava ? Mère poule ? oui un peu, elle ne pouvait pas s’en empêcher, elle était comme ça la brune, toujours inquiète pour les autres et attentive à leur bien-être. « J’ai pas mal étudié la phytothérapie et l’homéopathie dernièrement. Je soigne même quelques blessures avec du miel. Fin bref !. Si tu veux je pourrais te donner quelques trucs pour atténuer les effets secondaires des médicaments que tu prends. » Le soigner grâce aux plantes elle ne le pouvait pas, mais elle pouvait améliorer son quotidien de vie et ce n’était pas non plus négligeable.


© Pando

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Re: Que la force soit avec nous - Raph ✻ ( Lun 24 Oct - 18:52 )

Avalon ∞ Raphaël
Elle a tout rempli. Elle est la seule raison pour laquelle j’suis en vie. J’comprends pourquoi j'ai affronté la neige, les embouteillages, le gel sur la route : pour m’rappeler que tous les jours, j’dois m’reconstruire et, pour la première fois d’toute mon existence, accepter qu’j'aime un être humain, plus que moi-même. (Citation remaniée de Paulo Coelho, pour coller à l’état d’esprit de Raph, concernant ses sentiments pour Gaëlle et les décisions qu'il a pris, depuis l'accident, pour elle).


Samedi 28 mai :

Y’a des relations où c’facile, limite naturel. Et entre Ava et moi, c’comme ça. Naturel. Ca l’a été rapidement, dès lors où on a commencé à sympathiser, en fait. Difficile, à nous voir, d’se souvenir qu’on est restés d’longs mois sans s’voir, autrement qu’virtuellement, du moins. Mais y’a des amitiés comme ça, où c’pas une nécessité d’se voir quotidiennement. Suffit juste d’se donner quelques nouvelles, pour pas perdre le fil, et ça va. C’p’têtre surprenant, mais j’pense qu’Ava peut figurer aisément parmi mes plus proches amies. Certes, pas au point d’Erin, ou d’Gab’, ni d’Flav’. Mais, bien qu’j’la connaisse depuis nettement moins longtemps qu’eux, qu’ont toute ma confiance, j’ai aussi confiance en cette Irlandaise. Parce qu’on a pas mal d’points communs, mine de rien. ‘fin, j’saurai pas trop expliquer, mais c’juste comme ça : j’ai confiance en elle, et j’sais qu’elle m’jugera pas, quoi qu’j’puisse bien lui dire. Bon, après, parce qu’c’pas dans mon caractère, j’pense pas qu’j’irai jusqu’à lui dire tout et n’importe quoi, les rares personnes à pouvoir s’vanter d’recevoir toutes mes confidences sont Erin et Gabriel. Puis, j’pense aussi qu’ça aide, l’fait qu’on s’connaisse depuis pas trop longtemps. Elle n’passe pas son temps à comparer celui qu’j’suis maintenant à celui qu’j’étais, avant, avec Elle. Quand le regard d’la brune s’pose sur moi, j’vois pas Son fantôme à Elle, briller dedans. Et ça, mine de rien, ça m’fait du bien. Ca m’fait du bien d’être en présence d’quelqu’un qui – dans une certaine mesure – La connaît, sans trop La connaître pour autant. Ca m’change d’toutes les personnes qu’j’ai pu rencontrer, par la suite, qui n’savent même pas qui Elle est, qui Elle a été pour moi, et qui Elle n’cessera jamais d’être, même si ça n’sera jamais plus qu’dans mes rêves les plus douloureusement fous. Bref, tout ça pour dire qu’même si j’connais pas Avalon depuis des années, à mes yeux, elle est quand même une personne importante dans ma vie, n’serait-ce que par l’aide, plus qu’bénéfique, qu’elle m’a apportée en Irlande. « Je peux toujours essayer, mais m’en veux pas si tu ressembles à un enfant perdu et pas du tout à un leprechaun ! », m’met-elle en garde, au sujet d’notre délire au sujet des leprechaun. Ma bouche se tord en une moue songeuse, alors qu’j’feins d’réfléchir pour savoir si j’suis prêt à prendre un tel risque. « Mais bon vu que tu sembles tellement y tenir, je vais essayer ! ». Mes yeux s’froncent, alors qu’j’sens l’arnaque. Disons qu’j’ai quelques frangines, dont certaines m’ont fait l’coup du « J’te ferais ton déguisement pour telle occasion », alors qu’en réalité, elles allaient demander d’l’aide à notre mère, ou à n’importe qui d’autres d’notre entourage, quand elles n’allaient pas louer un truc tout fait. « Ca tombe bien, j’ai besoin d’un truc pour Halloween ! Y’a une fête en pédiatrie, et j’y vais, en tant qu’bénévole ! », lui dis-je dans un clin d’œil amusé. J’sais, j’me projette loin, mais j’ai déjà promis à quelques gosses qu’j’serai d’la partie pour cette fête qu’beaucoup attendent avec hâte, du moins, parmi ceux qui doivent rester encore longtemps hospitalisés ! Mais, au moins, ça m’donne une raison d’revenir d’mon périple, prévu pour cet été avec mon neveu, et qu’a déjà été rallongé d’quelques semaines, comparé à c’qu’était prévu initialement. Pas impossible qu’j’décide pas d’prolonger l’séjour encore un peu plus, jusqu’à début octobre tiens ! Ca, ça serait du break d’folie. Et ça m’ferait du bien, ouais, foutrement même. Vraiment besoin d’prendre mes distances par rapport à Elle, bien qu’ça, ça soit déjà l’cas, notre relation ayant bien changée, comparée à c’qu’elle a pu être, au fil des mois passés ensemble à CH. Un beau retour en arrière a été fait, et, croyez-moi, y’en faudra vraiment beaucoup pour qu’j’renouvelle mon erreur, celle d’La laisser m’approcher et m’atteindre suffisamment pour m’détruire, rien qu’avec un mot, un regard, ou un silence. Car franchement, là, j’ai atteint un niveau où j’ai clairement conscience qu’j’pourrais pas – [b]plus|/b] – m’relever, en cas d’nouvelle situation d’crise comme celle qu’on a récemment connu. Malheureusement pour moi, j’suis bien loin d’m’imaginer qu’j’vais être amené à La voir, encore et encore, et même à cette fameuse fête à l’hôpital… Même alors qu’j’tente d’me préserver, et d’préserver ma santé mentale, les aléas d’la vie n’cesseront d’nous réunir, d’nous pousser l’un vers l’autre. Pas sûr qu’j’en ressorte vraiment indemne, d’tout c’merdier, même si nous finissons par nous retrouver….

