(ft. Rose ♥ ) the weight of love

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(ft. Rose ♥ ) the weight of love ✻ ( Mar 8 Nov - 21:40 )


the weight of love
Rose et Saul



Comment en était-on arrivé là ? Je l'ignorais. Mais le fait était que je ne pouvais que m'y confronter. La nuit avait étendu son voile, et ma mémoire s'était brouillée, tout comme mes sens. J'avais perdu notion de tout, sans doute dans l'hébétude de l'instant, dans la souffrance des minutes se passant sans elle, dans l'ombre de sa silhouette me poignardant en plein coeur en disparaissant à l'horizon. La douleur. C'était elle qui me faisait chanceler et donnait aux visages que je croisais la couleur de l'anonyme. Parfois c'était comme ça, plus rien n'avait d'importance, et si je me maîtrisais la journée, le soir venu je m'évadais au creux de mes pêchers, dans les coins les plus sombres de mon âme. Je n'étais pas un homme mauvais, pourtant. Nombreux s'accordaient à dire que j'étais un homme fiable et attentionné, un homme comme on n'en fait plus. Mais un homme auquel on a arraché la meilleure partie peut-il encore exister autrement qu'en dévastant ce qui l'entourait ? Peut-il encore exister avec ce trou béant en plein milieu ? Je n'en savais strictement rien.

J'étais pourtant habitué à son absence, depuis plus de deux ans maintenant, je construisais ma vie remplie de vide avec des substituts d'existence. Mais elle était toujours là, quelque part. C'était comme si je pouvais la sentir dans l'air, et son visage encadré par le rideau doré de sa chevelure semblait toujours présente dans le coin de ma rétine. Même si quand je tournais la tête, elle avait disparu. Pour moi elle était toujours là, envahissant la ville de son fantôme, je savais qu'elle y vivait donc je pouvais l'apercevoir à tout moment, et même si nous n'échangions souvent qu'un regard, c'était suffisant, il y avait la possibilité, si un jour je décidais de prendre mes couilles en main, Margot serait là pour m'entendre parler. Pour m'entendre dire tout ce que je n'avais pas su lui dire.

Mais à qui dois-je parler, maintenant que tu es partie ? Vers qui dois-je tourner mes espoirs silencieux, mes « et si... » ? Comment suis-je censé vivre ton absence, maintenant que tu m'as dit au revoir, pour ne plus jamais te retourner. Maintenant que ton ombre a disparu. Maintenant que la persistance rétinienne s'est évanouie ? Tu n'es plus là, et tu me laisses là à ne pas savoir comment, vers qui, vers quoi me tourner. Toute ma vie d'adulte s'est constituée de toi, chacun de mes choix, de ma carrière à mon appartement, jusqu'à mon chien. Tu adorais les chiens, putain. Parfois je voudrais me séparer de toutes ces choses, mais je ne suis même pas sûr qu'il y ait quelqu'un derrière tout ça, je doute de ma propre identité, tu m'as bouffé en entier, je ne sais plus qui j'étais avant toi, et comment je pourrais faire fi de tout ça. J'imagine que malgré tout, tu fais partie de moi.

J'ai voué mon âme à la nuit ce soir, finissant au bar, le coeur un peu bancal, l'esprit un peu fatigué. J'ai longtemps appuyé mon front contre ma main, sondant le liquide ambré dans mon verre, me heurtant à toutes ces difficultés cherchant l'homme fort que j'avais toujours été, le Saul vaillant aux épaules puissantes et larges, suffisantes pour tout porter. Il avait suffit d'une femme pour tout briser. Je lâchais un soupire et jouais avec une cacahuète du bol que l'on m'avait fourni. Je n'avais pas faim, et ma soif était insatiable, pourtant l'alcool ne me faisait pas chavirer, je n'étais pas encore ivre, seule mon âme l'était. C'était plus profond que le spleen de Baudelaire, et j'attendais avec impatience le moment où cette souffrance récente allait se métamorphoser en douce nostalgie. C'était trop frais. La plaie était encore béante.

L'esprit vagabondant, j'avais distraitement payé l'addition avant de me lever de mon siège tel un mort-vivant,  enfilant mon manteau pour sortir dans la fraîcheur de la nuit. Je n'avais encore parlé de l'événement à personne, trouvant d'habiles prétextes depuis deux semaines pour éviter mes proches. Mais il fallait que parle à quelqu'un, c'était évident, je ne pouvais fuir ma folie éternellement, il fallait que je l'affronte en la confessant avant qu'elle ne m'enivre totalement et prenne le dessus sur l'équilibre fragile de mon esprit. Et tandis que ces pensées parcouraient celui-ci, cela devint évident. Je savais à qui j'avais besoin de parler, sur quelles épaules je devais m'épancher. Sans même y réfléchir davantage, mes pas m'avait enveloppés dans la nuit jusqu'à ce que je parvienne au pas de sa porte. Non, je ne pouvais la déranger. Pas elle, pas maintenant. Il était minuit passé à présent, j'avais bu quelques verres, je m'étais laissé envahir par mes songes les plus sombres et quant à elle, elle dormait sûrement.

Ou peut-être que non. Peut-être que comme moi, Rose ne trouvait pas le sommeil, ou qu'elle avait peur de celui-ci. Cette fille me laissait toujours surpris, dans ses attitudes si proches des miennes dans sa souffrance silencieuse qui animait mon ventre également. Dans nos douleurs respectives, nous nous comprenions tout simplement, partageant dans un regard tout ce qu'on ne pouvait dire avec des mots. Mon doigt hésitant à cette pensée, à un centimètre à peine du bouton où était écrit son nom. Ses regards me faisaient parfois peur, quand nous étions trop perdus. Rose et moi étions amis, ce genre d'amitié profonde qui se vit mais ne s'explique pas. Mais Rose était la raison pour laquelle ne serions toujours amis et rien de plus. Si nous nous étions aimés autrement, nous nous serions perdus l'un l'autre, et en plus d'être malade de l'autre, nous aurions été malade d'être le fardeau de l'autre. J'inspirais profondément, mais non, j'avais trop besoin d'elle. J'appuyais.

Il était tard, nous n'étions pas dans une des meilleures rues pour stagner la nuit, et c'est sans doute pour ça que cela me semblait si long, mais finalement le crépitement du combiné qui se décroche se fit entendre dans le haut parleur, et tandis qu'elle s'annonçait, je répondis, pétris d'espoir et de soulagement : « Rose, c'est moi, Saul. J'ai vraiment besoin de te voir. » Ce n'est qu'après que je réalise à quel point c'est con de faire ça. A quel point c'est ridicule. Et à quel point c'est un manque de respect pour elle. Je passe la main sur mon front, je voudrais m'excuser, lui dire que je n'aurais pas du, lui éviter ce fardeau. Mais je n'y arrivais pas. Je n'avais pas l'habitude de vivre comme un égoïste, mais je savais qu'avec elle, tout était tellement plus simple, tellement différent. « Je peux rentrer ? » fut-alors la seule conclusion que je pus marmonner.

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