And now my heart stumbles on things I don't know. | Raëlle ♥

 :: postcard for far away :: Lieux divers
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
En ligne
WHAT IS A FAMILY ?

❝ Family don't end with blood ❞
‹ WHAT IS A FAMILY ?
Voir le profil de l'utilisateur


›› It's my life
›› Cap Harbor since : 28/12/2015
›› Commérages : 2917
›› Pseudo : Gat'
›› Célébrité : Eliza T-C
›› Schizophrénie : La follasse brune : Elina Forsberg, la meugnonne rouquine : Lily Wilson et le soupçon de virilité parmi ces dames : Aiden Hollister
›› more about me

A DROP IN THE OCEAN
›› family portrait :

And now my heart stumbles on things I don't know. | Raëlle ♥ ✻ ( Ven 21 Oct - 22:41 )


And now my heart stumbles on things I don't know.
RAËLLE
Do not let the world make you hard. Do not let pain make you hate. Never use your failure yesterday as an excuse for not trying again today. We may not be able to undo damages, but we can always make a new start. Sometimes, two people have to fall apart to realize how much they need to fall back together. And sometimes, when I say "I'm okay", I need someone to look me in the eyes, hug me tight and say "I know you are not".
Would you mind if I still loved you ?

Le temps passe, inlassablement et sans aucune possibilité de revenir en arrière. Une dure leçon qui m'a été donné il y a quelques mois de cela. Je n'ai tout simplement pas eu conscience du mal que j'ai pu causer. Comment ? Pourquoi ? Simplement parce que je n'ai pas eu l'envie ni le cœur de répondre à des messages. Une coupure dont j'avais pourtant eu besoin pour espérer relever la tête, mais qui au final, m'a fait énormément plus de mal que de bien. Les conséquences de tout ça ont été désastreuses pour moi. Si, avant cela, je n'arrivais pas à dormir et bien, c'est encore pire maintenant. Les images dans cet ascenseur tournent en boucle dans ma tête comme si j'étais persuadée, en mon fort intérieur, que mon interprétation n'est pas exacte. Ou pas complète, c'est au choix. J'y ai laissé des plumes. Énormément. Il y a sans doute deux maigres points positifs que j'en ressors de ce fichu moment passé dans cet ascenseur. Tout d'abord, je crois que je suis devenue tout simplement phobique des ascenseurs. L'ascensumophobie, il me semble que ça s'appelle ainsi. Non, franchement : une feignasse comme moi qui en est à préférer les escaliers plutôt que de retenter l'expérience, c'est assez.. Surprenant. Et oui, pas que pour un étage. Alors certes, j'en ressors presque essoufflée (ouioui, je sais, les cigarettes n'aident pas..), mais je n'ai plus la peur de me retrouver coincée là-dedans. Surtout pas avec un Raph qui a été blessé par ma faute. Les ascenseurs, pour moi, c'est fini. Même si d'autres personnes montent avec moi. Une fois, mais pas deux comme on le dit si bien.. Le deuxième bon point ? C'est que Chris semble s'être un peu radoucit, surtout ces derniers jours. A croire qu'il a peur que je le plante devant l'autel d'ici quelques mois. Il a presque raison de s'en inquiéter. Cela n'avait pas été bien loin avant que je ne fuis sur une île déserte, perdue au plein milieu de nul part. Juste parce que j'en suis à un point où je ne me fie plus qu'à moi-même, ne pouvant me reposer sur personne d'autre finalement. Pas Chris. Ce qu'il me dit au sujet de ma vie d'avant ne sonne plus aussi juste qu'à mon réveil. J'ai des preuves. Des images, des paroles qui me reviennent. Il doit sans doute agir ainsi, aussi, pour que j'évite de trop y penser. Que j'évite de me torturer à trop vouloir et à insister pour me retrouver. Si seulement je savais à quel point c'est le cas.. Cela me plairait nettement bien ! Mais, non. Ce serait bien trop facile, n'est-ce pas ? Je n'aurai qu'à tout expliquer et tout dire à Raphaël pour espérer pouvoir reprendre ma place entre ses bras, dès aujourd'hui. Patience -et il n'est que trop connu que les Gates ne sont vraiment pas friands de patience, malheureusement pour moi-. Pour la peine, mon cher fiancé me fait le plaisir de rentrer à nouveau plus tôt de son boulot tout en étant plus accessible lorsqu'il est avec moi. Il y a du mieux. Mais, ce n'est pas suffisant. Son attitude de ces derniers temps surtout face à ce voyage avec Riley, ainsi que tout ce qu'il s'est passé depuis mon arrivée dans cette ville remettent tout en doute. C'est quotidien et sur n'importe quel sujet. Je n'y peux, cependant, rien. Une sorte de processus immanquable pour espérer retrouver ma tête ? Certainement. Je l'espère, du moins. Cela m'enragerait de voir tous ces efforts réduits à néant alors que je le sens, je m'en rapproche enfin. Le temps qui passe.. Un rapport qui se transforme suivant ce que l'on vit. Les choses positives et plaisantes semblent passer bien trop vite. Alors qu'au contraire, les situations bien plus délicates et douloureuses semblent sans fin. Face à cette simple constatation, il est clair que je suis loin d'être tirée d'affaire tant j'ai l'impression d'être figée à un instant T, sans la moindre possibilité de le surpasser. Au lieu d'être tournée vers cet avenir dont je rêve depuis toujours, je suis bouffée par la nostalgie. Par cette cruelle impression de louper quelque chose. De passer à côté de ce que j'aurai du vivre, tout simplement. Si je le déteste ? Oh, non. Pourtant, l'Edgecombe m'en a mis plein les dents. Mais, je l'ai mérité. Et promis, j'ai retenu la leçon. Parfaitement bien, même. J'y penserai à deux fois le prochain coup, lorsque la folle idée de couper tout contact avec lui me traversera la tête. Il n'y a pas à dire, ce n'était pas la joie. Je continue à m'accorder quelques paquets pour bien me pourrir les poumons, j'en ai besoin. C'est l'une des seules choses qui arrive encore à me détendre doucement. Pas pleinement, non. Je n'en ai pas réellement conscience, mais il est clair que cette habitude resurgit dès que Raphaël est loin de moi. Si jeune, la première fois.. Lorsque je suis tombée dans ce piège, quelques temps seulement après mon départ pour vivre chez Sharon. D'abord en cachette, inévitablement. Pour ne pas me faire prendre par ma tante. Ca n'a duré qu'un temps puisqu'elle a très rapidement compris le problème. Il me fallait compenser le manque de Raphaël par une autre addiction. Et c'est la nicotine qui l'a emporté. Et même si ça l'attristait et l'énervait, même si elle ne cessait de me faire la morale à ce sujet, jamais elle ne m'a interdit d'y toucher. Sharon, cette mère de substitution à mes yeux, savait que je devais replacer toute ma dépendance envers lui d'une autre façon. Un sevrage bien trop rapide du beau brun me mène dans une toute autre danse. Destructrice, celle-ci, je le reconnais. C'est inévitable. Et là, depuis ces quelques mois, ce même schéma se répète encore et encore. Impossible d'arrêter ces pauses thé-clope-chocolat. Ce n'est pourtant pas suffisant cette fois-ci. De loin pas. Même à distance, Sharon le sait. Elle sait que je suis retombée dans ce cercle vicieux qui me ruine la santé chaque jour un peu plus. Elle, elle sait pourquoi j'agis ainsi. Alors que je suis installée sur le rebord de l'allée, devant chez moi, mon téléphone en main et une conversation Skype lancée avec ma tante, elle sait. Elle sait pourquoi je m'impose une nouvelle dose alors qu'en temps normal, la simple odeur du tabac me rend malade. Mais plus rien n'est normal.

Pourtant, je devrais retrouver le moral. J'ai enfin trouvé le local parfait pour ce futur cabinet. Remy est même emballé par les lieux, je crois. On n'a vraiment eu aucun mal à définir qui allait prendre quelles salles, du moins pour celles qui nous sont propres. Les plus grandes seront communes et tout le plus gros du matériel et des machines en tout genre sera disponible pour tous, sans compter les quelques petites salles annexes qui le seront également. Bref, il y a de quoi faire. Un bel espace de travail dans lequel je vais enfin pouvoir compter sur deux salles entièrement dédiées à nos plus jeunes patients. C'est d'ailleurs pour ces salles-là que j'ai fait appel à Raphaël. Je sais très bien de quoi il est capable. Des images de ces murs qui devaient constitués la chambre de notre enfant me hantent suffisamment pour que je m'en souvienne réellement. Ces fresques, ces dessins et tout genre et toute cette décoration.. Je n'ai qu'à fermer les yeux pour en avoir quelques bref souvenirs. J'ai toujours promis à Yan que de telles salles allaient se faire. Des pièces colorées, avec des tas de jouets partout enfin, surtout dans la petite salle d'attente, bien entendu. Mon p'tit Yan sait tout. « Tu m'enverras des photos ? » qu'il me demande, d'ailleurs, alors qu'on parle sur Skype en même temps que je me prépare à partir de chez moi. Enfilant ma fine veste, je plante mon regard sur mon écran, un grand sourire sur les lèvres. « Bien entendu. Tu sauras tout mon p'tit Yan ! » Par contre, j'ai beau l'adoré.. Si je continue à lui parler, je ne vais jamais décoller de chez-moi. Et, disons que de savoir que Raphaël sera sur place aujourd'hui.. Bref. « Tu vas voir Raphaël ? » qu'il me demande alors que j'attache mes cheveux en un rapide chignon plus décoiffé que bien coiffé. Une question qui me fait stopper mon geste, le regard rivé sur p'tit Yan. Une question qui me surprend, me fait un peu planter tant elle semble avoir été.. naturelle. « Oui. » Une réponse simple, mais qui, je le sens, me colle un petit effet sur les joues. Heureusement qu'il ne doit me voir qu'en petit sur son propre écran -merci de ne pas sous-entendre que ça ne change pas de d'habitude-. Je le vois alors se lever pour chercher une feuille, mon regard se pose sur la petite oeuvre de mon protégé, qui m'arrache un léger sourire. « Regarde, j'ai fait ce dessin pour toi et Raphaël. » Oh ? Je me rapproche un peu, pour pouvoir le voir un peu mieux. Et oui, je lui offre une meilleure vue sur mes joues. Inutile de me le dire ! Et franchement, je suis loin d'imaginer que même ce dessin est un complot lancé par Sharon et Sarah avec l'aide du p'tit. Il n'y a pas de niaiserie amoureuse représentée, non. C'est nettement plus subtile que ça. Juste la simple évocation d'un dessin de lui et moi offre un petit plantage. Fronçant les sourcils pour revenir à moi, je me mords la lèvre. « Il est très beau ton dessin. » que je lui dit d'une voix que j'espère détachée, même si j'en doute fortement. Qu'importe. Il me connait trop bien, Yan, pour ne pas deviner que tout ça m'a un peu sonné. « Je te l'enverrai plus tard par mail, pour que tu le lui montres. » Ah ? Remettant une mèche non comprise dans mon chignon improvisé derrière mon oreille, je finis par me saisir de mon téléphone. « Si tu veux, oui. » Comment pourrais-je seulement lui reprocher quelque chose ? C'est mon p'tit Yan après tout. S'il veut que je montre son dessin à Raphaël, pourquoi pas. Mais, quand même. Il me faut abréger cette discussion qui devient vraiment très -trop- déroutante. Voilà comment un p'tit gars de même pas 10 ans réussit sans soucis à me déstabiliser. Bravo, champion !