Par la suite, nous parlons d’souhait en tout genre. Et sur c’sujet, j’avoue clairement qu’j’en ai pas des masses. Ou j’dissimule plutôt qu’les seuls qu’j’pourrais formuler, j’perdrais pas l’temps d’les prononcer, car ça s’passera jamais. « J’adore les fraises. J’ai toujours rêvé de manger une fraise énorme, mais pas de m’envoler sur la lune avec et encore mois d’éviter une gentille Irlandaise. Je suis sûre que tu peux trouver mieux !», m’fait savoir Ava, sans s’priver d’me tirer la langue quand elle rebondit sur mon délire d’la fraise qui m’permettrait d’éviter les Irlandaises un peu trop « folles ». J’me contente d’hausser les épaules, d’un air peu convaincu, alors qu’elle m’dit qu’j’peux faire mieux, niveau vœu. Pas besoin d’le dire, j’pense qu’elle m’connaît assez – malgré l’fait qu’notre amitié soit récente – pour s’douter de c’que j’veux vraiment. Et qu’vu la situation, ça m’est assez difficile d’l’obtenir. « J’ai plus de chances d’devenir Roi d’Angleterre que d’voir s’réaliser c’que j’veux vraiment, comme vœu… », avoué-je d’une voix blasée. Pessimiste ? Mais c’qu’j’aimerai vous y voir, vous, à ma place, tiens ! C’facile d’juger les gens, tant qu’on n’connaît pas leur situation, les souffrances qu’ça engendre. J’l’ai déjà dit, mais j’le répète : un seul mot d’Elle peut faire d’moi l’plus heureux des hommes, comme m’mettre plus bas qu’terre. J’pensais qu’les épreuves passées avaient rendus ça un peu moins intense, mais force est d’constater qu’ça n’est clairement pas l’cas…  Y’a des choses qui n’changeront jamais. Tout comme l’lien qui m’attache à ma famille n’changera jamais. Lien qui ressemble assez à l’entente existante au sein d’la famille d’Avalon, et les quelques points communs entre nos tribus m’amusent, au point qu’j’évoque la possibilité qu’on soit d’la même famille, en fait. « Hmmm , c’est peut-être parce qu’on a grandi sur des îles assez proches l’une de l’autre XD. », explique-t-elle, s’amusant d’l’idée. Un hochement d’tête d’ma part approuve sa suggestion. C’possible, après tout, l’monde est bien plus p’tit que l’on veut bien l’croire, alors, dans l’fond, on est plus ou moins tous d’la même famille, à des degrés plus ou moins lointains. Ou alors c’juste l’propre des familles relativement nombreuses. Possible !

Et parce qu’avec Ava, on parle vraiment d’tout, on en vient à parler d’son boulot, d’la difficulté qu’elle doit affronter au quotidien, et du fait qu’mine de rien, ça demande une sacrée force mentale, pour supporter tout ça, toute cette souffrance qu’elle doit côtoyer. « C’est vrai, ce n’est jamais facile. On doit souvent faire face à la misère des gens et à leur détresse, mais quand on a des sourires, des mercis, parfois des cadeaux, quand on comprend qu’on a vraiment eu un impact sur leur vie et qu’on leur a offert un peu de paix et de protection, ça fait du bien. Ça aide à continuer.» Un sourire apparaît sur mon visage, indiquant qu’j’vois bien c’qu’elle veut dire. Enfin, à ma mesure, bien entendu. A l’hôpital, avec les gosses qu’j’y vois, et que j’tente d’distraire d’leurs combats harassant contre leur maladie. « Quand les gens te remercient, qu’ils viennent parfois te voir après avoir été soignés, c’est un vrai bonheur, ça te donne l’énergie pour continuer. ». C’sûr qu’ça doit faire chaud au cœur, d’savoir qu’on a réussi à leur être utile. C’p’têtre une carrière qu’j’aurai pu tenter, si ma vie avait été différente, si j’n’avais pas préféré essayer à percer – pitoyablement – dans l’monde de l’Art. P’têtre qu’j’tenterai d’faire un truc dans c’genre, quand j’irai en Asie, avec Arnaud. Autant rendre mon voyage utile, aussi bien pour m’changer les idées, qu’pour les autres. On verra bien, j’ai l’temps, après tout. J’évoque sommairement mon expérience à l’hosto, auprès des gosses. « Si on devait faire face juste aux problèmes médicaux, ça serait facile, mais c’est vrai qu’on doit faire face à pas mal de problèmes sociaux. Si tu savais le nombre de fois où j’ai dû faire appel aux services sociaux. » J’me contente d’pousser un soupir attristé, indiquant bien qu’j’connais ça. Un peu, du moins, via quelques gosses qu’ont assez confiance en moi pour s’confier sur leurs vies. Rien d’extrêmement grave, mais des situations qui vous rendent quand même malade, rien qu’de savoir qu’des enfants endurent d’telles choses. « Certains ont des vies vraiment pas faciles et parfois on peut rien faire, c’est toujours difficile de savoir qu’on est juste sans pouvoir. On fait de notre mieux… » Oh ça, j’connais qu’trop bien. J’l’ai surtout vu quand j’étais moi-même gamin, à l’hosto, et qu’j’entendais mes camarades m’raconter un peu leur vie. Pis j’l’ai surtout appris, par le biais d’Erin et d’sa famille plus qu’merdique, et par Son intermédiaire, surtout. J’ai toujours tout mis en œuvre pour les aider, d’mon mieux, même si maintenant, il n’m’appartient plus d’L’aider Elle. Et ça n’cesse d’me bouffer, d’n’avoir pu L’aider à s’débarrasser d’Son père avant qu’il n’soit trop tard. J’souffre certainement du syndrome du super-héros, mais j’l’assume et j’vous emmerde. Ca a toujours été plus fort qu’moi, c’besoin d’aider les gens qu’j’aimais, d’parvenir à adoucir un peu l’poids qu’la vie faisait peser sur leurs épaules. Passons…. C’d’un nouvel hochement d’tête qu’j’indique que j’comprends, veillant à n’pas prendre la parole, sentant bien qu’mes mots seront alourdis du poids du passé. J’finis cependant par faire savoir à Ava qu’j’admire son choix d’vie. Car ça n’doit pas être facile tous les jours. Et qu’j’pense qu’ça fait du bien, d’avoir d’la reconnaissance d’temps à autre, et pas forcément d’gens qu’on a aidé. « C’est gentil, merci. ». Un nouveau sourire, et puis une proposition : « J’devrais présenter une connaissance : ses parents bossaient dans l’humanitaire, et elle les a suivi, quand elle était gosse. » Bien entendu, j’fais allusion à Jean. J’ai pas trop eu l’occasion d’lui parler, c’est plutôt une pote à Elle qu’une pote à moi, mais Elle m’en a assez parlé pour qu’j’sache ça. Puis bon, le hasard a voulu qu’à CH, Jean fasse la rencontre d’Andreas, un d’mes potes, qu’j’ai rencontré quand j’étais gosse et jeune cancéreux. Alors j’suis amené à entendre parler d’elle, d’temps à autre. Donc, j’suis sûr qu’Avalon et elle devraient avoir quelques points communs. « Tu sais pourquoi j’ai décidé de devenir medecin ? » Hochement négatif de tête pour toute réponse, accompagné d’un p’tit sourire pour la convier à m’expliquer c’qui l’a mené à choisir une telle carrière. « Quand j’étais petite, ma meilleure amie était atteinte d’une leucémie. Je lui avais promis de devenir médecin pour la sauver. J’ai réussi à devenir médecin, je l’ai surtout pour elle, pour respecter ma promesse. Elle a pas eu la chance de battre cette foutue maladie… » Mon regard s’teinte d’compassion, car j’comprends bien trop c’qu’elle a pu ressentir. Certes, j’ai pas perdu d’meilleur(e) ami(e), mais j’ai eu d’bons potes qu’ont pas réussi à battre leur maladie, dont le p’tit Jack, le p’tit chouchou d’notre petit groupe. La souffrance d’voir s’éteindre une vie, alors qu’dans les faits, elle a à peine commencée, j’connais. Quelques-uns d’mes potes, d’ce p’tit groupe, s’sont tournés vers une carrière d’toubib. Comme pour faire un pied d’nez à leur enfance, passées entre ces 4 murs. Comme pour tenter d’sauver l’plus de vies possibles, pour toutes celles qu’ils ont vu s’éteindre, alors qu’ils étaient eux-mêmes malades. Perso, ça m’a jamais effleuré l’esprit, d’devenir docteur, parce qu’j’sais franchement pas si j’aurai pu aller à l’hosto tous les jours. Y aller d’temps à autre, en temps qu’bénévole, ça m’va, mais tout l’temps, c’au-dessus d’mes forces ! Ma main s’pose quelques secondes sur son épaule, comme pour lui faire savoir qu’j’n’imagine qu’trop bien l’deuil qu’elle a dû affronter à l’époque. Bien plus facile pour moi d’agir comme ça qu’de tenter d’le faire savoir via des mots, bien trop maladroits. « J’ai fini par choisir autre chose que la branche pédiatrique, c’était trop dur, mais je suis pas mal les enfants quand même et quand certaines repartent en pleine forme, c’est vraiment une victoire. » Là aussi, je n’peux qu’comprendre. Même si, franchement, peu importe la filière, en c’qui m’concerne, la médecine n’aurait pas pu être pour moi. Indubitablement, j’aurai eu trop d’mal d’pas m’attacher aux personnes qu’j’aurai été amené à croiser. Sans doute parce que j’aurai eu trop d’empathie à leur encontre, n’pouvant qu’trop bien imaginer c’qu’ils pouvaient bien vivre et penser. « Au moins, t’aimes ton job, bien qu’il soit pas toujours facile ! Et t’es vraiment utile aux autres, c’pas tout l’monde qui peut s’en vanter ! ». Voici tout c’que j’trouve à répondre. Même si j’m’englobe dans les gens dont l’métier sert pas à grand-chose, du moins, si j’y retire l’côté « cours » ou « bénévolat », car ces pendants-là, ça aide des gens, à s’exprimer autrement qu’par les mots.

