Viens faire sauter le verrou, je suis coincé... [PV : Axel]

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Viens faire sauter le verrou, je suis coincé... [PV : Axel] ✻ ( Lun 28 Nov - 22:58 )



Viens faire sauter le verrou, je suis coincé...

Avec Axel

Ce visage ensanglanté… Je cours vers mon oncle en voyant cet homme passer. Je le regarde, captant quelques instants son regard. Mais cela fut assez furtif. Je préfère largement accourir vers l’homme qui m’a élevé durant ses vingt cinq dernières années. C’est à ce moment là que je le fais rentrer, l’empêchant presque de dégainer son fusil. Je le connaissais comme si je l’avais fait. On lui avait tellement pourri l’existence à cause de propos homophobes qu’il avait l’intimidation facile avec son arme. Chose que je n’appréciais guère. Mais que voulez vous… J’avais peut-être évité à cette enflure qui lui avait fait ca un séjour à la morgue de l’hôpital. En petit aide soignant, je lui désinfectais ses petits bobos et lui demandais ce qui s’était passé. C’est alors qu’il m’avait dit de venir m’asseoir. Ce que j’avais fait… Car l’homme qui était venu était là pour moi. Il voulait me retrouver… Car il s‘agissait de mon père…

« FUUUUUUUMMMMIIIIIEEEEEERRRRRR »

Mais comme d’habitude, je me réveillais en sursaut, les mains moites, en sueur… Ce rêve incessant revenait régulièrement me hanter… Je me rallongeais quelques instants avant de me pivoter sur le côté. Un lit frais et vide me tenait compagnie. Pivotant la tête vers le réveil, je remarquais qu’il était déjà 8h30. Bref, un réveil des plus explosifs en ma présence. Pourquoi voulait-il me voir. Si ma mère n’avait jamais voulu qu’il s’occupe de moi, il devait y avoir une raison… Cela venait-il de lui ? D’elle ? Je n’avais pas specialement plus envie de le savoir… mais en même temps… mais là n’étais pas la question. Le peu de fois ou il tentait de m’approcher, je refusais tout contact avec lui. Mais il était entêté… Bref, j’avais des réponses à obtenir, et venant de mon oncle maternel, je pense qu’il ne m’a dit que le minimum. Je ne veux pas aller plus loin, cela est assez douloureux pour lui… j’ai donc des réponses à obtenir ailleurs, mais pour cela, je dois peut etre ravaler ma fierté et ma rancune. Mais pas maintenant… j’avais d’autres chats à fouetter…

Enfin bref, je n’avais pas spécialement envie de m’extirper de ses accueillantes couettes bien chaudes, mais malheureusement, il le fallait. J’étais d’après midi à la chambre mortuaire cette semaine, mais tout un tas de choses à faire à l’appartement. Le frigo était vide, le panier à linge sale était rempli, je n’avais presque plus rien à me mettre sur le dos. Me direz vous, ce n’est pas mes « patients » qui m’en tiendront rigueur… Eux, au moins, ne sont pas chiants, ils sont conciliants et sont toujours d’accord avec vous. Bref, les corvées domestiques et les courses, ce n’était pas mon fort, hélas, je devais m’y atteler.

L’heure pour moi d’avaler vite fait mon repas du midi et de foncer au boulot. Dans le fond, il n’y à rien de pressant à travailler dans mon service. Les plus impatients étaient peut etre la famille. Mais n’étalons pas trop les taches qui me sont confiées, j’en ferais fuir plus d’un… Pour toute personne qui ne me connaissait pas, j’évitais de parler de mon métier, cela jetais un froid. Pour tout vous dire, c’était assez mortel comme ambiance après… Je vaquais à mes occupations, ce qui me prit quasiment toute ma « journée » de boulot. Toujours se méfier du calme dans ces moments là, car c’est quand tu pense quitter à l’heure qu’une « urgence » peut débarquer. Quoiqu’il en soit, je préfère « mes » urgences que les urgences de mes collègues. Certains d’entre eux à la morgue faisaient grise mine quant à l’idée de faire du rab. Ils avaient leur vie de famille, moi j’étais le petit jeune sans enfants. Je me dévouais donc pour eux et m’occuper du  dernier défunt entrant.