Finalement, je prends la route. Sans le téléphone, bien entendu. J'ai assez morflé pour ne pas être un danger pour moi-même et les autres sur la route. Il est sagement dans mon sac, et je me laisse bercer par quelques chansons sur ma clé qui raisonne dans ma super p'tite voiture que j'adore. Mumford & Sons. L'un de mes groupes phares qu'il m'est possible d'écouter pendant de nombreuses heures sans m'en lasser. Et comme avant notre petit.. rendez-vous à la pâtisserie, en début d'année, les paroles d'une chanson qui passe alors me sautent au visage avec une telle force. Awake my soul. Il n'y a pas que mon âme qui doit l'être. Surtout ma tête, en fait. J'en soupire alors que je suis bloquée à un feu rouge. Mon regard glisse jusqu'à ces deux boissons bien chaudes à côté de moi, que j'ai pris le soin de chercher en cours de route. Qu'est-ce qu'il m'arrive, bon sang.. I struggle to find any truth in your lies. Mes doigts se mettent à tapoter le volant alors que je suis à deux doigts de changer de chanson. Je me bats, oui. Contre tous ces mensonges autour de moi et qui brouillent ces souvenirs sur lesquels je tente de remettre la main dessus. And now my heart stumbles on things I don't know. My weakness I feel I must finally show. Chute mortelle en vue. Comme bien souvent ces derniers temps, mon regard se charge. Je ne peux pas continuellement garder toutes ces émotions enfuies en moi. Il vaut mieux que ce soit maintenant, pourtant. La voiture est garée. D'un geste de la main, je descends le pare-soleil côté passager pour jeter un oeil à mon visage. Il est toujours aussi fatigué, mes yeux peuvent me trahir face à une personne me connaissant aussi bien que Raphaël. J'en soupire alors que je sors de là, sans oublier de prendre avec moi ce sac où sont nos deux boissons, encore fumantes malgré le fin couvercle. Fermant la voiture d'une pression sur la clé, je regarde cette bâtisse face à moi. On a encore pas mal de boulot, même si on ne va plus tarder à accueillir nos premiers patients, même si toutes les salles ne seront pas totalement terminées. Aujourd'hui, je n'ai que de la paperasse à faire. Ah, mon amour pour ces tâches est vraiment sans limite. J'ai donc fait un effort vestimentaire que Yan a, forcément, remarqué, j'en suis sûre. Rien ne lui échappe après tout. Une robe bleue comme mes yeux, propos de la vendeuse. Avec des talons d'une hauteur respectable pour ma maladresse légendaire. Je n'aime pas les échasses, surtout que je n'arrive pas vraiment à marcher avec sans me tordre la cheville tous les deux pas. Bref. Pourquoi je fais ça ? Aucune idée. Bien entendu, il m'arrive de me vêtir de la sorte, ce n'est pas si rare que ça, mais quand même. Je ne me l'avoue pas, bien entendu. Mais, mon p'tit cœur ressent ce besoin de sentir son regard s'accroché sur moi. Une folie ? Sans aucun doute. Une folie inconsciente. Finalement, je fais mon entrée. Remy doit être parti depuis un moment tout comme les autres membres de cette fine équipe. Mais, il est évident qu'il y a encore quelqu'un. J'essaie d'être discrète, surtout que je suis bien aidée par ce fond sonore qui s'échappe de ma destination.. Pas facile ainsi chaussée sur ce parquet presque flambant neuf. Enfin devant la fameuse pièce, je m'arrête, restant dans l'encadrement de cette porte qui n'est pas encore installée pour aider Raph avec sa peinture. J'en souris. Le plus naturellement du monde, en le regardant s'affairer sur ce mur le laissant dos à moi. Me mordant doucement la lèvre, je me doute qu'il m'a entendu arriver. « Salut. » Une salutation tellement plus légère, -même si j'ai du légèrement forcer sur ma voix pour couvrir la musique-, grâce à ce temps qui a bien pu passer depuis cet épisode désastreux de l'ascenseur. « J'ai un p'tit remontant pour toi. Un café long, noir, sans sucre ni crème. » que je récite alors comme si cela aussi, c'était naturel. Et ça l'est. Totalement, même. C'est une autre de ces choses dont je me souviens depuis peu. Son goût pour le café, certainement son préféré. Je ne m'en souvenais pas depuis mon réveil. Ce n'est que lorsque j'ai fait les courses, il y a quelques jours de ça, que ça m'a percuté lorsque je me tenais face aux différents types de café. Les mains chargées, je file dans la petite pièce juste à côté et dans laquelle il ne bosse pas, et dans laquelle il y a une table non encombrée, du coup. Posant le sac avec les boissons, mon propre sac sans oublier d'enlever ma veste, je prends bien le soin de vérifier que tout est encore bien chaud en posant ma main sur les contenants que je déballe finalement. Ouf, ils le sont encore. Rebroussant chemin, je le rejoins à nouveau. « Tiens, tu l'as bien mérité. » que je lui dit en jetant un rapide coup d'oeil sur ce qu'il fait actuellement, lui tendant son café. Franchement, j'ai bien fait de lui confier ce travail. Comme je m'en doutais, c'est bien loin d'être déplaisant..


© Pando

_________________
The girl who laughs and talks a lot and seems very happy is also the girl who may cry herself to sleep.      I'll just try and pretend I'm fine..
Revenir en haut Aller en bas
Ravinelle is so much better

❝ Family don't end with blood ❞
Ravinelle is so much better
Voir le profil de l'utilisateur


›› It's my life
›› Cap Harbor since : 28/12/2015
›› Commérages : 2282
›› Pseudo : Cacahuète
›› Célébrité : Bob Morley
›› Schizophrénie : L'arc-en-ciel ambulant : Jean - Le pianiste intrigué par une rouquine : Oswin/Oz
›› more about me

A DROP IN THE OCEAN
›› family portrait :

Re: And now my heart stumbles on things I don't know. | Raëlle ♥ ✻ ( Lun 24 Oct - 19:04 )

Raëlle
I’m in love with her. If you’re looking for the word that means caring about someone beyond all rationality & wanting them to have everything they want no matter how much it destroys you, it’s love. And when you love someone, you don’t stop. Ever. Even when people roll their eyes or call you crazy. Even then. Especially then. You just — you don’t give up. Because if I could give up, if I could just take the who world’s advice & move on & find someone else, THAT WOULDN’T BE LOVE. That would be some other disposable thing that is not worth fighting for. (Citation issue de la série How I meet your mother, collant bien à ce que Raph ne cesse d'éprouver pour l'amnésique, envers et contre tout, et même malgré lui par moments.).

Smells Like Teen Spirit – Cover de Malia J. (chanson qu'écoute Raph en bossant (début du rp), et qui lui parle un peu trop bien par bien des égards.)

Lundi 17 Novembre, fin de matinée :

J’aimerai dire qu’j’ai compris la leçon – durement apprise en Avril dernier – et qu’j’ai ainsi fini par couper les ponts avec Elle. Mais la vérité est qu’j’ai beau savoir qu’il faudrait qu’j’arrête d’Lui parler – sommairement – par SMS, j’en suis pourtant tout simplement incapable. C’bien c’qui rend ma situation si tristement pathétique, cette incapacité à m’éloigner d’Elle, même si ça n’est qu’virtuellement. Alors, franchement, qui j’cherche à duper, quand j’continue à préparer mon voyage en Asie, pour septembre prochain, avec Arnaud ? Même la perspective d’Son mariage qu’approche à grands pas n’parvient pas à m’donner véritablement envie d’partir d’ici, c’pour dire ! J’tente d’me rassurer en m’disant qu’j’reste uniquement pour Jack, Erin, Flavien, Gabriel, Isis, Loan et Mila, mais c’loin d’être l’cas. C’stupide, et franchement inquiétant pour mon état mental des mois à venir. Une fois qu’Elle sera Mme Ellans. J’en suis même à m’dire qu’il faut qu’ce mariage ait lieu. Pour qu’j’parvienne à m’mettre dans l’crâne, une fois pour toute, que j’L’ai perdu. Après – une fois qu’j’aurai irrévocablement touché l’fond – j’pourrais partir. Afin de n’revenir que brièvement, pour voir mon fils, et mes amis (anciens comme nouveaux). Visites rapides, afin d’éviter d’avoir à La croiser. Pour ça qu’j’me suis donné jusqu’à la fin d’l’été prochain, pour profiter d’mon gosse, préparer mes affaires, m’trouver un logement en Asie, apprendre la langue aussi (ça peut être utile, quand même !), m’renseigner pour la poursuite d’mon traitement là-bas… Bref, mettre mes affaires en ordre et n’pas partir sur un coup d’tête. Tout ça pour dire donc qu’en dépit d’la conscience qu’j’ai d’jouer avec ma santé mentale, j’ai quand même accepté d’Lui rendre l’coup d’main d’peindre quelques pièces d’Son cabinet. Décision qui n’a pas vraiment plu à Erin, quand j’lui en ai fait part, et qui nous a même valu une franche engueulade, mais comme j’l’ai dit à la brune, y’avait aucune raison qui m’permettait d’refuser officiellement sans qu’ça n’soit bizarre. Pas alors qu’j’Lui avait fait comprendre y’a plusieurs mois d’ça, quand Elle avait parlé d’Ses soucis au cabinet, avec Son associé, qu’j’pourrais L’aider pour ouvrir Son cabinet, si Elle voulait S’lancer en solo. Comme j’l’ai dit à Erin, j’me voyais mal annoncer à la blonde qu’il m’fallait La laisser s’débrouiller seule, juste parce qu’j’craignais d’dérailler en La côtoyant souvent, à cause des sentiments à sens unique qu’j’éprouvais pour Elle. De un, ça aurait foutu tout mon « plan » en l’air, et de deux, bah, Elle S’en serait un peu foutu, d’mes états d’âmes, vu qu’Elle va S’marier avec un homme qu’Elle aime (disons qu’se marier avec un type pour lequel Elle n’ressent rien, ça n’Lui ressemble pas vraiment !). Alors… J’ai accepté… Et m’voici donc à m’rendre souvent dans Son cabinet, depuis une dizaine de jours à présent. Un peu couillon ? J’sais. Même moi j’me foutrai des baffes, par moment j’vous l’dis !

