Everything is going to be all right if you just take a little time with mr. alchool. [Raphy]

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Everything is going to be all right if you just take a little time with mr. alchool. [Raphy] ✻ ( Lun 21 Nov - 23:34 )

J’aimais être au boulot – même si le cadre traditionnel des urgences du Medical Pacific Center était particulièrement déstabilisant pour moi. Dans mon uniforme bleu, mes cheveux habilement remonté par un élastique en une simple queue de cheval, j’avais l’air d’une doctoresse des plus traditionnelles. Rajoutons pour finir ce cliché idéal, les trois stylos, les trois crayons et le petit badge dans la pochette de ma chemise de travail. Jamais on aurait pu dire de l’extérieur que mon bagage ne me prédisposait pas à regarder les cas traditionnels de la médecine d’urgence. À titre d’urgentiste pour l’armée de l’air, je n’avais pas été confronté à l’application aussi traditionnelle de protocole. L’opulence du milieu hospitalier n’était pas sans rappelé mes séjours à l’hôpital de Londres dans lequel j’avais bossé entre deux déploiements. Mais ce n’était pas la même chose. je devais avouer que la réadaptation à la vie civile était plus ardue que ce qu’elle avait au courant des dernières années. Probablement parce que j’étais sortie plus amochée que ce que je voulais bien admettre.

Oh! En théorie? J’allais magnifiquement bien.
En pratique, c’était drastiquement autre chose.

Je me rendais compte peu à peu que l’air me semblait une denrée rare quand je quittais le plancher de l’hôpital pour ne serait-ce que ma pause diner. Je luttais contre la constante et furieuse envie d’appeler à la base pour savoir s’ils avaient des nouvelles de l’avion disparu de mon conjoint. Alors je préférais prétendre. M’étourdir dans un boulot que j’aimais même si la décharge d’adrénaline était moins grande que celle que l’on ressent en milieu de guerre. Être médecin dans un monde en paix n’est pas si différent que d’être médecin en zone de guerre. Cela reste à la base le même acte médical qui demande la même rigueur psychorigide. C’était l’un des rares endroits où je réussissais complètement à m’ancrer dans cet éternel instant présent, un des rares moments où je ne tendais pas vers l’extraordinaire étourdissement qui m’engourdissait tout entière me dévorant quelque peu.

Les huit heures que je passais à l’hôpital étaient pour moi un réconfort. C’était le restant du temps que je ne savais plus quoi faire de mon corps et de mon esprit. La première chose qui me frappait quand je constatais – amère – que celui qui devait venir prendre ma relève se pointait bien à l’heure pour son quart de travail n’était guère la joie que j’aurais aimé être en mesure de ressentir. Non. C’était un vide immense qui m’emplissait toute entière. Quand je passais le pas de la maison après la course que j’avais fait dans les rues (je n’avais pas encore pris la peine ni le temps d’aller me chercher un permis de conduire ici), la solitude me rejoignait comme une évidence. Je n’avais jamais vécue seule. À l’université, quand j’avais quitté la maison, il y avait cette colocataire avec qui je ne m’étais jamais vraiment bien entendue. Il y avait eu quand j’avais commencé à bosser pour l’armée, cette femme avec qui j’avais partagé un appartement sans que ce ne soit vraiment une raison. Et il y avait eu Cadell.

La pensée de mon homme était celle qui me frappait. Je n’avais rien ramené ou presque de Londres – de cet appartement à nous que j’avais sous-loué en attendant que peut-être il revienne. Rien qui ne puisse me le rappeler sauf ces quelques indémodables photos de nous aux quatre coins du monde avec l’amour dans la tête pour nous rendre ivre.

Je n’avais pas été habituée à la solitude. Et je ressentais constamment ce besoin de le remplir ce trou noir qui avait éclos au fond de moi depuis que j’avais parlé avec mon chef. Et j’avais invité mon frère pour le remplir pendant un bref instant. Parce qu’il serait mieux que ce que j’utilisais actuellement pour le remplir. Ça ne servait à rien de mentir. L’alcool remplissait le désert de mon lit. Il endormait la douleur juste assez. Je ne m’étais pas encore rendu jusqu’à l’ivresse extrême. Celle qui nous fait tituber. Juste assez pour que je ne sente plus cette impression d’être comme un des chocolats de Noël au cœur creux. Tout cela pour dire que j’étais passé acheter un peu pour faire à manger avant de filer à la maison. Je luttais déjà contre cette fatigue qui m’envahissait depuis quelque temps.