M’attelant à la tâche, mon collègue claquait la porte en partant précipitamment. Un bruit suspect se fit entendre, mais je n’y prêtais pas attention. Cela était fréquent donc cela ne m’inquiétais pas. Mais c’est une demi-heure plus tard, en voulant m’en aller que je me rendit compte que la porte restait bloquée. Inutile de chercher à contacter la maintenance, il n’y avait plus personne. Un coup de téléphone. Je contactais la sécurité pour qu’ils fassent intervenir quelqu’un…
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Re: Viens faire sauter le verrou, je suis coincé... [PV : Axel] ✻ ( Mar 29 Nov - 11:00 )


 

 
Axel + Sully  
 
«Viens faire sauter le verrou, je suis coincé »

 Tranquillement installé sur le canapé du salon avec un carton de pizza sur les genoux, je regarde un film en dînant. La journée a été longue. A croire qu'ils se sont tous donnés le mot vu comme ça s'est enchainé les uns à la suite des autres. Mike, mon patron, quant à lui, se l'est coulée douce alors qu'il a choppé un mal de dos qui l'a contraint à se reposer pour la journée au moins. Difficile de se coucher sous un lavabo ou entreprendre je ne sais quelle autre manœuvre quand on s'est ruiné le dos. Surtout à son âge. Le vieux, comme je le surnomme parfois, commence à fatiguer avec le temps. Il doit avoir l'âge de mon père. Entre lui et moi, il y a cette complicité qui fait parfois penser aux clients qu'il s'agit d'une société père-fils. D'ailleurs, la boite ne compte que nous deux. Ça tient aussi à notre façon de nous chamailler de temps à autre ou de déconner ensemble. Et je crois en effet que je vois en Mike, une seconde figure paternel étant donné que je ne vois désormais que rarement mon père, resté au Canada avec ma mère.
Mon père, c’est tout pour moi. Mon modèle, mon meilleur ami. Mais force est d'avouer que Mike n'est pas loin de m'évoquer ce même type de lien. Il agit parfois un peu comme un père avec moi. Et c’est drôle comme l'on s’est attachés très vite l'un à l'autre. L'entente a été tellement naturelle dès le départ. Les taquineries aussi. A peine avais-je entamé mon premier jour avec lui, qu'il me collait déjà des claques derrière la tête. A croire qu'ils se sont donnés le mot avec mon père, duquel ce geste était déjà familier. Tout comme il s’est très vite mis à me jouer des tours. Un peu comme à l'instant, alors que j'accuse un violent sursaut tandis que la sonnerie de mon téléphone résonne soudain plein pot. Et ça, c’est assurément un autre tour de la part de mon patron. C’est du Mike tout craché de pousser le volume de mon téléphone à fond pour me faire chier.

Dans le sursaut, j’envoie à moitié balader le carton de pizza et renverse quelques miettes sur moi en voulant le rattraper, autant que le morceau de pizza que j'avais à l'instant en bouche et qui s’est à moitié fait la malle. Cherchant ce putain de téléphone dont la sonnerie me tue les oreilles, je finis par mettre la main dessus et répond sur un ton quelque peu agacé en voyant qu'il s'agit de Mike.

- Et ça t'amuse, enflure ?!

Ouais Mike et moi on se parle comme ça la plupart du temps. Une conversation plus normale s'en suit toutefois alors qu'il m'annonce qu'il va falloir me rendre à cette heure-ci pour un dépannage. Oui parce qu'il est quand même quasi vingt-et-une heures. Certes, ça nous arrive d'ordinaire à n'importe qu'elle heure ce genre de choses, mais après la journée que j’ai eu et ne pouvant pas compter sur Mike vu ses problèmes de dos, c’est moi qui doit encore m'y coller. Soit, je râle pour la forme et je termine alors ma pizza une fois l'appel terminé, tout en me préparant à partir.
Bon sang, je dois me rendre à la morgue. Rien que ça, en pleine nuit ... . En sachant que ce service se situe dans une partie à part de l’hôpital. J'imagine déjà le truc bien glauque. J’ai toutefois une pensée amusée pour ce type qui s'y est retrouvé enfermé alors que son collègue est parti en refermant derrière lui et qu'il y a eu je ne sais quel foutoir qui s’est coincé avec la serrure. J'espère ne pas en avoir pour des plombes.

