Tie down to someone forever Ft Gin & Gio

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Tie down to someone forever Ft Gin & Gio ✻ ( Mar 12 Sep - 21:36 )




Tie down to someone forever
Giovanni & Gina



C’est troublant quand on réalise que sa vie risque de s’effondrer, on regarde soudainement le monde d’un œil neuf. On réalise que parfois le ciel aime vous accompagner. Je me suis bien souvent dis que la nature était bien faite, qu’elle est simplement belle et s’offrait à moi, s’accordant à mes sentiments, un rayon de soleil un matin où tout va bien me semblera si beau qu’il m’emportera en un rien de temps au loin, un sourire m’effleure sous la douceur de la chaleur d’un jour lumineux et me rappelle la chance que j’ai. Tout semble alors possible, facile, le rire d’un enfant, le chant d’un oiseau, tout me chante la joie de vivre, comme si la venue de jours meilleurs pointait le bout de son nez, ce matin encore tout me paressait ainsi… Comment avais-je pu tomber dans ce puit, comment avais-je pu laisser mes sentiments me détruire ?

Pourtant tout y était, les avertissements de ma conscience, le vent chaud, l’orage, la pluie… même mère nature avait tenté de me sauver la mise. Et j'étais pourtant à ces moments fatidiques où une nouvelle fois le ciel semblait vouloir pleurer les larmes qui refusaient à fuir mes yeux et accompagnaient mes instants de doutes, le ciel se chargeait tendrement, voulant repousser les ombres à ma place en libérant un flot de vent, de pluie. Mais si en temps normal assise devant ma baie vitrée mes tristes songes se délavaient, dans ma contemplation présente rien ne semblait aller, le torrent infernal de l’orage n’emportait pas ma peine, ma douleur. L’orage menaçant qui semblait avoir voulu me prévenir déversait son flot de pluie et arrosait mes doutes, n’effaçant rien et au contraire, me hurlant un lourd rappel, comme si une nouvelle fois quelque chose voulait me soulager là où rien ni personne n’y comprendrait quoi que ce soit.

Un mois avait tout changé, je lançai un regard à la pile de boites que j’avais accumulé depuis son départ au travail et posai un nouveau regard sur le jardin où quelques temps plus tôt j’imaginais déjà une barrière pour un enfant en devenir, un petit coin sécuritaire qui en ce jour n’avait plus rien d’aussi fleurissant dans l’avenir pour moi. Un mois à dormir à côté de lui sans même plus supporter qu’il me touche, brûlante d’envie de lui faire mal à chacun de ses « bébé » ou « Chérie ». Un mois à l’imaginer avec elle. Deux heures de plaisir pour une vie entière de destruction, un ouragan en soit bien plus long et destructeur que l’orage qui nous avait uni, que l’orage qui tourmentait l’horizon alors que j’attendais mes frères pour qu’ils m’aident à quitter les lieux avant son retour du travail. Ce soir il ne trouverait que les ruines de ce que nous n'étions plus là où j’avais pourtant tout tenté pour en faire notre refuge. Tout sauf le pardon, dont à ce jour, j’étais encore incapable… pourtant combien de fois avais-je pris sur moi ? Mais cela ne fonctionnait pas… malgré les tentatives de sauvetage, ma positivité avait sombré et même le temps ne prenait pas le pas sur la vie qui me semblait si lourde que je voulais que tout s’arrête par un coup du sort, un miracle, que mon cœur trop lourd s’arrache de ma poitrine pour tomber en cendre sur le sol. Assise sur le perron, les jambes contre ma poitrine, le regard fixé sur le ruissellement de l’eau qui avait pris une part intégrante de moi et s’écoulait torrentiellement sous mes jambes. Je n’arrivais simplement plus à trouver la force de me relever, d’avancer, je ne ressentais que le vide se fendre. Comment engouffrer ainsi le vent ? La pluie n’arrivait à me redonner la force de me relever, je m’effondrais, m’engouffrais inéluctablement, immobile. Comment une simple aventure, une simple rencontre pouvait à ce point réduire mon monde à un néant moral sans fond ?

