“Best friend” isn’t just a name (Raphin)

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“Best friend” isn’t just a name (Raphin) ✻ ( Lun 24 Oct - 19:14 )

Erin & Raph
J'resterai assis à côté de toi tant qu'tu seras devant cette rivière. Et si t'vas dormir, j'dormirai devant ta porte. Et si tu t'en vas loin, j'suivrai tes pas. Jusqu'à c'que tu m'dises : Va-t'en. Alors j'm'en irai. Mais j'n'pourrai cesser de t'aimer jusqu'à la fin de mes jours. (Citation remaniée de Paulo Coelho, pour faire une déclaration d'amour [amical !] à Erin.)


Ruelle – War of heart (petite évocation de l'état d'esprit de Raph, concernant une certaine blonde qu'il ne peut oublier.)

Samedi 22 octobre, début d’après-midi :

Aujourd’hui, j’en ai pas conscience, mais ça fait 13 ans, jour pour jour, qu’j’ai failli céder à mon envie d’L’embrasser, dans ma salle de bain, alors qu’j’La soignais, après qu’Elle s’soit – étonnamment vu son adresse… - vautrée dans ma cour. Et, croyez-moi, c’p’têtre pas plus mal, qu’j’en ai pas conscience. D’toute façon, ma vie entière s’est construite en parallèle d’la Sienne, donc, forcément, y’a pas mal d’souvenirs liés à c’te blonde, qui veut pas partir d’mon esprit, et qui m’font plus ou moins mal, au quotidien. Et, d’toute façon, plus l’temps passe, et plus j’en viens à m’demander c’qu’est l’plus douloureux : l’passé (dont Elle S’souvient pas toujours !), ou l’futur qu’on n’vivra jamais ? J’évite d’trop m’pencher sur la question. J’évite d’trop penser à Elle. J’vous jure qu’j’fais d’mon mieux pour n’pas voir mon cerveau retourner la situation dans tous les sens. Mais j’peux pas, parce qu’tout m’ramène à Elle. Un objet aperçu dans une boutique. Un rire résonnant dans l’air. Une mélodie retentissant à travers des fenêtres ouvertes dans l’voisinage. Une crinière blonde volant au vent en face d’moi alors qu’j’marche dans la rue. Une tablette de chocolat accrochant mon regard alors qu’j’fais les courses. Une conversation entendue malgré moi, entre deux passionnés d’équitation. Des documentaires sur l’Alaska. Des choses pathétiquement anodines, qu’ont aucun sens d’prime abord, mais qui sont reliées à notre histoire, à leur manière. Et ça, c’sans oublier mon entourage, dont certains la connaissent depuis des années et m’demandent parfois d’leurs nouvelles (à l’instar d’certains Edgecombe), tandis qu’d’autres évitent d’m’en parler (comme Gab ou Erin). Sans oublier certaines connaissances qu’j’ai faites à CH, et qui, cerise sur l’gâteau d’ma vie qui s’éclate visiblement à m’ramener à Elle, La connaissent. J’pense franchement qu’ça aurait pu être gérable, si Elle n’avait pas eu la bonne idée d’S’installer également dans la p’tite ville de Cap Harbor ! Si j’n’avais pas été amené à La revoir, aussi souvent. A souffrir d’Son indifférence, une semaine durant. Indifférence qui m’a fait réaliser qu’j’avais pas réussis à garder mes distances avec Elle. Indifférence qui m’a fait sombrer. Indifférence dont j’suis pas sorti indemne, la preuve en est d’mon état d’esprit actuel…. Qu’ça aurait été foutrement plus facile, si Elle était restée à Londres. Ou si Elle avait été s’installer n’importe où ailleurs. J’sais pas moi, merde, l’monde est vaste, après tout, non ? Alors pourquoi a-t-il fallu qu’elle atterrisse à CH ? Bon, j’sais, c’à cause d’James et d’Sarah : j’les ai déjà dégommé, mon imbécile de duos d’frère et d’sœur, j’vous prie d’me croire ! J’comprends pas à qui ils ont voulu jouer. Ils pouvaient pas s’occuper d’leurs vies, bordel de merde ! Mais non, c’nettement plus marrant d’tourmenter un d’leur petit frère, y’a rien d’plus fun, après tout ! Et ils ont réussi, sans doute bien au-delà de leurs espérances : j’frôle la folie. Si, j’vous jure, j’suis au bord du gouffre, là ! Plus encore depuis qu’j’ai fait la folie (on reste dans l’thème !) d’accepter d’Lui filer un coup d’main pour la déco d’Son cabinet. Elle S’est enfin lancée. Et, fait exprès, y’a fallu qu’Elle fasse appel à moi pour peindre quelques pièces. Et, parce qu’j’suis vraiment qu’un con qu’apprend que dalle de ses erreurs, j’ai accepté. Non, franchement, si ça, c’est pas être fou, j’sais pas c’qu’il vous faut. Imaginez un peu : j’suis amené à La voir. Mais genre souvent. Et à devoir Lui parler. Mais genre souvent aussi. Et à La croiser avec Son fiancé. Mais genre trop souvent à mon goût. Bon, dans les faits, l’doc’ n’vient pas tant qu’ça, mais j’l’ai déjà vu bien plus d’fois que je n’l’aurais voulu, et sans doute bien plus que j’ne peux l’supporter. Et pourtant, pourtant !, j’dis rien. J’continue à aller là-bas, aussi régulièrement qu’possible. Parce qu’j’Lui ai promis qu’j’Lui filerais c’coup d’main. Parce que d’toute façon, j’peux rien Lui refuser. Quand bien même ça m’détruise d’la sorte. Alors j’prends sur moi. J’affiche un sourire d’façade, tandis qu’mon cœur continue à s’briser. J’attends qu’il finisse en miettes, au moins, comme ça, j’serais débarrassé. Bref, ma vie, en c’moment, elle craint….

Elle craint, à fond, même. Mais ça peut toujours être pire ! Et ça va l’être. Bientôt. Son mariage approche. Mi-décembre. Oh, et vous voulez savoir à quel point la vie est ironique ? C’est pile un mois avant l’anniversaire d’notre tout 1er baiser ! Car si la date d’notre baiser manqué n’m’a pas marqué, j’vous prie d’me croire qu’la date du 17 janvier 2004, elle est gravée dans mon esprit. C’pas l’genre de truc qu’on oublie, d’voir la voisine dont vous êtes juste totalement amoureux depuis des années vous embrasser (à travers une ruse visant à m’faire manger alors qu’j’étais à l’hosto !) pour la toute 1ère fois. Pas quand vous avez 17 ans, et qu’Elle n’a qu’13 ans. Pas quand Elle s’trouve être l’1er amour d’votre petit frère, mais également son ex. Pas quand vous vous sentez franchement minables et monstrueux d’avoir d’tels sentiments pour une nana qu’vous devriez considérer comme votre sœur de cœur. Ma vie craint. Mon passé craint. L’futur qu’j’vivrais jamais craint. L’futur qui m’attend craint. Mon présent craint. Mais à part ça, tout va bien. ‘fin, j’tente quoi. J’tente d’me raccrocher aux quelques éléments qui en vaillent la peine. Comme mon fils Jack. Comme la présence d’Gab à CH. Comme l’fait qu’Erin s’soit installée ici depuis quelques mois. Et comme la bonne nouvelle qu’j’viens d’apprendre dans la matinée. Celle que je file d’ailleurs annoncer à Erin. Bon, OK, j’vais pas voir Erin que pour ça. J’vais la voir parce qu’ça fait quelques jours qu’on s’est pas vu. Et parce qu’j’ai juste besoin d’la voir. Erin, c’pas ma sœur, c’plus que ça. Erin, c’pas la nana qu’j’aime, c’plus que ça. Erin, y’a juste pas d’mots pour dire c’qu’elle est pour moi. Car même l’étiquette « meilleure amie » est bien fade, bien peu représentative face à l’importance qu’cette brunette, à la langue bien pendue, a pris dans ma vie, depuis qu’j’la connais. Erin, c’l’une des rares personnes sans laquelle j’finirais franchement en hôpital psy’ ! Erin, ça pourrait être mon âme sœur, si c’était pas une aussi bonne pote, et qu’j’la voyais autrement qu’en tant qu’telle. Avec Erin, en plus, ça pourrait être foutrement bien, tant on s’connaît bien, et tant on s’comprend et on s’accepte l’un l’autre. Mais Erin, comme j’l’ai dit, c’est c’qu’on appelle couramment ma « meilleure amie », et j’l’ai même jamais regardé autrement qu’comme ça. Pourtant, j’suis ni con ni aveugle, j’sais parfaitement qu’elle est jolie, intelligente et drôle. Mais c’juste Erin pour moi. ‘fin, « juste »…. Vous avez compris, j’pense : Erin, c’Erin. Mon âme sœur amicale. Celle qui, dans une autre vie, pourrait être parfaite pour moi. Celle qui, dans cette vie qu'on mène, est l’une des rares en mesure d’m’apaiser et d’me faire entendre raison. Et ça, faut l’avouer, c’déjà pas mal.

Bref, un peu après les 15h, j’arrive donc au boulot d’Erin, pour lui rendre une p’tite visite surprise. Juste parce qu’j’aime pas faire comme les autres, j’rentre sans frapper. Hey, après tout, j’suis presque comme chez moi, là où bosse ma meilleure pote. (Pis, parfois, elle s’prive pas d’en faire de même, quand elle vient chez moi, alors bon, c’de bonne guerre !). « Winchester, j’espère qu’t’es là, sinon, j’te retire une fois pour toute ton grade d’meilleure amie ! ». Non, vous n’rêvez pas, c’bien comme ça qu’j’salue Erin ! Entendant d’l’agitation en provenance d’son bureau, j’m’y faufile. Pour la retrouver en train d’fouiller dans un bordel sans nom d’papiers éparpillés par terre. J’sais pas si elle a juste du mal à s’organiser, ou si un d’ses animaux s’est pas amusés dans cette pièce, mais j’vous prie d’me croire qu’ça m’fait bien rire, d’la voir ainsi. Et en m’entendant rire, j’y crois presque, au fait qu’j’puisse être véritablement amusé d’la situation, d’vivre avec autant d’légèreté. J’en oublierai presque qu’dans ma poitrine, ça résonne drôlement, du fait d’mon cœur qui commence à tomber en lambeaux. « Rassure-moi : j’interromps pas un p’tit jeu d’rôle chelou organisé pour stimuler ton barge de p’tit ami, hein ? ». Et j’pose la question avec l’plus grand des sérieux, parce que… Bah…. Flavien est bizarre (même si j’l’adore hein !). M’enfin, remarquez, Erin l’est aussi, bizarre, donc…. J’suppose qu’c’pour ça qu’ils vont si bien ensemble ! « Non, t’sais quoi ? Réponds pas, j’veux pas savoir ! », dis-je, en tendant les mains devant moi d’un air horrifié, avant d’me les coller contre les oreilles, comme si j’étais un gamin qui refusait d’entendre un sermon. C’est d’ailleurs comme ça, tout en lançant des : « J’veux pas savoir, j’veux pas savoir, j’veux pas savoir ! » consternés que j’m’avance vers elle. J’m’arrête, aussi bien d’parler que d’marcher, devant son bureau, sur lequel j’finis par m’asseoir. Ouais, j’me crois vraiment chez moi, et j’vous emmerde si ça vous déplaît ! « Devine qui a gagné l’expo ! », qu’j’finis par balancer, tel un gosse tentant d’lancer un adulte dans une devinette, alors qu’la réponse s’devine aisément au p’tit sourire mutin qu’il affiche. Car ouais, la commande qu’j’ai eu début mai, et qui visait à départager plusieurs artistes, des 4 coins du monde, m’a permis d’remporter l’expo. Dans un p’tit musée pas loin d’CH. Certes, rien d’bien impressionnant, c’pas un musée super connu, mais il est quand même apprécié des amateurs et connaisseurs d’Arts, donc…. C’un bon moyen pour moi d’parvenir à faire enfin mon entrée dans l’monde des artistes qui s’font un p’tit nom dans leur domaine. Même si j’en ai déjà un, d’nom qui commence à s’faire connaître, vu qu’c’le musée qui m’a démarché, comme les autres artistes qui concouraient, pour tenter ma chance. « C’trop cool ! », qu’j’conclus. Mais c’là où l’masque commence à s’fissurer. Du moins pour quelqu’un qui, à l’instar d’Erin, m’connaît aussi bien. Car mon sourire s’fait un peu moins fier et malicieux. Alors qu’il devrait être éclatant. Il s’pare d’tristesse. D’nostalgie. D’regret. Car Elle n’est pas là pour partager ma victoire. Car Elle n’sera pas à mes côtés pour m’inspirer les œuvres qui finiront dans c’musée. Car Elle n’sera pas à mon bras lors du vernissage. Car Elle va bientôt S’marier à un autre. Car, en dépit d’la raison, j’parviens pas à tourner la page. Car Elle reste la seule pour laquelle mon cœur batte, et ait envie d’battre. Car il va m’falloir réussir à calmer mes craintes et mes crises d’angoisses, qui s’feront d’plus en plus nombreuses alors qu’l’échéance approchera, dans les mois à venir tout seul, car Elle n'sera pas là pour m'aider à y parvenir. Car j’L’aime, qu’Elle m’manque, et qu’j’L’aurais plus jamais à mes côtés. C’ainsi tristement simple que cela…. Un soupir franchit l’seuil d’mes lèvres, soupir qu’on pourrait qualifier d’soulagement, mais qu’est plutôt une manifestation d’la profonde lassitude qu’j’éprouve. Mon regard s’pose sur Erin, comme pour la supplier d’surtout pas lancer l’sujet sur une certaine kiné. Pas aujourd’hui. Pas maintenant. Même si j’sais qu’ça viendra forcément. Car Erin sait qu’j’bosse pour Elle, et que, de ce fait, j’La vois souvent. Car elle sait que, de ce fait, chaque jour, j’m’éteins un peu plus, sombrant d’plus en plus dans un désarroi qui m’oppresse.