Nous voilà d’retour sur l’sujet d’la famille, et plus particulièrement sur l’fait qu’Ava ait la chance d’avoir sa famille à ses côtés, pour l’aider avec son p’tit. « Complètement, Sam, il a une maman certes, mais il est aussi très entouré par ma mère, mes sœurs et mon frère. On vit toujours ensemble d’ailleurs. » Un nouveau sourire étire mes lèvres, accompagné même d’un léger rire, alors qu’j’fais remarquer à ma comparse que : « Un peu comme chez moi. Sauf qu’les Edgecombe vivent pas très loin les uns des autres, et non au même endroit. » C’qui, dans les faits, revient presque au même, car ils s’filent souvent des coups d’main, dès qu’besoin. La nouvelle génération n’va pas grandir avec ses cousins/cousines, mais pas non plus trop éloignés. Ils ne s’considéreront pas comme des frères et sœurs, contrairement à c’qui s’est passé dans ma génération, mais auront des liens d’famille plus forts qu’certains cousins/cousines qui n’se voient qu’de temps à autre. J’me mordille la lèvre en pensant qu’ça n’sera pas l’cas, pour mon p’tit à naître. Mais ça, c’est p’têtre pas plus mal. J’avoue qu’j’aurai eu du mal d’voir Jack et Loan aller en Angleterre pour être avec les Edgecombe. Non pas qu’j’ai envie d’cacher leur existence à ma famille, d’toute façon, maintenant, ils sont au courant d’cette grossesse. C’juste qu’j’ai du mal à m’faire à l’idée qu’j’vais avoir un enfant, avec une autre femme qu’Elle. Bref… J’fais savoir à Ava qu’elle peut utiliser mon PC, si elle en a besoin. « Oh Super, Merci. J’ai pas pu prendre le mien, juste ma tablette ! » D’un geste d’la main, j’balaie ses remerciements, tant ça m’parait normal d’lui proposer mon ordi si elle veut aller surfer sur l’net, pour faire des recherches ou parler avec sa famille. Tout en continuant à cuisiner, Ava s’amuse à m’vanner, prétendant qu’dans quelques semaines, mon niveau en cuisine aura augmenté. « Comme si t’avais pas compris ce que je voulais dire. Mais tu vas voir, dans quelques semaines tu vas savoir cuisiner. » J’lâche un p’tit rire moqueur, indiquant clairement qu’j’en doute, mais qu’j’veux bien la laisser tenter sa chance. Puis on parle d’Erin et d’Flavien, et Avalon a l’air de s’emmêler un peu les pinceaux. C’qu’est normal, comme j’le lui fais remarquer. « Y a trop de gens dans ta famille ! T’inquiète pas, je suis très mauvaise pour me souvenir de ce genre de chose. » Un nouveau rire salue sa réplique, avant qu’j’secoue la tête. « T’plains pas, j’aurai pu t’parler d’mes oncles, tantes, cousins, cousines… Bref, d’tout l’monde ! ». Ca aurait été foutrement long, j’vous l’accorde ! « C’est noté, c’est noté, même si je pense qu’il va falloir que tu me fasses une sorte d’arbre généalogique et amical pour que je ne fasse pas de grosses bêtises, une fois qu’ils seront tous là ! » J’l’observe avec un p’tit sourire aux lèvres, en lui indiquant alors que : « Uniquement si tu l’encadres ! » Bah ouais, car ça va être long à faire, quand même ! Rassembler des photos, et les rassembler pour indiquer l’lien unissant tout ces gens : sacré boulot ! Ca pourrait être pire si j’envisageais d’dessiner tout c’beau monde, mais là, faut pas déconner, tout d’même !