Quoi qu'il en soit, enfilant un sweat et une veste, je me mets alors sur le départ, terminant la dernière part de ma pizza alors que je grimpe à bord du pick-up. Je me demande si c’est bien judicieux de terminer de manger avant de me rendre là-bas.
Le trajet en direction de l’hôpital est rapide. Il n'y a pas un chat aux alentours lorsque j'arrive sur le parking du côté morgue, qui se situe derrière les bâtiments principaux. Là où passant devant un peu plus tôt à l'autre bout, les urgences elles, semblent grouiller de monde.
Garant mon véhicule non loin de l'entrée du bâtiment concerné, je ne tarde pas à faire mon entrée dans les locaux. Dès lors où je pénètre sur les lieux, une atmosphère particulière semble me chopper sur le vif et faire naitre une certaine angoisse ou plutôt un certain malaise en moi. Je n'aime déjà pas les hôpitaux alors les morgues, encore moins ... .
Me dirigeant finalement par là où on me l'a indiqué, j’arrive enfin devant les portes battantes de la pièce en question. J'aperçois un trait de lumière par-dessous. Je cogne contre le battant pour m'annoncer puis une fois obtenu une réponse, je lance :

- Ça va là-dedans ? Pas trop flippé ?

Je ne tarde pas à me mettre à la tâche. Le soucis révèle cependant qu'il va falloir changer le système d'ouverture qui bloque à cause d'une pièce qui a pété à l'intérieur. Pour se faire, je vais ainsi chercher entre temps le reste du matériel nécessaire dans le pick-up. Lorsque je parviens à débloquer l’ouverture, je peux alors enfin ouvrir les portes. Jusqu'ici, c'était bien de me tenir derrière, mais il va falloir désormais travailler avec les portes ouvertes sur cette pièce lugubre.
Je te salue une fois face à toi. Je m’attendais à un type plus vieux et à l'allure un brin effrayante mais tu es plutôt jeune, pas plus de la trentaine je dirais à première vue. T'as pas spécialement le profil de l'emploi, du moins pas comme je m'en serais fait l'idée. On imagine toujours des types aux airs sombres ou louches dans ce genre d'endroit.
Mon regard parcoure un instant la pièce avec une lueur à demi flippé. Hum ... rien qui ne me mette franchement à l'aise ici en dehors de ta présence. D'ailleurs, j'espère que tu ne comptes pas me laisser là le temps que j'en termine ou que tu ne décides de prendre le départ et de me laisser refiler les clés une fois le boulot terminé, à l’accueil de l’hôpital. Non parce que juste comme ça, je crois qu'ici tout seul, j'aurais vite fait de prendre mes jambes à mon cou.

 
 
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Re: Viens faire sauter le verrou, je suis coincé... [PV : Axel] ✻ ( Mer 30 Nov - 21:24 )



Viens faire sauter le verrou, je suis coincé...

Avec Axel


Que le temps pouvais etre long quand vous êtes bloqués sur votre propre lieu de travail. A vouloir etre trop gentil et décharger mes collègues, je m’étais retrouvé coincé par l’un d’eux. Oh non, il n’y était pour rien. Mais la porte n’a pas appréciée son dernier claquage à la va vite. Il était vrai qu’elle était en train de lâcher, mais il fallait que cela tombe en plein soir, sur ma pomme. Heureusement, j’étais assez calme de nature. Après avoir contacté la sécurité pour faire intervenir quelqu’un, j’étais là, à presque désespérer du temps qui ne passait pas.

Pour m’occuper, je ne pouvais guère aller faire la causette avec les patients… Ils étaient plutôt froids et distants. On parle souvent de moi comme quelqu’un d’excentrique quand on me connaît, mais parler aux morts, le « frigo » ouvert, c’était un peu limite quand même. Mais mon côté excentrique n’avait pas tendance à se voir, ni a être exacerbé. Au contraire, j’étais le genre de gars à être plutôt renfermé sur moi-même, limite un peu trop introverti. Alors qui plus es, mon métier quelque peu original d’agent de chambre mortuaire jetais un froid quand je l’évoquais. Du coup, je n’en parlais que très peu. La plupart des gens oscillaient entre fascination et dégout. Certains trouvaient la mort fascinante. D’autres me repoussaient de peur d’attirer le mauvais œil sur eux. Mais dans l’ensemble, je n’évoquais presque jamais mon métier. Au contraire, j’enjolivais presque la chose. Mais pour ma part, ce métier n’était pas plus atypique que d’autres. J’étais avant tout aide soignant. Aide soignant un peu particulier. Mais le milieu funéraire était un milieu connu pour moi. Mes oncles ont une société de pompes funèbres, alors je baigne dedans depuis ma plus tendre enfance. Mais je fus sorti de mes pensées par un coup de tambourinage à la porte. Une voix s’éleva ensuite pour me demander si je ne flippais pas trop a l’intérieur. Je répondais d’un ton presque cadavérique… ou plutôt timidement :

