Love is like sailing by moonlight (Ozy)

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Love is like sailing by moonlight (Ozy) ✻ ( Lun 24 Oct - 18:24 )

Ozy
I no longer believed in the idea of soul mates, or love at first sight. But I was beginning to believe that a very few times in your life, if you were lucky, you might meet someone who was exactly right for you. Not because he was perfect, or because you were, but because your combined flaws were arranged in a way that allowed two separate beings to hinge together. (Citation de Lisa Kleypas. Crackship de Ponzu)


Voici à quoi ressemble, grosso modo, la chanson dont Oz parle, pour la reprise à la radio :
 

Jeudi 20 octobre, en soirée :

♫ See the summer's light, round with rays so bright fading out of sight, melting in night. Hold me unto you. No one but you. No one but you. Hold me unto you. No one but you. No one but you. ♪ Entamer sa 3ème année de droit, ça n’est pas rien. Je le savais avant de me lancer dans de telles études. Certains de mes comparses ont visiblement mal préparés leur coup, car quelques-uns ont arrêtés, soit durant l’année écoulée, soit depuis la rentrée. Et ce, même si elle n’a eu lieu que quelques semaines plus tôt. Le fait de se voir déjà avec une telle masse de travail, et la pression qui va avec, en a découragé plus d’un. Dont un de mes binômes, qui avait été réparti avec moi, par l’un de nos profs, pour un devoir à rendre. Pour dans 15 jours. A l’origine, on était large, plus que large même. Mais en me retrouvant seul, je me retrouve avec le boulot à abattre tout seul, alors qu’initialement, on se l’était partagé en deux. Autant dire que je ne peux guère chômer. Car, mon enseignant, dans toute sa grandeur, a refusé de m’attribuer un autre comparse, prétextant que tous les duos étaient formés depuis bien longtemps, et les dossiers avaient déjà bien avancés, de ce fait, ça ne serait pas juste pour mes camarades de classe que je vienne les rejoindre. J’adore ce prof, comme vous pouvez bien l’imaginer…. A cause de son incomparable compréhension, cela fait plus d’une semaine que je passe tout mon temps libre à la bibliothèque. Pour faire son fichu devoir, mais aussi en préparer d’autres, étudier plus en profondeur des points abordés en classe, bref, tout mettre en œuvre pour avoir mon année… La seule distraction que je me permette, c’est la radio. J’ai demandé à ce qu’on m’oublie au journal, pour l’instant, sauf s’ils avaient vraiment besoin d’un photographe, du moins.