Comme tous les matins, j’suis arrivé tôt, bien avant Ses collèges, histoire d’pouvoir commencer à bosser tranquillement, sans être dérangé. Même si dérangé, j’l’ai été, lorsqu’Remy est arrivé, et qu’on a brièvement parlé, pour échanger quelques formules d’usage au moins, avant d’chacun vaquer à ses occupations. J’ai baissé l’son d’mon ordi, pour n’pas trop l’déranger, n’l’ayant remis à un niveau « correct » qu’une fois l’kiné parti. Ca fait une semaine que j’peins vraiment, ayant dû, au préalable, recouvrir de blanc les murs. Du sol au plafond, vu qu’j’vais tout peindre. Aussi bien parce qu’j’aurai aimé avoir des pièces décorées comme ça, lorsqu’j’étais moi-même gamin et qu’j’devais aller chez un toubib, ou encore quand j’avais Tumy, qu’parce qu’j’ai envie d’faire les choses bien. Elle aurait pu faire appel à n’importe qui d’autre pour décorer ces deux salles, après tout. C’pas les peintres qui manquent, dans les parages. D’autant plus qu’ces pièces, Elle y sera souvent, vu qu’Elle bossera essentiellement avec les gosses. Donc, Elle devrait voir, presque tout l’temps, mon boulot. Et j’avoue qu’l’idée qu’Elle ait souvent mes peintures sous l’nez, ça m’déplaît pas, loin d’là même. C’totalement stupide, mais c’plus fort que moi. Au moins, comme ça, j’sais qu’Elle continuera à penser à moi, et ce, même si Elle en épouse un autre. Elle aura beau avoir des photos d’Son doc, d’la vie qu’ils s’construiront ensemble, dans Son bureau, la plupart du temps, c’est pas lui et leur vie d’couple qu’Elle aura sous les yeux, mais mon boulot. A défaut d’avoir la fille, j’me contente au moins d’occuper Son esprit autant qu’possible, c’bien là tout c’qui m’reste comme moyen d’consolation… Et c’sans doute la véritable raison – bien qu’inavouable – d’mon désir d’peindre intégralement les deux pièces qu’Elle m’a confiées. Après, il m’faut admettre qu’les idées, c’pas des idées qu’j’ai eu spécialement pour Son cabinet. C’était des idées qu’j’avais déjà esquissé rapidement sur mes carnets, quand j’m’imaginais pouvoir décorer un lieu accueillant des p’tits malades. D’vagues idées, qui, misent bout à bout, s’sont rassemblées sous deux grands thèmes : « Les pieds sur Terre » et « La tête en l’air ». Dans les deux pièces seront ainsi représentés quelques personnages, issus de dessins animés, mangas, BD, films d’animation, films…. très appréciés par les enfants. Actuellement, je m’occupe du thème « La tête en l’air ». J’vais reproduire l’intérieur d’une pièce d’un vaisseau de l’ordre Jedi. Ainsi donc, en rentrant dans la pièce, sur notre droite, on verra une grande baie vitrée, montrant dans l’autre pièce du vaisseau un entrainement de Jedi (mené par Yoda en personne, et épaulé par E-T [et oui, j’vais faire des cross-over !], qu’a en face de lui autant de p’tits Jedi que de p’tites Jedi : égalité des sexe, tout d’même). Au fond d’cette 2nde pièce, par la fenêtre donnant sur l’extérieur, on verra ainsi quelques planètes bien connues d’cet univers. Sur les murs de cette même salle d’entrainement, y’aura plusieurs équipements nécessaires aux Jedi. Sur le mur d’« notre » salle, on verra, outre la baie vitrée, une porte menant à la salle d’entraînement, on verra un Jedi, de profil, qui n’sera nul autre que l’incontournable Mickey Mouse, qui regardera en direction du mur devant la porte d’entrée. Sur l’mur en question, en face d’Mickey, s’trouvera un écran d’contrôle géant – clavier inclus – et sur l’écran, on verra quelques personnages, en pleine conversation. Qui seront-ils ? Green Lantern, Wonder Woman, Rocket Raccoon, Groot, Batman et Minnie (qu’aura une cape de super-héroïne, pour pas dénaturer l’rassemblement d’super-héros !). Sur le mur de gauche, on verra Homer Simpson déguisé en Han Solo, (en train d’ bouffer une tablette d’chocolat), assit auprès de Bart et Lisa, déguisés en jumeaux Skywalker, Bart ayant non pas son skate derrière lui, mais un Hoverboard (Retour vers le futur, pour ceux qu’ont pas compris !). Ils sont en train de jouer à un jeu d’société, observés par une Marge qui prend les traits de Leia, tandis que Maggie est devenue une adorable p’tite Chewbacca, qui rampe pour aller récupérer sa peluche, en forme de p’tit chat roux. Si on regarde attentivement le jeu auquel joue l’p’tit groupe, on verra qu’ils font une partie d’Jumanji. Derrière eux, en arrière-plan, on verra l’robot Wall-E nettoyant l’vaisseau, avec sa copine Eve. Et au fond, une maquette de l’Entreprise, le célèbre vaisseau de Star Trek. (J’le précise pas, mais les fenêtres du cabinet seront incorporées à ces décors, tout a été réfléchi, mine de rien !) Sur l’mur avec la porte d’entrée (porte qui sera peinte pour faire une porte du vaisseau !), on verra Stitch, en train de tagguer « Que la force soit avec toi ! », et qui aura sur son épaule le rat Ratatouille (coiffé de sa p’tite toque !). Un peu plus loin, y’aura Batman, en train d’observer, avec le chien Volt, Batgirl s’entraîner au maniement du sabre laser avec comme adversaire Albator. Sur l’plafond, on trouvera toute une collection d’sabres lasers, avec, en dessous, l’nom d’leurs propriétaires, bien connus des fans d’la saga. Et sur l’sol, ça sera une immense vitre, donnant sur l’Espace. Une vitre dotée d’une capacité d’zoom. Donnant sur l’espace. Montrant ainsi quelques planètes et étoiles, mais aussi l’Etoile Noire et l’Tardis. Zoomant particulièrement sur la Terre. Et sur une partie bien précise du ciel étoilé, mettant en avant les étoiles liées à la légende Le bouvier et la tisserande. Pour c’qui est d’la 2nde pièce, « Les pieds sur terre », j’ai prévu d’me baser sur l’univers d’Harry Potter, plaçant surtout les enfants dans la Grande Salle de Poudlard. Un peu revisitée pour l’occasion, représentant une saison sur chaque mur. Sur l’mur d’gauche (par rapport à la porte d’entrée « réelle »), c’l’automne qui règne. Par les grandes fenêtres peintes, on verra quelques persos s’balader, dont les Maradeurs en compagnie d’Lily Evans, observé par Rogue. Rogue qui sera l’seul à les regarder, car toute la clique aura la tête levée, pour observer un vol d’dragons (Krokmou monté par Harold et Tempêtée avec sa cavalière Astrid.). Niveau déco d’ce mur, Halloween sera mis à l’honneur, Jack Skellington dansera avec Sally, tandis qu’la Schtroumpfette sera déguisée en Pikachu, discutant avec l’Chat de Cheshire, qu’est en train d’disparaître (ou d’apparaître). Quant au mur en face d’celui contenant la porte d’entrée (réelle), il sera dans les tons hivernal, contenant donc quelques sapins joliment décorés, et représentera aussi la table des professeurs. Qui seront tous là, avec Rogue en tant qu’prof de Défenses contre les Forces du Mal. Avec, en tant qu’invité spécial (et en lien avec la pièce sur Star Wars), Doctor Who, qui montrera son tournevis à un Dumbledore intrigué, qu’a posé devant lui ses patins, ayant visiblement fait d’la patinoire sur l’Lac glacé avant l’repas. Et l’Chapelier Fou s’invitera pour le thé, à côté d’une McGonagall offusquée d’son comportement. Derrière la table, on verra Elza et Anna, s’amusant avec les pouvoirs d’la blonde, à une bataille de neige géante, tandis qu’Olaf et Jack Frost s’font un igloo. L’mur de droite, quant à lui, sera printanier. Pâques y sera mis en avant, avec plein d’œufs de Pâques décorés, distribué par le p’tit Lapin d’Pâques, du dessin animé Les 5 Légendes et ses sbires, aidés par une Raiponce hilare. Par les fenêtres peintes, on verra Harry, Hermione, Ron, Ginny et les jumeaux Weasley, jouant au Quidditch. Survolant l’lac. Lac juste devant lequel s’trouveront 2 p’tites silhouettes d’un couple entrelacés, s’prélassant au soleil, non loin d’un arbre. Sur l’mur d’la porte d’entrée, la salle sera décorée sur les tons estivales, et laisse à voir la porte d’entrée d’cette grande salle, celle menant au Hall d’Poudlard. On pourra voir Shrek, discutant avec Totoro, tous deux en tenues d'sorciers. Sur l’sol sera peint un grand tapis, sur lequel sera orné l’blason d’Poudlard, et la devise d’l’école. Sur l’plafond, y’aura une reproduction du plafond si particulier d’la Grande Salle. Qui représentera différents moments d’la journée, en fonction du cheminement du soleil. Ainsi, l’ciel sera représenté, d’son lever à son coucher, mais aussi avec un soleil radieux, d’la neige, d’la pluie, ou un ciel plus grisâtre. Et du côté d’Noël, on verra l’Père Noël (Les 5 Légendes), sur son traîneau, en compagnie d’la fée des dents. Et du côté du ciel nocturne on verra quelques chouettes transportant du courrier sorcier.

Ca m’prendra du temps, d’faire tout ça. Bien pour ça qu’quand j’peux aller bosser là-bas, j’y vais tôt pour en repartir tard, avançant l’plus rapidement et l’plus efficacement possible. Mais ça m’est égal, en fait. Ca m’permettra d’passer un peu d’temps avec Elle. Quand bien même ça m’sera douloureux, à la longue. Disons qu’quitte à Lui laisser un quelconque souvenir d’moi avant d’préparer mon départ pour l’Asie, j’veux faire les choses bien. Tellement bien qu’j’ai pas véritablement conscience qu’j’vais distiller, ici et là, quelques clins d’œil à notre passé partagé ensemble, comme autant d’manières – inconscientes - d’Lui faire comprendre c’que j’continue à éprouver à Son encontre, en dépit d’mes mots souvent virulents. L’plus flagrant, sans vraiment l’être car trop « gros », c’est l’clin d’œil à Star Wars. D’manière plus discrète, y’a Retour vers le Futur via l’Hoverboard, Jumanji, les quelques persos d’Alice, l’chocolat qu’mange Homer et l’igloo. Détails assez faciles à voir, bien qu’camouflés parmi l’flot d’autres dessins. D’manière nettement plus discrète, y’a l’patin à glace (allusion à certaines d’nos sorties), la peluche chat de la p’tite dernière des Simpson (qui sera en fait le portrait craché d’Son chat Caramel, d’quand Elle était gosse.), un duo de jeunes Jedi en train de s’entraîner qui, si on regardera très bien, auront nos traits, tandis qu’le duo d’sorciers s’enlaçant devant l’lac à Poudlard, ça sera nous, d’dos et d’très loin, à proximité d’l’arbre sous lequel repose notre enfant défunt (qu’on verra avec un p’tit monticule de terre fraîchement retournée), mais aussi l’délire des Schtroumpfs et des Pokémon. Les 1ers, en référence à une conversation engendrée par un d’mes neveux alors qu’on s’embrassait, non loin d’lui, étant déguisés en Schtroumpfs. Les 2nds, parce qu’j’nous avais reproduit en tant qu’Pokémons, à quelques reprises. De plus, du côté des fenêtres de Poudlard montrant les Maraudeurs, y’aura un p’tit magnolia, en arrière-plan d’tout c’petit groupe. Y’aura aussi quelques p’tites gravures sur les bordures d’fenêtres, certaines évoqueront des duos d’la saga du p’tit sorcier, tandis qu’d’autres seront sur nous, comme nos initiales entrelacées, ou encore certains des surnoms à la con qu’on pouvait bien s’donner d’temps à autre. Sans oublier aussi les étoiles liées à la légende du Bouvier et de la Tisserande. Légende qu’j’Lui avais raconté à Provins, un soir alors qu’nous dînions dehors, avant qu’on n’finisse par s’remettre ensemble. Il n’était pas rare qu’j’m’amuse à Lui dessiner ces étoiles sur l’dos, tandis qu’nous flemmardions dans notre lit, en clin d’œil à c’dîner, mais aussi au fait qu’j’m’étais amusé à les Lui dessiner, après notre 1ère nuit passée ensemble. En fait, si j’veux être honnête, tout c’que j’vais peindre, c’nous, tout c’qu’on aimait, tout c’qui nous a amusé, un jour ou l’autre. Mais puisqu’il faut rester réaliste : j’ai passé quasi toute ma vie à Ses côtés, aussi bien en tant qu’voisins qu’en tant qu’couple, alors nous avons forcément un paquet d’références en commun. Cela dit, j’doute pas qu’des gens comme Gab ou encore Erin s’amuseront à qualifier ces fresques, quand ils pourront les voir, d’déclaration pour la blonde, et d’petits voyages dans notre passé. Vous vous en doutez, pour moi, il n’en est rien, c’juste un assemblage d’trucs pouvant plaire aux gosses ou faire sourire leurs parents (c’qu’est également très utiles pour qu’leurs gamins continuent à garder l’espoir). Encore une fois : du beau voilage de face….

