J’sais que c’qui n’tue pas nous rend plus fort, mais moi, mais moi j’suis déjà mort. (Mila)

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Ravinelle is so much better

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J’sais que c’qui n’tue pas nous rend plus fort, mais moi, mais moi j’suis déjà mort. (Mila) ✻ ( Mar 15 Nov - 23:39 )

Mila ∞ Raphaël
« J’plie sous l’poids d’la douleur tenace qui broie mon âme sans merci. J’prie sans la foi pour qu’le temps efface cette rage qui ronge mon esprit. Comment ressentir d’la haine pour un être qu’on aime plus fort qu’soi ? Faut-il jeter dans les flammes tous les mensonges et l’infâme qui font mal ? Mon Dieu, faites qu’un jour je lui pardonne, car c’est elle qu’a fait de moi un homme. J’veux croire qu’c’de ma faute, si c’soir, elle dort auprès d’un autre. J’plie sous l’poids d’mon armure de glace qui brûle mon corps sans répit. L’écho d’sa voix comme une morsure vorace m’dévore à l’infini. Comment ressentir d’la haine pour un être que l’on aime plus fort que soi ? Trouver la force d’bannir l’passé, les souvenirs qui font mal ? La nuit, l’vide et l’absence, l’ennui, l’manque et l’oubli, à mes cris répond ton silence alors j’pleure et j’prie. » (Auprès d'un autre, "La Légende du Roi Arthur". Parce qu'ça montre assez bien comment s'sent Raph en ce moment, sauf que lui ne prie même pas, ça l'emmerde, il n'a jamais été croyant et n'est pas prêt de le devenir...).


Samedi 17 Décembre, dans la matinée :

J’ai beau être en week-end – de surcroît en mode « vacances » - ça m’empêche pas d’me lever tôt. J’ai beau avoir une nana sublime dans mon lit, j’traîne pas à ses côtés. J’ai jamais été du genre à faire la grasse mat’, d’toute façon. Mais là, c’encore pire. A cause d’Tumy ? Nan, même pas. ‘fin, si, ça doit jouer, mais y’a pas qu’ça, clairement. Y’a Elle, bien entendu, encore et toujours Elle. Ou plutôt son absence, qui, telle une bête enragée, creuse et creuse, inlassablement, dans mon cœur, dans mon âme, dans mon être. J’attends limite avec impatience l’moment où elle aurait tout extirpé hors d’moi. L’moment où j’serai enfin une coquille vide, qui n’ressentira vraiment plus rien, au lieu d’être à moitié amorphe. D’devoir parfois lutter pour n’pas m’effondrer, car j’ressens tout, bien trop fort, bien trop intensément, à tel point qu’j’ai l’impression d’être enseveli sous c’flot d’émotions, pire qu’le plus fort des tsumanis qu’ait pu un jour ravager un bout d’la planète. C’tellement intense qu’si j’vivais dans un monde dans lequel j’étais empathe, ça n’serait pas pire. Et parfois, par opposition, j’suis étrangement déconnecté. Ces jours-là, il peut s’passer n’importe quoi, dans ma vie, comme dans la vie d’un d’mes proches, qu’j’en ai strictement rien à battre. Qu’ça m’fait rien. Comme si une immense muraille de verre m’entourait et m’éloignait d’tout ça. Comportement loin d’être habituel chez moi, surtout quand un problème quelconque atteint une personne qui compte vraiment à mes yeux. Mais, dans ces moments-là, on peut m’annoncer n’importe quoi, ça n’m’atteint pas. Faut qu’j’me force  n’pas laisser l’engourdissement devenir trop visible, et qu’j’mette alors à profit mes talents d’acteur pour « jouer » la réaction qu’j’aurai eu, sans c’merdier. Un p’tit jeu auquel j’me plie depuis bien des années, l’art d’feindre qu’tout va bien, quand c’loin d’être l’cas. Une habitude acquise durant mon enfance, pour éviter qu’les miens n’se préoccupent de moi, alors qu’ils avaient déjà 1001 soucis à supporter. Une manie qu’a pris d’l’ampleur quand l’Crabe s’est dit qu’ça serait cool d’s’inviter dans mon cerveau. Un talent qui m’servira largement, durant les mois à venir, quand j’aurai plus goût à rien, et qu’il m’faudra entretenir l’illusion du mec qui fait aller. Un truc qui m’servira à duper mon entourage, tout mon entourage. J’ai vraiment commencé à être déconnecté y’a pas longtemps. Au fur et à mesure qu’Son mariage approchait. Et même s’il est finalement annulé, l’engourdissement n’cesse de s’propager. Comme la rouille qui dévore peu à peu d’vieux objets délaissés dans un recoin du grenier. Quand j’ai appris, d’Sa bouche, qu’le mariage était annulé, j’suis passé d’un état à un autre. M’enfin, disons qu’sans surprise, ça m’a fait mal, énormément, mais ça m’a surtout engourdi. Jusqu’à c’qu’Elle m’dise c’qui s’passait, car