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Re: “Best friend” isn’t just a name (Raphin) ✻ ( Sam 29 Oct - 15:04 )


Raphin

"Best friend" isn't just a name


Erin se faisait rarement un petit récapitulatif de sa vie. En fait, elle n’en voyait pas l’intérêt, et quand elle le faisait, c’était parce qu’elle allait mal, en général. Ou qu’elle avait l’impression que tout était trop beau pour durer et qu’elle attendait qu’une merde lui tombe dessus une fois de plus. La plupart du temps, ça prenait pas très longtemps. Et en ce moment, on pouvait dire qu’elle ne baignait pas totalement dans le bonheur, même si elle trouvait qu’elle avait pas tellement à se plaindre comparée à certaines personnes. Alors elle disait rien, et se plaignait intérieurement, comme elle le faisait toujours. Parce qu’elle avait pas envie que ses proches s’inquiètent, parce que la maman du groupe, c’était elle. Et même s’ils n’étaient plus des gosses depuis longtemps, ça c’était un truc qui ne changerait jamais. Parce qu’elle aimait tout ce petit monde, et si elle pouvait les protéger de ses problèmes, ça l’arrangeait. Bien sûr, elle ne pouvait pas tout cacher à tout le monde, à commencer par Flavien. En même temps, ils vivaient ensembles, et les problèmes d’Erin étaient aussi les siens. Après tout, un couple ça fonctionne comme ça, non? Pour le meilleur et pour le pire. Enfin ça c’était plus le mariage, qui à ce rythme là n’aurait jamais lieu. A cause des conneries de la brune, alors que c’était elle qui le voulait, ce mariage à la con. Mais elle voulait beaucoup trop de choses, et beaucoup trop vite. Tout ça parce qu’elle s’était rendue compte très jeune que la vie était beaucoup trop courte, et qu’il fallait en profiter tant qu’on le pouvait encore. Parce qu’un accident, un malade qui passait dans le coin, ou un petit instant d’inattention pouvait tout foutre en l’air sans qu’on le voit arriver. C’était peut être sa plus grande peur, qu’un truc comme ça arrive, et lui arrache son amour sans qu’ils aient eut véritablement le temps de construire leur vie ensembles. Elle savait qu’elle ne s’en remettrait pas d’un truc pareil, et qu’elle se laisserait elle même mourir à petit feu. La dresseuse se demandait bien comment son meilleur ami Raphaël arrivait à gérer sa situation. Perdre la femme qu’on aime tout en la voyant pratiquement tous les jours, et avec un autre en plus… Sérieusement, il avait une sacrée force de caractère pour supporter tout ça. Et même si Erin avait conscience que sa présence et celle de Flav l’aidaient, elle n’en admirait pas moins son deuxième brun préféré pour autant. Et elle n’avait pas une très bonne opinion de la blonde qui était responsable de ses souffrances non plus. La brune ne comprenait pas comment elle pouvait ne rien voir. Elle avait juste à jeter un petit coup d’oeil à Raph pour voir que cette situation était une véritable torture pour lui. Et puis même, fallait pas être con, avec une situation pareille, l’accident et tout le bordel, c’était pas très compliqué de se mettre à sa place. Fallait pas non plus qu’elle prenne en compte tout ce qui pouvait sortir de la bouche du sculpteur, hein. Mais bon, avec un cerveau de blonde comme le sien, la réflexion n’allait pas très loin, visiblement.

Erin la détestait pas, la petite Gaëlle. Elle avait pas tellement envie de perdre son temps à développer une haine envers une fille qu’elle avait appréciée par le passé avant qu’un accident et un médecin beaucoup trop sexy pour être réel lui retourne le cerveau. Mais on pouvait dire qu’elle la portait pas vraiment dans son coeur. Moins elle la croisait, mieux elle se portait, parce qu’à chaque fois qu’elle voyait son visage, elle avait envie de la secouer et de lui donner une paire de claques histoire de voir si c’était pas le remède miracle pour qu’elle retrouve ses souvenirs et se rende compte de sa connerie. Parce qu’Erin aimait pas voir son pote dans cet état, elle aimait pas le voir se forcer à sourire et faire comme si tout allait bien alors que c’était pas le cas. Elle avait peur de voir Raph sombrer et de rien pouvoir y faire, de pas réussir à trouver les mots, ou les gestes pour qu’il remonte la pente. Elle avait peur qu’il fasse un jour une connerie, et de devoir se rendre à l’enterrement de son meilleur ami en se disant qu’elle aurait put faire quelque chose pour éviter une telle tragédie. Tout ça, ça la faisait flipper. Et ses propres problèmes qui s’additionnaient à ça, ça lui foutait les nerfs en pelote. Quelques fois, elle avait l’impression qu’elle allait exploser, mais elle se retenait, parce qu’elle avait pas le choix, et qu’elle était plus une gamine. Elle se disait que les choses allaient finir par s’arranger, qu’il fallait juste un peu de temps pour que tout ça décolle, et que ça finirait par se régler. Mais c’était long, et épuisant. Encore plus épuisant depuis qu’elle avait prit ce boulot en plus, dans ce pub. Est-ce qu’elle avait eut le choix? Ouais, peut être. Elle aurait put éviter de prendre ce boulot, mais peut être que sans ça, ils auraient dû mettre en vente cette maison qu’ils venaient tout juste d’acheter. Peut être qu’ils auraient dû rationner leur bouffe pour avoir encore un toit sur la tête. Le problème, avec Erin, c’est qu’elle imaginait toujours le pire. Et qu’elle prenait ses décisions en conséquence de ce pire. Résultat, elle avait une tête de déterrée parce qu’elle manquait de sommeil, et devrait sérieusement penser à manger un peu plus parce qu’elle commençait à flotter dans ses fringues.  Fringues sur lesquels elle avait eut une dispute avec Flavien d’ailleurs. Ça aussi, sérieusement, ça la bouffait. Elle détestait se disputer avec lui pour des conneries dans le genre, et pourtant ça arrivait souvent. Ils s’aimaient, hein, mais ils étaient aussi très différents. Et leur différence des fois, ben… Ça donnait des situations vraiment pas très cool. Une autre peur qu’Erin avait, c’était que leurs caractères qui se trouvaient aux antipodes l’un de l’autre finissent par avoir raison de leur relation. Elle se voyait pas devoir tout recommencer, et de prendre le risque de tomber amoureuse de quelqu’un d’autre pour au final subir à nouveau la même merde. Elle se voyait pas en aimer un autre que lui, parce qu’elle savait qu’elle en était pas capable. Elle était peut être pas du genre à croire au délire des âmes soeurs et tout ça, mais ce qu’elle savait, c’était que Flav était l’homme de sa vie, et peu importe ce qui pourrait se passer par la suite, ça, ça changerait jamais. Depuis deux ans, elle voyait pas le reste de sa vie sans lui, à chaque fois qu’elle pensait à l’avenir, il était là, dans ses plans, dans ses projets, dans ses envies, il était partout. Mais il y avait toujours ce problème qui bloquait tout: l’argent.

Même avec son petit boulot en plus, Erin se démenait à son local pour obtenir des contrats, et dresser les animaux en un temps record. Elle devait se faire un nom et pour ça, il n’y avait qu’une seule chose: l’acharnement. Malheureusement, il y avait aussi la paperasse à gérer, et la brune n’avait pas les moyens d’engager quelqu’un qui pourrait s’occuper de ça. Sans parler qu’elle n’avait toujours pas trouvé de propriétaire pour son chien. Ce dernier était d’ailleurs avec elle, comme toujours, depuis quelques jours, maintenant. Et tandis qu’elle fouillait dans des cartons remplis de paperasse, assise sur le sol, parce que oui, elle avait pas encore acheté de meubles pour ranger tout ça, et qu’en plus de base, c’était pas vraiment quelqu’un de très organisée, il était allongé à côté d’elle, en train de la regarder. Ça faisait bien cinq minutes qu’elle sentait son regard canin la reluquer, et elle avait finit par se tourner vers lui pour l’observer à son tour. « Tu sais, avec ton aide ça irait plus vite. Cherche monsieur Kireski. » Ce bon dieu de contrat qu’elle cherchait, parce qu’elle ne se rappelait plus des termes exactes. Erin et les formalités… Disons que ça faisait pas très bonne affaire. D’ailleurs, c’était avec ça qu’elle avait eut le plus de mal lors de sa formation, et ça s’était pas arrangé avec le temps. Voilà maintenant qu’elle fouillait dans ses cartons depuis plus de deux heures. Les feuilles étaient éparpillées autour d’elle dans un désordre sans nom, et elle avait toujours pas trouvé ce qu’elle cherchait. Elle qui n’était pas vraiment apte du self-control (c’est pas parce qu’elle était végétarienne qu’elle faisait du yoga aussi, faut pas abuser), elle sentait que la colère et la frustration commençaient à monter. D’ailleurs, après avoir regardé la dernière feuille et s’être rendue compte que ce n’était toujours pas le bon contrat, elle balança son pied dans l’un des cartons, faisait sursauter son pauvre Golden Retirer qui faisait tranquillement sa sieste. « Bordel de Dieu! » Elle se laisse alors tomber en arrière, allongée sur le dos, et secoue ses jambes comme une gamine qui fait un caprice pour essayer de se calmer. Oui, cette femme à 30 ans, mais elle s’en fout, de ce que les gens pensent, elle est comme ça. Au bout de quelques minutes, elle se redresse, et recommence à fouiller dans les papiers, en essayant de les ranger tant qu’à faire. Peut être qu’elle l’avait loupé, en tout cas elle l’espérait. Parce qu’elle pouvait pas tellement balancer l’excuse du « c’est mon chien qui a mangé mon devoir » même si pour le coup ça pouvait être vrai. Elle pouvait dire adieu à sa carrière si elle retrouvait pas cette bon dieu de feuille à la con.