♪ All the world is dear when my love is near. Oh to linger here, far from all I fear. Hold me unto you. No one but you. No one but you. Hold me unto you. No one but you. No one but you. Love is like sailing by moonlight, reading the stars, navigating by night. I know tomorrow I'll be closer to you. You are the one that I want. No one but you. ♫ Assis à une table de la bibliothèque du campus, mon ordi en face de moi, et des tonnes de livres éparpillés autour, je ne quitte l’écran du regard que pour farfouiller dans ces livres, en quête d’informations pouvant m’être utiles. Je ne fais de courtes pauses que pour prendre une gorgée du jus de fruits que j’ai amené avec moi. Ou quand quelques étudiants viennent me parler, pour me saluer, ou discuter à propos de l’émission de radio que j’ai co-animé, un peu plus tôt dans la journée. Emission durant laquelle nous avons reçu une jeune artiste, qui démarre sa carrière, et fait pas mal de radios pour se faire connaître, et convaincre des gens d’aller à ses concerts, qu’elle donne dans de petites salles pour l’instant. Artiste que j’ai « découvert » cet été, au cours de mon road-trip musical. C’est à cette occasion que je l’ai invité à venir à la radio. Et nous sommes restés sommairement en contact, grâce à la magie d’internet, et via téléphone. C’est ainsi que nous avons pu arranger sa venue aujourd’hui. Et c’est ainsi que j’ai pu voir avec elle, pour qu’elle m’aide à réaliser un petit défi. Il n’est pas rare, en effet, que les auditeurs de l’émission envoient quelques défis à l’équipe, par les réseaux sociaux. Et un petit malin n’a rien trouvé de moins drôle que de me mettre au défi de montrer que mes talents musicaux ne s’arrêtaient pas qu’à une vaste connaissance sur le sujet. Il devait me trouver un peu trop présomptueux pour un mec qui ne joue d’aucun instrument et ne chante pas non plus. (Lui, clairement, il doit suivre la radio que sur les ondes, pas sur les divers réseaux sociaux de l’équipe, car via mon Insta, il aurait pu comprendre que je joue au moins de la guitare, mais bon…) Je lui aurai volontiers renvoyé dans la tronche qu’à une époque, j’ai été auteur, compositeur, et interprète, mais aussi musicien maîtrisant un vaste panel d’instru, mais je m’en suis abstenu. Ca aurait été prétentieux, et, par-dessus tout, je ne tiens vraiment pas à ce qu’on connaisse ce pan de mon histoire. Néanmoins, il m’a fallu relever ce défi. On fait toujours de notre mieux pour les réaliser. Et j’ai donc profiter de la venue de la jeune musicienne pour qu’on joue, et chante, un petit duo. « Ne sachant ni jouer, ni chanter, je vous prie d’avancer de m’excuser pour le désastre auquel vos oreilles vont être soumises… », voici comment j’avais présenté la chanson, après avoir passé de longues minutes à interviewer l’artiste invitée, afin que les auditeurs puissent faire sa connaissance. Elle avait même entonnée 2-3 de ses chansons. « Spécial dédicace à tous les homophobes qui parcourent les allées de la fac. Et on a pu voir récemment qu’il y en avait un paquet….  » Bien entendu, j’avais profité de ce défi pour faire passer un petit message. Et oui, on ne se refait pas, que voulez-vous. L’Art sert à ça, après tout. Et il se trouve que depuis la rentrée, quelques actes homophobes avaient été recensés sur le campus. Rien d’alarmant selon les autorités, mais même une seule insulte de ce genre, c’était déjà bien trop. J’avoue, j’avais particulièrement été sensibilisé quand Dakota avait été la cible de railleries désobligeantes sur son orientation sexuelles, mais, même si elle n’avait pas été visée, je pense que mon message aurait été tout trouvé, car, via le journal, j’ai été mis au courant de ces problèmes. « Détendez-vous, bande de débiles : mieux vaut des couples de même sexe, quand c’est entre adultes consentants, que quand c’est un enfoiré qui se tape un gosse, ou un connard qui se fait une nana qui n’a pas envie de lui. Ayez l’esprit ouvert…. » J’avais poussé un soupir en me mordillant les lèvres. Il m’avait fallu prendre sur moi pour ne pas m’étendre. Ce sujet, je crois, me touche bien trop, par bien des égards. « Bref… Voici donc une reprise du titre Take me to church. », avais-je finalement précisé, bien que cela soit sans doute inutile : la plupart des personnes qui nous écoutent ont une certaine connaissance de la musique, et avaient très certainement compris la chanson à venir, au vu de mon petit speech. Et c’est avec la jeune chanteuse, jouant de son synthétiseur, tandis que moi, j’étais à la guitare, que la chanson d’Hozier a commencée à résonner dans le studio de radio. Je crois que ça a plu aux gens, car quelques étudiants sont venus m’en parler, tout au long de la journée.