L’atmosphère est toujours pleine d’conneries, alors qu’la séance d’cuisine s’poursuit. « T’es anglais c’est normal ! », déclare Avalon, après qu’j’me sois amusé à bouffer une pomme de terre crûe. « Et fier de l’être ! ». P’tit élan patriotique ! Qui devient un peu inquiet, quand la possibilité qu’la patate porte plainte ! « Je l’entends déjà crier ! » Mes sourcils s’froncent alors qu’j’lance un regard horrifié à la dite pomme de terre. « Mais arrête donc de t’plaindre, non mais oh ! », finis-je par lui faire savoir. Comme si elle pouvait m’écouter et m’obéir. Ouais, la cuisine, ça m’rend con. Non, j’le suis naturellement, mais c’pas grave ! « Pire que ça, je pense même qu’elle pourrait t’étouffer ! », m’met-elle en garde. Et là, j’lance un regard faussement apeuré au légume entre mes mains. « Merde, c’dangereux d’faire à manger en fait ! C’pour ça qu’j’aime pas cuisiner ! », avoué-je, en observant avec crainte la pomme de terre. Parce qu’elle peut m’sauter dessuer et m’étouffer, ou m’étrangler, ou m’poignarder : c’fourbe ces p’tites choses-là ! Mais bon, j’prends mon courage à deux mains, et j’continue ! J’lance une connerie à Avalon, c’qui m’vaut une p’tite tape amicale. « Aïe ! Violente ! ». Entre une Irlandaise furax, et une patate déchaînée : j’vis dangereusement ! « Bha tu sais quoi, ça marcherait même pas, c’est le charme irlandais ! » J’secoue la tête, protestant ainsi face à c’qu’elle avance. J’vois pas en quoi c’charmant d’être pénible. Même si j’le suis grandement !

Par la suite, j’me laisse aller à parler brièvement d’Elle. « Oh… C’est bien que tu l’ais fait Raph, même si tu n’attendais peut-être pas à ce qu’elle réagisse comme ça.» J’secoue la tête, franchement pas convaincu. « Tu sais parfois on est vraiment surpris… abandonne pas. Tant qu’y a de la vie, y a de l’espoir. ». Un long soupir m’échappe. C’tellement plus facile à dire qu’à faire. « Pas cette fois : elle va s’marier avec son doc’ ! ». J’prends pas la peine d’m’étaler sur l’sujet, j’ai déjà évoqué cet homme en Irlande, quand j’parlais à Ava d’la blonde. Et puis…. « D’mon côté, j’vais être père… » Encore un soupir, alors qu’j’ai toujours du mal à m’faire à cette idée. « J’ai mis une voisine enceinte. Elle voulait garder le p’tit… Bref, longue histoire, au final, j’ai choisis d’prendre mes responsabilités. Et j’crois qu’elle n’a pas apprécié, quand elle l’a appris… » C’pas peu d’le dire, vu la scène qu’Elle m’a fait dans l’ascenseur. A croire qu’Elle m’a trouvé salaud d’avoir mis une nana en cloque et d’assumer. ‘fin, après avoir réfléchi à cette situation, j’en suis venu à m’dire qu’ça devait être lié au fait qu’j’Lui ai balancé pas mal d’horreurs, concernant notre p’tit, mort lors d’l’accident. J’ai en effet prétendu qu’j’avais jamais voulu d’gamin, alors, Elle doit trouver un peu étrange qu’j’sois prêt à assumer c’gosse, fait avec une nana qu’est même pas ma p’tite amie. Bref, passons. Ma vie est méga-merdique… J’lance ensuite l’sujet d’conversation sur Alec, l’homme qu’Ava espère retrouver ici. D’mon mieux, j’tente d’la conseiller, mais la situation est loin d’être aisée. « Je sais pas trop si y a vraiment encore des choses à dire sur nous en fait… » Un p’tit « Hum » témoigne du fait qu’j’comprenne ses craintes. C’vrai qu’ça fait un p’tit moment qu’leur histoire a dû prendre fin, alors… Sa vie aussi est méga-merdique, en fait… « La seule chose que j’espère c’est qu’il voudra apprendre à le connaître et faire partie de sa vie. Tu connais ma mère ! j’ai grandi sans père et je ne le souhaite à personne… Je crois qu’on cherche toujours à savoir pourquoi on a rejeté, ce qu’on a fait de mal … » Encore un truc qu’j’comprends, qu’j’ai pu voir avec Gabriel, quand il a appris qu’mon oncle n’était pas son véritable père, et qu’son géniteur n’voulait pas lui parler… « J’l’espère aussi, pour toi et pour Sam ! » Pour elle, car c’toujours plus rassurant d’pouvoir compter sur l’autre parent pour s’occuper d’son gosse, et pour l’gamin, parce qu’c’toujours mieux d’pouvoir connaître ses deux parents. « Je n’hésiterais pas à venir pleurer sur ton épaule au besoin. », m’dit-elle, quand j’lui ai fait savoir qu’j’étais là, si elle avait besoin d’se confier. C’bien l’moins qu’j’puisse faire, à défaut d’pouvoir l’aider à faire en sorte qu’tout s’passe bien avec Alec ! « On a pas bol avec nos histoires d’amour, on dirait pas que ça soit vraiment arrangé depuis la dernière fois qu’on s’est vue. » Nouvel hochement d’tête, car y’a rien à dire, en dehors d’un simple geste pour approuver. Pis, d’toute façon, ma voix aurait trop d’accent d’ironie, j’crois, mais aussi d’pessimisme ! « Bon allez dans un an, on est marié, amoureux et heureux en ménage. Séparément bien sûr. » J’éclate de rire. « En c’qui m’concerne, ça parait compromis : elle s’marie à la fin d’cette année, donc…. Faudra qu’j’me trouve une autre nana… » Mais l’peu d’motivation qu’j’mets dans ma phrase est plus qu’parlant quant au fait qu’j’doute qu’ça soit possible. Non pas qu’j’trouve quelqu’un qui m’plaise, mais plutôt qu’j’puisse trouver quelqu’un qu’j’parvienne à aimer. J’suis désespérément trop accro à une certaine blonde pour qu’mon cœur puisse appartenir à une autre qu’à Elle. Malheureusement, c’à sens unique, alors bon…