C’est en entendant un rire derrière elle qu’Erin se rend compte qu’elle est plus toute seule. Retenant un sursaut, parce qu’elle pensait pas recevoir de la visite, elle se tourne vers son visiteur, qui n’est autre que son meilleur ami, Raph. Elle a presque envie de lui faire ravaler son rire, mais d’un côté, ça lui fait plaisir de voir un peu de joie se peindre sur son visage. Et si faut qu’elle paraisse ridicule devant lui pour lui apporter un peu de divertissement et de joie, elle voulait bien faire ce sacrifice. En sachant que c’était pas le genre de truc qu’elle faisait pour tout le monde, mais Raph, c’était différent. Il était super important pour Erin, et depuis longtemps. Elle se serait bien retrouvée dans la merde s’il avait pas été là, peut être même qu’elle serait morte, elle savait pas. Ils s’étaient toujours soutenus mutuellement, même si c’est vrai que c’était beaucoup plus souvent le brun qui s’occupait d’elle, mais maintenant, c’était son tour, et elle comptait bien être à la hauteur de cette responsabilité qu’était le soutien de Raphaël Edgecombe. Elle avait pas le choix de toute façon, à partir du moment où elle était devenue son amie, elle avait fait ce pacte avec le diable de ne jamais le laisser tomber. Est-ce que c’était vraiment avec le diable? Non, pas vraiment, c’est juste que la métaphore est plutôt cool, et qu’il y a rien de plus comparable à leur relation. Même un contrat de mariage, c’est pas assez puissant pour être comparé à leur amitié. « Rassure-moi : j’interromps pas un p’tit jeu d’rôle chelou organisé pour stimuler ton barge de p’tit ami, hein ? » La dresseuse leva les yeux au ciel. D’un côté, cette question l’étonnait pas tellement. Entre elle et Flav, c’était clair qu’il fallait s’attendre au pire quelques fois. Mais Erin voyait pas vraiment ce qu’il y avait de sexy à fouiller dans des cartons habillée comme une plouc, sans parler qu’il y avait un chien dans la pièce qui risquait de les reluquer. Elle était pas normale, oui, mais ça, c’était trop bizarre pour elle. « Non, t’sais quoi ? Réponds pas, j’veux pas savoir ! » Erin avait à peine ouvert la bouche. Et le pire c’est qu’à la base, elle comptait même pas répondre à ça, mais plus l’envoyer balader gentiment comme elle en avait l’habitude. Elle prit un air vexé du genre « quoi, t'es mon meilleur ami, et je peux pas te raconter les trucs bizarres qui m’arrivent? » même si Raph savait pas tout de sa vie, c’était clair. Erin paraissait pas très pudique comme ça, mais y avait quand même des trucs qu’elle préférait garder pour elle. La brune se leva, alors que son pote de la vie avait posé ses mains sur ses oreilles en hurlant comme un malade « J’veux pas savoir, j’veux pas savoir, j’veux pas savoir ! ». Alors qu’il recule vers le bureau, elle le suit à la trace, ses mains en coupe pour pouvoir lui hurler à la figure. « J’ai achetée un costume de secrétaire sexy et Flav va venir me l’arracher dans trois quarts d’heure! » Bien sûr c’était faux, et ils avaient l’air de deux fous tous les deux, mais Erin s’en foutait. Elle adorait ces petits moments passés avec Raph, à déconner, sans se soucier de qui pouvait les voir ou les entendre. Après c’était clair que si un client était arrivé, elle aurait pas eut l’air fine mais bon. Elle partait aussi du principe qu’il fallait profiter de la vie tant qu’on le pouvait encore. Après sa petite phrase, elle laissa un rire lui échapper à son tour, et porta un regard un peu maternel sur Raph qui retirait ses mains de ses oreilles. Elle pouvait pas s’empêcher de s’inquiéter, c’était plus fort qu’elle, même si elle savait que ça pouvait l’énerver, elle pouvait pas faire autrement. « Devine qui a gagné l’expo ! » Erin ouvrit grand les yeux. Bon d’accord, elle s’y attendait un peu, elle connaissait le talent de Raph, et avait toujours dit à qui voulait bien l’entendre qu’il irait loin. Mais c’était quand même une agréable surprise. Elle lui sauta alors au cou, et le serra fort contre elle, parce qu’elle était super fière de lui, et qu’elle était bien contente qu’il se donne la possibilité d’aller au bout de ses rêves malgré les problèmes qu’il pouvait rencontrer dans sa vie privée. Vraiment, elle pouvait pas être plus fière. « C’est génial! Je savais que t’étais le meilleur, j’suis super contente pour toi! » Elle s’éloigna alors, lui servant le plus beau de tout ses sourires. au moins quelque chose de bien arrivait à l’un d’entre eux, et c’était quand même pas mal remotivant pour le moral. Ça faisait toujours plaisir de voir qu’une personne à qui on tenait réussissait dans ses projets. « C’trop cool ! » Le sourire de Raph se fade, et celui d’Erin avec. Elle aurait dû se douter qu’il y avait forcément toujours cette ombre qui planait au dessus de lui et l’empêchait de complètement avouer sa victoire. Cette ombre avec des cheveux blonds et un sourire d’ange, mais qui faisait malgré tout, plus de mal que de bien. Cette ombre qui le bouffait, qu’il voyait beaucoup trop souvent, et qui lui empêchait de refermer ses blessures du passé pour se construire un nouvel avenir. Erin ferma les yeux quelques secondes. Sérieusement, ça la foutait en rogne de le voir comme ça, elle supportait pas. Et si ça continuait, elle allait pas tarder à aller voir cette bon dieu de kiné et lui dire ses quatre vérités. Fallait bien que quelqu’un lui ouvre les yeux pour qu’elle puisse se rendre compte du mal qu’elle faisait. En rouvrant ses yeux, la brune croise le regard de l’artiste, elle y voit bien ce petit message d’alerte qui lui dit de pas aborder ce sujet, cette petite supplication qu’il passe par l’intermédiaire d’un regard. Mais il fallait qu’ils aient cette discussion, déjà parce que ça pouvait lui faire du bien, et que s’ouvrir un peu de temps en temps, c’était pas plus mal. Il savait très bien qu’elle serait toujours là pour lui, quoi qu’il arrive, et que même s’il l’appelait à 4h du matin, elle se bougerait de son lit pour le rejoindre et écouter ses tourments pendant des heures sans protester. C’était son rôle, elle était sa meilleure amie, et ça, fallait pas qu’il l’oublie. « Tu sais que tu peux tout me dire, hein? De toute façon, je connais tes plus grandes hontes, et je suis toujours là, tu peux pas me faire fuir. » Façon subtile de lui faire comprendre qu’il fallait pas qu’il se renferme sur lui même. Elle voulait pas le forcer à parler non plus, parce qu’elle savait très bien que ça pouvait déboucher sur une dispute si elle le faisait, et il avait vraiment pas besoin de ça. Elle non plus d’ailleurs. Elle voulait juste l’aider, c’était tout. Mais s’il se confiait pas, elle pouvait rien faire.
AVENGEDINCHAINS

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Toi et moi, être à deux, et être heureux, c'est tout ce que je veux | © Vent Parisien



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Ravinelle is so much better

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Re: “Best friend” isn’t just a name (Raphin) ✻ ( Mar 8 Nov - 0:42 )

Erin & Raph
J'resterai assis à côté de toi tant qu'tu seras devant cette rivière. Et si t'vas dormir, j'dormirai devant ta porte. Et si tu t'en vas loin, j'suivrai tes pas. Jusqu'à c'que tu m'dises : Va-t'en. Alors j'm'en irai. Mais j'n’pourrai cesser de t'aimer jusqu'à la fin de mes jours. (Citation remaniée de Paulo Coelho, pour faire une déclaration d'amour [amical !] à Erin.)


Ruelle – War of heart (petite évocation de l'état d'esprit de Raph, concernant une certaine blonde qu'il ne peut oublier.)

Samedi 22 octobre, début d’après-midi :

Croyez-moi ou pas, mais j’ai l’impression d’me sentir un peu mieux, rien qu’depuis qu’j’suis rentré dans l’bâtiment où bosse Erin. Rien d’magique derrière c’résultat, c’juste qu’j’sais qu’elle devrait réussir à m’changer les idées. Y’a bien qu’lorsque j’suis avec elle qu’j’arrive à n’pas trop voir mes pensées errer vers une certaine kiné. Parce qu’sinon, j’pense tout l’temps, mais genre vraiment, à Elle. Quoi que j’fasse. Peu importe avec qui j’me trouve. C’comme si Elle était comme…. une accro d’chocolat qui refusait d’s’éloigner d’son placard contenant ses friandises préférées… une groupie hystérique des Beatles, qui collait l’groupe au moindre d’leurs faits et gestes (j’emmerde les One Direction, c’pour ça qu’j’ai pas parlé d’leur… groupe… qui déclenche une hystérie consternante chez les ado !)…  Dubois qui refuse d’quitter son balai pour tenter d’s’entraîner comme un malade afin d’gagner la coupe d’Quidditch… (J’ai d’jolies références, me remerciez pas !)… une tique qui refuse d’quitter son sandwich ambulant… (l’image du vampirisme chelou est cool, nan ?)… l’lapin blanc qui passe son temps à avoir sa montre à gousset à la main… Scooby qui pense qu’à la bouffe… Gollum qui recherche inlassablement l’Anneau Unique… Tumy accrochée à mon cerveau, même ! Image un peu forte et étrange, mais c’pourtant celle qu’est la plus parlante à mon sens, vu qu’j’ai tenté d’me débarrasser d’ma tumeur, comme j’ai tenté d’me L’enlever d’la tête. Et dans les deux cas, j’ai échoué ! A croire qu’j’suis condamné à crever à cause d’une tumeur tenace sans cesser d’aimer une nana qu’a réussi à oublier des années d’vies communes pour s’foutre en couple avec un mec sorti d’nulle part… C’con, mais c’comme ça, et c’ma vie… J’suis une île, là où Elle est la montée des eaux dû au réchauffement climatique qui va changer à jamais la face d’la Terre. Comme dans c’cas d’figure merdique, j’vais peu à peu m’laisser submerger par c’merdier, qu’a commencé – faut pas s’voiler la face – à Son arrivée à CH. Ca s’fera progressivement, dans une course contre la montre d’plus en plus destructrice pour mon équilibre mental. D’ailleurs, j’en ai pas conscience pour l’instant, mais c’ça s’accélère déjà maintenant. Doucement. Sournoisement. S’perdant entre mon caractère habituel et les effets d’Tumy sur moi, autant dire qu’ça sera long et compliqué d’remarquer qu’il n’s’agit pas qu’d’un Edgecombe avec une tumeur, mais d’bien plus qu’ça. D’quelque chose à n’pas prendre à la légère, bien au contraire, même. Et ma longue chute aux Enfers va être précipitée par mon boulot à Son cabinet. Parce qu’j’La vois parfois avec Son fiancé. Chris vient d’temps à autre. Pour La voir. Pour voir l’avancée des travaux. Pour Lui parler. Pour s’comporter en fiancé attentionné et parfait à mourir. Lui apporter quelques p’tits présents. Rien d’extravagants, car il La connaît. Pas d’bouquets d’fleurs qu’Elle regardera à peine (et qui finira d’toute façon par crever car Elle n’a pas la main verte.). Pas d’invit’ à des soirées dans des restau trop chics. Pas de propositions de week-end en amoureux dans des spas ou autres conneries du genre pour gens huppés et friqués qui veulent s’donner l’illusion d’avoir une vie intéressante alors qu’ils ont oublié qu’y’avait rien d’plus sympa qu’faire dans la simplicité. Pas d’bijoux trop bling-bling non plus. Non, il n’Lui offre qu’des trucs susceptibles d’vraiment Lui plaire. L’jour où j’ai commencé à bosser pour Elle, par exemple, j’ai pu voir qu’Elle avait une tasse représentant une licorne, apprenant au cours d’la journée qu’c’était lui qui la Lui avait offerte, pour Lui souhaiter bonne chance dans le cabinet qu’Elle souhaitait lancer. Du moins était-ce qu’Elle m’avait expliqué, quand Elle avait vu mon regard amusé glisser sur la tasse qu’Elle tenait entre ses mains, alors qu’Elle était venue voir si j’avais besoin d’quelque chose. J’m’étais contente d’secouer négativement la tête, n’préférant même pas prendre l’risque d’dire quoi qu’ce soit à c’moment-là, sachant pertinemment qu’ma voix m’trahirait. Qu’elle laisserait clairement à entendre qu’ça m’rendait barge d’La voir tenir cette tasse comme si c’était la chose la plus précieuse qu’Elle ait pu avoir entre Ses mains un jour. Avec une p’tite lueur d’émotion dans l’regard, quand Ses yeux s’posaient sur la tasse. A moins d’être aveugle, c’était flagrant qu’Elle tenait à cette tasse. Et, par extension, à l’homme qui la Lui avait donnée. Voilà comment m’renvoyer dans la gueule l’fait qu’j’L’avais bel et bien perdue… Mais, comme si ça n’était pas assez, y’a fallu qu’la vie m’en foute un peu plus devant la gueule, d’ce bonheur qu’unit c’futur couple d’heureux jeunes mariés… Chris s’est pointé, un jour, au cabinet. Il Lui a offert une boîte de chocolat. Plus ou moins sous mon nez, vu qu’ça s’est fait dans l’couloir attenant aux salles qu’j’dois peindre. Et qu’lorsqu’il y a du monde dans l’cabinet, j’mets la musique à un niveau « tolérable ». C’qu’est chiant, lorsqu’des gens parlent, car s’ils parlent pas loin d’vous, entre eux, bah, vous n’pouvez faire autrement que d’les entendre, même si vous l’voulez pas. C’ainsi qu’j’ai pu entendre l’doc s’servir d’ces chocolats pour s’excuser auprès d’Elle, d’un voyage pro’ imprévu, d’quelques jours, au cours d’la semaine suivant c’moment. Une conférence, d’après c’qui m’est parvenu, à laquelle il s’devait d’assister, dans une ville. Y’a pas à dire, c’mec est doué, vraiment. ‘fin, c’bien c’que j’me dirais, dans quelques mois, quand j’réaliserai qu’en fait, au lieu d’cette pseudo-conférence, il a été retrouvé sa maîtresse. C’fils de p*te L’a dans son lit, et il trouve l’moyen d’aller voir ailleurs !! Nan mais il est sérieux lui ? Bon, OK, en un certain sens, on peut dire qu’j’suis pas mieux qu’lui, vu qu’j’me tape un paquet d’nanas, alors qu’il n’y a qu’Elle que j’veuille vraiment ! Mais moi, quand on était encore ensemble, c’était juste impensable qu’j’aille avec d’autre. Parce que j’voulais qu’Elle. J’pouvais certes regarder d’autres nanas, j’suis humain après tout, mais ça s’arrêtait là. On aurait pu m’mettre sous l’nez toutes les nanas qui peuplent la Terre, mais aussi toutes celles qui l’ont parcouru un jour, et toutes celles qui y évolueront par la suite, qu’ça n’changera rien : j’voulais qu’Elle. J’veux toujours qu’Elle. Et j’voudrais toujours qu’Elle. C’aussi stupidement pathétique et connement vrai qu’ça ! Même maintenant, j’veux dire, où j’me retrouve « célibataire » par obligation, j’pourrais m’taper n’importe quelle nana et m’lancer dans une nouvelle histoire. J’pourrais. J’le fais, en quelque sorte. Mais c’juste pour tenter d’L’Oublier dans les bras d’ces fille dont j’me fous carrément d’la tronche et d’la personnalité. Même Mila, j’veux dire, qu’est pourtant pas mal, j’m’en fous. Elle est sympa, pas con, tout ça, mais c’pas c’que j’veux. Ca dure sans doute depuis plus longtemps qu’n’a duré mon histoire avec Héléna, mais, dans l’fond, ça n’a pas plus d’valeur. Mila est moins chiante qu’Héléna, c’un fait, mais elle n’est pas, et ne sera jamais Elle… Enfin, revenons-en à Chris, qui va s’prendre un Edgecombe bien furax dans la gueule, quand éclatera la vérité. Dans toute son horreur. Dans toute sa perversion. Car sa maîtresse est nulle autre qu’Sofia, une nana qu’j’ai très brièvement fréquenté, en tant qu’jeune étudiant, à Londres, avant d’reformer un couple avec Elle. Une nana qui n’comptait pas, à qui j’ai bien fait savoir qu’ça n’était qu’une histoire de sexe, mais qui s’est visiblement mis n’importe quoi en tête, vu sa tentative d’suicide qu’a suivi notre rupture. ‘fin, pour l’instant, j’sais rien d’tout cela… Revenons donc à c’que j’sais, c’à dire, à Chris, qui Lui a offert des chocolats. Ses préférés. Provenant d’une putain d’chocolaterie foutrement pas donnée. Et ouais, cet enflure a non seulement la nana, mais aussi l’argent pour lui acheter tout plein d’trucs qui peuvent lui plaire… J’les entends depuis là, les remarques d’Son entourage, ceux qui m’critiquaient à cause d’mon taf instable. Sûr qu’ils ont dû Lui sortir, à maintes reprises, des « Ah ! Enfin quelqu’un qu’a un vrai boulot ! », mais aussi des « Dieu soit loué ! Enfin quelqu’un qu’a du plomb dans la tête, et qui s’en sert à bon escient ! ». Bref, ils doivent vraiment l’aimer, le parfait p’tit Chris, j’en doute pas ! Et plus encore s’il a souvent de telles p’tites attentions pour Elle… Du coin d’l’œil, par la porte entrebâillée du couloir, j’l’ai vu La prendre dans ses bras, pour s’excuser d’devoir La laisser quelques jours. J’L’ai vu S’blottir dans ses bras, en poussant un p’tit soupir, qu’j’ai interprété comme un signe d’bien-être. J’ai préféré n’pas assister, même si qu’indirectement, à la suite, pour aller dehors, m’en griller une. Une qui s’est transformé en deux, en fait. Parce qu’j’avais bien besoin d’ça. Pour effacer le p’tit rire qu’Elle a eu en voyant la boîte de chocolat. Pour n’plus penser à la tendresse qui semblait exister entre eux. Pour m’faire oublier l’fait qu’Elle semblait vraiment heureuse, sans moi. Pour noyer la bête qui déchire l’intérieur du bide à voir l’image d’ce couple enlacé, s’dessinant sans arrêt derrière mes rétines… Autant dire qu’en c’moment, ma consommation d’clopes a augmenté d’manière exponentielle… J’bois toujours, moins qu’en Avril, mais indubitablement bien trop pour ma santé… J’fais moins d’fêtes qu’avant, mais quand j’en fais une, j’la fais pas à moitié. J’fais en revanche encore plus d’soirées poker qu’avant. Somme tout, j’mets tout en œuvre pour oublier les p’tits moments d’leur vie quotidienne qu’j’dois m’coltiner, lorsqu’il vient Lui rendre visite. Comme récemment, alors qu’on était en train d’parler au cabinet, il a débarqué, avec son pote, foutant un p’tit malaise… Chaque moment qu’j’passe avec Elle, dans l’cabinet qu’Elle prépare, m’oblige à garder à l’esprit qu’Elle n’est plus, et n’sera jamais plus, mienne. Et ça m’tue. Ca m’tue d’autant plus qu’j’peux pas m’empêcher d’vouloir continuer à La voir. J’vous l’ai déjà dit : c’vraiment comme si Elle était ma fichue drogue, qu’j’avais conscience d’me tuer à rester là, mais qu’j’m’en foutais littéralement. C’bien pour ça qu’j’me sens étrangement bien, à présent qu’j’suis à proximité d’Erin. M’demandez pas pourquoi ni comment, mais, d’aussi loin qu’j’me souvienne, Erin a toujours réussi à m’apaiser, par sa présence ou par ses mots. Certes, pas entièrement, mais à m’offrir un semblant d’apaisement, et, en c’moment, c’bien l’mieux qu’j’puisse attendre. Erin n’aura pas d’solution miracle à m’proposer, mais au moins, j’sais qu’lorsque j’serai avec elle, la présence d’une certaine kiné m’pèsera n peu moins sur l’esprit. Comme ça l’fait à chaque fois. C’qu’un court répit. Mais c’sont bien les seuls moments où mon esprit est débarrassé du poids des pensées douloureuses qui m’enchaînent à l’inoubliable blonde, qu’a visiblement pas la réciproque en c’qui m’concerne… Et ça, Son amnésie, sous l’effet d’ma dépression, j’risque d’l’interpréter différemment, d’me torturer l’esprit avec, pour en tirer des conclusions merdiques…