J’en suis donc à la pièce dans l’univers de Star Wars, ayant démarré par l’mur de droite, celui montrant l’entraînement des Jedi, présidé par Yoda et E-T. Ca prend forme, petit à petit. D’autant plus lentement qu’j’travaille vraiment sur les perspectives et la profondeur d’la peinture, donc, ouais, ça s’fera pas en 2 semaines, navré ! C’mon ordi qui fait défiler aléatoirement quelques titres d’ma play-list, piochant dans tous les titres qui y sont contenus. Une p’tite surprise à chaque titres, ou parfois, une très mauvaise surprise. L’titre qu’il m’fout en c’moment, c’une reprise d’un groupe qu’a bercé mon enfance, grâce à mes années, Nirvana. Avec la chanson Smells Like Teen Spirit, d’Malia J. J’suis pas franchement fana des reprises, encore moins quand elles concernent des groupes d’l’envergure d’Nirvana. Mais celle-là, avec son rythme lancinant, a réussi à trouver grâce à mes yeux. Plus encore depuis quelque temps, car elle m’parle foutrement bien…. « It’s fun to lose and to pretend. » : on dirait moi, décrivant avec mon ironie habituelle ma situation actuelle. L’fait d’avoir vu voler ma vie en éclats, d’avoir échoué à lui redonner un semblant d’sens, et d’trouver tristement normal d’prétendre qu’tout va bien. Dire qu’j’ignore qu’dans quelques mois, il m’faudra prendre encore plus sur moi, pour duper mes plus proches amis, qu’auront leurs propres problèmes à surmonter. J’ai hâte ! Pas vous ? « I’m worse at what I do best. » : c’pathétiquement l’image qu’j’ai d’moi en c’moment, quand j’bosse. Et ça s’empirera, dans les semaines à venir. M’faisant foutre en l’air une opportunité en or, telle qu’j’en attendais même plus. Mais c’la vie, parfois, faut craquer, pour de bon, pour tenter d’revenir. J’dirai pas plus fort qu’avant, car ça, ça risque d’être mis en péril par pas mal de choses, mais au moins, avec des résolutions nouvelles…. « Hello, hello, hello, how low ? », chantonné-je tout en peignant, avant d’lâcher un p’tit rire railleur, alors qu’la question est répétée deux fois encore. « Crois-moi, toi-même t’as pas envie d’le savoir. », dis-je en un murmure, comme en réponse à l’interrogation. Si la situation avec Elle s’est quelque peu arrangée depuis qu’nous nous sommes retrouvés bloqués dans l’ascenseur, c’pas la joie pour autant. J’conserve toujours une distance prudente durant nos échanges d’SMS. La traitant désormais comme j’aurai dû l’faire lors d’nos retrouvailles à CH, c’à dire en tant qu’simple et lointaine connaissance. Plus d’délires qui s’éternisent sur plusieurs messages. Plus d’petits mots pour Lui souhaiter – en quelque sorte – une bonne nuit. Ca reste neutre, limite impersonnel. Comme si c’était n’importe quelle nouvelle connaissance qui s’contentait d’m’employer pour quelque temps, et non nul autre l’Amour d’ma vie, si pathétique, si désolante, si merdique. « I feel stupid and contagious. » : Phrase qui m’fait lâcher un p’tit rire railleur, alors qu’j’n’ai même pas conscience d’avoir à présent un public, en Sa présence. « Bienvenue au club… », admis-je en un murmure, tâchant d’donner corps un Yoda concentré sur ses padawans. « Salut ! », m’surprend finalement une voix. Bien trop familière. Bien trop capable d’agiter mon cœur, qu’est comme léthargique, depuis quelques mois. Depuis Avril, plus précisément. Depuis qu’j’ai pris la décision d’arrêter d’me voiler la face et d’accepter l’fait qu’une partie d’moi espère franchement qu’Elle finirait par m’revenir. Depuis qu’j’ai réussi à m’ôter cette idée débile d’l’esprit. Depuis qu’j’ai accepté d’renoncer, véritablement à Elle. J’L’aime toujours, ça, j’pourrais jamais rien faire contre. J’me suis juste fait une raison. Elle va S’marier. Faire Sa vie. Sans moi. J’l’accepte. Ca m’réjouit pas, bien au contraire, ça m’bousille d’l’intérieur, m’bouffant chaque jour un peu plus. Mais j’l’accepte. J’L’ai perdu. C’comme ça. L’espoir d’voir un signe d’Sa part s’est réveillé, au cours d’ces derniers mois, depuis qu’j’sais qu’Elle est ici. Mais c’trop douloureux. C’même plus insupportable qu’avant. J’l’avais dit : si l’espoir revenait en moi, ça m’tuerait. Ca l’fait. A feu doux, tel un bourreau s’délectait d’infliger une agonie, lente et douloureuse, à sa victime. J’tente juste d’sauver c’qui peut l’être. En m’faisant une raison. En m’focalisant que Jack. En tentant d’vivre un semblant d’relation avec Mila. Et j’dis « semblant » car ça reste une relation libre. Car j’veux pas m’fixer. Avec personne. Plus jamais. J’suis pas fait pour ça. Pour une vie d’couple, pour l’bonheur, pour tout ça quoi. Ainsi va la vie. J’serre les dents brièvement, comme pour m’insuffler, par c’simple geste, l’plus d’courage possible. « Salut. », qu’j’Lui balance, d’une voix neutre, sans pour autant cesser d’peindre. Elle doit avoir à faire. J’espère qu’Elle a à faire. Qu’Elle aille s’éclipser dans Son bureau. Tout comme j’espère l’exact inverse, et croise les doigts pour qu’Elle puisse rester avec moi, quelques minutes. Grappiller quelques précieuses minutes en Sa compagnie, à croire qu’j’suis un drogué en quête d’une nouvelle dose d’bonheur éphémère, tout en sachant pertinemment qu'j'souffrirais quand Elle partira, et qu'on restera un p'tit moment sans s'voir. « J’ 'ai un p'tit remontant pour toi. Un café long, noir, sans sucre ni crème.». Voici c’qu’Elle m’fait savoir. Voici c’qui m’fait m’tourner vers Elle. Intrigué. Etonné aussi. Blessé également, par la routine qui semble vivre dans Sa voix. La force d’l’habitude qu’on pouvait autrefois y attendre, lorsqu’Elle venait m’rendre visite à mon atelier, avec un café, ce genre de café. J’L’observe quelques instants, incapable d’décrocher la mâchoire, bien trop crispée sous l’étonnement, pour parvenir à dire quoi qu’ce soit. Y’a un peu d’tristesse en moi, quand l’image d’autrefois d’cette blonde – qui s’est superposée sur l’actuelle – s’dissipe. M’faisant prendre conscience qu’non, rien n’est revenue à la normale. Qu’ça n’sera plus jamais le cas… D’un geste presque machinal – quasiment l’image de l’automate qu’j’vais bientôt devenir – j’hoche positivement la tête, afin d’La remercier. Voyant qu’Elle s’éclipse quelques temps, pour S’débarrasser du superflus, j’vais baisser un peu l’son. Ainsi, Elle pourra rester un peu pour papoter si Elle le veut. Mais l’ambiance n’sera clairement pas propice à une longue conversation, car l’son est encore assez fort, envahissant – dans une moindre mesure maintenant – l’espace. Poli, sans trop l’être. Attitude qu’j’aurai pu avoir envers n’importe qui d’autre. Sauf Elle, à une époque. Mais, comme j’l’ai dit un peu plus tôt : maintenant, j’agis avec Elle comme avec les autres, comme avec une simple connaissance. Pour preuve : autrefois, j’aurai cessé d’bosser pour pouvoir parler un peu avec Elle, alors que là, j’m’y remets bien rapidement, continuant même à chantonner : « I feel stupid and contagious. Here we are now, entertain us. A denial… ». Un énorme soupir m’échappe. Ouaip, j’suis en plein déni. Depuis un moment. Déni sur comment j’vais, comment j’vis, c’que j’ressens… C’ma routine. Et peu à peu, j’me sens vide d’l’intérieur. J’deviens une simple coquille d’indifférence. Et j’m’en contrebalance. Plus la force d’lutter contre ça. D’l’énergie utilisée pour rien. Perte de temps que j’n’ai plus l’luxe d’m’offrir… J’sifflote alors qu’la musique touche à sa fin, et qu’j’L’entends S’rapprocher d’moi. « Tiens, tu l'as bien mérité. » J’pose mon pinceau sur un pot d’peinture, puis j’m’essuie distraitement les mains sur moi, pour y enlever toutes éventuelles traces d’peintures. Pas propre ? J’m’en cogne, j’suis pas franchement habillé en propre, là, mais bien en tenue d’peintre, donc, mon jean comme mon t-shirt en ont vus d’autres, niveau art salissant ! Une fois tout cela fait, j’me tourne pour Lui faire face, attrapant mon café avec un nouveau signe de tête en guise d’remerciements. Veillant à n’pas La toucher. Distance à préserver.

J’L’observe silencieusement du coin d’l’œil, alors qu’j’bois une gorgée d’café, tandis qu’une autre chanson qui s’met en marche par la suite, une reprise de Nickelback, par Avril Lavigne. A croire qu’c’la journée des reprises, aujourd’hui…. « Never made it as a wise man », ça, c’l’moins qu’on puisse dire, en c’qui m’concerne, hein, même si c’d’autant plus vrai depuis l’accident. Voir bien plus encore depuis qu’Elle s’est retrouvée – merci à deux débiles d’Edgecombe – dans c’même bled que moi… J’m’attarde pas trop sur Elle, m’reconcentrant bien rapidement sur l’début d’peinture qu’j’ai pu faire pour l’instant. Evidemment, mon cerveau a eu comme un raté, en voyant Sa tenue. Comme autrefois, Elle sait toujours autant S’mettre en valeur, sans qu’il Lui soit nécessaire d’en faire des tonnes pour attirer des regards sur Elle. C’franchement chiant pour moi. Vraiment. « Tired of living like a blind man. I'm sick of sight, without a sense of feeling. » Encore un truc qui m’correspond tellement bien, maintenant… Même si c’est d’plus en plus le cas, et qu’ça risque de m’entraîner loin, tellement profond dans un désarroi quasi sans fin… « J’dois être étonné d’te voir arriver aussi tôt, ou d’voir qu’t’as pas pris d’gâteau à grignoter avec ton thé ? », qu’j’demande avec un p’tit rire dans la voix, qui s’évapore cependant rapidement. Parce qu’j’prends conscience de c’que j’fais. Pile c’que j’m’étais interdis d’faire avec Elle. Faire comme si on était vraiment des amis. C’qu’on n’sera jamais. L’étiquette qu’j’pourrais jamais Lui mettre. L’étiquette qu’j’ai déjà eu bien du mal à Lui mettre autrefois, après notre séparation. Parce qu’résonnent aussi les paroles d’la chanson, qui m’ramène douloureusement à notre situation : « It's not like you didn't know that I said I love you and I swear I still do. It must have been so bad, 'cause living with me must have damn near killed you. ». Comme j’l’ai dit à Avalon y’a plusieurs semaines de ça : j’n’ai cessé d’Lui répéter qu’j’L’aimais, après Son réveil. Mais Elle a refusé d’m’écouter. D’me croire. Pour préférer S’tourner vers un autre. Très certainement parce qu’j’devais Lui rappeler d’mauvais souvenirs. Les coups portés par Son père. L’incendie qu’celui-ci a fini par déclencher chez moi. La mort d’Riley. L’accident d’voiture. La mort d’notre enfant. La fin d’un avenir à deux dont on avait tant rêvé. Alors qu’ces paroles, Ô combien assassines à mes oreilles, résonnent dans la pièce, j’finis par m’éloigner d’Elle d’quelques pas. Pour éviter cette proximité qui m’insupporte à présent, car c’bien tout c’que j’pourrais attendre à présent, et qu’ça m’suffira jamais. Pour feindre d’remettre en place la bâche protégeant l’sol d’éventuelles gouttes de peintures. « This is how you remind me (you remind me). This is how you remind me of what I really am. » Des paroles qu’j’aime, comme vous pouvez vous en douter. Car, une fois encore, elles définissent parfaitement l’image qu’j’ai d’moi. Qui m’saute au visage dès qu’j’suis auprès d’Elle. L’pauvre débile incapable d’protéger la femme qu’il aime et leur gosse d’un drame. L’crétin qui fout involontairement leurs vies en l’air. L’demeuré qui reste éperdument amoureux d’une nana qu’a réussi à tourner la page, incapable d’faire de même… Un soupir. Une pensée sous forme d’ordre visant à m’motiver pour m’ressaisir. « Fais pas trop gaffe à ça pour l’instant. », dis-je, en désignant d’un signe de tête l’début d’fresque, qui laisse à apercevoir Yoda, à côté d’E-T, dans la salle d’entraînement, montrant quelques techniques de combats aux gosses leur faisant face. E-T est entièrement fait, Yoda prend vie p’tit à p’tit, ainsi qu’l’ensemble d’la pièce autour du duo. « Ca ressemble pas vraiment à grand-chose. ». Tentative d’humilité ? Non, il n’en est rien. Juste du grand Raph, qu’a jamais vraiment eu confiance en soi, pas même face à une œuvre finie. Y’a toujours des choses à y améliorer, selon moi. C’comme ça. Et c’d’autant plus vrai, maintenant qu’Elle n’est plus là pour m’rassurer quand j’doute de trop. Autant dire qu’l’expo qu’j’vais bientôt devoir préparer (ignorant pour l’instant qu’j’l’aurais !) n’sera pas facile à préparer pour moi… Et encore, s’ajouteront à ces doutes un paquet d’difficultés… Qui a dit qu’la fin d’année, voir l’début d’l’année suivante, sera facile pour moi ? J’me relève en m’étirant, un peu crispé par les quelques heures qu’j’ai déjà dans les pattes. Nouvelle gorgée d’café, alors qu’mon regard coulisse, bien contre moi, sur Sa silhouette. J’me foutrai des baffes, parfois, genre, tous les jours en fait, j’vous jure. Nouveau détournement d’regard. Oh, qu’il est beau, l’Yoda loin d’être terminé !

code by Silver Lungs

_________________

 
I wanna kiss you, make you feel alright : I'm just so tired to share my nights. I wanna cry & I wanna love, but all my tears have been used up : on another love. If somebody hurts you, I wanna fight, but my hands been broken, one too many times. So I'll use my voice, I'll be so f*cking rude. Words they always win, but I know I'll lose. I wanna cry, I wanna learn to love, but all my tears have been used up. I wanna sing a song, that'd be just ours, but I sang 'em all to another heart. I wanna cry, I wanna fall in love but all my tears have been used up.