à partir d'là, j’étais là, bel et bien éveillé. Tout ça parce qu’Elle allait mal. Fallait pas être devin pour l’voir. Suffisait juste d’être un peu observateur. Ou p’têtre, comme moi, d’être tout simplement trop concentré sur Elle, dès qu’Elle est dans la même pièce qu’moi. Bien qu’totalement con, c’plus fort qu’moi. Et c’jour-là, Elle avait à peine franchi la porte d’la salle dans laquelle j’bossais, qu’j’ai vu qu’un truc La tracassait. C’d’ailleurs ça qui m’a sorti d’ma léthargie habituelle. J’étais soudainement électrisé, et n’avait plus qu’un seul but en tête : La faire parler, pour savoir c’qui La tracassait, et parvenir à Lui rendre l’sourire. Parce qu’comme avant, La voir aussi mal m’fendait l’cœur, j’le supportais pas, j’l’ai jamais supporté, et visiblement, j’le supporterais jamais. C’alors qu’Elle m’a balancé, comme ça, qu’Son mariage allait être annulé. Comme un constat inébranlable. Comme si ça n’était qu’partie remise. Comme si Elle n’avait d’autres choix que de renoncer – pour l’instant – à c’qui restait Son plus grand rêve. Comme si un jour, plus tard, Elle portera avec fierté l’nom d’famille d’son fiancé. Comme si Elle concluait une conversation qu’on aurait pu démarrer ensemble, mais dont j’me souvenais pas du début, n’pouvant donc comprendre la suite logique d’Son raisonnement. Du moins, voici mes diverses interprétations quant à Ses propos. Mon cœur s’est retrouvé cerné d’une chape glaciale. Littéralement. L’froid s’est immédiatement répandu dans la moindre d’mes veines, alors qu’mes dents s’resserraient autour d’mes lèvres. Pitoyable tentative d’ma part d’garder en moi le cri d’rage d’La voir dans un tel état, à cause de c’mariage à la con, à cause d’la conscience aigüe qu’il n’m’appartenait plus d’tenter d’L’apaiser. Après une inspiration, j’ai finis par – non pas Lui dire qu’ça m’donnait envie d’vomir d’La voir dans un tel état à cause de l’annulation momentanée d’Son maudit mariage – mais plutôt Lui demander c’qui La forçait à annuler l’événement. Son regard s’est alors posé sur moi, comme étonné d’me trouver là. Signe indicateur qu’Elle était vraiment perturbée, car d’habitude, qu’Elle soit fatiguée ou non, quand Elle arrive au cabinet, Elle est vraiment présente, et concentrée sur la tâche qui L’attend. Telle une gosse qu’attend avec hâte l’moment où elle pourra enfin s’servir du nouveau jouet qu’elle a eu à Noël. Mais là, Elle n’semblait pas vraiment là, trop accablée par Ses soucis, n’revenant donc à Elle qu’en m’entendant L’interroger. C’qui a eu pour effet d’faire d’nouveau tambouriner mon cœur comme un malade, détruisant d’ce fait la chape glacée qui l’étreignait jusqu’alors. Parce qu’j’avais mal. Pour Elle. D’La voir aussi mal, j’savais qu’y’avait quelque chose d’plus grave qui s’cachait derrière l’annulation d’Son mariage. Annulation qui n’avait pas été pour moi une révélation quelconque, sur de très faiblardes chances d’La reconquérir. Car peu importe c’que peuvent croire certaines personnes d’mon entourage : j’ai définitivement renoncé à Elle. Depuis l’mois d’Avril, pour être plus précis. Depuis qu’j’ai compris qu’un espoir stupide avait vu l’jour en mois. Depuis qu’j’ai réalisé qu’j’en crèverais, franchement, si j’ne l’étouffais pas à temps. Depuis qu’j’me suis fait une raison, sur l’fait qu’jamais Elle ne m’reviendra. Si j’ai décidé d’rester, c’pas pour La reconquérir. C’uniquement parce qu’j’suis incapable d’ne plus La voir dès à présent. Parce qu’il y Erin, Flavien, Andreas, Cameron et tant d’autres personnes qu’j’aime bien à CH. Parce qu’il y a Jack, aussi, et qu’même si j’ai envie d’partir en Asie, j’ai pas envie d’louper les 1ers mois d’son existence. Mais n’comptez pas sur moi pour débarquer dans l’église, l’jour d’Son mariage. J’vais pas m’amuser à jouer un mauvais remake des films à l’eau d’rose, navré d’vous décevoir ! Disons juste que j’m’octroie quelques p’tits mois pour profiter encore un peu d’Sa présence, avant d’tout mettre en œuvre pour n’plus jamais La voir. Pas la force d’La voir vivre Sa vie d’femme, mariée et épanouie aux côtés d’ce toubib qui m’donne envie d’me tirer une balle dans l’crâne à chaque fois qu’j’pense au fait qu’il L’ait dans sa vie de p’tit fils de riche qu’a sans doute toujours eu, tout c’qu’il voulait, dans sa p’tite vie d’bourge bien rangé. C’jour-là, j’étais donc triste. Pour Elle. Car