En cuisinant, j’avais hésité. Je ne devais pas ouvrir la première bouteille de vin. Parce que c’était quand même si tentant de la boire à moi toute seule. J’étais bien consciente du retard que j’avais et des nausées qui m’habitaient presque constamment… mais pour une première fois dans ma vie, je ne voulais pas savoir parce que j’avais peur de l’affronter seule ce truc que l’on veut normalement faire à deux. Mais Raphaël allait bientôt arriver et il me fallait la force de l’affronter et de lui mentir au plein visage. J’avais donc versé le liquide dans une coupe et j’avais du m’arrêter quand la sonnette avait résonné dans la maison. J’avais déposé le verre avant même d’en prendre une longue gorgée et je m’étais presque précipitée en courant vers la porte. J’ai ouvert et résisté à l’envie folle de me lancer dans ses bras comme s’il était mon sauveur. « Hey! J’allais commencer à boire sans toi! Tu vas bien? Tu veux un truc? », demandais-je avec un grand sourire.
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Re: Everything is going to be all right if you just take a little time with mr. alchool. [Raphy] ✻ ( Mer 23 Nov - 1:11 )

Sara & Raph
Que l’on ait quinze ans, vingt ans, quarante ans, soixante-quinze ans, c’était toujours la même histoire : cette putain de maladie d’amour qui dévastait tout sur son passage, ces moments de bonheur si fugaces qui exigeaient un prix exorbitant à payer...  (Citation de Guillaume Musso, car elle est top pour deux Edgy au coeur brisé)



Vendredi 18 Novembre 2016 :

Encore une très longue journée, qui n’touche pourtant pas vraiment à sa fin. Levé aux horaires – comme à mon habitude – j’ai enchaîné mes divers boulots. C’ainsi qu’j’ai partagé ma matinée entre Son cabinet (pour les fresques à y réaliser), et l’collège d’la ville (pour y dispenser quelques cours, un des enseignants ayant fait appel à moi pour tâcher d’mettre en avant l’côté artistique d’ses élèves. Mon après-midi s’est passé entre mon atelier (pour tenter d’avancer – péniblement – sur l’expo qu’j’prépare pour dans quelques mois), et retour à Son cabinet (faut bien avancer tout d’même !). J’ai terminé par une séance d’bénévolat, en pédiatrie, et un passage à la fac (un cours magistral, devant une assemblée d’étudiants visiblement pressés qu’le week-end débarque enfin !). J’ai fait un saut chez moi, pour m’occuper d’ma ménagerie, avant d’débarquer chez ma frangine. Sara m’a invité à manger avec elle, c’soir. J’pouvais pas refuser. J’voulais pas refuser. Si j’m’assure d’avoir des journées chargées, c’pas pour rien. Alors m’garantir une soirée occupée à autre chose qu’à tenter d’me forcer à créer quelque chose d’mes mains – qui paraissent foutrement fatiguées en c’moment, autant qu’mon cerveau – c’une bonne chose. Car le moindre moment qu’j’passe sans parvenir à m’occuper l’esprit, j’vois mon connard d’cerveau s’perdre du côté d’une certaine blonde. Fausse bonne idée ! A part m’donner l’impression quelqu’un s’amuse à prendre mon cœur pour un punching-ball, et à jouer au foot avec mon cerveau, ça n’a pas vraiment d’effet. J’vous l’ai déjà dit : j’ai réalisé qu’j’L’ai perdu y’a quelques mois d’ça. J’vais pas m’emmerder à m’torturer plus que nécessaire. J’me bousille bien assez la raison comme ça, à m’entêter à La voir, en continuant à bosser pour Elle, alors qu’une fois d’plus, c’tout sauf une bonne idée. D’La voir régulièrement. D’L’entendre parfois passer des coups d’fil dans Son bureau pour s’occuper des derniers préparatifs d’Son mariage. D’devoir supporter les visites que Chris lui fait parfois. J’travaille sur mon côté maso, j’trouvais qu’il était pas en forme, en c’moment, alors j’remédie à la situation, vous comprenez ? Bref... Mes journées sont toujours bien occupées. Mon planning contient rarement d’moments d’creux. S’il y en a, j’les occupe en sorties pour aller draguer et m’offrir une joie éphémère. En soirées poker pour m’donner l’illusion qu’j’peux encore m’sentir vivant avec le stress jubilatoire du jeu. En moments partagés avec les miens également, réellement ou virtuellement (vive Skype !). En heures de sport aussi, car rien n’vaut l’adrénaline qu’on éprouve alors (et plus le sport provoque des sensations fortes, mieux c’est !).