Allez, un sujet un peu moins déprimant : on parle d’mon futur pro’, et d’ma possible expo. Croisons les doigts ! « C’est super, faut que tu montres tout ça. Je voulais aussi te demander, si tu faisais des portraits ? ça me plairait d’en faire faire un de Sam. Je voulais te le demander personnellement. ». « Ca marche ! Et ouais, j’fais des portraits. J’peux même t’le faire en sculpture s’tu veux ! », m’amusé-je, tentant d’imaginer un p’tit Sam en sculpture. « T’le voudrais en dessin ? En peinture ? Couleur ? Noir et blanc ? » P’tite temps d’silence, puis : « T’as l’temps d’y réfléchir, mais sache qu’j’bosse sur plein d’supports d’différents, avec plein d’matos différents, alors tu devrais trouver un truc qui t’plait assez ! » Et puis ça m’ferait plaisir d’lui faire un portrait d’son gosse. Et qu’elle m’parle pas d’prix, sinon, j’l’étripe ! J’vais quand même pas la faire payer pour ça ! Faut bien qu’mon boulot m’permette d’faire des p’tits cadeaux à mon entourage, tout d’même ! « Je me fais pas de soucis pour toi ! Dans tout ce que tu fais, y a une âme, ça parle et c’est ça l’art… », m’encourage la brune, qu’j’remercie d’un sourire. Ca fait toujours du bien de s’sentir soutenu. Autrefois, c’était Elle qui m’rassurait, quand j’me remettais en question. Maintenant, bah, disons qu’c’plus délicat…. Toujours autant d’doutes, mais plus vraiment d’garde-fous pour repousser mes craintes. « Mais c’est pas possible t’es pire qu’un gosse. File ranger ta chambre ! », m’gronde « maman Ava ». C’qui fait apparaître une moue faussement boudeuse sur l’visage, comme si j’avais vraiment été pris en faute. « Râpe les au lieu de faire des conneries ! Râpe bien, t’es un artiste n’oublie pas ! » Et puisque j’suis super mature, j’lui tire la langue ! Tout à fait, j’suis comme ça moi ! « Bien chef M’man ! ». Oui, j’suis débile, j’assume ! Mais au moins, j’obéis ! « Dis-moi que tu sais faire de la salade verte ? », a-t-elle l’audace de m’demander. « Bien entendu : j’te fais ça après l’rap des patates ! » Oui, et en plus de ça, j’ai un humour pourri : j’assume ! « Je sais que c’est peut-être pas le moment de poser la question, mais c’est une sorte de déformation professionnelle. Comment ça va la haut ? Tu prends bien ton traitement hein ? » Ca, j’m’y attendais, à c’que Tumy soit mis sur l’tapis. J’hausse les épaules. « Y’a des hauts et des bas. » Comme à chaque fois, en fait, même si j’ai eu pas mal d’bas ces derniers temps, mais faut dire aussi qu’j’ai mis du temps à m’motiver à prendre mon traitement, pas vraiment envie d’lutter contre Tumy. Si j’le fait, c’surtout parce qu’j’ai promis à Loan d’pas la laisser tomber avec l’gamin, d’tenter, du moins. En prévision du pire, d’toute façon, j’ai ouvert un compte, sur lequel j’mets régulièrement d’l’argent, pour l’p’tit Jack, si jamais j’parviens pas à être plus fort qu’ma maladie. « Et ouais, j’prends mon traitement avec la régularité d’un métronome ! » P’têtre pas vraiment non plus, mais pas loin. « J’ai pas mal étudié la phytothérapie et l’homéopathie dernièrement. Je soigne même quelques blessures avec du miel. Fin bref !. Si tu veux je pourrais te donner quelques trucs pour atténuer les effets secondaires des médicaments que tu prends. », m’propose-t-elle. Après tout, j’perds rien à essayer, nan ? « Pourquoi pas, si t’penses que ça peut faire son effet ? » Parce qu’les effets secondaires sont quand même foutrement chiants, j’dois l’admettre…« J’serais pas contre quelques compléments alimentaires qui soient vraiment bons, si t’as en stock ! », qu’j’confie, tout en continuant à râper les pommes de terre. Car c’qui m’gonfle le plus, c’la perte d’appétit. ‘fin, pour l’instant, ça va, j’ai connu pire. Mais j’me doute qu’ça risque d’arriver, et j’sais qu’c’la merde pour parvenir à manger. Et c’qu’on nous donne, pour palier au fait qu’on mange pas, c’vraiment dégueulasse ! Sans oublier qu’faut pas qu’j’me laisse aller : j’veux partir en vacances moi ! C’bien pour ça qu’j’suis mon traitement avec autant d’sérieux en c’moment, sinon, si j’devais m’retrouver bloqué ici cet été… Non, j’préfère pas imaginer mon état d’esprit ! Déjà que j'me demande toujours c'que j'vais faire, à l'approche d'Son mariage ! Hors de question qu'j'reste dans les parages. Pas envie non plus d'aller en Angleterre, ma famille s'douterait d'la raison d'ma présence au pays, vu qu'certains sont conviés. Bref, m'faudra des p'tites vacances à l'étranger. P'têtre avec une nana : ça m'détendrait, tiens !

Quelques minutes de silence planent, alors qu’on continue à préparer l’repas. Ayant terminé d’râper les patates, j’me dirige vers l’frigo, pour sortir la salade, ainsi qu’tout c’qu’il faut pour préparer la sauce, sans oublier, bien entendu, l’saladier. J’me décide alors d’briser l’silence : « Juste parce qu’j’y pense : y’a qu’peu d’gens dans mon entourage qui sont au courant du retour d’ma tumeur. J’te l’dis, pour éviter d’faire une gaffe ! », précision qu’j’rajoute rapidement, n’voulant pas qu’elle croit qu’j’ai pas confiance en elle. Il n’en est rien, mais j’sais juste qu’une gaffe est vite arrivée, au détour d’une conversation. Même si elle doit être loin d’faire d’telles boulettes, vu son métier, elle doit être sensible à d’telles questions. Et pour terminer sur un sujet plus léger : « Faudra qu’tu m’dises c’que t’as envie d’voir dans les parages, j’te servirais d’guide ! T’m’as fait découvrir chez toi, ça va être à mon tour ! ». A la différence près qu’là, c’pas chez moi. Mais qu’importe, j’suis ici depuis assez d’temps pour connaître certains coins sympas à voir. « Et voilà, la salade est prête ! », dis-je, désignant l’résultat d’un air fier, comme si j’avais fait une œuvre d’art culinaire ! J’suis fier de c’que j’peux hein !