Elle devait mettre de côté Ses rêves, Son envie d’voir disparaître le Gates honni. Et, même s’il devait s’construire sans moi, j’voulais qu’une chose : qu’Elle accède à c’bonheur qu’Elle mérite tellement. C’bonheur pour lequel j’avais sacrifié l’mien, et ma raison, au passage. C’bonheur pour lequel j’serai encore prêt d’tout sacrifier, si ça pouvait Lui en assurer un, sans ombre, toute Sa vie durant. J’étais pas triste pour moi. J’m’en foutais d’réaliser, encore plus s’il l’fallait, qu’Elle appartenait à un autre, qu’bientôt, ça sera officiel, et ce, même si ça venait d’être repoussé. J’me suis jamais vraiment préoccupé d’moi, ayant toujours privilégié l’bien-être des gens qu’j’aimais qu’le mien. C’entre autre chose c’que j’avais fait, à l’époque, quand Elle était avec Riley, n’voulant pas m’interposer entre mon frangin et Elle. C’était c’que j’avais fait quand j’n’avais pas cherché à retenir Erin à Londres, pour qu’elle puisse poursuivre ses études, en lui taisant à quel point j’me sentais paumé, suite à l’incendie et à Son départ. Car même si Erin est partie quelques mois après cela, j’étais toujours mal. Mais j’voulais pas qu’elle reste pour veiller sur moi, j’voulais qu’elle pense à elle, qu’elle prenne son envol, qu’elle puisse montrer à sa famille qu’malgré c’qu’ils lui avaient fait endurer, elle restait une battante, en mesure d’se construire l’avenir qu’elle méritait. J’ai même jamais vraiment avoué au reste de mon entourage à quel point Son absence continuait à m’faire souffrir, en dépit du temps écoulé. Bref, tout ça pour dire qu’j’ai jamais été du genre égoïste, loin d’là, et encore moins quand il était question d’Elle et d’Son bien-être. Bien pour ça qu’j’Lui ai pas dit, c’jour-là, qu’Elle n’pouvait faire l’erreur d’Se marier malgré tout avec un mec qui n’pourrait jamais L’aimer autant qu’moi. D’toute façon, comme dit auparavant, mon cœur était trop glacé pour réagir réellement, n’s’agitant uniquement qu’par la souffrance qu’j’lisais dans Son regard. Souffrance dont j’ai compris la raison lorsqu’Elle m’a expliqué qu’Sharon avait fait un AVC, récemment. Qu’elle n’pourrait donc venir à la cérémonie. Qu’son état d’santé L’inquiétait. Il était clair qu’les conditions n’étaient pas idéales pour qu’le mariage ait lieu, pas sans celle qu’était comme une mère pour Elle, pas alors qu’celle-ci était au plus mal. Et j’ai encore eu plus mal pour Elle. Pour la douleur qui s’tapissait dans Son regard. Pour le voile qui occultait l’bleu d’Ses yeux, à cause d’la peur d’perdre celle qu’avait toujours été comme une mère pour Elle. Qui L’avait aimé comme Sa mère n’avait jamais pu l’faire. Ma propre hantise d’voir disparaître une femme qu’j’adorais depuis toujours, mais aussi l’une des rares personnes d’Sa famille qui n’m’ait jamais jugé, n’m’a rien fait. J’l’ai même pas ressenti. L’engourdissement m’reprenait à c’niveau-là, dressant une barrière entre mes émotions et la réalité, n’laissant filtrer que c’qui La concernait. Sa peine. La possible épreuve qu’Elle pourrait être amenée à affronter dans quelques temps. Mon cœur s’brisait pour Elle, oubliant littéralement qu’il pourrait être amené à s’briser pour moi également. C’sans doute en voyant Son regard, tellement triste bien qu’elle tentait – inutilement – d’me l’cacher, qu’j’ai craqué. Sans un mot, j’L’ai attiré contre moi. Comme j’L’avais fait tant d’fois dans l’passé. Comme j’L’aurais fait, sans l’accident. Comme j’n’aurai même jamais dû l’faire, au vu d’notre situation. Mais c’fut plus fort que moi. Un vieux réflexe, tellement puissant, qu’j’n’ai pas pu l’repousser. Dont j’n’ai pris conscience qu’lorsqu’Elle était déjà entre mes bras. Accrochée, comme à Son habitude, à mon haut. Mes yeux, qui s’étaient clos, s’sont brusquement rouverts, brisant la douceur incongrue d’l’instant présent. Mon cœur, dans son étau frigorifique, s’est brisé. Souffrant pour moi. D’L’avoir dans mes bras. Sans qu’Elle n’soit mienne pour autant. D’La sentir aussi fragile que ça. D’constater, lointainement, l’abandon qui semblait être le Sien, en cet instant précis. D’savoir qu’j’ne La délogerais pas d’là, car j’n’en aurais pas la force, pas tant qu’Elle n’paraîtra pas un minimum apaisée. Et ce, même si Son absence m’brûlera encore plus intensément, après L’avoir eu auprès d’moi, durant ces quelques minutes volées d’un bonheur auquel j’n’ai plus l’droit. Etreinte qui n’a pris fin qu’lorsqu’du bruit s’est fait entendre à la porte d’entrée, signe qu’Remy venait d’faire son entrée. Suite à ça, mon sang s’est d’nouveau figé, glacé, m’maintenant engourdi à tout c’qui pouvait bien s’produire. Oh, bien sûr, nul n’a rien vu, j’sais encore jouer l’jeu. Mais il n’empêche qu’j’ai eu besoin d’prendre l’air aujourd’hui. Comme je l’avais prévu, dès que j’ai su qu’Elle devait S’marier c’week-end. L’annulation des festivités n’m’a pas donné envie d’annuler mes plans. M’fallait souffler, malgré tout.