♫ See the morning light round, with rays so bright waking from the night brilliant is the sight. Hold me unto you. No one but you. No one but you. Hold me unto you. No one but you. No one but you. ♪ Etant courbaturé, je finis par m’étirer, un sourire de fierté sur mes lèvres alors que je prends conscience que j’ai terminé un chapitre de mon dossier à rendre. J’enlève les écouteurs que j’avais sur mes oreilles jusqu’alors, m’étant ainsi coupé du monde afin de pouvoir travailler plus facilement (ne les retirant que si on venait me parler), et je coupe mon ordi. Attendant qu’il s’éteigne, je me vautre contre le dossier de ma chaise, alors que mon ventre gargouille. Un petit coup d’œil à ma montre et… Je sursaute de ma chaise. Il est tard. Vraiment. Inquiet, je jette un regard dans la pièce, et réalise ainsi que la bibliothèque est vide. Fermée. Pour la nuit. J’étais trop absorbé dans mon devoir pour percuter cela. Et un peu trop en retrait aussi pour être vu des autres (à moins qu’ils n’aient aussi été se planquer vers moi). Et d’un coup, la chanson du jour, celle que j’avais encore de jouée dans mon baladeur ces dernières minutes, me sort de l’esprit. Dommage, la mélodie est plutôt apaisante, ça m’aurait été utile. Inspiration, respiration : tout va bien, Oz, zen. Je tapote mes poches, à la recherche de mon téléphone. Pas là. Je fouille ma veste. Sans plus de succès. Je cherche dans la sacoche de mon ordinateur. Toujours rien. J’attaque même l’étui de ma guitare (pas eu le temps de rentrer pour le déposer depuis l’émission !) : que dalle. Bon, là, je peux paniquer, par contre. Car, maintenant que j’y repense : je suis parti en retard, ce matin (merci Cobain !). Et j’ai laissé mon téléphone à l’appart’, sur la table de la cuisine. Bravo Oz ! Je rallume mon ordi, dans l’espoir de passer par internet. Pas de connexion. Putain, le wifi, il est parti en vacances, ou quoi ? Bon, il est vrai que j’ai passé les 2 dernières heures à ne faire que rédiger, donc, j’ignore depuis quand la connexion déconne, mais… Sérieusement. Pourquoi ça plante alors que j’ai oublié mon téléphone ? Pourquoi ce soir ? Pestant contre moi-même, je laisse mes affaires en plan (livres inclus), et me balade dans la bibliothèque. Risquant quelques « Y’a quelqu’un ? », très peu convaincu (vu l’heure, je dois être le seul débile à s’être fait enfermé dans la bibliothèque ! Ca va faire marrer les crétins de ma coloc’ ça, je vais en entendre parler pendant des années, je vous le dis, moi !). Tentant également de trouver une sortie quelconque. Au bout de quelques minutes, j’ai fait le tour du rez-de-chaussée, sans rien trouver, je retourne donc au 1er étage, tâchant de me motiver à fouiller le reste de la bibliothèque pour trouver une sortie. Une qui ne soit pas la sortie de secours : très peu envie de déclencher l’alarme… Arrivé vers mes affaires, j’éclate de rire. D’autodérision, face à l’absurdité de ma situation. Je dois avoir l’air un peu cinglé à hurler de rire comme ça, mais bon, je suis seul, alors ça importe peu. Je suis seul, et à en juger par le bruit que fait mon ventre, j’ai faim. Ce qui me fait encore plus rire. Là, c’est clair et net : j’ai l’air d’un taré. Un taré affamé.

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Qu'est-ce qu'un vrai ami ? C'est la personne qui voit la tristesse dans tes yeux lorsque les autres croient au sourire sur ton visage. C'est quelqu'un qui te comprend même lorsque tu es incapable d’exprimer tes pensées. C'est un individu qui connaît la chanson de ton cœur et qui est capable de te la chanter lorsque tu en oublies les paroles. Mais c'est aussi un être qui croit en toi lorsque tu as cessé de croire en toi-même.


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Re: Love is like sailing by moonlight (Ozy) ✻ ( Hier à 0:42 )