Mais, j’en suis pas à là pour l’instant, alors, n’avançons pas trop vite pour aller direct’ à l’un des pires moments d’ma vie. Pour l’heure, j’savoure la sensation d’me sentir un peu plus léger, au fur et à mesure qu’mes pas m’entraînent vers Erin. C’plutôt drôle d’me voir dire une telle chose, alors qu’lorsqu’on s’est rencontrés, on pouvait franchement pas s’sentir. Ca emmerdait grandement l’restant d’nos potes, qu’en avaient marre d’nous voir nous engueuler comme ça, souvent pour un rien, en plus. Ca pouvait aller du simple choix d’jeu qu’allait nous occuper durant une aprèm’ monotone à l’hosto, à c’qu’on allait bien pouvoir offrir à un d’nôtre qui sortait d’une salle d’op ! En fait, on n’avait pas besoin de grand-chose pour s’prendre la tête, on s’la prenait, tout simplement ! Sans doute parce qu’on a toujours eu tous deux un sacré caractère, très certainement du genre meneur, et qu’ça n’passait pas. D’autant plus qu’elle s’la jouait maman, et moi, j’aimais pas ça. Fallait déjà qu’j’me coltine une flopé d’nanas chez moi, entre mes sœurs, mes tantes, mes cousines... j’crois qu’même si ma mère n’était plus à la maison depuis bien longtemps, j’ai pas vraiment trop souffert d’son absence. Dans l’sens où mes frangines ou mes tantes ont bien pris l’relais, j’veux dire, car en dehors d’ça, bien entendu qu’ma mère m’a manqué ! C’ma mère, j’veux dire, elles n’l’ont pas vraiment remplacés, loin d’là, même ! Mais voilà, des mère d’substitution, j’en ai eu un paquet chez moi, mais aussi à l’hosto. Car faut l’admettre, l’personnel médical était vraiment au top, et s’pliait en 4 pour rendre notre séjour l’plus agréable possible. Mais ça m’gonflait d’voir Erin, qu’était guère plus vieille qu’moi, jouer c’rôle-là. Avec moi. Non mais, sérieux : j’ai jamais trop aimé qu’on s’préoccupe d’moi. Mais j’pouvais l’supporter quand ça venait d’personnes plus âgées qu’moi (mais vraiment plus âgées hein !). Autant dire qu’quand j’ai vu Erin prendre c’rôle-là, ça m’a gonflé. Et c’très certainement pour ça qu’j’agissais comme un con quand j’lui faisais face, parce qu’c’était la seule manière qu’j’avais trouvé pour tenter d’la dissuader d’me considérer comme un môme. Sauf qu’ça n’a pas marché…. M’demandez pas vraiment à quel moment j’ai commencé à m’attacher à cette brune pourtant casse-couille qui s’mêlait bien souvent de c’qui la regardait pas, mais toujours est-il qu’un jour, j’ai fini par m’rendre dans sa chambre alors qu’c’était elle qu’était malade/clouée au lit depuis 3 jours déjà et qu’elle avait donc besoin d’être maternée. Parce qu’c’jour-là, y’avait pas Andreas, il était chez lui. Jack n’était pas au mieux d’sa forme, il m’avait cependant filé un p’tit dessin pour qu’j’puisse le donner à Erin. Et les autres, soit ils étaient également chez eux, soit ils avaient d’la visite, soit ils étaient trop p’tits pour endosser un tel rôle, étant plutôt habitués à être ceux qu’on chouchoute. C’ainsi qu’j’me suis rendu dans la chambre d’Erin. Pour tenter d’lui tenir compagnie, sachant pertinemment qu’les journées peuvent paraître foutrement longues, quand Tumy décide d’vous faire chier. Bon, vous vous doutez bien qu’dès qu’j’suis rentré dans sa chambre, j’me suis empressé d’remettre les choses en place : si j’étais là, c’était juste parce qu’Jack m’l’avait demandé. Bien entendu, c’était qu’une grosse connerie, j’avais pris cette décision bien avant d’voir Jack, même s’il savait aussi qu’Erin allait mal, avant qu’j’n’aille l’voir. A cette époque-là, même si Erin m’prenait bien souvent la tête, j’me voyais pas n’pas aller lui tenir un peu compagnie alors qu’elle allait mal. Parce qu’c’était comme ça, au sein d’notre p’tit groupe : on s’épaulait les uns les autres. Parce qu’on était les seuls à vraiment comprendre qu’ce pouvait bien traverser et ressentir les autres. Parce qu’en dépit d’leurs efforts, jamais nos proches n’pourraient savoir c’qu’on ressent, quand on lutte contre la Mort, en étant aussi jeunes qu’nous. Parce qu’ils n’avaient aucune idée d’à quel point c’était difficile pour nous d’tenter d’garder l’sourire et l’moral, afin d’éviter qu’ils n’craignent l’pire nous concernant. Parce qu’au fil des jours passés à l’hosto, d’nos conversations, on avait tous fini par nouer un lien, bien plus fort qu’celui qu’on pouvait avoir avec la plupart d’nos proches, en dehors d’ces murs. Parce qu’bien qu’elle m’agaçait, Erin n’en restait pas moins l’une des nôtres. Parce qu’elle avait été là pour moi quand j’allais mal, alors même qu’j’voulais pas la voir… Et c’sans doute parce qu’on s’est rencontré en d’telles circonstances, qu’on a frôlé la Mort ensemble, qu’on a eu à surmonter pas mal d’galères similaires, qu’notre amitié est aussi forte maintenant. Qu’elle est la seule personne, avec laquelle j’n’ai pas grandi, dont j’sois aussi proche. Parce qu’pour moi, clairement, Erin est d’ma famille, au même titre qu’mes sœurs ou qu’mes cousins, et qu’Gab (même si dans l’cas d’Gab, c’compliqué, mais bon, m’en fous, pour l’un comme pour l’autre, qu’dans les faits, on n’ait pas d’liens d’sang…). Mais, l’important, c’qu’pour Erin comme pour Gab, on a traversé des choses difficiles ensemble, et ça nous a rapproché. C’sans doute parce qu’on a vécu l’pire ensemble qu’on préfère souvent faire les cons. Comme pour s’moquer de c’qu’on a pu traverser. Même si j’sais parfaitement qu’dans la moindre d’mes conneries, y’a comme un écho d’la Mort à laquelle j’ai réussi à échapper, et qui me hante d’nouveau. J’sais parfaitement qu’sans Tumy, j’n’aurais sans doute pas un tel humour, une telle ironie aussi, face à la Vie et à tout c’qui la compose. Et ça, Erin le comprend, sans doute bien plus que n’importe qui d’autre dans mon entourage. Erin, c’p’têtre pas ma sœur de sang, mais c’ma sœur malgré tout, infiniment plus, même. On a surmonté la Mort ensemble, on traversera la Vie ensemble. C’comme ça, qu’ça plaise ou pas. C’tellement logique dans ma tête qu’j’me souviens avoir même lancé une idée folle à mes parents, un jour, alors qu’Erin était venue dormir à la maison. On n’pouvait pas s’voir très souvent, en dehors d’mes moments passés à Londres, aussi n’était-il pas rare qu’elle soit invitée chez moi, pour des vacances. Ca a parfois des avantages, d’être mortellement malade : vos parents vous autorisent à inviter des gens, pour quelques jours. Certains tentent d’offrir une montagne d’cadeaux à leur gosse, mais chez moi, ça n’était pas possible, et j’n’en aurai pas voulu, d’toute façon, préférant juste profiter d’la présence d’mes vrais amis tant qu’j’pouvais encore l’faire. C’ainsi qu’Erin est venue passée quelques jours chez moi, à l’occasion des vacances d’fin d’année, en 2003. Erin m’avait racontée les dernières conneries qu’sa famille avait pu lui dire, avant qu’elle n’vienne chez moi. Une fois encore, j’avais eu envie d’les étriper. Une fois encore, j’étais triste pour elle, qu’elle n’ait pas une famille normalement aimante. M’souviens qu’peu d’temps après qu’les dernières paroles d’Erin aient résonné dans ma chambre, mon père est venu voir si tout allait bien, et si nous avions besoin d’quelque chose. « M’man et toi, vous pouvez pas adopter Erin ? », lui avais-je demandé. Vu qu’il proposait. Et qu’ça m’paraissait être une très bonne idée. Mes parents et l’reste d’ma famille avaient peu à peu pris Erin sous leurs ailes, et Erin les appréciait également. Pourquoi n’pas en profiter, après tout ? Qu’Erin devienne une Edgecombe, elle qu’en était une de cœur depuis qu’on était devenus amis. Et ça aurait tout réglé. Nan ? Pensée naïve d’un ado un peu désemparé qu’en avait marre d’se sentir impuissant pour aider deux des personnes les plus importantes d’sa vie : sa meilleure amie, et la seule nana qu’il n’pouvait aimer mais dont il était pourtant bien épris. Toutes deux ayant eu la malchance d’atterrir dans une famille, entièrement ou partiellement, merdique. Et m’ça m’tuait de n’pouvoir les aider, de n’savoir comment les sortir d’leur enfer, depuis qu’j’avais pris connaissance d’celui-ci. Et pourtant, c’était pas faute d’pas réfléchir à ces situations, et aux solutions possibles… Alors, il m’arrivait par moment d’avoir des idées à la con d’ce genre. Mais l’coup d’l’adoption, par contre, j’l’ai jamais proposé en c’qui La concernait. Pourtant, un jour, Riley a balancé l’idée, alors qu’on était tous les deux en train d’réfléchir à c’qu’on pourrait faire pour L’aider. Y’avait les jumelles avec nous, mais trop p’tites pour comprendre c’qu’on disait. Pis on n’disait pas clairement d’quoi on cherchait à La sauver. Bref, Riley a proposé, fier de lui, l’adoption. Idée qui m’a fait rater plusieurs battements d’cœur, alors qu’mon frangin dépeignait, tout fier d’sa trouvaille, notre vie, telle qu’elle pourrait alors être, si Elle devait une Edgecombe. Comment dire qu’ça m’a paru être tout sauf une bonne idée ! Parce qu’déjà qu’j’me sentais pas très à l’aise à l’idée d’craquer pour Elle, mais j’me sentais malade rien qu’à l’idée d’craquer pour Elle si Elle devenait légalement une Edgecombe ! « T’sais qu’ça sera dégueu, du coup, qu’tu sortes avec elle ? Ca sera légalement ta sœur, espèce de crétin ! », avais-je fait remarquer à Riley, qu’était encore sur son p’tit nuage, suite à sa si bonne idée ! D’un coup, son sourire s’est dissipé, bien qu’il soit loin d’se douter qu’d’ici à un peu plus d’un mois, Elle l’quitterait. Et c’ainsi qu’l’idée d’L’adopter n’a jamais été proposé à mes parents, alors qu’elle a été proposé, concernant Erin. Même si mon père m’a ramené sur terre en m’expliquant qu’ça n’pourrait s’faire. Mon père avait cependant sourit d’ma proposition, amusé par celle-ci, et surtout, content d’voir qu’j’avais réussi à nouer une amitié aussi forte qu’ça, moi qu’ai jamais vraiment été très doué avec les gens, ni pour rester en lien avec eux. En guise d’consolation, il avait quand même tenu à rappeler qu’Erin pouvait venir aussi souvent qu’elle l’voulait chez nous. Et bon, c’était déjà ça…. Bref, j’pourrais vous raconter des tonnes d’anecdotes sur mon amitié avec Erin, pour tenter d’vous faire comprendre à quel point elle est importante dans ma vie, à quel point elle l’a toujours été, et à quel point elle est bien plus forte qu’n’importe quelle autre amitié qui peut exister. Mais ça n’servirait à rien, car pour en prendre conscience, j’pense qu’faut la vivre, cette amitié, simplement…. Navré…. C’le genre d’amitié où l’simple fait d’voir ou d’entendre l’autre apaise un peu les tourments qu’vous pouvez avoir, à défaut d’les faire totalement disparaître. J’ai – très certainement – une vie bien merdique, mais au moins, niveau meilleurs amis, j’ai pas à m’plaindre, j’pense, entre Erin et Gab. (Bon, OK, les 2 sont cons, mais c’pas grave, j’les aime quand même !). J’vous avoue cependant qu’c’pas vraiment c’que j’me dis en voyant la brune vautrée parmi une tonne d’papiers. Elle a sacrément d’la chance qu’j’ai laissé échapper un rire trop rapidement, sinon, j’vous jure sur la tête d’mon Placebo qu’j’l’aurai pris en photo. Et afficher sur Insta. Pis p’têtre même dans les rues, tiens. Cela dit, j’ai pas dit mon dernier mot : qu’elle n’s’étonne pas si j’lui envoie un jour un dessin d’elle, s’noyant parmi sa paperasse, dans son bureau ! Quand j’sais pas trop quoi faire, mais qu’j’ai pas envie d’rien faire, j’fais des dessins à la con d’ce genre. Erin en a donc accumulé un p’tit paquet, depuis, l’temps qu’elle m’connaît. Car les dessins qui la concernent, soit j’les lui ai donné, soit j’les lui ai au moins scanné ! J’suis même en train d’réfléchir à l’élaboration d’ce dessin, alors qu’j’vais m’asseoir sur son bureau. Ouaip, même quand j’suis en train d’dire des conneries (balancer qu’Flav’ puisse trouver excitant d’voir à quel point sa copine puisse être bordélique n’est guère sérieux !), j’peux réfléchir, niveau artistique ! « J’ai achetée un costume de secrétaire sexy et Flav va venir me l’arracher dans trois quarts d’heure!  ». Voici c’qu’Erin trouve l’moyen d’me faire savoir, alors qu’j’vais m’asseoir – comme si j’étais chez moi – sur son bureau. Mes yeux s’écarquillent sous c’qu’elle m’hurle dessus. Lorsqu’j’suis enfin installé, et qu’mes oreilles sont enfin à l’air libre (et pourtant, rudement choquées par les révélations d’Erin !), j’esquisse une grimace d’dégoût. Un peu comme un gosse qui voit ses parents s’embrassent, en fait, pour vous situer l’délire ! « Beurk ! », qu’j’laisse sortir, en secouant la tête, comme pour repousser les images dégoûtantes qui s’imposaient à mon esprit. Car ouais, j’ai une imagination plus vivace. Mais j’vous rassure, y’a des limites, quand même ! Et mon imagination n’s’engage pas dans d’tels chemins ! « J’allais t’dire : « J’suis, ma chère amie, très heureux d’te voir ! », mais c’plus trop l’cas ! ». J’tire finalement la langue, un air d’dégoût sur l’visage, avant d’poser mon regard sur l’bureau, m’demandant quelques secondes ce à quoi il a bien pu servir, vu les deux débiles d’amis qu’j’ai. J’ferme les yeux brièvement, inspirant profondément, préférant m’convaincre qu’il n’a pas été l’lieu d’leurs ébats, ça m’ferait trop peur ! « Promis, j’vais être encore plus rapide qu’Flav’ durant vos ébats Flavinesque alors ! », rétorqué-je, avec une double-connerie : l’fait qu’j’étais prétendument vexé d’pas pouvoir l’emmerder plus longtemps qu’ça, et une p’tite pique amical quant à l’endurance d’mon pote. Après tout, c’de bonne guerre, vu les SMS à la con qu’Flav’ m’envoie par moment… Oui oui, vous pouvez l’dire, Flav’ et moi, on sait être très cons ! M’enfin, surtout lui, hein, vu c’qu’il peut m’écrire par moments, comme lorsqu’il s’est amusé à m’annoncer pour la formation du Flarin…. Bon, ça m’a fait plaisir, mais tout d’même, l’barge quoi ! ‘fin, c’SMS en particulier, c’même pas moi qui l’avait vu en 1er, vu qu’j’étais sous la douche à c’moment-là. C’en entendant l’p’tit cri d’joie qu’Elle a poussé, depuis l’salon, qu’j’me suis dit qu’il s’était passé un truc, et qu’j’L’ai interpelé, depuis sous la douche, pour qu’Elle m’explique c’qui La réjouissait autant qu’ça. Visiblement, Elle était déjà sur l’chemin pour venir m’parler, car Elle est rentrée dans la pièce, peu d’temps après qu’j’ai posé ma question. M’souviens un peu trop bien du sourire qui s’trouvait sur Son visage, qu’j’ai tourné la tête vers Elle, après L’avoir entendu ouvrir la porte. Elle avait c’genre d’sourire qu’avait l’don d’accélérer les battements d’mon cœur quand Elle l’affichait. L’sourire qui Lui donnait un air d’grande gamine, capable d’s’émerveiller d’un rien, alors qu’Elle en avait pourtant bien bavé, d’par le passé. L’type d’sourire qui, s’il en était besoin, si c’était possible, m’rendait encore plus amoureux d’Elle. Elle avait l’air aux anges, mon portable à la main. Rien d’très surprenant à cela, non pas qu’Elle fouillait dans mon portable (d’toute façon, Elle savait très bien qu’j’n’avais rien à Lui cacher, hormis quand j’nous préparais quelques p’tites sorties surprises), mais il n’était pas rare qu’Elle m’le pique pour jouer à quelques jeux qui n’pouvaient pas s’télécharger sur l’Sien. « Tu n'devineras JAMAIS ce qu'il y a dans l'message que Flav vient de t'envoyer ! », m’expliqua-t-Elle, en m’tendant mon mobile avec une serviette, pour qu’j’puisse lire l’message tranquille. J’La sentais trépigner, comme une gosse, alors qu’j’lisais c’que Flav venait d’m’envoyer. Et j’comprenais Sa réaction, car un sourire similaire au sien s’afficha sur mes lèvres. « P’tain, c’pas trop tôt quand même ! », avais-je rétorqué, un p’tit rire dans la voix, reconnaissant bien Flav dans la connerie d’sons SMS, visant à m’dire qu’enfin, Erin et lui avaient arrêtés d’feindre de n’pas craquer l’un pour l’autre. Après avoir récupéré mon téléphone, j’me souviens qu’la p’tite blonde avait tenté d’s’éclipser. Mais j’ne L’avais pas laissé faire : « T’crois vraiment qu’t’vas pouvoir partir d’là comme ça ? ». Ma question L’avait incité à S’retourner, alors qu’j’avais commencé à La rejoindre. Et disons qu’moi, par la suite, j’me suis pas amusé à envoyé un SMS à Flav pour lui faire un compte-rendu de c’qui s’était passé….