C’est pour tenter d’retrouver un 2nd souffle, ou d’me souvenir simplement d’comment faire pour respirer sans avoir un immense poids sur l’cœur, qu’j’ai décidé d’partir en week-end. Décision prise dès qu’Elle m’a tendue Sa maudite invitation, m’faisant savoir qu’j’étais libre, d’venir à l’ensemble des festivités comme à simplement une partie, ou comme à rien du tout.  Si j’ai rapidement su qu’j’n’irais pas, j’ai cependant mis du temps à trouver quoi faire. J’n’ai pas donné d’excuses à la kiné, concernant mon refus d’venir à Son mariage. J’L’ai juste remercié d’Son invitation, qu’j’devais toutefois décliner. C’un peu avant d’commencer à fréquenter Mila qu’j’ai trouvé tout plein d’idées pour occuper d’fichu week-end. C’tout naturellement qu’j’lui ai proposé d’m’accompagner, vu qu’notre relation non-exclusive s’poursuivait, et qu’j’supportais franchement pas d’partir seul. Bon, j’avoue, à la base, j’voulais proposer à Gab’ d’me suivre, mais disons qu’notre relation est un peu étrange/tendue depuis un p’tit moment, alors, j’ai préféré m’abstenir. J’ai songé à Gwen, mais j’avais pas envie d’passer c’week-end avec une d’mes frangines, même si elle est bien l’une des rares qui risque l’moins d’me faire la morale par rapport à la kiné ! Pis, d’toute façon, elle a ses études, et son job, donc…. Puis, Erin et Flavien s’sont installés ici, alors j’me suis dit qu’demander à la brune d’passer c’week-end avec moi pourrait être cool. Elle au moins ne m’jugerait pas, même si elle saurait c’que j’cherchais à fuir. Elle a accepté. Dès que j’lui ai demandé. Bien entendu, elle savait c’qu’je voulais éviter, en étant ailleurs qu’dans c’p’tit patelin qu’était censé être mon salut, et qui s’avérait plutôt contribuer à ma perte. C’avec elle qu’j’ai trouvé une destination qui promettait d’être plutôt intéressante, d’avoir d’quoi nous occuper pendant c’séjour. Car nous savions tous deux à quel point il serait primordial, ce week-end particulier, qu’mon esprit soit accaparé par un paquet d’choses. Tout, plutôt qu’voir mes pensées errer du côté d’CH, où la seule femme pour laquelle mon débile d’cœur n’ait jamais daigné battre, puisse être en train d’unir Sa vie à un autre qu’moi. Et, au final, c’mariage n’aura pas lieu, contrairement à ma p’tite escapade, qui devrait s’faire sans ma meilleure amie. Annulation récente d’la part d’la dresseuse, du fait d’sa grossesse. Très bonne nouvelle pour elle, très sage décision pour le p’tit. J’peux pas dire que j’comprends pas. Pas après la succession d’fausses couches qui parsèment la vie d’mes proches. Alors j’ai dû trouver quelqu’un d’autre pour m’tenir compagnie. Et ce, même si l’mariage était annulé. J’pouvais tout simplement pas supporter d’rester dans ce p’tit bled que peu à peu, j’venais à détester. Voici comment j’ai fini par penser à Mila. J’avais déjà la destination, un paquet d’idées pour occuper l’week-end, m’fallait juste d’la compagnie. J’lui ai plus ou moins dit toute la vérité. Lui avouant qu’j’avais prévu c’week-end d’longue date, avec ma meilleure amie, mais qu’celle-ci avait été contrainte d’annuler. Qu’du coup, les réservations étaient faites, qu’c’était la merde pour tout annuler (voir impossible pour certains trucs !), et qu’ça pourrait être cool si elle venait avec moi. Pourquoi avoir été « aussi » franc ? Simplement pour lui refaire comprendre qu’ça n’était pas sérieux, entre nous, qu’ce week-end n’avait rien d’un week-end romantique en amoureux. Loin d’là même. Même si j’ai rajouté, parce que j’le pensais, qu’ça pourrait nous faire du bien, d’nous retrouver ailleurs qu’à CH. Moi, loin d’Jack, d’Loan, et des quelques Edgecombe présents. Elle, loin d’sa nièce, d’sa famille, et d’son boulot. Nous deux, simplement loin d’nos soucis, pendant quelques précieuses heures.