Non je ne pouvais l’accepter, croire qu’il avait pu pour une pulsion nous mettre autant à mal, me détruire aussi irrévocablement. Ma conscience me hurlait qu’il y avait forcément plus qu’une envie primale de plaire, de sexe, elle avait dû compter d’une façon ou d’une autre, faire une différence pour qu’il arrive à dépasser ce que nous étions pour se laisser aller avec elle ainsi. Elle avait forcement une place ou alors pourquoi tout démolir ?… A cette simple conclusion une nouvelle fois une sonate funeste de mon crépitant raisonna, une de celles si douloureuses que votre souffle se coupe, alors que je maudissais cet organe bien trop vivant et fixé dans ma poitrine qui me semblait si puissant que j’en avais le souffle coupé. L’écho infernal qui tambourinait dans mon crâne, formant un flot diabolique d’images qui remontaient en moi, me rappelant à quel point son dérapage inéluctable allait changer ma vie, détruire des années et faire de mon existence un chemin perpétuel de lutte contre mon cœur pour ne pas mourir en même temps que l’effondrement de ma vie à son côté. Serais-je un jour capable de l’oublier ou voudrais-je malgré tout encore et toujours avoir un peu de lui au lieu d’un futur où il ne serait pas, où il ne serait plus ?...

Et pourtant à présent que tout était fait, l’amertume de la douleur qui me recouvrait avec la pluie ne délavait pas mon amour. Non, j’avais juste la cruelle sensation que ma vie m’échappait, mais que mon cœur lui s’accrochait là où je voulais qu’il lâche sous la douleur… Que mes sentiments m’écrasaient telle une chape de plomb que je n’arrivais pas à repousser. La digue que j’avais doucement érigé depuis un mois avait lâché et la vague me submergeait, un froid insupportable m’entourait et le décor disparu alors que je relevais la tête pour adosser mon crâne au pilier et planter mon regard sur le ciel, sur Gio qui s’avançait. Je luttais pour chercher de l’air, un souffle… un sauve conduit… Je restais impuissante comme au fond d’un puit lugubre, m’enlisant avec des murs qui se rapprochaient inéluctablement.

Le regard de mon frère impuissant face à mon agonie soudaine là où jusqu’à présent j’avais tenu. Jamais je n’aurai pensé m’effondrer de la sorte, jamais je n’aurai cru le vide aussi profond sous mon corps alors qu’il m’attrapait dans ses bras, réalisant sûrement que je venais de lâcher prise…

Les mois avaient passé, des mois sombres où je me murais dans un visage de façade, où je le repoussais inéluctablement à chacun de ses appels nocturnes, où je bouchais mes oreilles et étouffais mes pleurs quand il hurlait devant ma porte ou tapait dans le bois de celle-ci. Des mois où seul Gio avait su voir combien il avait détruit la joie de vivre qui me composait depuis toujours. Et malgré mes luttes pour garder chacune des convictions qui me forgeaient chaque jour, je me retrouvais là, exactement là où je ne voulais pas être.

Là où il y avait près de deux années j’avais fait le choix de fuir ma vie et m’oublier. Là où mon cœur m’avait conduit à lutter, je me retrouvais comme cette femme sans passé et sans avenir, totalement perdue. Mon cœur s’effondrait… Etais-je devenue folle à nouveau ? Depuis quand n’étais-je plus capable de lucidité, de retenue ? Je tentai de me débattre entre réalité et troubles sentimentaux, de me reprendre quelques secondes. Tout pouvait s’arranger encore ? Mais comment ? Avais-je simplement envie de connaître la suite de ma vie ? Étais-je capable d’affronter cela ?

Mon premier réflexe en apprenant ma grossesse fut de rester seule, je le repoussai une nouvelle fois et eus le réflexe d’appeler Draz, j’avais besoin d’effacer la honte ou la gêne de mon geste, qu’est-ce qui n’allait pas, dans le fond j’attendais un bébé, une vie, le fruit de mes sentiments impossibles et pourtant indéniables ?

Alors pourquoi à nouveau la douleur et la peur me revenaient ? Est-ce parce qu’il avait tout ruiné quand on en voulait un ? Avais-je peur que tout recommence ? Tellement de doutes à nouveau et pourtant était-il encore temps d’en avoir ?