« Nan ca va, merci. Y à pas de quoi avoir peur, c’est calme par ici… »

Vocation humoristique ? Mépris ? Non, juste handicapé social, enfin, juste un peu. J’avais sincèrement du mal à me comporter avec les autres. Je ne savais vraiment pas comment réagir parfois. Enfin, cela ne m’empêchais jamais d’arriver a ce que je voulais, je me débrouillais toujours. J’étais juste doux comme un petit agneau. Juste que ma grande « réserve » et ma timidité me jouaient des tours. Enfin, parait-il que certaines de mes connaissances trouvaient cela plutôt amusant. Mais après un instant de calme plat, mon « sauveur » revenait à la charge. J’avais beau etre à l’aise avec les morts, le bricolage et moi, nous faisions deux. Quelques minutes plus tard, je pouvais entonner un bel air que toutes les petites filles adorent sur cette planète… liberéééééééééééééé délivréééééééééééé. Mais pour le bien etre de vos tympans et pour votre santé mentale, il ne vaut mieux pas que je me mette à chanter. J’aurais même peur de faire fuir mon interlocuteur. Déjà qu’il ne doit pas etre rassuré à l’idée de venir en plein soir, la nuit tombant, à la morgue. Alors si je lui entonne ça, il prendrait les jambes à son cou. Puis de toute manière, chanter devant un inconnu, jamais de la vie. Avec une certaine discrétion, je regardais le dépanneur. Il m’avait l’air plutôt charmant. Mais je préférais ester discret. Ne pas me griller. Mais après tout, j’avais le droit de regarder cet homme en plein exercice… Mais étonnamment, j’émis une petite phrase :

« Y à du dégât apparemment, nan ? »

Oui, je faisais réellement le gars coincé… qu’allait-il penser ?

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Re: Viens faire sauter le verrou, je suis coincé... [PV : Axel] ✻ ( Dim 11 Déc - 16:33 )




Axel + Sully
« Viens faire sauter le verrou, je suis coincé... . »

- Ça va là-dedans ? Pas trop flippé ?

« Nan ça va, merci. Y à pas de quoi avoir peur, c’est calme par ici… » notes-tu avec un humour qui me fait sourire.

- J'imagine ... soulignais-je.

Me remettant à l'ouvrage, le soucis révèle qu'il va falloir changer le système d'ouverture qui bloque à cause d'une pièce qui a pété à l'intérieur. Je vais ainsi récupérer le matériel nécessaire dans le pick-up puis débloque après quelques minutes l'ouverture. Je te salue et esquisse malgré moi un air étonné de me trouver face à un mec de ton âge. Tu parais jeune et ton allure n'a rien de sinistre ou de lugubre comme l'image du type auquel je m'attendais de trouver derrière cette porte. L'odeur des produits qui règne cependant dans la pièce elle, ne m'étonne guère. Enfin les produits entre autre choses auxquelles je préfère ne pas songer en cet instant.
Je parcoure un instant la pièce des yeux avec une lueur à demi flippée. Il n'y a pas de quoi se sentir franchement à l'aise ici. Merci Mike de m'avoir filé cette fichue astreinte.

« Y à du dégât apparemment, nan ? »

J'en reviens à mon interlocuteur.

- Hum ouais. Enfin rien qui ne prenne beaucoup de temps. J’ai juste à changer le mécanisme, ça devrait être l'affaire d'une quinzaine de minutes grand max.

Tandis que je m'agenouille de nouveau devant la porte où se situe le système de verrouillage, je zieute de temps à autre vers toi, craignant que tu ne me laisses ici seul, et d'ailleurs, ma crainte se traduit d'autant plus vivement l'espace d'un instant alors que je te vois faire un pas dans cette direction. Putain non mec, me laisse pas ici tout seul, par pitié. Je crains pas grand chose mais cet endroit me donne juste la chair de poule. Un cliquetis métallique résonne soudain plus loin derrière moi et e fait sursauter. Je lâche l’outil que j’ai entre les mains dans la surprise.