Bref, voici donc l’pourquoi du comment j’me suis réveillé, en c’samedi matin, à l’aube, dans un charmant p’tit hôtel d’Asheville. Aux côtés d’Mila. Nan, vous n’rêvez pas, il était prévu qu’on partage une chambre avec Erin. Otez-vous tout d’suite la moindre idée d’cochonneries quant à c’qui aurait pu s’passer entre nous entre ces murs : Erin, c’comme une sœur pour moi. Donc, si y’a des gens qui sont assez dérangés pour s’taper des membres, c’loin d’être mon cas, et loin d’être l’cas d’Erin aussi. Sans oublier qu’la brune est bien trop amoureuse d’Flav’ pour tout foutre en l’air (même s’ils s’engueulent parfois comme des débiles !), qu’j’ai bien trop d’respect pour leur couple pour m’immiscer entre eux (même si j’aime assez à détruire tout c’que j’peux, en c’moment !), et qu’j’ai bien trop d’estime pour Flavien pour lui faire un tel coup d’pute ! J’suis un connard total, mais j’ai mes limites ! Passons sur mon degré d’pourriture, voulez-vous ? C’matin, j’me suis réveillé tôt. Comme d’hab’ ! C’matin, j’ai eu envie d’me frapper la tête contre un mur dès l’réveil parce qu’j’ai rêvé d’Elle. Comme d’hab’ ! C’matin, Son absence contre moi m’brûlait, depuis qu’j’ai pu regoûter au plaisir d’L’avoir entre mes bras. Comme d’hab’ ! C’matin, la pensée du « Mais pourquoi Diable j’respire encore ? » alors qu’j’ai d’plus en plus d’mal à respirer sans difficulté, m’a traversé l’esprit. Comme d’hab’ ! C’matin, j’ai encore eu l’envie d’me prendre une météorite sur la gueule, un train en plein face, ou n’importe quoi d’autre qui puisse enfin mettre un terme au supplice qu’j’endure depuis bien trop longtemps maintenant. Comme d’hab’ ! Et ouais, ça fait en effet plusieurs mois d’ça qu’j’ai replongé. Comme avant. Comme à l’époque d’mon périple en Irlande. Dans la spirale qui m’fait regretter d’n’avoir pas perdu la vie c’soir-là. J’ai passé des heures à hurler des injures en direction du Ciel, des heures à balancer des insanités dans des églises, des heures à cracher à la gueule d’tous les prêtres que j’pouvais voir. M’fallait leur faire comprendre qu’leur Dieu n’est qu’le roi des cons, des arnaqueurs, la pire raclure qui soit. Comment avait-il osé faire d’ma vie un tel Enfer ? Qu’avais-je donc fait pour mériter qu’le sort continue à s’acharner sur moi ? Pourquoi m’avait-il laissé la vie sauve, si c’était pour m’enlever mon fils et faire d’une étrangère la femme que j’aimais ? Une fois ma haine passée, l’temps des lamentations est venue. J’l’ai supplié d’me faire crever. Parce qu’j’avais pas la force d’faire preuve d’autant d’lâcheté. Parce qu’j’voulais pas faire endurer ça aux miens. Parce qu’j’avais – étrangement – encore l’envie d’vivre. Mais, une fois d’plus, Dieu est resté sourd à mes m(aux)ots. J’ai réussi à relever la tête, mais certainement pas grâce à lui. Puis, j’suis venu à CH. Et Elle a débarquée peu d’temps après. Mon fragile équilibre a perduré quelques mois, avant d’voler en éclats. Brisé par une semaine d’silence. Parvenant pas réellement à s’reconstruire depuis lors. S’écroulant et tentant d’se reconstruire sans arrêt, alors qu’j’La vois avec Chris, préparer leur mariage, construire ensemble leur vie à venir. C’matin, avant même d’prendre mon p’tit-déj’ ou d’me glisser sous