Pourquoi l’amour pouvait-il naître sans connaître la douceur ? À quoi bon donner un cœur pour aimer s’il n’aura jamais la liberté de partager ses battements avec l’être qu’il a choisi sans crainte ? J’avais pourtant lutté non ? Deux années n’était-ce pas assez ? J’aurai dû partir, vendre mon fond de boutique, rentrer en Italie, ma lâcheté m’avait conduite là… à ce même point que par le passé où j’avais vu mon frère venir à mon secours alors que je m’effondrais sur ce sol, amoureuse d’un homme qui m’avait trahi, amoureuse de l’impossible, à cette pensée mes larmes se mêlèrent à la pluie et alors que j’avais souhaité reprendre mon air en marchant… je me noyais, je m’effondrais et ce maudit cœur fait pour aimer était ma prison, chacun de ses battements raisonnait dans mes tempes de plus belle, douloureux au possible, il relançait à mon regard perdu dans le ciel orageux des images du passé, comme si la vie allait enfin s’enfuir. Pourtant je savais qu’il n’en était rien, que ses battements allaient continuer, tambouriner inlassablement, douloureusement en moi et je savais que la vie n’en avait pas fini avec moi et qu’à un moment j’allais devoir me relever à nouveau pour marcher, affronter la réalité et me forcer à accepter que cette fois il n’était plus question de m’enfuir, de m’enfermer dans un loft au-dessus de mon atelier ou d'ignorer la réalité...

Mes souvenirs se jouaient de moi sous le temps pluvieux, finies la peine et les larmes d’une fin d’histoire, au lieu de cela c’était le bruit du vent, le son de sa voix semblait tout droit sorti de ma conscience alors que les hurlements de la pluie de l’orage refluaient avec elle. Ses mains se glissèrent sur mon visage, repoussant mes mèches et les gouttes de pluie quand le ciel disparu et que mon souffle une nouvelle fois se coupa et enserra ma gorge. Mes yeux fixés dans les siens, je ne bougeais pas, il était là devant moi, la pluie dégoulinant sur son visage et ses bras tendus au-dessus de nous, tentant de nous abriter, mes ongles s’enfoncèrent dans mes jambes alors que le temps semblait s’être suspendu. En quelques secondes tout s’effaça, plus de doute, plus de trahison, j’étais là, face à son visage aussi ruisselant que le miens.

« Je t’ai dit que j’allais te ramener chez toi alors c’est ce que je vais faire, que tu le veuilles ou non. Je ne vais certainement pas te laisser attraper la mort sous ce déluge. » Rentrer ? Là ? Avec lui ? Non… non je n’allais pas rentrer avec lui ?  Pourquoi vouloir m’aider ? Pourquoi fallait-il qu’il soit là face à moi à vouloir me porter secours alors que je m’en sortais très bien non ? Non, je ne risquais rien ici, le risque était pour lui. Je venais de ruiner mon cœur, je venais de… je me mordis les lèvres le détaillant, perdue. Il allait parler et je l’avais embrassé sans somation… Doucement la colère me gagna comme une vague, j’étais remontée contre moi, contre le temps, contre l’horloge qui semblait tourner au ralenti pour moi et si rapidement pour lui. Sa main se tendit vers moi et m’attrapa, le sol se déroba à son soutien pour me retrouver là, face à lui. A demi appuyée au mur et lui si proche une nouvelle fois et si loin pourtant. « Ça va devenir une habitude qu’on se retrouve trempés. » avait-il dis, alors que je tentais de ne pas me noyer dans le flot de mes pensées.

« J’en peux plus, ça suffit... J’en ai plus qu’assez merde ! » Lâchais-je à moi-même. Revenant à la maison d’un pas décidé et dégoulinante, mon jogging s’était soldé en marche du souvenir, tout ça parce qu’une fois de plus je m’enfermais dans le déni, attendant des solutions qui cette fois ne viendraient pas sans que je les décide. Une fois rentrée j’envoyai un message à Gio, midi au restaurent Italien, c’est important.

Je me glissai sous la douche et passai le reste de ma mâtiné à tourner en rond chez moi, avant de taper un nouveau message à Sacha.

« Ok mais j’ai des conditions, passe à la maison ce soir. »

La pluie matinale avait laissé place à un soleil radieux et mon humeur des derniers jours avait fini par se plier à mon besoin de reprendre le contrôle.

La musique à fond dans l’habitacle, le toit repoussé pour profiter du soleil, je m’éloignais doucement de mon logement, mon humeur morose définitivement dans la cave bien décidée à me réjouir de mon état et qui sait retrouver ma vie. Le premier feu, la musique l’emporta sur le reste des craintes de ma prochaine rencontre avec mon aîné et je me mis à chanter en gardant la rythmique avec les mains sur mon volant.