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Re: Que la force soit avec nous - Raph ✻ ( Dim 6 Nov - 19:39 )



❝ Que la force soit avec nous❞
Toi & Moi
Aller vivre chez quelqu’un, ça ne ressemblait pas du tout à Ava, même pour un temps déterminé. Elle craignait toujours de déranger, de ne pas être à sa place. Elle n’aurait jamais mis les pieds dans la petite maison de Raphael, si celui-ci ne le lui avait pas tout simplement proposé. À vrai dire, avant d’accepter, elle avait essayé de trouver quelque chose d’autre dans le coin, ne voulant pas lui imposer sa présence. Après tout, le sculpteur ayant autre chose à faire dans sa vie que partager sa maison avec une Irlandaise soumise à une peine de cœur. Mais finalement, c’était peut-être ça qui les rapprochait. Le fait que malgré la distance, leur éducation différente, peut-être même la façon de voir le monde et bien à la fin, ils avaient vécu quelque chose de similaire et ça les rapprochait. Alors finalement, Ava avait fini par accepter sa demande. Déjà parce qu’elle l’aimait bien cet Anglais, il la faisait rire et elle possédait toujours ce désir de l’aider, de le sortir du monde de ténèbres dans lequel il s’était enfoncé sans que personne n’arrive à le tirer de là. Ava n’avait pas la prétention d’y arriver, mais elle avait la volonté d’essayer. Puis se connaissant, elle risquait d’être assez perdue dans une ville inconnue, alors autant avoir un allié sur place qui pouvait l’aiguiller quant à la direction à prendre et puis si ça devenait trop dur, elle pouvait toujours finir par pleurer sur son épaule et l’idée était réconfortante. Fin, bref, tout ça pour dire qu’elle avait eu pas mal d’appréhension en venant chez lui, mais que celles-ci s’étaient eclipsées seulement en quelques secondes. Elle était là depuis ? Bha pas très longtemps et elle se sentait déjà à l’aise, ce qui pour Ava était assez rare. Il lui fallait son temps et c’était encore plus vrai depuis qu’elle avait donné naissance à Sam. Les nouveautés l’effrayaient assez, c’était à se demander ce qu’elle foutait là, parce que vu ce qu’elle allait annoncer au père de son fils, la petite vie d’Ava risquait d’en prendre un coup. Quant à Raphaël, peut-être qui finirait avant la fin de son séjour, habillé en leprechaun. Dommage, qu’elle parte avant Halloween, parce que ça aurait très bien pu être son costume. Vu le peu de compétence d’Ava avec une machine à coudre, il y avait fort à parier pour que le petit bonhomme vert, ressemble plus à un monstre sanguinaire, qu’à un gentil petit lutin se promenant avec un sac rempli d’or. « Ca tombe bien, j’ai besoin d’un truc pour Halloween ! Y’a une fête en pédiatrie, et j’y vais, en tant qu’bénévole ! » La brune se met à rire. « Je voudrais pas que tu leur fasses faire des cauchemars, déjà rien qu’avec ta tête ! » Elle le taquine bien sûr, il a un petit air hirsute le Raphael, mais ça lui va bien, ça fait même tout son charme. « Tu travailles avec les enfants ? A l’hôpital ? » Elle avait dû manquer un coche dans la vie du brun et autant dire que ce n’était pas tombé dans l’oreille d’une sourde vu qu’Ava connaissait très bien le milieu hospitalier. « On fait ça aussi dans mon service, même si c’est jamais facile de trouver un moment pour rendre les urgences festives… » Mais parfois ça permettait de détendre certaines personnes, sans oublier que chaque année, ils ne se gênaient pas pour faire une sorte de défilé dans tout l’hôpital, mais celui, il le gardait pour Noel. « J’adore le voir le regard des enfants s’illuminaient, c’est vraiment bien que tu fasses ça. » Ava c’était une partisane du bonheur, donner de sa personne pour voir un sourire, pour elle, c’était la plus grande richesse du monde.

« J’ai plus de chances d’devenir Roi d’Angleterre que d’voir s’réaliser c’que j’veux vraiment, comme vœu… » Elle se doute bien, mais c’est pas pour ça qu’il faut broyer du noir. « Y a une citation que j’aime bien dans ce genre de moment, je la sors souvent, peut-être un peu trop d’ailleurs. C’est un truc du genre ». La brune fait semblant d’ouvrir des guillemets avec ses doigts, avant de finir par lancer une de ses phrases cultes. « Il ne faut jamais dire que l'espoir est mort. Ça ne meurt pas, l'espoir » Ou pour traduire, la vie est pleine de surprises. Sans oublier que parfois les gens sont aussi très surprenants et que même si rien en change, savoir s’accrocher à un but, un rêve, ça permet souvent de se tenir debout dans les périodes les plus difficiles, alors elle se la dit souvent dans les périodes où elle sent cette sale lassitude l’envahir. Celle qui s’accompagne toujours de désespoir, comme si, plus aucune lumière n’éclairait sa route. « Ce que je veux dire, c’est qu’on ne sait jamais si nos rêves vont se réaliser, mais c’est pas vraiment ça le but, non le but, c’est de s’accrocher et tout faire pour qu’il se réalise ! » Voila Ava qui était en train de devenir philosophe.