- C'est quoi ça ?!! lançais-je un brin affolé en regardant dans tous les sens m'installant bientôt de biais près de la porte pour éviter de tourner le dos à la pièce dont l'atmosphère semble alourdie d'un voile sinistre. J’ai l'impression que d'autres bruits font écho, un peu comme le bruit du bois qui joue, là c’est le métal qui semble faire des sons sinistres, un peu comme un frigo lorsqu'il dégivre et qu'il fait de drôles de bruits de craquements. Le tout doit être amplifié par le simple fait que je flippe bien comme il faut et que j’ai cette impression de froid. Le carrelage me parait soudain plus froid encore, comme si ça gelait par-dessous. J'ai l'impression que la lumière vacille par moments. Bon sang, mon esprit me joue juste de vilains tours.

- Dites, vous comptez pas me laisser là comme un con ? Rassurez-moi ?!


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Re: Viens faire sauter le verrou, je suis coincé... [PV : Axel] ✻ ( Lun 19 Déc - 22:00 )



Viens faire sauter le verrou, je suis coincé...

Avec Axel


L’associable que je pouvais faire transparaitre de par ma précédente réponse pouvais faire peur au premier abord. C’est vrai que je n’étais pas le genre de mec facile à aborder. Rien ne pouvait excuser un comportement un peu froid et distant, mais durant ma jeunesse, les gosses de ma génération m’avaient assez malmené. Du coup, j’en étais presque devenu un animal des plus sauvages. Je me préservais le plus possible des relations humaines. Malheureusement, ou heureusement pour moi, je devais quand même etre un minimum civilisé. Le travail pour commencer, il fallait quand même que je laisse mon côté sauvage au placard, même si j’y éprouvais quelques difficultés. Mais pour le coup de la serrure qui lâche en plein soir alors que je suis tout seul, le téléphone m’avait été d’un grand secours. En situation réelle, je n’étais pas fan des relations sociales, mais à distance, cela allait mieux. Alors quand j’ai contacté la sécurité, c’est presque passé crème. Vous allez me dire quelque chose du genre « Mais quel paradoxe ce mec ». Enfin bref, là n’étais pas la question, mon « sauveur » venait d’arriver sur les lieux. Et comme à mon habitude, j’étais toujours distant et presque aussi glacial que la banquise dans mes réponses. Je n’étais pas bien méchant, mais trop méfiant. Cela me jouait souvent des tours. Souvent, Numa me le rabâchais quand on était ensemble. « Sois moins polaire, ils vont pas te manger ». J’esquissais un sourire quand il me disait ça. C’était bien l’un des rares bons amis que j’avais qui arrivait à me faire sourire comme ça.

Mais pour en revenir à cette fichue porte qui m’avais prit en otage quelques temps plus tôt, ce n’était que le système de fermeture qui avait cédée. J’avouais qu’elle était souvent maltraitée, souvent le soir. Pressés de partir, on était tous comme ça au boulot. J’avais beau aimer mon métier quelque peu bizarre aux yeux des autres, quand je devais partir, je ne me faisais pas prier non plus. Le réparateur me dit alors qu’il n’en aurait pour très peu de temps à changer le mécanisme. Alors que j’étais bêtement là à le regarder faire, je me disais que je n’allais quand même pas le laisser seul. Mais bon, j’étais là à ne rien faire. Alors je commençais à naviguer à la morgue. Dernières vérifications d’usage pendant que la porte était en réparations. Un mince filet d’eau y avait coulé. Fort heureusement, il était inutilisé. Mais il fallait que je le signale. Je pris quelques minutes pour el consigné dans le cahier puis je pris le balai et la serpillère pour éponger ça. Mes compétences ménagères n’étant pas extravagantes, le manche du balai se mit à frapper l’une des portes. Ce qui fit résonner un bruit de métal dans tout l’arrière service bien calme. Puis ce fut presque à mon tour d’etre surpris. Surpris par un outil qui tombais à terre. Pourtant, les bruits suspects ne m’angoissaient plus. Enfin, habituellement. Peut-être la présence d’un « inconnu »… C’est alors que je rétorquais :

« Rien rien…, un casier réfrigéré qui fuit. J’ai cogné le balai contre la tôle. » D’un air timide et presque monotone. Limite, je parlais dans ma barbe. Le mec à la limite d’etre réellement l’associable de la ville.