Comme toujours je trouvais là un moyen de m’évader, de m’oublier un instant et alors que lunettes sur le nez, je m’élançais dans les files de voitures. Je ne prenais aucune attention aux regards des passants qui pour quelques-uns se détournaient pour m’observer lors d’un ralentissement, un stop ou un feu. J’avoue même que leurs regards sur moi me donnaient le sourire et provoquaient en moi une sensation de ne plus être aussi invisible que dans mon quotidien.  Doucement mais sûrement Shakira emportait avec elle toute ma pudeur et mes hanches attachées par ma ceinture dansaient de gauche à droite dans des mouvements cadencés. Je me rappelais amusée des moments où dans ma folie musicale j’avais emporté avec moi copines et famille. Entre le ménage qui ne se faisait jamais sans quelques notes, les marches de groupes, le sport…

Il y a quelques années la musique m’avait offert un de mes plus beaux souvenirs. On traversait une place vide en pleine nuit avec Gio durant nos vacances, en Italie la musique passait dans mon téléphone en mode haut-parleurs et alors que le moral tombait avec la pluie qui nous glaçait. Je me mis à sauter, danser et chanter la chanson qui passait et après un regard un peu perdu mon frère avait suivi la note, c’est donc en délire total et musique qu’on avait retrouvé la maison où nous avions réveillé tout le monde tellement nous chantions mal ce soir-là.

Certes nous étions trempées jusqu'à l’os, mais tellement bien. Si seulement j’avais imaginé à mon retour que je tomberais sur lui et que ma vie changerait à ce point…

Je forçai le son de la musique un peu plus et me lançai le défi fou de lui donner une chance aujourd’hui de me donner une chance d’être heureuse. Qui sait dans le fond ce bébé était peut-être une véritable nouvelle chance pour moi, pour nous et mon frère le verrait peut-être aussi ainsi une fois encaissé le choc ?  Enfin arrivée sur le parking sous le regard amusé ou choqué de certaines personnes, je stoppai mon véhicule sans couper la musique, sans l’amoindrir et j’attrapai mon portable pour demander à Gio s’il était bientôt là.
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Re: Tie down to someone forever Ft Gin & Gio ✻ ( Mar 10 Oct - 22:45 )



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Depuis bientôt quinze minutes, Gio est assis sur le vieux banc en bois de chez ses parents. D’aussi loin qu’il se souvienne, ce banc a toujours été là. Tout au fond du jardin, en-dessous du pommier. Son père avait l’habitude de s’y installer en été, observant ses quatre enfants se chamailler sous le soleil de Cap Harbor. C’était la belle époque. La fratrie Esposito avait encore tout à apprendre, aucun des quatre ne connaissaient véritablement les difficultés auxquels ils pouvaient être confrontés, ils n’avaient absolument pas la moindre idée de ce qui pouvait bien les attendre. Ils s’imaginaient un futur idéal et se fixaient des buts surréalistes. Leurs rêves étaient sans limite. Ils appréhendaient leur avenir sereinement, avec la certitude qu’ils resteraient ensemble quoi qu’il advienne. Gio sourit en repensant à toute ces fois où ils partageaient leurs souhaits les plus chers. Toujours sous l’œil attentif du paternel. Gio se souvient avoir émis le désir de devenir un héros. Parce qu’il a toujours ressenti le besoin de venir en aide aux plus méritants et aux plus démunis. Bien qu’il n’ait pas réellement réaliser ce rêve, il y a tout de même eu un moment dans sa vie où Gio se sentait comme tel. Comme un héros. Ce sentiment a disparu le jour où il s’est retrouvé face à un avocat plus fort que lui. Toutes les preuves étaient dirigées contre le criminel. Gio était sûr de lui. Il était persuadé de pouvoir gagner le procès en question, persuadé de pouvoir rendre justice à un jeune homme qui se trouvait là au mauvais endroit, au mauvais moment. À force de manipulation et de stratagèmes défiant l’éthique, le criminel avait été acquitté. On lui avait dit droit dans les yeux que la justice était un jeu, et qu’un jour, il serait en mesure d’en comprendre toutes les subtilités. Malgré de nombreuses années à se battre bec à ongles, à se persuader que la justice avait un sens, il a fini par ne plus y croire. Juste en lisant attentivement un dossier et en ayant connaissance de son adversaire, Gio est en mesure de prédire si c’est un combat perdu d’avance ou non.