Elle n’avait pas pris la bonne branche à l’université en fait, elle commençait tout juste à s’en rendre compte. Quoiqu’elle ne voyait pas vers quel boulot elle aurait pu s’orienter après un doctorat en philosophie. Si ce n’est endormir des élèves dans un amphithéâtre. Non, elle préférait vraiment être médecin urgentiste, elle ne regrettait pas son choix, à part quand elle rentrait à des heures pas possibles et qu’elle se mettait à s’en vouloir de ne pas voir grandir son fils. Il en demeurait que son travail était passionnant et qu’elle n’en changerait pour rien au monde, même si ce n’était pas facile tous les jours. Entre les patients abonnés aux urgences, les cas difficiles, les décès et les violences conjugales ou familiales, la brune faisait bien trop souvent face à la misère humaine. C’était finalement ça le plus dur, pas le travail en lui-même, mais tout ce qu’il apportait. Enfin, de toute façon, elle était médecin et elle ne referait jamais le monde, la seule chose qu’elle pouvait faire, c’était de diminuer la souffrance, parfois même la faire disparaitre. Elle était là pour sauver des vies au sens propre comme au figuré. Fin,bref, elle n’allait pas plomber l’ambiance non plus, le monde n’était pas parfait, ce n’était pas une nouveauté, surtout qu’il était bien placé pour le savoir vu ce que la vie lui avait réservé. « J’devrais présenter une connaissance : ses parents bossaient dans l’humanitaire, et elle les a suivi, quand elle était gosse. » Intéressant, en tout cas, ça a l’effet de refaire lever la tête à Ava, un peu prise par la recette qu’elle a décidé d’entreprendre. Bon logiquement, si elle ne se plante pas, ce qui ne devrait pas être le cas, ils allaient bien manger ce soir, ce qui ferait pas de mal à son ami. Car vu l’état de son frigo, elle craignait qu’il ne mange pas énormément. Elle connaissait ça, chaque fois qu’elle allait chez son frère, y avait jamais rien dans le frigo, à croire qu’il préférait mourir de faim que faire les courses. Sauf qu’à la différence de Raph lui possédait une mère propriétaire d’une auberge, du coup, il passait toujours y manger, sans donner de coup main bien entendu, parce que c’est bien connu, faire des efforts ça fatigue. Bref, passons, le point principal, c’est que ce soir, son ami aura quelque chose de sain à avaler. « Ah oui ça m’intéresse, tu sais dans quel pays elle est allée ? » C’est toujours intéressant de faire de l’humanitaire, disons que ça permet de s’ouvrir au monde et de ne pas croire que nous sommes les seules personnes sur cette plante à avoir des soucis. Certains en ont des biens pires, mais chacun voit le malheur qui se trouve devant lui et d’une certaine manière, on ne peut pas leur en vouloir. Elle parlait rarement de Lucy, peut-être parce que ça faisait longtemps, mais surtout parce qu’elle éprouvait toujours de la tristesse en songeant à la petite fille partie trop tôt, happé par une maladie qui laisse souvent peu de chance aux enfants qu’elle touche. La brune avait eu plusieurs possibilités de spécialisation, pédiatrique, cancérologie, elle avait fini par opter pour urgentiste, pour la diversité et peut-être l’adrénaline qui se trouvait, peut-être aussi pour fuir toute la détresse et le désespoir qu’on trouve dans les deux autres branches. color=#cc6666]« Au moins, t’aimes ton job, bien qu’il ne soit pas toujours facile ! Et t’es vraiment utile aux autres, c’pas tout l’monde qui peut s’en vanter ! »[/color]. Ava esquisse un sourire, elle fait de son mieux en tout cas. Son regard se pose tout de même sur Raph. « Je suis pas la seule ! » Elle marque un temps d’arrêt. « Les artistes sont tout aussi utiles. Chanteur, peintre…et même sculpteur. » Et oui, parce que l’art c’est aussi un moyen de soigner les blessures de l’âme. « On a ouvert une branche artistique d’ailleurs là où je bosse, pour laisser les patients s’exprimer, ça marche assez bien, comme la zoothérapie. » Elle préférait cette dernière, mais ça c’était juste parce que ça lui permettait de faire joujou avec le chien. « Avec mon chien, Silver, on se rend parfois dans des maisons de retraite, à l’hôpital. C’est un chien visiteur. Je sais pas si tu connais ? » Enfin si, il devait connaitre, ça existait surement ici. Des propriétaires de chiens qui après avoir suivi une formation et obtenus leur diplôme étaient autorisé à se rendre dans certaines institutions avec leur animal, pour créer des programmes et sortir les gens de leurs habitudes en leur apportant un peu de joie vivre et surement un peu de magie.

« Mais arrête donc de t’plaindre, non mais oh ! » Elle hausse un sourcil, avant de regarder le brun et sa pomme de terre. « C’est pas moi que je plains, mais ce que tu as dans tes mains. » Il est grand temps que quelqu’un le reprenne parce que ça c’est tout simplement un véritable massacre. « Merde, c’dangereux d’faire à manger en fait ! C’pour ça qu’j’aime pas cuisiner ! » Ava se met à rire. « Faire à manger avec ma mère par exemple, c’est vraiment dangereux. » La mère de la brune était du genre à aimer tout contrôler, elle détestait déléguer, n’était jamais contente du travail effectué par les autres, un vrai dragon dans sa cuisine. Il en avait fallu pas mal à Ava pour réussir à s’imposer. Sa mère n’avait pas du tout sa langue dans sa poche, elle était du genre direct et peut-être que parfois elle parlait sans rien dire, elle faisait toujours des montagnes pour un rien, ce qui devait rapidement fatiguant. Le pire c’était surement qu’elle tenter d’élever Sam comme s’il était son fils. Ava avait dû se battre pour mettre des barrières et pour que sa mère occupe uniquement le rôle de grand-mère avec son fils, mais ça n’avait franchement pas était facile. « Je t’ai jamais dit comme elle a gueulé quand elle a vu l’état de ta chambre. Tu sais après ton petit problème. » En traduction quand il était tombé dans le comas juste après avoir tapissé une des chambres préférées de sa mère de vomi. La brune ne met pas longtemps à éclater de rire. « Elle m’en reparle encore, ça l’a traumatisé. » Mais pas du tout Ava qui continue à rire en se souvenant des jérémiades de sa mère.

« Pas cette fois : elle va s’marier avec son doc’ ! ». Hein ? Et merde , la brune sort un juron en gaëlique, elle avait fait fort sur le coup. Elle préférait même pas penser à ce qu’il devait ressentir en ce moment, en sachant que la femme qu’il aimait aller en épousant un autre et ça suffit à couper la voix de la brune pendant quelques longues secondes. Quand elle se décide à la reprendre, il est plus rapide qu’elle et sort une toute petite bombe. « D’mon côté, j’vais être père… » Ava ouvre grand la bouche avant de la refermer. C’est bon, elle demande une pause, elle n’arrive plus à suivre. Vu sa tête, ça n’a franchement pas l’air de le réjouir. « J’ai mis une voisine enceinte. Elle voulait garder le p’tit… Bref, longue histoire, au final, j’ai choisis d’prendre mes responsabilités. Et j’crois qu’elle n’a pas apprécié, quand elle l’a appris… » … Okay… Il s’en passait dans sa vie, en comparaison à la sienne, la vie d’Ava était aussi plate qu’un tapis de souris. Bon d’un côté c’était peut-être pas plus mal. « Oui, enfin, même si la dérange, le fait est qu’un jour cet enfant, il va chercher à savoir d’où il vient. » Elle savait de quoi elle parler. « J’aurais aimé que mon père prenne les siennes et pas qu’il se barre à l’autre bout de la planète. Tu as fait le bon choix, ça va aller tu vas voir. » Elle lui sourit tendrement, parfaitement consciente que la situation est loin d’être facile pour le grand brun. Sa vie semble un peu lui échappé, difficile de tout remettre en ordre dans ce genre de moment. Puis Ava , regarde Raph, et elle comprend en fait où il veut en venir. « Han, nan mais désolée, je suis complètement à l’ouest, c’est le voyage, c’est Gaëlle qui l’a mal pris ? » Oui c’est ça, okay … Ava se met légèrement à rire. « Et le fait qu’elle le prenne mal ça te met pas la puce à l’oreille ? » Non parce que c’était quand même bizarre qu’une fille censée l’avoir oublié s’énerve qu’il recommence à vivre sa vie. « T’as pensé une seconde qu’elle pouvait être jalouse ? Ou réagir mal parce que tu as réveillé une partie d’elle qu’elle pensait enfouie, c’est pas anodin je trouve qu’elle réagisse comme ça. Quand tu tournes la page, que ça te fait rien, tu réagis pas comme ça, moi je dis qu’y a anguille sous roche. » Mouais, ça lui semblait bizarre cette histoire et pour Ava c’était bien plus que le simple fait que Raphael est mis enceinte une fille avec qui il ne partage pas sa vie. « Bon je te dis quand même félicitation ! Tu sais si c’est un garçon ou une fille ? » En tout cas le brun va avoir sa vie qui risque de se prendre une bonne baffe, vu ce qu’un enfant amenait comme changement.