la douche, j’ai été faire un jogging dehors. Un très long jogging. Pour reprendre une citation d’un d’mes films fétiches : « J’ai couru… J’ai couru jusqu’à sentir tous mes muscles brûler, jusqu’à sentir dans mes veines de l’acide sulfurique à la place du sang. Puis j’ai couru encore. ». (Si vous avez pas compris la référence, j’peux plus rien pour vous, faut juste qu’vous arrêtiez d’vous abrutir des merdes actuelles qu’on nous pond H24, avec des mecs en collants qui sauvent l’monde et dénaturent les super-héros d’base !) Car c’exactement c’que j’ai fait. Courir pendant des heures. Pour avoir mal. Des pieds à la tête. D’mes muscles à l’intérieur même d’mes veines. Parce qu’c’à présent la seule solution qu’j’ai pour tenter d’ressentir vraiment quelque chose. D’me sentir véritablement en vie. Avoir l’impression qu’mon corps s’disloque, pour n’plus avoir l’sentiment n’être qu’une coquille vide. Qu’une marionnette qu’agit d’manière routinière, manipulée par un marionnettiste bien trop sadique pour qu’ça soit normal. J’me sens jamais aussi vivant qu’lorsqu’mon corps hurle d’douleur, sous l’effort d’un jogging un peu trop long, un peu trop intense. Lorsque j’reviens enfin à l’hôtel, il est plus d’8h30. J’ai été faire un p’tit crochet à la boulangerie, pour ramener quelques pâtisseries. J’ai laissé un p’tit mot à Mila, pour la prévenir. Histoire qu’elle n’s’inquiète pas d’mon absence, et n’croit pas qu’j’avais fait mon enflure d’compét’, en l’amenant ici avec moi, pour la laisser seule, sans explication. J’dépose les pâtisseries sur un p’tit meuble à l’entrée d’la chambre, pour finalement aller m’chercher des vêtements propres, et m’glisser sous la douche. D’après c’que j’ai pu voir, Mila est en train d’émerger, mais j’ai pas envie d’la voir pour l’instant. Plus encore : j’ai pas envie d’partager une douche avec elle. Ou plus exactement : j’ai pas envie d’partager une douche avec qui qu’ce soit. Hormis Elle. D’toute façon, j’n’ai jamais convié aucune nana à s’glisser sous la douche avec moi, à part Elle. C’débile, car ça n’est rien, au fond, mais… C’plus fort qu’moi. D’tels moments, j’n’ai envie d’les partager avec nulle autre qu’Elle. Pas envie d’dénaturer mes souvenirs en les voyant s’superposer avec des souvenirs concernant une autre femme. J’dénature assez d’souvenirs qu’j’peux avoir avec Elle. Voyez ça comme mon envie – pathétique – d’garder un genre d’jardin secret, préservé d’l’existence d’autres femmes. Pas parce qu’j’tente d’continuer à vivre ma vie sans Elle qu’j’ai pour autant décidé d’tout « (re)vivre » sans Elle ! Bien pour ça qu’j’ai pris l’habitude d’fermer à clé la porte d’la salle de bains, quand j’me glisse sous la douche, vu qu’avant, lorsqu’Elle était dans les parages, j’le faisais jamais (quand y’avait qu’Elle, bien entendu !) J’passe d’longues minutes, sous un filet d’eau bien froide. Pour m’dégourdir les muscles. Pour m’réveiller. Pour m’sortir d’la léthargie dans laquelle j’replonge peu à peu, depuis qu’j’ai cessé d’courir. (Et dans laquelle j'ai bien l'intention d'replonger au moins partiellement par la suite, pour n'pas avoir à trop souffrir d'la raison d'ma présence dans cette ville Pour essayer d’refroidir encore plus rapidement l’sang qui