« Tu m’as l’air bien perdu, fiston. » Gio relève lentement la tête vers son père, plissant légèrement les yeux à cause du soleil. « Pas perdu. Plutôt pensif. » Corrige-t-il gentiment avant de se décaler pour laisser une place à son géniteur. Maurizio émet un léger rire difficile à interpréter avant de s’installer sur le banc. Il connait son fils par cœur, ses mimiques faciales n’ont plus aucun secret pour lui. Le Gio perdu ne ressemble aucunement au Gio pensif. Pour autant, il ne pose pas plus de question, il se contente d’être là et d’accompagner son fils dans son grand moment de réflexion. Gio, de son côté, ressent une certaine gêne. Son père a toujours été son plus grand ami, l’homme qui lui sert d’exemple à suivre. Dès lors qu’il est plongé dans le doute, Gio se tourne généralement vers celui qui l’a vu grandir. Pourtant, aujourd’hui, il est incapable de lui décrocher le moindre mot sur ce qui ne va pas. Non seulement il aimerait parler de ce travail qui ne lui correspond plus, mais il souhaiterait aussi aborder le sujet de son mariage qui lui file entre les doigts. Il est effrayé, il ne veut pas en parler. Il redoute la réaction de son père, il a peur de le décevoir. Maurizio est fier de son fils, parce qu’il a réussi dans la vie. Comment réagirait-il si tout était remis en cause ? D’autant plus que le problème n’est pas externe, il vient bien de lui. Ses attentes envers son travail sont trop élevées, et il se sent incapable d’aimer correctement sa femme, incapable de la rendre heureuse. Hier soir encore, Gemma a tout fait pour que Gio se sente bien. Un restaurant en amoureux, une balade au bord de la plage, et un début de soirée à faire l’amour. Ça n’a pas suffi. Il y a quelque chose de radicalement différent. Il ne sait pas si Gemma l’a perçu, ou s’il est le seul à ne plus pouvoir s’investir dans cette relation sans éprouver des difficultés. Il y a donc toutes ces choses qui minent le moral de Gio. Toutes ces choses dont il aimerait pouvoir se libérer. Mais encore une fois, il reste silencieux. Il fume tranquillement sa cigarette aux côtés de son père. Les deux hommes restent juste là, assis sur ce banc, muets comme des carpes.

Le portable de Gio vient perturber ce silence. Lorsqu’il s’en empare, il constate l’arrivée d’un SMS écrit par sa sœur. « Gina veut qu’on mange ensemble. » Explique-t-il en répondant à la blondinette. « J’vais y aller, du coup. » Son père acquiesce d’un simple signe de tête. Gio termine rapidement sa cigarette et jette machinalement le mégot dans l’herbe. Ce geste attise la colère de son père, qui s’empresse de lui donner une légère tape derrière l’oreille. « Allons ! Depuis quand tu te permets de polluer mon jardin ? C’est pas une poubelle ! » L’aîné des Esposito ne peut pas s’empêcher de rire face à l’air un peu sévère de Maurizio. Docilement, il consent néanmoins à récupérer le mégot de cigarette. « Que je t’y reprennes ! » Lâche-t-il en se relevant du banc. Les mains dans les poches, le vieil homme rejoint la grande maison, suivi de très près par Gio. « Quand tu seras enfin décidé à me parler, n’hésite pas à repasser. » Gio lève les yeux au ciel, à la fois impressionné et agacé. Cette faculté à deviner ce qu’il se trame dans la tête de ses enfants est assez incroyable, on ne va pas se mentir. « Embrasse Gina pour moi. » Les deux hommes se quittent ainsi, sans plus de parole. Gio rentre chez lui, à pieds. L’occasion pour lui de profiter du soleil. Une fois chez lui, il se débarrasse de son vieux jogging gris et enfile une tenue un peu plus correcte. Aujourd’hui, Gio avait simplement prévu de ne rien faire. Ses plans sont légèrement bousculés à cause de sa sœur, mais finalement, il se dit que sortir ne peut pas lui faire de mal. Il a juste terminé de boucler sa ceinture quand Gina annonce qu’elle est là. Il attrape son portefeuille et sa veste avant de sortir pour rejoindre sa sœur. Gio s’engouffre aussitôt à l’intérieur de la voiture, se penchant pour embrasser Gina sur la joue. « Yo Gino bello. Comment tu vas ? » Demande-t-il tandis qu’il met sagement sa ceinture de sécurité. « On est d’accord que c’est toi qui paye le restaurant, hein ? » Gio aime beaucoup embêter sa sœur. C’est l’un de ses passe-temps favoris. Lui faire croire qu’elle devra assurer les frais de son repas l’amuse à un point que lui seul peut comprendre. « J’reviens de chez papa et maman, et notre tendre père t’embrasse de tout son cœur. »