Mes sourcils s’froncent alors qu’j’chasse c’souvenir, ainsi qu’Son sourire et l’p’tit rire qu’Elle avait laissée échappé alors qu’j’L’avais entraîné sous la douche, loin d’mon esprit. Bon, ça va, c’qu’la 1ère véritable réminiscence d’notre passé qui m’saute à la gueule, depuis qu’j’suis dans l’bureau d’Erin. Pas trop mal, sachant qu’d’habitude, en quelques minutes seulement, mes pensées s’égarent bien trop souvent à mon goût vers Elle. D’toute façon, c’clair qu’si on m’ouvrait l’crâne afin d’y extirper mes pensées, y’aurait qu’Elle, dans plus d’90% d’mes pensées…. J’parviens à m’ressaisir, et à m’souvenir d’la raison d’ma présence en ces lieux : annoncer la bonne nouvelle à Erin. C’que j’finis par faire. Et c’qui l’étonne. ‘fin, pas qu’j’pense qu’elle doutait d’moi, mais elle savait, comme moi, qu’la concurrence était dure. Et, surtout, qu’mon inspiration était instable, vu qu’ma muse n’était plus à mes côtés depuis bien longtemps. C’avec un p’tit sourire qu’j’ressers mes bras autour d’Erin, qui s’est jetée à moi, contente d’entendre cela. Bien l’genre d’réaction qu’j’attendais d’sa part, vu qu’elle a toujours été l’un d’mes soutiens les plus stables. « C’est génial! Je savais que t’étais le meilleur, j’suis super contente pour toi! », m’fait-elle savoir, m’faisant esquisser un léger sourire. Comme j’l’ai déjà dit à bien des reprises, j’suis loin d’être toujours sûr d’moi, à tous les niveaux, et bien plus encore en c’qui concerne mon Art, quoi qu’j’puisse laisser à croire. C’d’autant plus vrai depuis d’longs mois à présent. Assez difficile d’croire qu’on puisse avoir un avenir quelconque en tant qu’artiste, lorsqu’notre inspiration s’fait d’plus en plus chancelante… Et les doutes m’assaillent d’ailleurs bien souvent, comme les regrets d’une époque où j’dessinais avec autant d’aisance que j’respirais. Qu’ce soit pour un truc tout droit sorti d’mon imagination, ou c’qu’on m’demandait d’faire. Mais, en c’moment précis, c’qui m’fait l’plus mal, c’le fait qu’ça n’soit pas à Elle qu’j’ai pu réserver la primeur d’la bonne nouvelle. C’que j’aurai fait, si la situation avait été normale. Non pas qu’j’sois pas content qu’Erin soit la 1ère à qui j’fasse part d’cette nouvelle. Mais c’juste pas pareil. Un peu déroutant, d’ailleurs, car depuis qu’on s’était retrouvés à Londres, Elle était la 1ère personne vers qui j’me tournais, dès qu’j’avais une nouvelle quelconque à partager, concernant mon parcours et mes doutes scolaires, mes 1ers pas et mes déboires en tant qu’artiste… Même quand nous étions séparés, à cause d’obligations scolaires ou pro’. D’toute façon, dès qu’j’avais un truc qui méritait d’être raconté à quelqu’un, c’était à Elle que j’pensais en 1er, bien avant Erin, et ce, en dépit d’la putain d’profonde amitié qui m’lie à la dresseuse ! Ca fait pourtant un p’tit moment qu’ça n’peut plus être l’cas maintenant, mais j’n’y suis toujours pas habituée pour autant… Et là, j’crois vraiment qu’ça m’saute aux yeux, lorsqu’Erin s’détache de moi. J’tente d’sauver la mise en continuant à afficher un p’tit air enjoué, mais c’difficile. Difficile d’sourire quand j’ai l’impression d’lutter pour parvenir à respirer, jour après jour. Difficile d’feindre la joie, même lorsqu’des bonnes choses m’arrivent, quand j’commence lentement à m’sentir comme engourdi d’l’intérieur. Comme si mon cœur s’figeait, peu à peu, pour n’plus rien ressentir, afin de n’plus souffrir. « Tu sais que tu peux tout me dire, hein? De toute façon, je connais tes plus grandes hontes, et je suis toujours là, tu peux pas me faire fuir. », ajoute finalement ma meilleure amie, après avoir fermé ses yeux, tâchant visiblement d’lutter contre l’agacement d’voir qu’plane encore autour d’moi l’ombre d’une certaine blonde, dont l’absence à mes côtés n’a d’cesse de m’peser sur l’âme. J’sais qu’elle en a marre, d’voir qu’j’arrive pas à tourner la page, qu’la plaie, depuis l’temps, n's’est toujours pas refermé. J’sais qu’ça lui fait mal d’se savoir impuissante à m’aider à aller mieux. Pas faute d’essayer, pourtant. Et pour tout c’qu’elle a fait, tout c’qu’elle continue à faire, et tout c’qu’elle fera encore, j’lui suis, et serai à jamais, reconnaissant. Mais comment guérir d’l’absence, et d’l’amnésie, d’la personne avec qui vous pensiez finir vos jours, depuis votre adolescence, si c’n’est pas depuis votre enfance, d’manière inconsciente, du moins... ? Comment guérir d’ce vide dévorant, d’ce gouffre sans fin, dans lequel vous n’avez d’cesse d’plonger ? Comment oublier qu’vous avez perdus celle qu’vous aviez fini par considérer comme votre âme sœur, alors même qu’cette notion n’a jamais eu d’grandes valeurs à vos yeux, tant la vie vous a toujours paru trop absurde et cruelle pour qu’une telle chose existe ? Comment s’habituer à l’absence d’cet autre, qu’est devenue une part primordial d’vous-même, au point qu’sans elle, vous n’vous sentez plus qu’l’ombre d’vous-même ? Comment ??? J’m’efforce d’esquisser un nouveau sourire, et d’faire disparaître toute nostalgie d’mon regard, alors qu’j’déclare à la brune : « Ca va, t’inquiète. A part qu’j’suis déçu qu’tu sois pas une dresseuse d’pokémons ! », tenté-je d’plaisanter. Elle est bien entendu au courant d’mon p’tit délire, quand j’étais gamin, d’essayer d’dresser mes poissons rouges, dans l’but d’les faire sauter à travers un anneau enflammé, à défaut d’pouvoir dresser des Pokémons. Puis, on avait souvent plaisanté à c’sujet, lorsqu’on était tous deux hospitalisés, et qu’elle évoquait son rêve d’devenir dresseuse un jour. J’l’avais vanné à maintes reprises en disant qu’son taf serait jamais vraiment cool, tant qu’les Pokémons n’existeraient pas. J’lui avais même fait un dessin, la représentant en tant qu’dresseuse d’ces p’tites bestioles ! J'crois qu'le fait qu'on aime tous les deux les animaux a pas mal aidé à nous rapprocher, quand on était plus jeunes, d'ailleurs, vu qu'les rares fois où on parvenait à s'parler calmement, avant d'être amis, c'était pour parler d'bestioles en tout genre !