parvient encore à s’frayer un chemin dans mon corps qu’est pourtant en train d’périr chaque jour un peu plus. Maintenant qu’j’ai pu m’sentir vivant quelques minutes, j’veux juste revenir à mon état « d’mort-vivant ». Surtout aujourd’hui. Car même si l’mariage n’a pas lieu, il aurait dû avoir lieu. Et c’bien plus que c’que j’peux supporter, comme pensée. N’surtout pas penser qu’si Sharon n’avait pas eu un problème d’santé, Elle serait en train d’se préparer à S’marier avec un mec qui La connaît à peine. N’surtout pas penser qu’ce mariage aura quand même lieu, un jour prochain. N’surtout pas penser qu’Elle risque aussi d’Se faire un sang d’encre pour Sa tante, et qu’celle-ci pourrait venir à faire un nouvel AVC, duquel elle n’pourrait pas s’relever. N’pas laisser la morsure d’Son avenir qui s’profile sans moi mordre une fois encore l’cœur. N’pas laisser la blessure du deuil qu’Elle pourrait affronter masquer celui que j’devrais aussi faire, car d’toute façon, comme j’l’ai déjà dit, j’en prendrais même pas conscience, d’ma propre souffrance. Anesthésié. Aveugle à tout, sauf à c’qui La concerne. Rien d’bien nouveau, en somme. Tellement rien d’nouveau qu’il m’faut m’concentrer pour penser au programme du week-end. A voir avec Mila, mais y’a pas mal d’choses qu’on peut faire. Déjà, au niveau Arts (c’qu’explique pourquoi j’ai choisis d’venir ici !) : entre des musées et des galeries, y’a d’quoi faire. Et p’têtre d’quoi m’faire rentrer dans l’crâne qu’ce métier, c’pas pour moi. Qu’il m’faut m’faire une raison et m’limiter au boulot d’prof. Qu’continuer à persévérer dans cette voie est juste une grosse perte de temps. D’toute façon, j’me l’suis promis : si j’me plante pour l’expo qu’j’prépare, j’m’arrêterai. Pour de bon. Rêver, ça va bien 5 minutes, mais au bout d’un moment, ça rime à rien. Surtout quand on a conscience qu’la vie est foutrement merdique. Ou qu’elle n’vous aime pas, au choix. Pis, d’toute façon, quand j’serai en Asie, j’devrais bien faire un choix. Pour gagner ma croûte, espérer vendre mes merdes une fortune, ça n’sera qu’croire qu’la chance puisse un jour m’sourire d’nouveau. Afin d’éviter qu’mon compte en banque n’coule, m’faudra très certainement privilégier les cours d’Arts, qu’mes minces espoirs d’être un jour reconnu en tant qu’artiste. D’toute façon, faut qu’j’arrête d’me voiler la face : si j’aurai dû percer un jour, ça s’serait déjà produit. Y’a des gens qui sont fait pour vivre leur rêve, d’autres qui doivent s’contenter d’les toucher du bout des doigts. M’faut accepter l’fait qu’j’fasse parti d’la 2nde catégorie. Bref, passons, revenons-en à c’qu’Asheville peut permettre d’faire. Y’a d’belles demeures anciennes à voir et à visiter. Des jardins centenaires qui sont pas mal. Des spectacles musicaux dans divers bars. Un centre-commercial bien rempli. D’multiples restau plutôt réputés. Des bars à vins sympas. Sans oublier une magnifique basilique à découvrir. Bref, y’a des choses à voir. Quelques résa’ ont été prises, dans des restaus, ou pour assister à des concerts, mais aussi à des visites guidées… Tout n’est pas entièrement prévu, bien entendu, mais y’a tellement d’quoi faire qu’j’sais parfaitement qu’on parviendra à s’occuper. C’qu’est pas plus mal….