Love is like sailing by moonlight.
OZY
I realized I was thinking of you, and I began to wonder how long you'd been on my mind. Then it occurred to me: Since I met you, you've never left.
Même si les cours n'ont repris que depuis quelques semaines, j'ai déjà la cruelle impression de couler. Littéralement. Sous les devoirs à rendre, les révisions qui s’enchaînent à un rythme assez hallucinant sous la folie de nos professeurs qui nous cueillent directement après ces vacances d'été sans même nous laisser le moindre temps de chauffe. Comble du malheur, je suis repartie pour un semestre en compagnie de ce prof de physio animale qui n'arrive clairement pas à me saquer. Heureusement, c'est réciproque. Mais, tout de même. C'est de loin pas pour m'encourager à passer au-delà de ce foutu mutisme qui me bouffe de plus en plus. Bien au contraire. Il ne cesse de me dire que je ne suis pas à ma place dans de telles études. Pourquoi ? Simplement parce que je ne peux pas intervenir en prenant la parole ou même, en préparant mes futurs oraux pour les partiels à venir. Comme si être muette me rendait incapable.. Son comportement m'énerve énormément. Mais, comme toujours, je ferme les yeux et je tente de ne pas y penser plus que nécessaire. Si j'y portais plus d'attention que je ne le fais déjà, autant abandonner et lui donner raison. Ce n'est pas l'envie qui me manque tous les lundis matins, lorsque mon réveil sonne pour m'indiquer que peu après, je vais voir cet homme détestable à mes yeux. Ce n'est clairement pas face à lui que j'ai envie de me justifier, pour lui dire qu'un jour, je l'espère, ce silence qui m'entoure cédera la place à ce flot de paroles de la bavarde que j'ai été avant et qui, je l'espère, sera de retour un beau jour. Et là, croyez-moi que je ne vais pas me gêner pour lui expliquer quelques petites choses. Il risque de tomber de haut. Rien que pour ce petit plaisir qui m'est réservé, j'ai déjà été, deux ou trois fois, à la frontière d'exploser. Sauf que cela ne servirait à rien. Après tout, ce n'est pas lui qui me prêtera une oreille attentive pour que je laisse mes vieux démons datant de la mort de ma soeur s'exprimer dans l'espoir d'être enfin entendus. Sympa comme je le suis, je les garde pour moi. Qu'il ne me remercie même pas. C'est à cause de lui, d'ailleurs, que je suis obligée de passer mes derniers jours à la bibliothèque. Ou du moins, plus qu'habituellement. C'est plus juste. Après tout, je passe déjà, en temps normal, pas mal de temps entre ces murs pour pouvoir illustrer et compléter mes cours. J'ai beau ne pas avoir le coeur à réviser constamment -et donc me prendre des notes assez limites-, je reste un minimum plus que sérieuse, ne comptant pas les heures que je passe à côté des cours  pour rendre mes notes plus agréables à lire. Surtout qu'en bio, on a énormément de schéma à reprendre. Ce n'est donc pas toujours l'option la plus simple que de prendre les cours sur l'ordinateur puisque les diapo défilent et que ces dessins sont nettement plus faciles et rapides à reproduire à la main que sur son écran. Enfin, personnellement, c'est ce que je pense. Voilà pourquoi je prends toujours le temps pour retaper mes cours pris à la main. Au moins, j'ai tout le temps nécessaire pour reprendre tableaux et dessins tranquillement ou, à défaut, trouver une belle illustration sur le net à insérer dans mes pages. Studieuse ? Sans doute. Mais, il faut dire aussi que je n'ai que cela à faire.. Je soupire en voyant ce tas de feuilles de notes qui m'attend. Tout cela pour quatre pauvres heures avec l'autre fou. Malheureusement pour moi, sa matière est très importante pour ma future orientation, je ne peux réellement pas faire l'impasse dessus.

Soupirant, je me décide à mettre mes écouteurs pour travailler avec un peu de musique dans les oreilles. C'est toujours nettement plus motivant.. Quoiqu'un peu troublant aussi, par moments. Surtout lorsque je tombe sur cette émission du campus et sur.. cette voix. Celle-là même qui me trouble énormément depuis un bon moment maintenant. Forcément, je relève la tête de mes notes, prenant l'émission en cours de route du coup. « Ne sachant ni jouer, ni chanter, je vous prie d’avancer de m’excuser pour le désastre auquel vos oreilles vont être soumises… » J'en fronce les sourcils n'ayant pas entendu l'intervention de l'auditeur qui s'était amusé à chercher Oz. Mon stylo en main, j'en suis à renforcer ma prise dessus tant il m'est impensable d'imaginer un quelconque désastre de sa part. Surtout qu'il a déjà chanté quelques fois sur la radio. Bon, d'accord. Elles doivent se compter sur les doigts d'une main -malheureusement-, mais rien susceptible de faire saigner la moindre paire d'oreille pour ceux qui ne baignent pas dans une nullité sonore tout au long de la journée -et de la nuit-. Oui, je le reconnais. Tout ce qui est rap, techno et autre, ça me colle des migraines. Et ça, oui, clairement, c'est un désastre musical. Pas la voix d'Oz. Doucement, j'en soupire alors que je tente de baisser le regard vers mes notes à retranscrire. « Spécial dédicace à tous les homophobes qui parcourent les allées de la fac. Et on a pu voir récemment qu’il y en avait un paquet…. » Une vérité qui, bien qu'immonde, me fait doucement sourire. Simplement parce qu'il n'est décidément pas comme la plupart des gars sur ce campus. Il semble réellement accorder une attention, juste, face à certains problèmes actuels. Son intervention face à Bryan et maintenant ce message contre les homophobes.. Calmement, la mine de mon stylo se pose sur le coin encore blanc de ce cours qui me prend la tête. Sans réellement y faire attention, j'entreprends un petit croquis.. « Détendez-vous, bande de débiles : mieux vaut des couples de même sexe, quand c’est entre adultes consentants, que quand c’est un enfoiré qui se tape un gosse, ou un connard qui se fait une nana qui n’a pas envie de lui. Ayez l’esprit ouvert…. » Il a tellement raison.. J'en souris, doucement, la tête sensiblement penchée sur le côté. Ma main griffonne ce papier immaculé pour laisser un semblant de visage en sortir. La moindre occasion est bonne pour que je travaille ce côté du dessin, simplement parce qu'on travaille dessus, en ce moment, avec Raphaël. J'ai envie de les perfectionner, qu'ils frôlent la réalité. Et cette voix qui me berce doucement me câle ce visage qui lui est associé dans ma p'tite tête. Ce n'est pas parce que je le représente dans un format bien restreint que je n'y porte pas l'attention du détail. Cette envie de dessiner, même en plein cours, est une autre raison pour laquelle je préfère largement être équipée de mon bloc-notes en cours. « Bref… Voici donc une reprise du titre Take me to church. » Cette chanson.. J'en suis à fermer les yeux, baissant légèrement ma tête alors que mon stylo a stoppé sa course au croquis sur son bout de feuille. Même si, dans les faits, je ne devrais pas me sentir concernée par cette chanson, elle me parle. Énormément.. Et ce que j'entends alors est loin, très loin d'être un désastre. Bien au contraire. Si je n'avais pas été aussi intriguée par sa voix avant de l'entendre chanter, il est clair que là, c'est tout simplement foutu pour moi. Malheureusement pour moi, toutes les bonnes choses ont une fin. L'émission se termine donc, m'obligeant à revenir à la cruelle réalité des cours. Il me reste énormément de choses à faire. J'ai l'impression que je ne vais pas m'en sortir. Sous la masse de travail qui m'attend encore, je finis par fermer les yeux, la tête posée sur mes bras repliés. Cette table que j'occupe est éloignée de tout, cachée. Parfaite pour moi, au final. Une discrétion qui me représente parfaitement malgré ma crinière de feu qui attire le regard, bien malgré moi. Ce qui devait ne durer que quelques brèves minutes passe à une heure.. Puis deux. Et tout de suite bien plus. Personne ne pense à cette table en retrait. Personne ne m'a repéré.