Sur un dernier p’tit sourire, que j’veux réconfortant, j’décolle ma fesse d’son bureau, pour m’approcher d’son chien. Et détourner, au passage, les yeux d’son regard, bien trop observateur et habilité à déchiffrer la vérité derrière mes belles paroles ou mes tentatives d’humour, pour déambuler dans la pièce. « L’es cool ton bureau, en tout cas ! », lui dis-je, avec légèreté : non, j’tente pas d’changer d’sujet d’conversation ! A peine ! « Ca manque juste d’déco quoi. Quelques photos d’toi et d’Flav – si possible sans qu’t’sois déguisée en infirmière coquine ! », expliqué-je en désignant les murs, là où j’voyais bien s’trouver quelques clichés du couple. « Pis quelques dessins d’un débile d’Edgecombe : j’en connais plein, s’tu veux. Des débiles, des Edgecombes, et même des Edgecombe débiles ! ». Ouais, j’peux raconter sacrément d’la merde quand j’veux détendre une atmosphère qu’j’juge être trop pesante. Surtout quand l’sujet d’la blonde est plus ou moins soulevé… « Mais attention hein, à n’pas trop mépriser cette vaste tribu d’barges : « Nul n’peut bafouer l’Empire Edgecombien ! Quand on l’attaque, l’Empire contre-attaque ! », lui fais-je savoir en m’tournant pour lui faire face, les yeux froncés, comme pour la mettre au défi d’médire au sujet d’ma vaste famille. Comme si j’craignais qu’elle s’amuse à l’faire, d’toute façon ! Ou alors, elle l’ferait comme j’viens d’le faire : avec humour. Pas à la sauce des détracteurs des Edgecombe, en un mélange d’jalousie, d’méconnaissance, et d’pure connerie…. « Et juste là, un p’tit géranium ! Ouais, ça va être bien. Ca va être très bien même ! », ajouté-je en désignant l’rebord d’sa fenêtre. Ouaip, j’peux même piocher dans quelques références d’films bien cons qu’j’ai pu voir avec Erin (désolé, mais j’assume l’fait d’pas être fana d’ce genre d’humour, n’en déplaise aux gros fans !). J’finis par aller caresser l’chien qui flemmarde dans la pièce, m’retrouvant ainsi d’profil face à Erin. « Mais, plus sérieusement, y’a rien à dire, Erin… Ca va. J’bosse, j’fais quelques sorties, j’vois Mila d’temps à autre, j’profite de Jack, et Tumy est stable pour l’instant… ». Voici un beau résumé d’ma vie : mon boulot, quelques distractions, ma nana non-exclusive, mon fils, et mon traitement contre ma tumeur. « Ca pourrait être pire… ». Ca pourrait aussi être mieux, mais, pour ça, encore faudrait-il qu’un miracle s’produise. C’qui parait très improbable…. Soudainement, l’chien s’met sa patte sur ses yeux, comme si lui-même n’croyait pas un mot à c’que j’venais d’dire, à l’indifférence qu’j’tentais d’afficher. « « Viens m’le dire d’profil si t’es un homme ! » Et prends pas l’excuse qu’t’es un chien, non mais !. Bon, OK, même moi j’sais qu’j’vais francement pas fort, pour ressortir autant d’répliques d’films qu’ça… Mais bon, au moins, c’pas un film lié à Elle, loin d’là, vu qu’la 1ère fois qu’j’l’ai vu, j’étais chez Erin, durant une soirée, avec certains d’nos potes d’l’hosto. Et c’d’ailleurs en lançant cette dernière connerie qu’j’réalise qu’j’ai donné à Erin d’quoi s’inquiéter encore plus pour moi, vu qu’m’réfugier derrière des répliques d’films ou d’séries, c’pas vraiment dans mes habitudes… Pourtant, j’ai pas vraiment envie d’parler. Trop difficile, malgré l’temps qu’a passé depuis l’accident, ma cicatrice s’est rouverte, lorsqu’Elle a pointé l’bout d’son nez à CH. Du coup, ça m’a replongé dans notre histoire. Comme si l’accident venait à peine d’se produire. Belle preuve qu’j’aurai dû aller voir un psy, directement après, au lieu d’me focaliser rien qu’sur Sa guérison à Elle. Là, honnêtement, j’me sens aussi fragilisé qu’à cette époque maudite. Pas envie d’craquer devant Erin, comme j’avais pu l’faire, autrefois, à une ou deux reprises, quand la situation m’submergeait bien d’trop, pour qu’j’puisse clairement faire comme si j’n’en étais pas plus affecté qu’cela. J’ai l’impression d’n’avoir qu’trop pleuré, à cette époque, à tel point d’en être ressorti asséché, entièrement. Ma souffrance s’exprime à présent autrement, mais elle est toujours là, m’dévorant lentement, m’engloutissant dans ses ténèbres.Et, plus l'temps passe, et plus j'm'en fous. Mais ça m'fait peur, et j'veux pas qu'Erin l'remarque. J'sais qu'elle n'pourra rien y faire, et qu'ça la rongera encore plus. Pas envie d'l'emmerder avec mes soucis, qui, d'toute façon, s'régleront quand j'serais en Asie.... Faut juste que j'patiente, c'tout, même si c'pas mon fort....

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Re: “Best friend” isn’t just a name (Raphin) ✻ ( Dim 13 Nov - 18:00 )


Raphin

"Best friend" isn't just a name


Quand Erin était restée à Londres et que Raph était partit aux Etats-unis pour commencer sa nouvelle vie, la brune s’était sentie mal. Elle s’était sentie mal parce qu’elle n’avait plus l’occasion de voir son meilleur ami quand elle le voulait, qu’elle pouvait pas forcément l’appelle à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit à cause de ce foutu décollage horaire. Ça la foutait tellement mal de le voir partir, que quand l’avion a décollé, elle a fondue en larmes dans les bras de Flavien. Elle s’était retenue jusque là, parce qu’elle savait que si elle se mettait à craquer avant, il repousserait son départ. Et elle était pas assez égoïste pour l’empêcher de tenter de se reconstruire une vie ailleurs après ce qu’il avait vécut. Elle était consciente qu’il en avait besoin, de cet éloignement, qu’il en pouvait plus de revoir tous ces endroits où les souvenirs qu’il avait partagés avec Gaëlle lui pesaient sur le coeur, qu’il avait besoin d’espace, d’un nouvel air, d’un nouveau départ. Si Flav n’avait pas été là, Erin serait certainement montée avec lui dans l’avion, mais voilà, elle avait sa vie à Londres, son bonheur, qu’elle pensait ne pas mériter, du moins pas tant que Raph n’aurait pas la chance d’avoir son propre bonheur. La brune avait une drôle façon de penser, oui, mais elle pouvait pas être heureuse si son meilleur ami ne l’était pas, c’était juste impossible. Il avait toujours été là pour elle, il l’avait soutenu dans toutes ses épreuves, Raph, c’était son pilier, le premier à être là, le premier à la faire rire au bon moment, le premier à voir quand elle allait mal, même si elle avait un sourire énorme affiché sur le visage. Elle lui devait plus qu’un merci, parce que sans lui, elle en serait certainement pas là. Il avait changé sa vie, parce qu’il lui avait redonné espoir. Parce qu’il lui avait montré, que contrairement à ce qu’elle pensait, tout le monde ne la détestait pas, ou que les autres n’étaient pas gentils avec elle seulement par pitié, non. Parce qu’ils aimaient sa personnalité, sa façon de faire sa mère poule, les conneries qu’elle sortait tout le temps, parce que de son point de vue, la vie était une connerie énorme qui se foutait très bien de sa gueule. Que les infirmiers et les médecins s’occupaient pas d’elle seulement parce que c’était leur boulot, mais parce qu’ils voulaient vraiment l’aider, et que même avec son caractère de merde, ils s’étaient attachés à elle au fil des jours. Même inconsciemment, elle devait tout ça à Raph depuis tout ce temps. Et s’il y avait un truc dont elle était certaine, c’est qu’elle voulait pas le perdre. Jamais. Elle pourrait pas le supporter, c’était certain. Quand il était pas là elle se sentait mal, ouais, parce qu’il était sa famille. Mais sa vraie famille. Même s’ils étaient pas liés par le sang, elle s’en fichait. Il était de ceux qu’on trahit pas, ceux qui n’ont pas de prix, ceux qui seront toujours là, peu importe les merdes qui leur tombent sur la gueule. Et des merdes, ils en avaient eus pas mal, autant l’un que l’autre. D’après Erin, c’était en grande partie leur amitié qui leur avait permit d’aller aussi loin. Bien sûr, ils avaient d’autres amis, Erin avait Flav maintenant, mais ça n’avait pas toujours été le cas. Comme ce n’était pas le cas pour Raph d’ailleurs, il n’avait pas été là depuis la naissance de la brune. Mais il était arrivé au moment où elle avait le plus besoin de quelqu’un, au moment où elle s’était vraiment retrouvée au plus bas, et c’était certainement grâce à ça qu’ils étaient aussi proches aujourd’hui. Erin savait qu’elle pouvait s’ouvrir complètement à Raphaël sans rien craindre, qu’elle pouvait se mettre à pleurer devant lui sans qu’il en fasse des tonnes pour la consoler, et qu’il serait aussi toujours heureux pour elle dans ses réussites, qu’il n’en serait jamais jaloux, parce qu’il était loin d’être égoïste, et qu’il préférait que la brune soit heureuse à sa place, parce qu’il tenait à elle. C’était pas quelque chose qu’il lui avait dit, mais Erin le savait, et à chaque fois qu’elle y pensait, ça la touchait jusqu’au plus profond de son âme, et elle se sentait vraiment chanceuse de l’avoir avec elle depuis toutes ces années. En lisant ces mots, on pourrait croire qu’Erin parle de son histoire d’amour mais non. Il n’y avait que de l’amitié entre elle et Raphaël, mais une amitié pas comme les autres. Une amitié qui avait affrontée des épreuves peu communes, et qui s’en était relevée. Son histoire d’amour, c’était avec Flavien qu’elle la vivait. Depuis deux ans, déjà. Le temps passait si vite. Elle avait l’impression que leur idylle avait commencée la veille et pourtant, ils avaient déjà parcourus un sacré bout de chemin ensemble. Erin pensait pas vivre ça un jour, elle pensait pas retombée amoureuse après son histoire avec Andreas et pourtant… Le brun avait débloqué quelque chose en elle, une partie qu’elle avait enfermée au plus profond de son âme. Cette partie qui était capable d’aimer jusqu’à la lune, et qui pouvait la faire vibrer à chaque secondes. Elle l’aimait encore plus qu’elle n’avait put aimer Andreas, et elle pensait franchement pas que c’était possible. Pourtant elle avait tout ça devant elle, devant ses yeux, sur son coeur, et dans sa tête. Flavien, il était partout, tout lui faisait penser à lui, tout lui rappelait des souvenirs qu’ils avaient put partager ensembles. Elle pouvait pas se passer de sa présence, tous les jours, quand ils étaient séparés, elle en souffrait, parce qu’elle avait peur de se réveiller. Elle avait peur de se réveiller et de se rendre compte que cette vie n’était pas la sienne, que tout ça, ça c’était passé que dans sa tête. Elle avait toujours peur de le perdre, et pourtant, il était toujours là. Parce que lui non plus ne voulait pas la quitter, parce que lui non plus ne voulait pas que tout ça soit qu’un rêve. Après c’est vrai, c’était pas la joie tous les jours, surtout en ce moment. Ils se disputaient pas mal, pour des conneries, pour l’argent, pour leur avenir, mais Erin savait que c’était seulement qu’une mauvaise passe. Elle savait que tout finirait par s’arranger, parce qu’il était toujours à ses côtés, parce qu’ils pouvaient se soutenir mutuellement. Et bordel, parce qu’ils s’aimaient, tout simplement. Ils s’aimaient, de cet amour qu’on peut pas expliquer, parce qu’ils sont les deux totales opposées. Ils s’aimaient, de cet amour qui les rendait plus fort tous les jours et les empêchaient de se détruire. Elle voulait pas que ça s’arrête, elle voulait pas que cette histoire entre eux prenne fin, parce qu’elle savait qu’elle s’en remettrait pas. Elle savait que cette fois, même si Raph était là pour l’épauler, elle ne ferait que se laisser couler, jusqu’à finalement sombrer complètement dans cette noirceur de douleur, de chagrin, et de culpabilité. Parce qu’elle savait qu’elle se sentirait forcément coupable, peu importe ce qu’il se passerait. S’il la trompait, elle se dirait qu’elle aurait put faire les choses autrement, qu’elle était la cause de ce désir qui ce serait éteint à son égard. S’il la quittait tout simplement, en lui faisant comprendre que ses sentiments avaient changés à son égard, elle se tuerait pour avoir un caractère aussi merdique que le sien. Elle pouvait pas vivre sans lui, non, c’était pas possible. Des piliers, elle en avait deux, et c’était Flavien et Raphaël. Si l’un des deux disparaissait, tout s’écroulait dans sa vie. A eux deux, ils symbolisaient cet équilibre et cette harmonie qui lui permettait d’avancer, qui lui permettait de voir l’avenir sans embuches, qui lui permettait de voir les choses positivement. Flav, c’était son rayon de soleil, son sourire faisait son bonheur, et ses larmes sa tristesse. C’était comme ça, elle pouvait plus vivre sans lui. Il était sa moitié, il la complétait. Erin était pas du genre à croire au délire des âmes soeurs mais là… C’était différent. C’était comme s’ils étaient destinés à se connaître depuis toujours. Cette histoire, c’était la plus belle qu’elle avait put vivre dans sa vie, et elle retrouverait certainement jamais un amour comme le sien. Parce que Flav était Flav. Parce qu’il était unique, et qu’elle pourrait jamais le remplacer, par personne, même si elle le voulait de toutes ses forces. Ce qui était très loin d’être le cas, elle en était bien consciente. C’était pas pour rien qu’elle avait décidée de s’ouvivr à lui, c’était pas pour rien qu’elle avait voulut qu’ils tentent leurs chances tous les deux. Au fond d’elle, même si sur le moment elle n’en était pas totalement consciente, elle savait qu’il était le seul capable de la rendre heureuse. Elle savait qu’il n’y avait qu’avec lui qu’elle pourrait goûter à ce bonheur qui lui était inconnue, qu’elle voyait à travers les yeux de Raph quand il était avec Gaëlle à l’époque, et qu’elle n’arrivait pas à comprendre. Maintenant elle comprenait tout ça, maintenant Erin savait parfaitement ce que son meilleur ami était en train de traverser. Et elle se demandait comment il faisait pour tenir encore debout, pour encore se lever tous les matins pour vivre sa petite vie. Elle en serait totalement incapable, à sa place. Elle pourrait pas se lever en sachant qu’elle avait des chances de croiser Flavien avec une autre femme, de le voir heureux, mais pas à ses côtés. De voir sa pouffasse porter la bague de fiançailles qui devrait normalement être à son doigt. Non, elle ne le pourrait pas. Et elle admirait énormément Raph pour son courage, même sil elle était bien consciente que c’était pas facile pour lui. Mais il baissait pas les bras. Même s’il en avait pas conscience, il restait debout, et ce serait le cas tant que la blonde ne serait pas marié. Parce qu’on fond de lui, il devait savoir qu’il y avait de l’espoir, que tant que Gaëlle n’aurait pas sautée le pas et signée les papiers, il pouvait encore la récupérer. Même si ce serait pas facile, Erin le connaissait. C’était un battant, il avait vaincu sa tumeur à l’époque, alors il était largement à la hauteur de battre ce crétin de médecin. Même s’il ne s’en rendait pas compte maintenant, ça finirait par lui sauter à la gueule, et il allait le retrouver, ce bonheur. Il le fallait, de toute façon, parce que Erin ne supportait pas de le voir comme ça.