Quand j’sors enfin d’la douche, j’évite d’croiser mon regard dans l’miroir. Pas envie d’voir ma gueule de déterré, qu’a, selon moi, pris 10 ans d’plus, en quelques mois seulement. Ni d’voir les cernes sous mes yeux, ayant vu l’jour à cause du sommeil, qui m’fuit d’plus en plus, mais aussi parce qu’ça demande une énergie monstre, d’garder l’sourire en toute circonstances. D’parvenir à feindre d’ne pas être apathique. Mais bon, ça va, pour l’instant, ça m’demande pas encore trop d’énergie, ça sera pire dans quelques mois. Pour l’moment, ça reste encore faisable. Ca sera supportable, tant qu’j’parviendrai toujours à trouver un moyen d’me changer vraiment les idées. N’ayant jamais été du genre à m’préparer minutieusement, j’sors d’la pièce dès qu’j’suis habillé, sans avoir pris la peine ni d’me sécher les cheveux (ils l’feront naturellement), ni d’me les coiffer (perte de temps étant donné qu’ils n’en font qu’à leur tête !). J'me contente d'remettre autour d'mon cou l'pendentif, dont j'me suis débarrassé hier soir, avant d'aller rejoindre Mila. Pas envie qu'elle pose son regard dessus, sur ses alliances, qui n'la regardent pas, et sur lesquelles j'sais qu'elle aurait fini par m'interroger. J'l'ai déjà connu, c'genre d'situation, avec Héléna. Pas envie d'revivre ça avec Mila. Surtout pas en c'moment... J’ai à peine quitté la salle de bain qu’j’croise Mila, qu’a apparemment réussi à s’motiver pour s’lever, alors qu’j’ai chopé mon paquet d’clopes, qu’j’avais posé sur l’meuble, à côté des pâtisseries. « Mais non, t’inquiète, t’es encore plus canon qu’Michelle Obama ! », rassuré-je la jolie brune, qui s’cachait, estimait visiblement qu’elle était bien trop endormie, ou Dieu seul sait quoi encore, pour être jugée décente. Un sourire point sur mes lèvres alors qu’j’ai balancé cette phrase, qui n’a rien d’une vanne à mes yeux. Disons simplement qu’j’suis pas du genre à aimer les nanas excessivement apprêtées, maquillées à outrance et dont les vêtements n’laissent aucune surprise quant à c’qui s’cache en dessous. J’préfère largement qu’elles soient mette habillement leur charme en avant, via des tenues savamment choisies, et quelques touches d’maquillage, judicieusement placé. Alors ouais, dans les faits, j’préfère largement des nanas qui s’fringuent un peu à la Obama, qu’des pouffes qui paraissent sorties tout droit d’une émission télé-réalité (ou désireuses d’en faire une !), et qui paraissent prêtes à intégrer l’casting d’un film porno ! Enfin, après, j’empêche personne d’vivre sa vie comme ils le veulent, c’juste qu’perso, faut pas s’attendre à m’voir avec une telle nana à mes bras. L’sexy est une question d’mesure : ni trop, ni trop peu ! Et ça, y’en a peu qui l’ont compris. Bien entendu, à mon sens, Elle, Elle L’avait parfaitement compris. « J’ai apporté d’quoi manger, s’tu veux prendre le p’tit déj’ ! Bon, par contre, j’ai pas pris à boire, ça risquait d’être froid ! », admis-je avec un p’tit sourire, m’forçant à m’concentrer sur la seule chose qui compte vraiment : l’présent. Car remuer l’passé dans tous les sens, c’inutile. J’le sais parfaitement. Même si c’loin d’être toujours facile à faire. « T’peux aller t’préparer, s’tu veux, et pendant c’temps-là, j’me charge d’commander l’petit-déj ! », proposé-je avec un sourire encourageant. Essayant d’ne pas trouver cette situation bizarre. Etre là, dans cet hôtel, avec une autre femme qu’une nana qu’j’ai toujours considéré comme ma sœur (Erin), c’étrange. Etre là, dans cet hôtel, avec une femme qui n’est ni Erin, ni Elle, c’déroutant. J’dirai bien douloureux, mais…. Vive l’engourdissement, on va dire ! « Et on choisira après c’qu’on fait c’matin ! J’te rappelle juste qu’notre réservation d’13h tient toujours ! », dis-je, faisant allusion au fait qu’on a prévu d’manger dans un restau qui semble plutôt réputé, à en croire les critiques. On a aussi prévu d’aller dans une cave à vins, dans l’après-midi. Pour c’qui est du matin, par contre, ça reste encore à voir. En tout cas, moi, j’sais c’que j’vais faire dans les prochaines minutes : nous commander d’quoi manger, puis aller m’en griller une, sur notre p’tite terrasse. Toujours plus d’clopes. Toujours plus d’soirées, trop arrosées, mais j’m’en fous. Toujours plus d’sorties pour ramener des nanas dont j’m’en fous complètement, mais qui m’permettront, durant quelques heures, d’L’oublier, dans une étreinte éphémère. Toujours plus d’conflits à la con, pour engendrer des bagarres sans fondements, juste pour souffrir et faire souffrir. Juste pour tenter d’me souvenir, sous l’impact des coups donnés et reçus que non, contrairement à ce que je n’cesse d’vouloir, j’suis toujours bel et bien vivant…. Toujours plus de moyens d’me détruire, plus fortement chaque jour, et en retirer, paradoxalement, l’courage d’continuer à vivre.

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I wanna kiss you, make you feel alright : I'm just so tired to share my nights. I wanna cry & I wanna love, but all my tears have been used up : on another love. If somebody hurts you, I wanna fight, but my hands been broken, one too many times. So I'll use my voice, I'll be so f*cking rude. Words they always win, but I know I'll lose. I wanna cry, I wanna learn to love, but all my tears have been used up. I wanna sing a song, that'd be just ours, but I sang 'em all to another heart. I wanna cry, I wanna fall in love but all my tears have been used up.


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J’sais que c’qui n’tue pas nous rend plus fort, mais moi, mais moi j’suis déjà mort. (Mila)

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