En présence réduite (infos ici)
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
WHAT IS A FAMILY ?

❝ Family don't end with blood ❞
‹ WHAT IS A FAMILY ?
Voir le profil de l'utilisateur


›› It's my life
›› Cap Harbor since : 28/12/2015
›› Commérages : 2917
›› Pseudo : Gat'
›› Célébrité : Eliza T-C
›› Schizophrénie : La follasse brune : Elina Forsberg, la meugnonne rouquine : Lily Wilson et le soupçon de virilité parmi ces dames : Aiden Hollister
›› more about me

A DROP IN THE OCEAN
›› family portrait :

Re: And now my heart stumbles on things I don't know. | Raëlle ♥ ✻ ( Lun 31 Oct - 2:01 )


And now my heart stumbles on things I don't know.
RAËLLE
Do not let the world make you hard. Do not let pain make you hate. Never use your failure yesterday as an excuse for not trying again today. We may not be able to undo damages, but we can always make a new start. Sometimes, two people have to fall apart to realize how much they need to fall back together. And sometimes, when I say "I'm okay", I need someone to look me in the eyes, hug me tight and say "I know you are not".
Would you mind if I still loved you ?
Ces derniers temps, c'est un peu comme si tout m'échappe et que je ne contrôle plus rien sur ma propre vie. Consternant tout en étant plus que déprimant. Essayez donc de retenir du sable dans votre poing fermé. C'est tout bonnement impossible. Il profite de la moindre faille pour s'en échapper peu importe le temps qu'il mettra. Il retombera inlassablement d'où il vient s'échappant de cette prise qui ne ressemble à rien. Tout m'échappe. Un peu comme si tout s'évapore autour de moi. Des souvenirs grisés et obscurcis par cette amnésie qui me poursuit sans même me laisser le temps de souffler un peu. Un souffle qui devient difficile à saisir tant mon p'tit palpitant ne comprend plus rien. Enfin. Lui, il sait. Mais, il ne s'exprime pas assez pour aller à l'encontre de ce que ma p'tite tête m'impose. Par contre, il est clair qu'elle-même est sacrément malmenée par tout ce qu'il s'est passé depuis cette foutue semaine pendant laquelle je-ne-sais-quelle-mouche m'a piqué. Quelle idée, quelle connerie et quelle torture de ne pas lui avoir envoyé le moindre message pendant cette si longue semaine. Mais, j'en avais été tout bonnement incapable. Bien trop d'émotions, bien trop contraires. Je voudrais dire que je suis heureuse sans avoir l'impression de me mentir à moi-même. Je déteste ça. Les mensonges et ces vérités détournées. Comme dit, je suis censée avoir tout pour l'être. Une belle maison, le boulot de mes rêves, des amis présents, un mariage qui ne cesse de se rapprocher, mais quelque chose coince. Ce bonheur sans limite me semble inatteignable et même s'il doit se rapprocher de jour en jour, j'ai plutôt l'impression qu'il s'éloigne de moi. Et j'en ai marre de lui courir après. Si je n'étais pas tombée sur ce futur nouveau cabinet dans un temps bien proche, il est clair que j'aurai tanné Chris nuit et jour s'il le fallait, pour partir de cette ville. Rien ne m'y retient après tout. Un cabinet ? Ca peut s'ouvrir à Londres, ou n'importe où ailleurs. Ce n'est de loin pas un soucis. Le fait que Tim et Kattie soient, eux aussi, venus à Cap Harbor ? Ils auraient compris pourquoi je ne peux pas rester ici. Riley aussi. Et elle, je l'aurai embêté jusqu'à ce qu'elle accepte de venir me rendre visite régulièrement. Mes cousins Cameron et Jay ? Je serai revenue les voir pendant mes vacances sans soucis et avec grande joie. Raphaël ? Allons. Un peu de sérieux. Il est évident que mes débilités d'avril l'ont saoulé. Les quelques messages que l'on s'échange ne ressemblent plus à ceux qui se tenaient avant. Comme si mon départ de cette ville allait lui faire le moindre effet.. Au fond de moi, j'espère pourtant que ça aurait pu être le cas. Sauf que j'ai bien compris qu'il n'a pas besoin de moi ici. A se demander ce que j'espérais au final. C'est ainsi. Il a tourné la page alors que moi, j'essaie de la rassembler tant bien que mal. J'ai cette foutue impression que ma vie entière et tout son contenu, mon envie de voir un lendemain encore meilleur, tout. Tout s'évapore et tout fond comme de la neige au soleil. C'est si cruelle cette impression qui me ronge. Celle-là qui me pousse à sentir, à effleurer du bout du doigt celle que j'ai été. Une autre. J'ai vécu autrement, j'ai du aimer autrement tout comme j'ai du penser autrement. Et tout ça, là. Tout ce qui se trouve face à moi, tout ce à quoi j'assiste, c'est juste un spectacle monté dans un tout autre décor que celui dans lequel j'étais avant cet accident. Et tous ces changements, au lieu de me conforter dans cette nouvelle vie que je tente de mener, ils ne cessent de me rabaisser toujours un peu plus. Ce spectacle qui se joue devant mes propres yeux, c'est une véritable mascarade. Un égarement, tout simplement. Et je le sais, au fond de moi. Mais, les choses se passent d'une telle façon que je n'arrive pas à tout analyser. C'est impossible. Il y a bien trop de choses qui se disent et se contredisent que la vérité s'évapore elle aussi. Rien n'est jamais facile dans la vie. Pour personne. Mais, il est clair que pour moi, ça l'est certainement bien plus que pour la plupart. Les choses auraient été tellement plus simples si ma mère avait préféré s'accorder la vie, à elle. Et non pas à moi. Après tout, il semblerait que j'ai un talent fou pour la gâcher en réussissant à me mettre tout le monde à dos. Et le pire dans tout ça, c'est que je ne le cherche même pas. Ce n'est pas intentionnel quoique certains peuvent le dire ou le penser. Ce n'est pas un jeu auquel je joue. C'est difficile. L'amour, le vrai, celui qui me relie à ce sculpteur râleur -Rends-toi compte de ça, Gaëlle !- ne peut pas être provoqué, ni même contrôlé. Il est vrai, réel. La manipulation de Chris qu'il exerce sur moi me pousse toujours plus vers le bord de ce précipice. Si je le savais, je fuirai. Loin, sans même me retourner. Mais je suis surtout impuissante. Certaines choses ne dépendent pas de moi. Et ce que Chris m'impose en fait tout bonnement partie. Il contrôle mon existence en me faisant mener une vie tracée, balisée et avec le moins de surprises possibles. Il réussit à me rendre peureuse face à la vie et dépendante d'un sentiment de sécurité qu'il est loin de représenter. Ce rôle n'est pas le sien. Et en amour, toujours le vrai,  il n'existe aucune règle. On peut essayer de contrôler les élans de son coeur comme je m'évertue à le faire, mais cela ne sert à rien. C'est ce palpitant qui décide. Et il tourne à la folie, il s'emballe. Pourquoi ? Parce que lui sait. Et la simple idée de passer un peu de temps avec Raphaël le met dans tous ses états. Il sait tout, ce fichu p'tit coeur.

L'avantage de faire travailler Raphaël au cabinet, c'est qu'il aura sa dose vitale de l'Edgecombe. Sa froideur de ses derniers mois n'a jamais cessé de resserrer cet étau autour de ma poitrine. Suffocante d'une accablante culpabilité.. Cela semblait tellement logique qu'il m'en voulait. Moi-même je m'en serai voulu à sa place. Quelle idée de ne pas accorder de réponse face à des messages insistants. Il n'y a que la dernière des imbéciles pour faire une telle chose. Mais sur le moment, cela me semblait être la seule chose à faire. J'en ai subis les conséquences par la suite. Il y a même un moment où j'en étais à relire nos messages de début d'année. Lorsqu'il m'encourageait à lâcher mon téléphone pour m'endormir après quelques heures à parler, allongée aux côtés de Chris qui dormait, lui. Un signe de mon p'tit coeur que je n'ai pas su interpréter comme étant la simple envie d'être ailleurs. On parlait de tout, sauf de nous, bien entendu. Pourquoi faire de toute façon ? Pour l'entendre qualifier ce qu'on a vécu comme étant une erreur ? Non, je n'avais pas besoin de ça. Pas plus aujourd'hui, d'ailleurs. La conscience humaine est quelque chose qui peut paraître capricieux certaines fois. Qu'importe. Il me faut me contenter de ces anciens messages. Et même si je les connais par coeur maintenant, ils ne cessent de me voler un sourire alors que je ferme les yeux, presque chaque nuit. Malheureusement, ce n'est pas ça qui m'aide à trouver un sommeil plus serein et réparateur. Bien au contraire. Alors que je suis encore chez moi, à parler avec mon p'tit Yan sur Skype, l'image de moi-même reflétée par une glace installée non loin du salon attire mon regard. Alors que le p'tit garçon me parle, le téléphone installé de sorte à ce que mes mains soient libres sur une étagère, mes pensées s'égarent une fois de plus. Ce n'est pas seulement mon image, vêtue dans cette robe bleue qui m'intrigue autant. Mais bien le spectre de ce passé qui m'échappe. Lentement, l'une de mes mains se pose sur ce ventre si plat. Toutes ces histoires autour de notre enfant m'ont littéralement sauté à la face avec cette bavure faite par Jenny. Bien entendu, je savais qu'on attendait un p'tit, cette cicatrice sur mon bas ventre l'indique facilement. Disons simplement que cela n'avait pas la même portée qu'aujourd'hui. J'avais vécu avec cette perte sans me poser trop de questions. Là, par contre, elles ne cessent de s'imposer dans ma tête, toujours plus nombreuses. Et cette marque sur ma peau ne cesse de remettre certaines choses en question. Je ne comprends tout simplement pas. Je ne comprends pas pourquoi, alors qu'on était ensemble, il a soudainement pu prétexter qu'on était trop jeunes pour être parents allant jusqu'à le qualifier d'erreur. Et là.. Là, il en est à l'accepter ? « Gaëlle ? » Tournant ma tête vers mon téléphone alors que cette petite voix m'a arraché à ces questions sans réponses, j'en suis à me mordre la lèvre doucement, tout en camouflant ce geste inconscient pour le faire passer pour un simple lissage de robe. Le plus banalement possible. Un geste qui ne sert à rien tant il est loin d'être convainquant, et j'en ai conscience puisque je détourne le regard. Le problème avec ce p'tit gars qui n'a qu'une dizaine d'années maintenant, c'est qu'il ressent tout. Il n'y a pas besoin de lui parler pour qu'il comprenne les choses. Et ça, j'en aurai une preuve supplémentaire pour cette fin d'année, lors de ce repas chez lui. Puis même, il faut avouer qu'il me cerne trop bien. On s'est tout de même vu plusieurs fois par semaines pendant plusieurs années. Autant dire que malgré son jeune âge, il est l'une des personnes qui me connait le plus. Déroutant, pas vrai ? Toujours est-il que la matinée passe, et que je traîne comme toujours.