Alors du coup, elle essayait de se remémorer les bons moments qu’ils avaient pus passer ensembles, et mine de rien, y en avait quand même pas mal. Même si au début, c’était pas du tout gagné qu’ils construisent une amitié aussi forte. C’est vrai qu’avec leur deux caractères de merde, c’était pas rare qu’ils se prennent la tête, la plupart du temps pour des conneries, ou pour montrer qui était le plus intelligent des deux. Le fait qu’ils soient plutôt jeunes n’arrangeait pas tellement les choses non plus, il fallait le dire. Puis Erin avait fait cette rechute. Elle s’était retrouvée plus bas que terre, en entendant les paroles de sa mère. « J’espère qu’elle va y passer cette fois, j’en peux plus de toutes ces conneries. » Oui, c’était cruel, et blessant. Pour être honnête, c’était bien la seule fois où la brune était d’accord avec sa mère. A cet instant, égoïstement, elle avait vraiment eut envie de quitter ce monde, cette souffrance, et ce malêtre qu’elle ressentait constamment. Parce que ses parents ne l’aimaient pas, et qu’elle avait l’impression d’avoir personne au final. Les gens disent que dans nos moments de solitude, on se tourne vers Dieu, mais quand on a une famille comme ça, et une vie aussi cruelle, on y croit tout simplement pas, et on essaye pas d’y croire. C’était là que Raphaël était venu la voir et, qu’à son tour, il avait prit soin d’elle. Qu’a son tour, il l’avait engueulé en découvrant les marques de scarification sur ses bras. Il lui avait fait comprendre par ses agissements qu’elle n’était pas toute seule, qu’eux, ils étaient là, et qu’ils formaient une famille, qu’ils pouvaient se soutenir. C’est à partir de ce moment là qu’Erin a commencée à sacrément s’en foutre de sa famille biologique, tout simplement parce qu’elle en avait trouvée une autre. Elle se sentait mieux, elle se sentait enfin à sa place au milieu de ces personnes qui l’aimaient, et qui l’aimaient vraiment pour ce qu’elle était, qui acceptaient ces bons comme ses mauvais côtés. Ils se soutenaient les uns les autres, alors oui, c’était pas toujours facile, mais tant qu’ils étaient ensembles, ils savaient qu’ils arriveraient à surmonter les épreuves qui les attendaient. Et Erin voyait toujours les choses de cette manière, parce que la vie était une garce, et qu’elle n’arrêterait pas de l’être parce que la maladie les avaient quittés. Ils avaient encore des choses difficiles à traverser, mais ils y arriveraient ensembles, comme quand ils étaient gosses. La brune savait qu’elle avait eut de la chance de tomber sur eux, de tomber sur lui, et elle se demandait bien ce qu’elle serait devenue si ça n’avait pas été le cas. Peut être qu’elle serait même plus là, parce que mine de rien, si elle avait arrêtée de se scarifier, c’était grâce à Raph. Il lui avait sauvé la vie, oui, et il pouvait en être fier. Les gens pourraient penser que ce serait plus simple d’occulter ce genre de souvenirs et les laisser derrière soit, mais non. Erin voyait pas les choses comme ça, au contraire. Pour elle, les souvenirs étaient ce qu’il y avait de plus important. Qu’ils soient bons ou mauvais, ils faisaient d’eux ce qu’ils étaient. C’était pour ça qu’Erin ne voulait rien oublier, même le pire. Et le pire, elle l’avait connue très jeune. Le pire, elle l’avait connue la première fois que son frère Steeve avait levé la main sur elle alors qu’elle avait que cinq ans. Le pire, elle l’avait connue quand son père l’avait emmenée à l’hôpital parce que sa soeur, Shaylay, avait testée je ne sais quel produit sur elle et qu’elle avait fait une réaction allergique. Le pire, elle l’avait vécue quand son frère et sa soeur lui faisait la misère, et que le plus âgé de ses frères, Luke, les regardait faire sans bouger. Le pire, elle l’avait vécue quand son autre soeur, Elena, lui a dit qu’elle ferait mieux de mourir, parce qu’elle faisait chier tout le monde. Ça faisait partit de son passé tout ça, et elle voulait pas l’oublier. Parce que ça avait forgé son caractère, et que quand elle allait mal, elle se souvenait de ces choses horribles que sa famille pouvaient bien lui dire, et elle se rendait compte du chemin qu’elle avait parcourue pour en arriver où elle en était à présent. Elle avait une vie bien à elle, un métier qu’elle adorait, elle pouvait manger comme elle le désirait, et elle avait trouvée l’amour, avec Flavien. Elle postait souvent des photos sur les réseaux sociaux quand quelque chose de bien lui arrivait, parce qu’elle savait que ses frères et soeurs regardaient. Et elle voulait leur faire comprendre qu’elle avait réussit, et qu’ils l’avaient bien dans le cul, parce qu’ils avaient pas réussis à la détruire. Elle était fière de tout ça, de tout son chemin parcouru, et des gens qui l’entouraient à présent. Erin se souvenait de la première fois que Raphaël avait dut sa famille. Ses parents étaient venus lui rendre visite à l’hôpital avec Steeve. ils étaient partis se chercher un café, et avaient laissés le frère et la soeur seuls. Mauvaise idée, il fallait le dire. Son frère la regardait, de ce regard méchant, ce regard de… Psychopathe, oui. « C’est c’truc là, qui te guérit? » Il avait posé sa main sur son cathéter, et c’était mit à appuyer dessus comme un malade. « Putain Steeve, arrête, tu me fais mal! » Erin essayait de le repousser, mais il était beaucoup plus fort qu’elle. Elle s’était mit à hurler, en espérant que quelqu’un viendrait l’aider. « Cherche pas, tout le monde s’en fous de toi. » Ça c’était ce qu’il croyait. Il ne s’était pas passé cinq minutes que Raph avait débarqué dans la chambre et attrapé son frère par le col de son t-shirt avant de l’envoyer valser dans la pièce. « Dégage! » Il l’avait attrapé par les cheveux et l’avait foutu dehors avant de fermer la porte. La brune retenait ses larmes, et son meilleur ami l’avait bien vu. Elle lui avait déjà parlée de sa famille par la passé, mais de son avis, c’était vraiment à ce moment là que Raph s’était rendu compte de ce qu’elle avait put endurer, et de ce qu’elle endurait encore à cette époque. Son frère était plus jamais revenu suite à ça. Et à chaque fois qu’un membre de la famille d’Erin venait, Raph restait avec elle, au cas où. Il s’était d’ailleurs pas gêné pour les remballer plusieurs fois, et Erin lui en serait éternellement reconnaissante pour ça. Elle avait beau être la maman du groupe, quelques fois, elle avait aussi besoin qu’on prenne soin d’elle et qu’on la protège. Et Raph s’occupait très bien de ça, en plus de Flav maintenant. Même si ce dernier n’avait pas connu le pire avec elle. En fait, c’était pas plus mal. Erin aurait pas aimé qu’il la voit comme ça, qu’il la voit malade, et torturée par sa famille. Elle était contente d’ailleurs qu’il ne les connaisse pas. Enfin, mis à part son oncle de France. Lui, elle l’adorait, et il le lui rendait bien. D’ailleurs, elle lui passait régulièrement un coup de fil pour lui donner des nouvelles, et il lui envoyait toujours une carte pour son anniversaire. Même si c’était plus une gosse, Erin adorait toujours les recevoir, ces cartes. Elle lui avait d’ailleurs proposer de leur rendre visite à Cap Harbor, un des ces quatre, histoire qu’elle présente officiellement Flavien à la seule branche de sa famille qu’elle appréciait.