Manquait plus qu’un des halogènes commençait à défaillir. Nan mais y à des jours ou j’avais envie de râler. Tout tombait en ruine dans ce fichu service. De quoi apeuré tout non initié. Ce qui allait arriver quelques minutes plus tard avec le réparateur qu’on m’avait envoyé. Il me demandait si j’allais le laisser tout seul. J’avais une mortelle envie de rentrer chez moi, m’affaler dans mon canapé. Mais non, il n’allait pas y passer la nuit, je pouvais encore attendre un peu.

« Rassurez vous, je suis le dernier ici, avec vous. Je ferme le service pour la nuit. Donc je vous attends. »

Chaque réponse était pour moi presque un supplice. J’avais toujours peur d’etre agressé, et cela depuis que j’étais tout gosse. Pourtant, après des années de psy, cela s’était fortement atténué. Mais rien n’y faisait, j’avais toujours cette petite appréhension de la relation sociale à l’autre. Même si je faisais d’énormes efforts pour parler au minimum.

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Re: Viens faire sauter le verrou, je suis coincé... [PV : Axel] ✻ ( Ven 6 Jan - 12:39 )




Axel + Sully
« Viens faire sauter le verrou, je suis coincé... . »

Tu sembles prendre des notes dans un carnet en attendant puis tu je te vois un instant commencer à nettoyer une partie de la pièce. Sûrement une façon de t'occuper, je suppose. C’est là qu'un bruit sinistre se fait entendre et que je te fais part de mon inquiétude.

« Rien rien…, un casier réfrigéré qui fuit. J’ai cogné le balai contre la tôle. »

- Je vois. lâchais-je dans un soupir à demi amusé.

Je pourrais presque penser que tu l'as fait exprès mais tu n'as pas l'air du genre taquin. Enfin je ne sais pas. Difficile à dire.

- Dites, vous comptez pas me laisser là comme un con ? Rassurez-moi ?! lâchais-je un brin flippé.

« Rassurez vous, je suis le dernier ici, avec vous. Je ferme le service pour la nuit. Donc je vous attends. »

Je fais un signe de tête reconnaissant et me remet à la tâche. C'est drôle, j'ai l'impression de ressentir un certain malaise de ta part. Ce n'est pas flagrant mais il y a un quelque chose dans ta voix qui semblerait souligner ma pensée. Peut-être un certain manque de sociabilité ? C’est sans doute parce que je connais ça que je peux le percevoir. Mais je peux tout aussi bien me planter et être complètement à côté de la plaque. Pour ma part, j'ai toujours su faire des efforts sur le plan de la communication. Enfin plus ou moins. Certains ne croiraient jamais que je sois du genre si peu sociable en réalité. Et si je devais réellement montrer cette facette là de moi,, enfin facette n'est pas le mot, disons que si je devais m'en tenir à ce que je suis réellement, je ne serais sans doute plus entouré de personne au fond. Malgré tout, il y a une part de moi qui si elle ne recherche pas forcément la compagnie des autres, s'y plait un minimum avec certaines personnes lorsque c'est le cas ou que les situations l'imposent. Un peu comme ma rencontre avec Daria, qui au-delà d'être une peste et une chieuse née, se révèle pour le moins en quelque sorte addictive. C'est pour le moins étrange mais je ne cherche pas à aller contre.

- Vous travaillez depuis longtemps ici ? Je suis curieux de savoir comment nait ce genre de vocation. On dit toujours qu'il y a une sorte d'intérêt plus ou moins "pervers" dans chaque domaine de la médecine. Enfin pas pervers mais quelque chose dans ce goût-là, comme une sorte de fascination.

Mon téléphone se met soudain à sonner et me fait juste littéralement décoller. Comme un con, j'ai zappé de baisser le volume de la sonnerie après la farce de Mike qui l'avait mise plein pot pour me faire chier plus tôt dans la journée. Décidément, j'ai l'air d'un môme à sursauter pour la seconde fois.
Quoi qu'il en soit, je ne tarde pas à en finir avec cette serrure. Rangeant bientôt mon matériel, je fais les dernières vérifications d'usage et me redresse alors pour m'apprêter à partir une fois vérifié que tu verrouilles bien la porte sans soucis. Nous arpentons les couloirs ensemble en direction de la sortie.


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Re: Viens faire sauter le verrou, je suis coincé... [PV : Axel] ✻ ( Aujourd'hui à 13:31 )

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Viens faire sauter le verrou, je suis coincé... [PV : Axel]

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