Il n'en faut pas plus pour que je cherche café et thé, juste une attention de plus à l'égard de Raph comme si cela pouvait m'aider à me racheter sans même que je m'en rende compte. Disons que je pars surtout dans l'idée que j'ai besoin d'un thé, une fois sur place, et que je ne peux pas venir avec juste cette boisson, pour moi, dans les mains. Mais oui, si on regarde au-delà de ça, il est évident que j'essaie d'arrondir les angles un peu plus. Toujours plus, je dirais même. Un geste guidé par vous-savez-qui bien entendu. Il ferait mieux de cesser de battre une bonne fois pour toute, histoire de me laisser rejoindre ma mère. Au moins, là-bas, je ne ferai de mal à personne.. La liste de mes victimes ne cesse de s'agrandir avec le temps qui passe. Ma mère pour lui avoir pris sa vie, mon père pour le priver de sa femme. Riley et les Edgecombe, victimes indirectes de la folie de mon père alors que c'est moi qui aurait du prendre ce soir-là. Raph, bien entendu, même si j'ignore l'étendue des dégâts le concernant -de quoi sauter d'un pont lorsque ce sera su-. Et Chris, parce qu'il est clair que je ne l'aime pas de la manière dont il le faudrait -et heureusement-. C'est bien trop parasité pour ça, là-haut. Beaucoup trop. Mais, je ferme les yeux, je baisse la tête et j'avance tout de même. Comme quoi, les cicatrices que je porte sont rien comparées à celle de cet amour vrai qui m'est interdit. C'est presque l'hémorragie à ce niveau. Tant pis. Mon enfance a prouvé à n'importe qui que je sais prendre sur moi. Pas le choix.. Evidemment, je reconnais ce titre qui passe alors que je m'avance jusqu'à lui. Restant près de la porte, je le regarde travailler. Une chance que mon arrivée, loin d'être très silencieuse, a tout de même réussit à l'être suffisamment pour ne pas trahir ma présence. Finalement, je me décide à le saluer. « Salut. » Un simple mot en réponse qui ne l'arrache pas à son travail. J'en baisse doucement la tête, la lèvre prisonnière de l'assaut de mes dents. Si j'en suis déçue ? Sans doute. Mais, c'est comme ça depuis qu'il a posé ses affaires ici après tout. Finalement, c'est l'appel du café qui le fait relever la tête vers moi. Mon regard, alors posé sur lui, finit par se diriger vers cette autre porte sur ma gauche. Une direction que je ne tarde pas à prendre en constatant qu'il ne lâche pas un mot de plus. Alors que je retire ces quelques couches inutiles, une fois à l'intérieur, j'expire longuement pour me défaire de cette foutue sensation de lourdeur et d'étouffement qui me prend à nouveau. Heureusement que je n'ai pas de problème respiratoire, sinon je suffoquerai dans cette foutue pièce tant l'air me manque. Je le rejoins, une fois plus légère vestimentairement et mentalement parlant. Je le regarde malmener sa tenue du coin de l'oeil. Un petit geste qui m'arrache un grand sourire alors même qu'il finit par me faire face. Ma tête se baisse légèrement. Trop de culpabilité, déjà..

Et là, une autre chanson débute. Une nouvelle reprise. D'une chanson que j'ai toujours bien affectionné, en fait. Mes yeux finissent par parcourir la pièce. Il est clair que son projet, du peu qu'il m'en a parlé, est assez impressionnant. Ces deux pièces sont à lui, il peut en faire ce qu'il veut. Je sais qu'il ne me décevra pas. C'est tout simplement impossible et impensable, ça. Disons que je sais très bien de quoi il est capable.. Vu tout ce qui passe dans ma tête, en ce moment, j'ai envie de dire que ce n'est pas plus mal que je ne m'attarde pas sur cette chanson qui passe alors. Surtout pas sur ses paroles qui résonnent dans la pièce et bien au-delà, même si je n'y échappe pas. Elles me percutent tout de même presque en pleine face, mais je tâche de fermer les yeux au mieux. Alors que je m'apprête à déguster quelques gorgées bien chaudes de ce thé à l'odeur plus qu'attirante, mon regard -alors occupé à regarder la pièce-, se repose à nouveau sur Raph. « J’dois être étonné d’te voir arriver aussi tôt, ou d’voir qu’t’as pas pris d’gâteau à grignoter avec ton thé ? » Une question qui m'arrache un sourire, alors que je me mordille à nouveau la lèvre. Une vieille habitude qui a la vie dure. A croire que malgré tout, on reste abonné aux piques réciproques. Doucement, j'hausse les épaules tout en prenant le temps de boire une petite gorgée sans risquer de me brûler. Ce serait assez con, quand même. Non ? Mais surtout, je tente d'analyser. Prendre le temps de peser mes mots. Ce que je fais de plus en plus face à lui, tellement j'ai conscience qu'il y a comme un problème. Même son attitude, là, est loin de ressembler à celle qu'il avait lors de cette pause gourmande à la pâtisserie. Et je l'avoue, ça me déplaît assez. J'en profite qu'il s'éloigne un peu pour prendre appuis contre l'encadrement de la porte, mon thé toujours à la main. Mon bras libre m'entoure, prétextant qu'il me sert d'appui pour mon autre coude histoire d'avoir mon thé un peu surélevé sans avoir à faire trop d'efforts inutiles. Il me sert surtout à tenter de protéger le peu qu'il doit encore l'être d'une éventuelle attaque, même si l'épisode de l'ascenseur est derrière moi. Pas totalement, certes. Et malheureusement, je dirai même. « Plus d'arriver aussi tôt, alors. J'essaie de réduire un peu la consommation de gâteaux. » Une excuse vaseuse que je lui sers alors que mon attention se porte sur mon thé dont un léger voile fumant se montre insistant. Si je voulais être plus juste, c'est simplement parce que je n'ai plus autant envie de gâteaux qu'il y a encore peu de temps. Quand je disais que les choses ne tournent plus si ronds que ça.. Une Gaëlle qui perd de sa gourmandise légendaire.. Quelque peu inquiétant. Mais, je me tais une fois de plus. Après tout, il s'en fout. « Fais pas trop gaffe à ça pour l’instant. Ca ressemble pas vraiment à grand-chose. » Sans hésiter, je laisse mon regard se porter vers ce qu'il me montre de ce signe de tête. Toute une petite scène qui invoque un sourire sur mes lèvres, alors même que je me rapproche un peu pour voir tout ça de plus près. Les yeux qui pétillent, sensiblement, je m'attarde sur ce pan de mur. « Tu rigoles ? Même comme ça, c'est déjà bien canon. » Et oui, même ce canon qui m'échappe est pesé et carrément mérité. D'aussi loin que remontent mes souvenirs -et cette fois, des vrais, concrets puisqu'ils datent de notre enfance-, j'ai toujours apprécié ce qu'il fait. Peu importe la technique qu'il utilise. « Surtout que je suis très mal placée pour juger ton travail. Mais ça, tu le sais très bien aussi. » que j'ajoute alors, tournant la tête vers lui. Ca aussi, ce n'est clairement pas une nouveauté et même, mon niveau a du considérablement chuter depuis.. un moment. Non pas que j'avais fait des progrès de malade, mais disons que mon nuage ressemblait à un nuage. Et pas à une masse informe qui ne ressemblait à rien. « Ce que moi je fais, tu peux dire que ça ne ressemble à pas grand-chose, pour ne pas dire à rien. » Nouveau petit sourire, alors que mon regard va se perdre un peu sur cette palette qui n'attend que l'intervention de Raph pour continuer de mettre ce mur en couleurs. « Et ton Yoda, il ressemble à Yoda. Donc non, je ne suis pas tellement d'accord avec toi. » Il pourra dire tout ce qu'il voudra, je ne changerai pas d'avis à ce sujet. Une simple esquisse de sa main est déjà bien mise en valeur par la précision de ses traits. Il est doué. Il l'a même toujours été. Surtout lorsqu'il faisait ces petits dessins dans mes cahiers ou mes classeurs juste pour que je tombe dessus lors de mes révisions ou même, en plein cours. Ce qui m'occasionnait de grands et beaux plantages, bien entendu. Je laisse à nouveau mon attention s'attarder sur ce qui commence, doucement mais surement, à recouvrir les murs de cette pièce. Pour mon plus grand bonheur et celui, à venir, de mes plus jeunes patients. Ils vont adorer ces pièces, je n'en doute même pas une seule seconde. Et étrangement, moi aussi..


© Pando

_________________
The girl who laughs and talks a lot and seems very happy is also the girl who may cry herself to sleep.      I'll just try and pretend I'm fine..
Revenir en haut Aller en bas
Ravinelle is so much better

❝ Family don't end with blood ❞
Ravinelle is so much better
Voir le profil de l'utilisateur


›› It's my life
›› Cap Harbor since : 28/12/2015
›› Commérages : 2282
›› Pseudo : Cacahuète
›› Célébrité : Bob Morley
›› Schizophrénie : L'arc-en-ciel ambulant : Jean - Le pianiste intrigué par une rouquine : Oswin/Oz
›› more about me

A DROP IN THE OCEAN
›› family portrait :

Re: And now my heart stumbles on things I don't know. | Raëlle ♥ ✻ ( Sam 3 Déc - 18:38 )

Raëlle
I’m in love with her. If you’re looking for the word that means caring about someone beyond all rationality & wanting them to have everything they want no matter how much it destroys you, it’s love. And when you love someone, you don’t stop. Ever. Even when people roll their eyes or call you crazy. Even then. Especially then. You just — you don’t give up. Because if I could give up, if I could just take the who world’s advice & move on & find someone else, THAT WOULDN’T BE LOVE. That would be some other disposable thing that is not worth fighting for. (Citation issue de la série How I meet your mother, collant bien à ce que Raph ne cesse d'éprouver pour l'amnésique, envers et contre tout, et même malgré lui par moments.).

Smells Like Teen Spirit – Cover de Malia J. (chanson qu'écoute Raph en bossant (début du rp), et qui lui parle un peu trop bien par bien des égards.)