Mon rêve est bien loin d'être plaisant. Des images bien pénibles qui me reviennent bien trop souvent en tête sont bien présentes pour cette longue sieste improvisée. Des larmes m'échappent, alors que mes yeux sont toujours clos. Des souvenirs pénibles. Des plaies qui ne se sont jamais cicatrisées et qui ne le seront jamais complètement. Le poids d'une culpabilité qui m’assomme et me fait perdre la tête. Celle de ne pas avoir réussi à sauver Ava en m'interposant entre Dan et elle, celle d'avoir laissé Ryan partir en ayant été bien trop égoïste à ne prendre en compte que ma propre souffrance alors qu'il faisait au mieux.. Je n'y arrive réellement pas. C'est au-dessus de mes forces.. Un éclat de rire m'arrache de cette obscurité écrasante, me faisant relever la tête dans cette bibliothèque presque plongée dans le noir, le jour s'éclipsant très progressivement bien qu'il ne fasse pas encore nuit noire. Je passe ma main sur mon visage, tentant d'éliminer toute trace de larme, très certainement en vain. Foutu mascara. « Y’a quelqu’un ? » Une voix que je reconnaîtrai entre mille, qui me fait presque sursauter d'ailleurs. Qu'est-ce que je fous ici ? Quelle heure est-il ? Pourquoi les lumières sont déjà éteintes ? Un oeil sur mon téléphone .. Plus de batterie. Sérieusement .. Soupirant, je laisse échapper un juron étant persuadée d'être seule aux alentours, alors que je me lève pour me diriger vers ces rires. Est-ce que j'hallucine ? Est-ce que je ne rêverai pas un peu ? Moi aussi, je laisse mes affaires sur place. C'est quoi ce délire ? Après quelques pas dans la direction d'Oz, je le vois enfin.. Ce qui m'arrache, bien malgré moi et cette situation étrange, un léger sourire alors que je m'approche de lui. Toujours quelque peu sonnée du ridicule du moment. Est-ce qu'on est réellement enfermés ? Doucement, pour ne pas le surprendre ne pouvant pas annoncer ma présence verbalement, je finis par m'approcher un peu plus de lui alors qu'il est assis à cette table, dos à moi. L'une de mes mains vient doucement se poser sur son épaule, dans un geste bien plus calme que je ne le suis pour ne pas l'effrayer d'un coup. Par ce simple geste, je réponds à sa question lancée juste avant. Il n'est pas seul.. Me postant à côté de lui, je lui adresse un léger sourire en guise de salutation. Une chose assez maladroite vu le contexte qui nous borde.

© Pando

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