Mon regard s’perd dans l’vague, alors qu’j’viens d’me garer devant chez mon aînée. « Cold sheets but where's my love? I am searching high, I'm searching low in the night. Does she know that we bleed the same? Don't wanna cry but I break that way. Did she run away, did she run away, I don’t know. If she ran away, if she ran away, come back home. Just come home. » Voici précisément c’que raconte la maudite chanson, qui résonne en c’moment-même, dans l’habitacle. Inutile de dire qu’ça m’fait rire jaune. Tout c’qui touche au sentiment amoureux m’donne envie d’encastrer quelques têtes dans des murs. Voire d’emmurer des gens vivants, c’selon mon humeur. Y’a tellement d’conneries qu’ont été dites sur l’sujet qu’au final, les gens, qu’ils le veulent ou pas, ils ont fini par développer une part romantique en eux. Et au final, vu qu’la vie est une chienne qui s’amuse à vous prendre le peu qu’elle vous donne, bah… Ca donne des gens comme moi… C’un peu agacé qu’j’coupe la radio, puis l’moteur, et m’extirpe d’ma caisse. J’récupère un gâteau qu’j’ai été acheté sur la route, pour n’pas venir bouffer chez ma sœur les mains vides, puis j’me dirige vers la porte d’entrée, non sans vérifier au passage qu’j’ai bien mes clopes. Un p’tit rempart contre… c’merdier, on va dire. J’toque à la porte, n’ayant pas à attendre bien longtemps avant qu’Sara n’vienne m’ouvrir. « Hey! J’allais commencer à boire sans toi! Tu vas bien? Tu veux un truc? », m’accueille-t-elle, en souriant. J’lui réponds, tout en rentrant : « J’dirais pas non à une bière, ou du whisky, s’te plaît ! ». Ouais, j’commence par l’alcool. Et encore, j’suis gentil, j’aurai pu demander plus fort, mais parler direct’ d’vodka, ça aurait pu mettre un malaise ! « Et nan, ça va pas, j’suis blasé : paraît qu’j’fais mal les animaux ! », ajouté-je en m’rendant à la cuisine – comme si j’étais chez moi – pour y déposer l’gâteau. « J’espère qu’t’as pas prévu d’dessert ! », expliqué-je en désignant la boîte, avant d’revenir à mon histoire d’imitation merdique. « J’ai été en pédia’, pour l’bénévolat, aujourd’hui. Et les gosses m’ont dit qu’j’imitais mal la poule ! ». J’vais pas plus loin dans mon récit, partant du postulat qu’ma sœur m’connaît assez pour savoir qu’lorsque j’vais voir les gosses, j’suis jamais l’dernier pour faire le con, et tenter d’les divertir. C’bien parce qu’j’ai pas peur du ridicule qu’j’me mets à m’tortiller comme si j’étais une poule qui marchait dans la basse-cour, et à caqueter d’temps à autre. J’m’arrête au bout d’quelques secondes, pour me redresser, et, en posant l’regard sur mon aîné, j’lui balance : « S’te plaît, dis-moi qu’j’suis doué pour faire la poule ! D’toute façon, si t’refuses, j’te demande pas comme t’vas, parce qu’j’serai trop vexé pour ça ! ». Ca, c’une sacrée menace, vous trouvez pas ? Bon, j’vous rassure, le p’tit sourire avec lequel j’ai dit ça indique qu’il n’en sera rien. J’veux savoir comment va ma sœurette, moi, tout d’même ! J’pourrais m’montrer plus honnête envers elle, concernant mon état d’esprit, et Tumy ? Jamais d’la vie. Elle m’gonflerait au sujet d’la blonde, et serait bien fichue d’se plier en 4 pour m’trouver un traitement expérimental, ou un médecin super calé, pour tenter d’me sauver. Là où j’ai clairement pas envie d’l’être, m’contentant du strict minimum, pour n’pas claquer trop tôt. J’veux profiter d’mon gosse, moi. Pis aller disparaître en Asie, aussi.

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I wanna kiss you, make you feel alright : I'm just so tired to share my nights. I wanna cry & I wanna love, but all my tears have been used up : on another love. If somebody hurts you, I wanna fight, but my hands been broken, one too many times. So I'll use my voice, I'll be so f*cking rude. Words they always win, but I know I'll lose. I wanna cry, I wanna learn to love, but all my tears have been used up. I wanna sing a song, that'd be just ours, but I sang 'em all to another heart. I wanna cry, I wanna fall in love but all my tears have been used up.


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