Mais pour l’instant, elle en était pas là. Pour l’instant, elle était surtout perdue dans ses papiers, parce qu’elle était beaucoup trop bordélique pour réussir à s’organiser, et voilà ce que ça donnait. Il faudrait sérieusement qu’elle pense à engager quelqu’un pour l’aider dans tout ce merdier, n’empêche. Parce que ça l’énervait, à force, de jamais rien retrouver. Le problème, avec Erin, c’est qu’elle posait les trucs n’importe où, sans faire gaffe, et après elle les retrouvait plus. A la maison, c’était pareil, mais heureusement que Flav était là. Dès qu’elle cherchait un truc, il suffisait qu’elle lui demande où c’était et il le trouvait dans la minute. Elle se demandait d’ailleurs comment il faisait, mais bon. Il retrouvait tout, et rien que pour ça, Erin avait de la chance de l’avoir. Ralph était arrivé entre temps, et autant dire qu’il s’était pas gêné de lui faire une petite remarque sur son manque d’organisation et ce que ça pouvait cacher. La brune ne s’était pas gênée non plus pour lui répondre par une petite blague évoquant leur possible goût aux jeux de rôles. Ce qui était totalement faux bien sûr, mais rien que de voir la tête de Raph, ça la faisait marrer comme une gamine. « Beurk ! » La brune lui tira la langue, l’air de dire, tu l’as cherché, assume! Ce qui était le cas d’ailleurs. Le brun connaissait Erin, et il savait de quoi elle pouvait être capable, quand il lui sortait des conneries de ce genre. C’était ça, qui était cool dans leur relation aussi, ils pouvaient anticiper les réactions de l’autre sans même réfléchir, et quand ils s’y mettaient bien tous les deux, ça pouvait donner quelque chose d’assez comique. Comme ce qui se passait maintenant, par exemple. Et encore, c’était pas ce qu’ils pouvaient faire de pire. « J’allais t’dire : « J’suis, ma chère amie, très heureux d’te voir ! », mais c’plus trop l’cas ! » Les mains posées sur les hanches, la brune leva les yeux au ciel. « T’es toujours content de me voir! Dis pas le contraire, tu sais comment j’suis quand mon ego se sent vexé. » Ego, qui volait pas très haut, pour ne pas dire qu’il était totalement inexistant. Puis Erin se vexait pour plus que ça, aussi. Mais elle avait envie de le taquiner, comme d’habitude, parce qu’ils fonctionnaient par taquinerie tous les deux. Après tout, au début de leurs relations, ils arrêtaient pas de se foutre sur la gueule, ils allaient pas laisser ça de côté tout de même, ça leur ressemblerait pas. « Promis, j’vais être encore plus rapide qu’Flav’ durant vos ébats Flavinesque alors ! » La brune balança un coup dans le bras de son meilleur pote. Bien sûr, elle savait qu’il plaisantait, puis de toute manière, il se moquait tout le temps de Flavien dès que l’occasion se présentait. Elle lui avait un peu tendue la perche sur ce coup, c’était le cas de le dire. Enfin, tant que c’était pas celle de Flav qu’elle lui servait sur un plateau… Ok Erin, on se calme. C’est pas le moment de penser à des conneries de ce genre. Surtout qu’elle reverrait pas son homme avant ce soir. Et qu’ils seraient peut être trop crevés pour entreprendre de faire quoique ce soit. Ou alors, le nouveau chien d’Erin les couperait dans leur élan. C’était pas encore arrivé, mais Erin craignait ce moment. Ralph la sortit de ses pensées en lui annonçant qu’il avait finalement gagné cette expo dont il lui avait parlé… Disons quinze fois par jour, presque? Et la brune était super fière de lui. D’ailleurs, elle se gêna pas pour le lui faire comprendre en lui sautant dessus pour lui faire un câlin. Comme une gamine, ouais, mais c’était plus fort qu’elle, surtout qu’elle était super contente pour le coup. Raph méritait vraiment de gagner cette expo, et elle espérait que ça allait redonner un élan à son imagination. Parce qu’il avait un talent fou, et que le monde entier devrait le savoir ça. En fait, elle se sentait un peu privilégiée de faire partie de premiers qui avaient découverts les oeuvres de Raphaël. Et puis, quand elle était partie pendant deux ans pour faire sa formation, il l’avait soutenu (par téléphone la plupart du temps, certes, mais quand même) alors maintenant, c’était à son tour de le faire. C’était son boulot de meilleure pote, et en plus, ça lui faisait plaisir. Elle avait finit par s’éloigner, et quand ses yeux se posèrent sur son visage, son sourire se figea, avant de s’effacer légèrement. Y avait toujours cette ombre au tableau. Gaëlle. Cette fille qui surgissait à n’importe quel moment dans la tête de Raph, parce qu’elle devrait être auprès de lui, aujourd’hui, et pas au bras de ce médecin crétin et complètement odieux. Erin se demandait comment elle avait put tomber amoureuse d’un mec comme ça après avoir partagée une partie de sa vie avec Raph. Bon, ok, elle avait complètement oubliée la dernière partie, mais elle se souvenait du reste. Elle se souvenait de tous ces moments qu’ils avaient passés ensembles quand ils étaient ados, qu’elle dise pas le contraire. Et qu’elle dise pas non plus que tous ces souvenirs représentaient rien à ses yeux. Rien que d’y penser, ça foutait Erin en rage. Si elle croisait la blonde, elle sait vraiment pas comment elle réagirait, et heureusement, c’était pas encore arrivé. Parce qu’elle faisait tellement souffrir Raph avec son mariage de merde qu’elle mériterait un billet direct pour les Enfers, avec traitement spécial octroyé par Lucifer lui même. Bon, elle exagérait peut être un peu, c’est vrai, et elle partagerait certainement jamais ce genre de pensées devant Raph mais… Sérieusement, elle aimerait bien, avoir ce don qui permet d’effacer les sentiments qu’il ressentait vis à vis de Gaëlle pour qu’il puisse enfin avancer sans ce poids qui lui pensait sur les épaules. Malheureusement, elle ne le pouvait pas, et tout ce qu’elle pouvait faire pour lui, c’était l’écouter se confier, et le consolait comme elle le pouvait. Parce que mine de rien, c’était pas toujours facile de trouver les mots, et ça rendait dingue Erin de pas savoir quoi faire certaines fois, et de pas pouvoir l’aider comme elle le devrait. Parce que oui, elle se sentait impuissante et inutile dans des instants comme celui là.

Pourtant, elle n’hésita pas à faire comprendre à Raphaël qu’elle était là, s’il avait besoin de parler. Comme elle le faisait toujours, en fait. Et le sourire qu’il lui servit, ça marchait pas avec elle. Déjà, elle était loin d’être conne, et elle le connaissait. « Ca va, t’inquiète. A part qu’j’suis déçu qu’tu sois pas une dresseuse d’pokémons ! » Bon visiblement, il avait pas envie d’en parler, et Erin n’allait pas le forcer, du moins pas pour l’instant. C’était peut être juste un petit coup de barre qu’il avait eut. Elle verrait bien en fonction de comment allait avancer les choses. « Ben détrompe toi. J’ai téléchargée Pokémon Go… » Bah quoi? Oui, elle l’avait fait. Parce qu’elle adorait les pokémons. D’ailleurs, elle connaissait encore les paroles du générique par coeur, et c’était pas rare qu’elle le chante en faisant à manger ou quand elle s’ennuyait. C’était son enfance quoi, la partie la plus joyeuse, elle pouvait juste pas arrêtée d’être fan de Pokémon. Alors quand le jeu est sortit elle l’a tout de suite téléchargé, et dès qu’elle sortait, elle chassait les pokémons. D’ailleurs, il y avait même un pokéstop entre son lieu de travail et sa maison, ce qui était pas mal pratique. Elle avait même une pokéball sur son bureau. Un vieux cadeau d’anniversaire de Raph qui quittait jamais la pièce, parce que c’était un de ces plus beaux souvenirs. Et puis, il lui avait offert parce qu’il croyait en son projet de devenir dresseuse, et c’était toujours sa plus grande motivation. Quand elle se disait qu’elle n’allait pas y arriver, elle avait juste à poser son regard sur cette petite balle. En fait, elle entendait presque Raph dans sa tête en train de l’engueuler en lui disant qu’elle avait juste à se bouger le cul et qu’elle avait pas intérêt à laisser tomber. Il s’en rendait peut être pas compte, mais même quand il était pas là, il l’aidait à sa manière. Ralph se détacha alors du bureau, servant un nouveau sourire, beaucoup trop insistant au goût d’Erin avait de se diriger vers son chien. « L’es cool ton bureau, en tout cas ! » La brune haussa les sourcils. En fait, il avait pas changé depuis sa dernière visite, mis à part le fait que des papiers traînaient un peu partout. Elle voyait la phase bizarre de Raph en mode, tout va bien, mais je veux tellement le faire croire que je passe pour un crétin et que je me fais griller à la seconde, arriver. « Ca manque juste d’déco quoi. Quelques photos d’toi et d’Flav – si possible sans qu’t’sois déguisée en infirmière coquine ! » Les bras croisés, les sourcils d’Erin se soulevèrent encore plus. Elle avait pas besoin de regarder pour savoir que des photos d’elle et Flavien étaient accrochées au mur. En fait, y en avait même de son oncle lors de son voyage en Grèce, et de Raph aussi, quand ils étaient plus jeunes. Enfin, les photos manquaient pas sur ce mur, quoi. « Pis quelques dessins d’un débile d’Edgecombe : j’en connais plein, s’tu veux. Des débiles, des Edgecombes, et même des Edgecombe débiles ! » Oula. Il avait de la merde dans les yeux ou quoi? Des dessins de Raph, y en avait aussi sur le mur, d’ailleurs, y avait celui qui représentait Erin en dresseuse de Pokémon qu’il avait fait quand ils étaient gosses. « Raph… » Elle eut pas le temps de finir qu’il avait déjà recommencer à parler. Elle savait pas dans quel délire il était partit, mais franchement, ça la faisait flipper. « Mais attention hein, à n’pas trop mépriser cette vaste tribu d’barges : « Nul n’peut bafouer l’Empire Edgecombien ! Quand on l’attaque, l’Empire contre-attaque ! » C’était elle, ou il était partit dans des répliques de films, là? Posant une main sur sa joue, Erin le regardait sans rien dire. Elle allait attendre qu’il se calme, et surtout qu’il finisse son délire. De toute façon, qu’est ce qu’elle pouvait faire d’autre? Elle savait pas trop là, elle se sentait… Paumée, oui. Même si visiblement, elle était pas la plus paumée des deux. « Et juste là, un p’tit géranium ! Ouais, ça va être bien. Ca va être très bien même ! » Il lui proposait sérieusement de foutre une plante ici? Pourtant il savait qu’Erin était loin d’avoir la main verte, et qu’elle arrivait pas à garder une plante en vie plus d’une semaine. C’était le truc d’Andreas ça, pas le sien, et elle se voyait pas lui demander de venir s’occuper de ses plantes pour que son bureau soit plus classe. Surtout qu’elle s’en fichait pas mal qu’il le soit, tant qu’il lui ressemblait, en fait. Et avec une plante vivante dans la pièce, ça lui ressemblerait pas, parce que ce serait pas elle qui s’en occuperait. Ralph était partit caressé Pache, le chien d’Erin. Comme par hasard hein. Comme ça il lui faisait plus face. Ce petit malin, j’vous jure. Mais il allait pas s’en tirer comme ça, fallait pas rêver. « Mais, plus sérieusement, y’a rien à dire, Erin… Ca va. J’bosse, j’fais quelques sorties, j’vois Mila d’temps à autre, j’profite de Jack, et Tumy est stable pour l’instant… » Ouais ben cette Mila hein… Raph savait très bien ce qu’en pensait Erin, et c’était pas quelque chose de bien. Il ferait mieux de la larguer celle là, de son avis. Elle était nettement pas faite pour lui, en plus de pas la mériter. Et puis Tumy… Ok, elle est stable pour l’instant, et tant mieux d’ailleurs. « Oublies pas ton traitement. » Et voilà, c’était plus fort qu’Erin, fallait qu’elle fasse sa maman poule. Mais c’était important, il fallait pas que Raph oublie de prendre ses médocs, ni ses rendez vous à l’hôpital. C’était quand même sa vie qui était en jeu, alors oui, Erin s’inquiétait. « Ca pourrait être pire… » C’est cette remarque qui fit tilt à Erin. Ça pourrait être pire… Ouais, mais ça pourrait être mieux aussi. Puis, faut pas se mentir, quand on dit un truc comme ça, c’est pour se rassurer qu’on est pas le plus malheureux sur terre, mais qu’on est pas au summum du bonheur non plus. C’est l’excuse que tout le monde sort pour dire qu’on a pas le droit de se plaindre en voyant la douleur des autres. Et la brune trouvait ça complètement débile; surtout qu’il savait très bien qu’il pouvait tout lui dire, qu’elle pouvait tout entendre, et qu’elle était là pour lui. Sauf qu’elle avait l’impression que ces derniers temps, cette aide, il la voulait pas, alors qu’il en avait besoin.  « « Viens m’le dire d’profil si t’es un homme ! » Et prends pas l’excuse qu’t’es un chien, non mais ! » Ok, là c’était trop. Il était temps pour Erin de bouger. Elle se dirigea alors vers son meilleur ami, et le prit par le bras, pour le traîner jusqu’à la chaise de son bureau où elle le força à s’asseoir. « Parle. » Elle avait cet air, qu’il lui ferait bien comprendre qu’elle ne comptait pas le laisser s’en tirer comme ça. Il fallait qu’il parle, parce qu’il pouvait pas garder tout ça pour lui, comme elle même ne pouvait pas garder tous ses problèmes. Elle lui avait pas encore parlé de ce boulot en plus qu’elle avait prit pour pas être dans la merde niveau finances, mais elle le ferait. sauf que là c’était son tour à lui de parler. « Et essaye pas de me prendre pour une conne en me disant que tout va bien. » Parce qu’elle savait qu’il en était capable de ça aussi. Parce qu'il voulait pas qu’elle s’inquiète. Sauf que s'il disait rien, elle allait encore plus s’inquiéter qu’en sachant ce qui le tourmentait. Puis elle voulait l’aider aussi, merde. C’était son meilleur pote, pas de secrets, il le savait. Bon, ok, elle pouvait parler de ce côté là, étant donné qu’elle lui avait jamais parlée de sa relation avec Andreas. Mais c’était encore autre chose ça, et ça la détruisait pas, ce genre de merde, pas comme ça le détruisait lui. « Si tu me dis rien, j’peux pas t’aider. Et si je peux pas t’aider, je sers à rien en plus d’être une meilleure pote merdique. » En colère? Non, à peine. Bien sûr qu’elle était en colère! Mais elle était pas en colère contre Raph, non, elle était en colère contre Gaëlle. Parce que c’était sa faute tout ça. Le monde se serait porté bien mieux au final si elle avait jamais croisée la route du brun, sérieusement. Erin avait l’impression qu'elle détruisait tout sur son passage, et malheureusement, elle était passée par le coeur de son meilleur ami. « Tu changes de sujet, je t’égorge. » Elle préférait le prévenir. Il venait bien de la faire, alors elle savait qu'il était capable de retenter le coup, en lui retournant la question ou une connerie dans le genre. Mais ses problèmes à elle pouvaient attendre largement, ils allaient pas s’envoler. Lui d’abord.
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