Pas facile de parler des peines de cœur, Ava en sait quelque chose, le sujet Alec est assez épineux en ce moment, maintenant qu’elle est là, elle n’a plus beaucoup le choix, elle espère juste que ça se passera au mieux, surtout pour son fils. Quant à ses espoirs à elle, ont-ils vraiment de l’importance ? « On a pas bol avec nos histoires d’amour, on dirait pas que ça soit vraiment arrangé depuis la dernière fois qu’on s’est vue. » Ava lui répond en riant, ouais il vient de marquer un point. « On devrait chercher pourquoi on nous a maudit, on a du faire un truc quand même. » Dit-elle en prenant une voix mystérieuse, légèrement amusée, tout en essayant de rester ancrée dans la réalité qui n’est franchement pas super joyeuse. Allez c’était le moment d’être optimiste pour arrêter de se morfondre. « En c’qui m’concerne, ça parait compromis : elle s’marie à la fin d’cette année, donc…. Faudra qu’j’me trouve une autre nana… » « ça se brise un mariage ! On s’en fou !!! » Ouais, tout le monde divorçait de toute manière. « Elle se marie quand ? Pour savoir le nombre de jour que t’as pour la récupérer et tout faire capoter ? » Un air taquin se dessine sur son visage, elle plaisante, tentant de rentre la situation moins compliquée à vivre pour le brun. Puis il n’en faut pas beaucoup pour amuser une Irlandaise après 11 heures d’avion ! Ava donne un coup de poing sur la table. « Raphael, il est temps que tu prennes le taureau par les cornes, faut que tu récupères Gaelle. Crois en une femme, elle a pas réagi comme ça pour rien. Moi si un mec que j’aimais m’avait fait le coup, je crois que j’aurais été capable de lui cracher à la figure et de le castrer ! » Enfin peut-être pas, mais elle y aurait pensé !
Parlons bien, Parlons Art ! « Ca marche ! Et ouais, j’fais des portraits. J’peux même t’le faire en sculpture s’tu veux ! » Une sculpture, ça aurait pu être sympa, mais cela voulait dire que ça pouvait se casser… Et avec Sam dans les parages, peu de choses résistaient très longtemps. « T’le voudrais en dessin ? En peinture ? Couleur ? Noir et blanc ? » Elle réfléchit, pas facile comme question. « T’as l’temps d’y réfléchir, mais sache qu’j’bosse sur plein d’supports d’différents, avec plein d’matos différents, alors tu devrais trouver un truc qui t’plaît assez ! » Au moins, elle va avoir le choix et c’est pas mal. « Je crois que je préfère noir et blanc, je trouve que ça apporte de la profondeur. » Pour le support, elle séchait un peu par contre.

Namého, on ne met pas les mains dans le plat d’Ava. Pas touche à ses patates !!! Il a beau avoir un sourire innocent, Ava est habitué et sa marche poa. Surtout qu’en fait, elle a trop la dalle, alors elle ne veut pas que tout disparaisse avant qu’elle puisse en avaler la moitié, mais ça elle ne risque pas de le dire. « Mouais… j’attends de voir. » Ouais… si elle trouve un seul moucheron dans sa salade, il va en entendre parler, même qu’elle est bien décidée à le chercher ce petit intrus. D’ailleurs en parlant de ça, c’est peut-être le moment qu’elle se renseigne sur sa tumeur, petite déformation professionnelle. « Y’a des hauts et des bas. » La brune acquiesce. « C’est souvent le cas avec ce genre de pathologie. » Et c’est pas plus mal, parce que tant que ça ne penche pas totalement du mauvais côté, ça veut dire qu’il reste encore pas mal d’espoir, enfin s’il finit par se décider à se faire opérer. « Et ouais, j’prends mon traitement avec la régularité d’un métronome ! »Un large sourire se dessine sur ses lèvres, ça c’est une bonne nouvelle, parce que la dernière fois ce n'était pas vraiment le cas. « Qui c’est qui a réussi à te décider ? Que j’aille l’embrasser ? » Oui parce que la brune avait bien tenté, mais elle s’était heurtée à un vrai mur. Du coup autant lui proposer une petite aide naturelle. « Pourquoi pas, si t’penses que ça peut faire son effet ? » Et oui « ça a fait ses épreuves, ça soulage, ça permet souvent aux corps d’éliminer les toxines, c’est pas mal. « Certaines plantes sont même efficaces contre le cancer, mais va dire ça aux firmes pharmaceutiques… » Ouais… le cancer leur rapportait bien trop de fric. « Je te ferais ça alors, ça ne prendrait pas trop de temps. Tu me diras si ça marche. » « J’serais pas contre quelques compléments alimentaires qui soient vraiment bons, si t’as en stock ! » « Oh oui, j’ai déjà une idée, je vais te filer un peu de spirulines, ça ne te fera pas de mal » Puis elle avait d’autre en stock, en particulier celle qui permettait au corps d’accepter plus aisément de la nourriture, ce qui n’était pas plus mal. « Quand tu peux pas manger ça se traduit comment ? » Oui parce que chaque plante traite un truc différemment. « Tu veux vomir ? Ou c’est vraiment que tu as pas faim ? C’est classe de parler ça avant de manger hein ? » Hmm y avait pas mieux pour se mettre en appétit. « Tu vas voir après 3 semaines avec Avalon Howel tu vas péter le feu. Dans 3 mois tu m’as repris 5 kilos ! » Bon elle était peut-être optimiste, mais Ava savait que le traitement qu’elle allait lui donner, fonctionnerait, elle ne savait pas juste comment, mais avec un peu de chance, ça allait l’aider à reprendre des couleurs. « Et si un jour tu décides de te faire opérer, ddis-moi-le mon patron cconnaîtun chirurgien hyper réputé dans le milieu qui exerce à New York. » En gros, s’il le voulait, elle arriverait surement à lui avoir un rendez-vous plus facilement. Elle ne voulait pas trop s’immiscer dans sa vie, c’était juste une main tendue qu’elle lui offrait, il était libre de la saisir ou pas. En tout cas, si un jour s’il se décidait à sauter pas, il savait parfaitement qu’il pouvait se tourner vers elle.



© Pando
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