Lundi 17 Novembre, fin de matinée :

Ca m’est difficile d’garder une attitude aussi distante qu’ça envers Elle. Ca n’a jamais été naturel pour moi. Ca n’l’était pas lorsqu’nous étions enfants. Ca n’l’était pas non plus lorsqu’nous avons fini par former un couple, dans notre p’tit village. Ca n’l’était pas plus une fois qu’nous nous sommes retrouvés à Londres. Ca n’l’était toujours pas par la suite, au retour d’notre couple. Ca n’l’était même pas après l’accident, ni quand j’ai peu à peu été amené à réaliser qu’Elle ne m’reviendrait pas. M’demander vraiment d’être froid envers Elle, c’comme m’demander d’agir froidement envers Erin. Même quand j’en veux à la brune, j’parviens pas à la considérer comme n’importe qui d’autre. Parce qu’la dresseuse n’sera jamais comme les autres, à mes yeux. Elle fait partie des rares individus pour lesquels j’serai prêt à tout faire. Et, bien entendu, c’encore plus fort en c’qui La concerne. Alors, j’pourrai utiliser d’un paquet d’expressions ou d’mots en tout genre pour tenter d’vous faire comprendre à quel point ça m’demande des efforts, d’garder mes distances avec Elle. Et ce, même si j’me nourris cet éloignement d’la rancune d’Avril dernier, ça m’coûte beaucoup d’l’entretenir. Tout simplement car, depuis toujours, Elle fait partie des rares personnes envers lesquelles j’ose m’montrer tel que j’suis réellement. Une des rares personnes qu’j’m’éclate à vanner, même la seule qu’j’vanne sans arrêt, sans vraiment y faire gaffe, tant c’juste naturel, chez moi. A croire qu’ça a toujours été une manière pour moi d’mettre en avant – sans même en avoir réellement conscience, du moins, dans les 1ers temps – l’attention tout particulière qu’Elle éveillait chez moi. L’envie d’La faire rire, d’La protéger, d’exister au travers de Ses regards. Mais tout s’est peu à peu dégradé, suite à l’accident, et plus encore, suite à Avril. Oui, j’sais, j’y reviens toujours, mais comprenez bien : ça m’a brisé, littéralement, d’constater qu’Elle, plus qu’quiconque, pouvait m’considérer comme n’importe quelle personne peut l’faire, sans m’connaître. Quand j’ai mis un terme à notre histoire à Londres, j’sais qu’j’ai tout mis en œuvre pour qu’Elle en vienne à m’détester : après tout, qui aime à s’faire larguer comme une vielle chaussette. J’avoue cependant qu’j’m’attendais pas à c’que ça m’revienne à la gueule, tel un boomerang qui retourne vers son envoyeur. J’avais tout fait pour qu’on n’se revoit jamais. Sur c’coup-là, j’admets avoir été lâche, j’voulais pas m’confronter d’nouveau à Elle, après m’être comporté comme un gros con, lors d’notre dernière conversation à Londres. Ca n’s’est pas passé comme ça, étonnamment, quand nos routes s’sont recroisés. J’ai baissé ma garde, et l’retour d’bâton a finalement eu lieu. J’ai compris qu’Elle s’était rangée à l’avis commun, à mon sujet. Et c’ça qui m’reste en travers d’la gorge. Car c’Elle qui m’a dit toutes ces choses-là, qui m’a regardé comme Elle m’a regardé, comme Elle n’l’avait jamais fait jusqu’alors. C’p’têtre bien pour ça qu’j’préfère éviter d’trop La regarder, à présent. Pas envie d’revoir à nouveau Son regard S’illuminer du dépit qu’j’Lui inspire, à présent. Car j’suis franchement pas sûr d’être en mesure d’encaisser d’nouveau une telle chose, même si on est nettement moins proches maintenant qu’nous avons pu l’être, en quelque sorte, en début d’année. J’dois déjà supporter un regard de c’genre d’la part d’Gab, depuis quelque temps, sans savoir d’où ça vient, et ça m’gonfle bien assez comme ça. Gab, Erin et Elle font bien parti des rares personnes desquelles je n’supporte vraiment pas d’lire dans leur regard l’même dédain qu’j’inspire en général, à cause d’mon comportement. Venant des autres, j’m’en fous. Qu’les inconnus, voire les gens qu’j’connais pas beaucoup, s’arrêtent aux apparences que j’donne d'moi, ça m’fait ni chaud ni froid. Bien au contraire, ça m’évite d’avoir des pots d’colle casse-couille. Même ma famille, ça m’fait pas grand-chose, qu’ils aient une fausse opinion d’moi. Après tout, j’ai bien pris l’risque d’en décevoir certains, en La quittant d’la sorte. Y’en a certains qu’ont tellement pas compris, qui m’ont vraiment pris pour un enfoiré d’première, qu’maintenant, j’suis presque une persona non grata chez eux. Ou du moins, c’vachement tendu entre nous, quand on s’voit. Qu’ils L’appréciaient ou appréciaient notre couple, ou pas, mais disons qu’pour ces gens, y’a des trucs qui s’font pas. Et larguer la nana qu’on aurait dû épouser et qu’aurait dû être la mère d’notre gosse, ça n’passe pas, dans ma famille. Même si on est largement moins vieux jeu qu’la Sienne, y’a aussi chez certains des miens quelques individus qui tiennent foutrement à certaines traditions. Et s’ils n’ont rien dit quand Elle est tombée enceinte alors qu’nous n’étions pas encore mariés, ils ont nettement moins apprécié d’voir qu’j’La laissais tomber, après Son réveil, alors qu’Elle S’retrouvait amnésique et devait faire face à une perte d’un gamin dont Elle ne S’souvenait même pas. Ouais, autant dire qu’vu comme ça, j’ai déçu pas mal d’membres d’ma famille. Mais eux, comme dit, j’m’en fous. Tant qu’c’pas Erin, Gab, ou Elle qui m’méprise, ça m’va. Donc, autant dire qu’là, c’pas la joie. Entre une blonde qui doit m’prendre pour l’salaud qu’j’ai tout fait pour paraître à Ses yeux depuis Londres et un cousin qui n’agit pas comme à son habitude envers moi, là, franchement… J’ai déjà à peine digéré l’accident et ses conséquences, et voilà qu’on rajoute du poids sur mes épaule. Sauf que, grosse nouvelle les gars, j’suis comme tout l’monde, et j’peux pas non plus encaisser, encaisser, et encaisser encore et encore, sans finir par craquer. Enfin, ça, on l’verra bien dans quelques mois…. Là, pour l’instant, c’que l’début, et ça peut aller, on va dire. J’parviens donc très aisément à préserver les apparences. Même si, devant Elle, j’crois qu’c’plus que facile, vu qu’Elle n’est visiblement plus en mesure d’me comprendre comme avant…. Du moins, est-ce l’impression que j’en ai, depuis Avril… Toujours est-il que peu à peu, ma carapace s’fissure, d’plus en plus, pour m’marquer d’plus en plus profondément. Et j’crains qu’certaines blessures n’disparaissent jamais véritablement, quand bien même les choses seront rentrées dans l’ordre, entre nous… On verra bien c’qu’il en sera, quand tout cessera enfin, mais….

Oublions… Parce qu’il serait étonnant qu’j’Lui adresse pas un autre mot, alors qu’Elle vient d’m’offrir un café, j’finis par L’interroger, tout en La vannant sur Son arrivée (soit disant « tôt » dans la journée, alors qu’la matinée touche à sa fin), et sur l’fait qu’Elle n’ait pas pris d’quoi grignoter avec Son thé. Autant dire qu’j’regrette rapidement mes mots. Parce qu’j’voulais tenter d’instaurer un climat un minimum cordial. Parce qu’j’ai été un peu trop… taquin, dirais-je. ‘fin, j’le ressens comme ça. J’crois qu’va juste falloir qu’j’m’habitue à n’pas parvenir à savoir comment réagir et agir devant Elle. On a bien vu l’fiasco qu’ça a donné, ces derniers mois. Alors qu’j’L’ai laissé (et aidé !) à S’rapprocher d’moi. Garder mes distances avec Elle, c’comme m’demander d’virer d’ma vie Erin et Gab, pis aussi d’envoyer bouler tous les Edgecombe, et d’plus jamais toucher à un seul pinceau d’toute ma vie : au-delà d’mes forces. ‘fin, j’veux dire : comment on parvient à considérer comme une personne lambda, une nana dont on est amoureux depuis toujours ? Pire même : la seule dont on ait jamais été amoureux ! Si quelqu’un a la solution, j’suis preneur ! Ca pourrait m’être utile pour perdre la sensation qu’chacun d’mes gestes et d’mes regards qui Lui sont adressés sont plus qu’parlants quant à c’que j’éprouve pour Elle. Mais j’sais juste pas comment agir face à Elle sans trop m’trahir, alors j’y vais un peu à l’aveugle, j’l’admets. Mais les vieilles habitudes ont la vie dure… C’ainsi qu’j’finis par La vanner. Pur réflexe. Que j’regrette bien vite. « Plus d'arriver aussi tôt, alors. J'essaie de réduire un peu la consommation de gâteaux. », finis par m’répondre la kiné. J’préfère pas m’attarder sur une quelconque volonté d’Sa part d’Se mettre au régime (c’qui serait, à mon sens, plus que stupide et qu’injustifié !). Pas envie d’entendre qu’c’pour qu’Elle puisse s’assurer d’rentrer dans Sa robe d’mariée, et encore moins pour plaire à Chris…. Parce qu’dans les deux cas, ça contribuerait à m’détruire encore un peu plus, et dans l’2nd cas, ça m’donnerait tout particulièrement envie d’aller refaire l’portrait au doc’, si vraiment il a pu Lui faire croire qu’Elle avait besoin d’perdre du poids. J’vais pas m’étaler sur l’dictat à la con sur la minceur à tout prix…. Du coup, j’me concentre sur la 1ère partie d’Sa remarque. C’qui m’arrache, bien malgré moi, un p’tit rire. D’un coup d’œil jeté à mon poignet gauche, j’regarde l’heure qu’il est, pour lui indiquer que : « Quoi que… J’suis pas sûr qu’on puisse dire d’une arrivée à plus de 11h, qu’elle a eu lieu tôt…. Cela dit, t’as pas la même notion du « tôt » qu’les autres êtres humains, alors bon…. », dis-je, avec un p’tit sourire en coin. Sans pouvoir m’en empêcher. C’plus fort que moi. Depuis plus d’la moitié d’ma vie, j’La vanne. J’sais pas exactement quand ça a commencé, si ça s’trouve, c’même bien plus vieux qu’ça. Ca m’étonnerait même pas, d’toute façon, qu’ça soit antérieur à ça. Vu la proximité d’nos maisons familiales, et les rapports entre les Gates et les Edgecombe, on était souvent ensemble. Avant même d’être vraiment un couple. Bien qu’on n’avait pas l’même âge, et pas forcément les mêmes amis. Mais nos cercles de potes se croisaient souvent. Bien pour ça qu’d’aussi loin qu’j’me souvienne, nos vies sont indissociables. A l’instar des vies des autres Edgecombe et d’la mienne, en quelque sorte. Les réflexes ont la vie dure… Voici un truc qui résonne dans mon esprit, alors qu’j’tente d’me ressaisir, et d’prendre un air plus distant. Plus en lien avec l’état actuel d’notre relation. Avec c’qu’Elle semble attendre d’moi. Par chance, un regard sur mes pinceaux m’ramènent à la réalité : désormais, nous n’sommes plus qu’un employé et sa boss. Rien d’plus, rien d’moins. C’bien parce qu’ce retour à la réalité m’a explosé à la gueule qu’j’ramène l’sujet d’conversation au boulot. J’suis pas vraiment convaincu d’ce qu’j’fais, et j’me cache pas pour l’faire savoir. D’toute façon, j’suis rarement satisfait de c’que j’fais, alors bon… J’ai toujours l’impression qu’ça reste tristement basique. Parce qu’j’ai immanquablement en tête c’que d’autres ont pu faire, parmi les plus grands noms d’artistes qui soient. Et parce qu’j’ai un peu trop envie d’bien faire. Et, aussi étonnant qu’ça puisse paraître quand on a appris un peu à m’connaître : j’ai vraiment envie d’réussir. Pas pour l’aspect financier qu’peut engendrer l’fait d’réussir en tant qu’artiste. Ni même pour la reconnaissance qui peut en découler, parmi mes pairs. Pas plus qu’c’pour susciter une quelconque admiration chez autrui. Nan, en réalité, j’veux qu’une seule chose : que c’que j’parvienne à créer, ça ait du sens, pour au moins une personne. Qu’ça lui redonne le sourire, ou juste l’espoir, ou qu’ça la fasse réfléchir. Qu’ça la prenne aux tripes, qu’ça lui fasse voir le monde sous un autre angle, voire qu’ça lui fasse monter les larmes aux yeux. Juste qu’ça suscite une putain d’émotion en elle, du genre d’celle qui vous marque à jamais, à tel point qu’lorsque vous repensez à c’qui a pu vous faire autant réfléchir, la même émotion vous étreint, dans toute son intensité, et ce, même si ça remonte à 20 ans ! Vous savez, c’que vous pouvez ressentir en relisant un livre qui vous a particulièrement marqué, ou qu’vous revoyez un film qui vous surprend à chaque fois ? C’est exactement ça que j’veux : faire naître la même émotion qu’celle que j’ai ressentis, gamin, en allant voir, avec l’école, un sculpteur en plein boulot. L’émerveillement qu’j’ai ressenti, en voyant c’qu’il avait crée, mais plus encore en voyant c’qu’il était en train d’sortir d’ce bloc de marbre italien : c’était sans commune mesure avec tout ce qu’j’avais déjà pu ressentir alors. Impressionné, je l’étais, et au-delà d’ça même, en voyant la minutie dont il devait faire preuve, pour « extraire » son œuvre d’la matière qu’il avait choisie pour la créer. La sculpture, ça pardonne encore moins qu’bons nombre d’autres Arts, en cas d’erreur…. Et c’ça qu’j’trouve fascinant, quand on voit une sculpture. Même si j’suis tout autant étonné quand j’vois des peintures, ou des gravures, ou n’importe quel autre genre d’œuvre d’art. Et qu’j’ai toujours aimé dessiner ou peindre, ayant d’ailleurs commencé à dessiner limite en même temps qu’j’ai appris à marcher… L’Art m’a toujours attiré, et d’nombreuses œuvres, d’tout type, n’ont cessés d’me couper l’souffle, tant et si bien qu’j’ai finis par choisir d’créer à mon tour. Pour susciter c’même genre d’émotions chez quelqu’un. Donner aussi l’envie d’créer à son tour. Simplement pour changer la vie d’quelqu’un, sur du long terme, ou au moins, pour quelques heures. Mais ça, nul ne l’sait, j’en ai parlé à personne, pas même à Elle. J’trouve ça un peu trop débile, comme décision d’choix d’carrière. Alors j’préfère qu’les gens s’limitent aux basiques « Par envie d’faire comme le sculpteur rencontré lors d’ma visite scolaire ! », « J’aime l’Art et j’savais pas quoi faire d’autre d’ma vie ! », « Besoin d’devenir connu et riche ! » ou « Parce que… ». Et c’très certainement ma motivation 1ère à être artiste qui fait qu’j’suis aussi exigeant envers moi. Parce qu’j’veux vraiment réussir à faire sortir un « Waouh » aux gens qui pourraient voir c’que j’fais. Parce que j’sais c’que les autres artistes ont été en mesure de faire. Et ouais, bêtement, j’me compare aux plus grands artistes qui soit, pas pour les imiter ou les égaler, mais pour faire aussi bien qu’eux. Et ça encore, c’un truc qu’j’ai confié à personne, même si, pour les personnes qui m’connaissent vraiment, ça doit pas être compliqué d’comprendre….

En parlant d’manque de confiance en soi quant à c’qu’on peut faire : j’tarde pas à Lui indiquer d’pas trop S’soucier du rendu actuel car pas terrible. Parce qu’c’pas terrible, à mes yeux. Quelques p’tits défauts, de-ci, de-là, que j’compte bien reprendre dans quelque temps. Bon, OK, j’divague sans doute. Encore une conséquence d’mon manque d’confiance en moi quand il s’agit d’mon art…. Mais ça, c’plus facile d’en avoir partiellement conscience que d’le penser véritablement. « Tu rigoles ? Même comme ça, c'est déjà bien canon. », tente-t-Elle de m’rassurer. Sans qu’j’fasse vraiment attention au mot qu’Elle a employé, sans doute car trop « basique » à mes yeux, en une telle situation. Et puis, ça fait déjà plusieurs mois qu’j’ai pris la décision d’arrêter d’me prendre la tête en c’qui La concerne, d’arrêter d’croire qu’des preuves d’un possible retour d’Ses souvenirs à notre sujet puisse Lui revenir. J’ai réussis à m’rentrer dans l’crâne qu’Elle a prévu d’faire Sa vie avec Chris. Donc, qu’notre histoire était bel et bien morte…. « Surtout que je suis très mal placée pour juger ton travail. Mais ça, tu le sais très bien aussi. » Ma lèvre fini par s’faire malmener, à cause d’Ses mots. A cause des souvenirs qui en découlent, affluant dans mon esprit. D’mes railleries taquines sur Son absence de talent pour l’dessin. D’Ses vannes sur Ses dessins qui ressemblaient pas à ce qu’Elle avait voulu reproduire… D’nos délires qu’ont pu naître, lors des quelques cours qu’j’Lui ai donné. D’nos éclats d’rire qui n’tardaient pas à apparaître. Trop d’choses qui n’se feront plus jamais. Trop d’choses dont j’me souviens bien trop. Trop d’choses qui, par leur simple présence, voire omniprésence dans mon esprit, n’cessent d’me faire mal. « Ce que moi je fais, tu peux dire que ça ne ressemble à pas grand-chose, pour ne pas dire à rien. », ajoute-Elle, alors qu’je bois une nouvelle gorgée d’café, pour éviter d’laisser apparaître – malgré moi - un sourire sur mon visage. Au lieu d’ça, j’finis par m’diriger vers le p’tit carton, sur lequel j’ai posé mon ordi, ainsi qu’mon téléphone. J’feins d’jeter un rapide coup d’œil sur celui-ci, pour voir si j’n’ai pas reçu d’messages quelconques. « Et ton Yoda, il ressemble à Yoda. Donc non, je ne suis pas tellement d'accord avec toi. », ajoute-t-Elle alors qu’j’lève les yeux au ciel en voyant le SMS envoyé par une d’mes nièces : encore une chaîne remplie d’conneries d’superstitions à la noix. En temps normal, j’aurai même pas pris la peine d’perdre mon temps en poursuivant ma lecture, mais là, vu qu’ça m’donne une bonne excuse pour continuer à Lui tourner l’dos, et ainsi, à prendre mes distances – en quelque sorte – par rapport à Elle, j’en profite. Tout en feignant donc d’être plongé dans une lecture passionnante d’un échange de SMS palpitant, j’balance un : « Mouais, s’tu l’dis… », qui résonne étrangement, à mes oreilles, comme un magnifique « Quand on galère à dessiner comme toi, c’facile d’trouver beau un dessin à peu près ressemblant à c’qu’il veut représenter. ». Faudrait sans doute qu’un jour, j’apprenne à être moins exigeant envers moi-même, ça pourrait être utile. Mais pas facile à faire, sachant qu’cette exigence, j’l’ai depuis toujours. Sans doute parce qu’l’Art a été la seule manière qu’j’ai réellement pu utiliser pour m’exprimer et m’différencier des autres Edgecombe, au sein d’cette tribu très vaste. Sans doute peut-on ajouter à ça l’fait qu’beaucoup ont rapidement déclarés qu’j’devrais m’lancer dans cette voie, pour faire carrière, peu importe d’quelle façon, et qu’mine de rien, bah, être considéré comme un artiste possiblement prometteur, c’aussi bien qu’c’stressant, quand ça vient d’son entourage. Parce qu’on est rapidement étroitement lié à notre capacité artistique, et qu’on craint qu’si on vienne à la perdre, on cesse… d’exister, en quelque sorte, pour les nôtres. Autant dire qu’les mois à venir vont être plus que difficiles pour moi, car j’vais progressivement perdre ma capacité à créer. ‘fin, remarquez, j’suis plus à ça près, concernant les choses qu’j’aurais pu perdre. « ‘fin, on va attendre qu’ça soit fini avant d’dire si ça vaut quelque chose ou pas ! », dis-je, car après tout, tant qu’c’pas terminé, rien n’est définitif. Mais m’connaissant, j’trouverais toujours à redire, même quand ça sera fini. Parce qu’ça n’correspondra jamais entièrement à c’que j’voulais faire, ou qu’y’aura des endroits qui manqueront d’finesse ou d’réalisme, à mes yeux. Oui, vous pouvez l’dire : j’suis chiant, ou plutôt un éternel insatisfait… Mais ça, ça date pas d’hier, alors bon… Même si, j’l’avoue, ça gagne en « ampleur » depuis quelques semaines, et qu’ce phénomène a commencé – étrangement… - après l’accident.

Comme j’ai déjà passé un p’tit moment avec mon portable en main, et qu’ça paraîtrait bizarre qu’j’m’attarde encore, alors que j’ne réponds pas à c’message qui a accaparé mon attention, j’repose mon mobile sur l’carton, et m’décide enfin à m’retourner pour Lui refaire face. ‘fin, sans m’bouger non plus du carton. Distance prudente, distance raisonnée. « Oh, au fait, t’as eu une livraison. Plus tôt dans la matinée. », dis-je, en esquissant un léger sourire en parlant du moment d’la livraison. Qu’a vraiment eu lieu en début d’matinée, telle qu’la plupart des individus situent l’début d’la matinée, et non tel qu’il s’place, dans Son monde. « C’Remy qu’a signé, du coup. », expliqué-je, alors qu’mon léger sourire s’fane déjà. Pour quitter cette complicité périmée, qui n’a plus lieu d’être. Elle est mon patron, j’suis Son employé. Ca s’arrête à ça. Une fois qu’j’aurai fini d’peindre ces 2 pièces, nous cesseront d’nous voir, et d’nous parler. Nous n’aurons plus rien à nous dire, d’toute façon. Plus rien à voir l’un avec l’autre. Alors j’m’y prépare. Doucement. Comme je peux. Artificiellement, j’en ai conscience. Car j’sais pertinemment qu’rien n’pourra m’préparer à n’plus La voir faire partie d’ma vie, même si c’n’est qu’aussi lointainement qu’Elle l’fait à présent. « Ca a été mis dans la pièce d’à côté. », qu’j’termine finalement, d’une voix qu’a atteint la formalité qui devrait y perdurer. Ca m’demande des efforts d’recentrer ainsi la conversation, d’ne pas m’laisser m’emporter dans un élan d’nostalgie et d’habitude. Mais faut bien l’faire. D’toute façon, on n’est pas là pour papoter : j’suis payé pour peindre plusieurs fresques, et Elle, Elle a sans doute un paquet d’choses à préparer. Ca serait bien qu’l’un d’nous s’souvienne d’c’qu’il en est, désormais, entre nous. C’à dire : rien du tout. En c’qui m’concerne, c’facilité par l’souvenir d’la livraison, survenue bien plus tôt dans la matinée. Si la vie avait poursuive son cours comme elle aurait dû, j’aurai dû être en mesure d’signer à Sa place, pour prendre les divers colis. Mais j’ne suis rien pour Elle, contrairement à Remy, qu’est Son associé, donc… J’l’ai laissé faire. Et j’avoue qu’ça m’a fait bizarre, d’voir une autre personne qu’moi prendre en charge une telle « responsabilité ». D’quoi contribuer à m’rentrer plus profondément dans l’crâne l’fait qu’nous n’soyons plus qu’de vieilles connaissances l’un pour l’autre. Diverses p’tites preuves concrètes qu’ma vie est bien pire qu’le plus atroce des cauchemars qu’a bien pu hanter mes nuits, avant l’accident. Diverses p’tites choses qui m’aident à garder la tête froide, et à n’plus m’refaire avoir, par d’vains espoirs, comme ce fut l’cas, y’a pas si longtemps qu’ça. Et comme pour bien illustrer l’fait qu’selon moi, la conversation est close pour l’instant, j’pose mon café sur l’carton, et reprend mon pinceau. Chacun à sa place, chacun à son taff…. C’mieux pour tout l’monde, et indubitablement bien plus pour moi, j’l’avoue.

code by Silver Lungs

_________________

 
I wanna kiss you, make you feel alright : I'm just so tired to share my nights. I wanna cry & I wanna love, but all my tears have been used up : on another love. If somebody hurts you, I wanna fight, but my hands been broken, one too many times. So I'll use my voice, I'll be so f*cking rude. Words they always win, but I know I'll lose. I wanna cry, I wanna learn to love, but all my tears have been used up. I wanna sing a song, that'd be just ours, but I sang 'em all to another heart. I wanna cry, I wanna fall in love but all my tears have been used up.


En présence réduite (infos ici)
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé

❝ Family don't end with blood ❞


›› It's my life
›› more about me

Re: And now my heart stumbles on things I don't know. | Raëlle ♥ ✻ ( Aujourd'hui à 14:45 )

Revenir en haut Aller en bas

And now my heart stumbles on things I don't know. | Raëlle ♥

SCREW DESTINY :: postcard for far away :: Lieux divers
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
( )



Outils de modération