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Re: Tie down to someone forever Ft Gin & Gio ✻ ( Mar 17 Oct - 3:48 )




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« Che confusione… Sara perche ti amo…E un’emozione…Che cresce piano piano…Stringimi forte e stammi piu vicino… Se ci sto bene…Sara perche ti amo » Mes doigts dansaient sur le volant, alors que j’ignorais les personnes qui allaient et venaient.

« Io canto al ritmo del dolce tuo respiro… E primavera… Sara perche ti amo… Cade una stella… Ma dimmi dove siamo… Che te ne frega… Sara perche ti amo… » ma voix recouvrait dans un même accent les paroles de la chanteuse. Ma jauge de bonne humeur se complétant à mesure que la guitare et les basses emportaient les paroles de la chanson italienne. Je pouvais voir de mon point de vue la maison de mon frère et le voir s’approcher.

Il était beau, mon sourire s’afficha de plus belle face à la certitude qu’il ne serait jamais autre chose que le plus beau à mes yeux. J’admirais ce chieur depuis mon premier souffle. Je l’aimais depuis toujours et j’en venais à douter qu’un jour je sois capable de lâcher sa main ou que je puisse souffrir à cause de lui comme d’autres m’avaient fait mal. Il avait toujours été l’épaule rassurante, le bras qui réchauffe. Combien de cauchemar avait-il vaincu par sa simple présence, combien de larmes avait-il chassés ? Pourtant je lui en avais fait voir, j’étais la première à faire de lui ma victime pour des blagues débiles. Je n’étais jamais la dernière pour lui voler quelques cheveux blancs. J’aimais mon père, mes autres frères. Mais Gio était mon héros, celui qu’on admire.

J’avais une fois dit à ma mère que plus grande j’épouserais Gio. Elle avait rigolé aux larmes avant de me dire que c’était impossible car il était mon frère. J’avais alors boudé, je ne comprenais pas. Il avait engueulé le garçon qui m’avait fait un crochet-patte au jardin public. Il chassait les démons sous mon lit, alors pourquoi je ne pourrais pas… j’avais quatre ans… je n’en avais guère plus quand je le voyais avancer vers moi, bien qu’en grandissant je n’y avais plus pensé… Il était resté là tel un pilier. Il avait déménagé mes affaires. Il avait sa vie, j’avais la mienne, il n’y avait rien de tordu entre nous. Oublié les délires de gamine imaginant que son frère était l’homme le plus parfait du monde. Il l’était par bien des points, mais il était un homme tout simplement ainsi que mon sang.  

« Yo Gino bello. Comment tu vas ? »

Je baissais le volume qu’une fois qu’il fut au niveau de la voiture et je sentis mon courage fondre comme neige au soleil quand son parfum embauma l’habitacle et fit monter une nausée. Mon dieu…

« On est d’accord que c’est toi qui paye le restaurant, hein ? » ma main resserra le cuir du volant. Je pouvais sentir mon estomac bondir dans ma poitrine. Mon cœur se balançait comme en pleine tempête. Pire, mon teint dans le miroir laissait passer une couleur verdâtre des plus voyantes.  « J’reviens de chez papa et maman, et notre tendre père t’embrasse de tout son cœur. »

La chanson se terminait pour passer à la suivante que je n’osai pas dire un mot, ni ouvrir la bouche. J’imaginais déjà un spectacle horrible digne de Carrie, ce film de S. King où la victime est maculée de sang de cochon. Sauf que là, ce n’était pas le sang du cochon qui risquait de maculer les vêtements propres de Gio. D’un bond, j’ouvris la portière et me précipita hors de la voiture pour reprendre mon souffle et faire quelques pas. Je devais clairement passer pour une grosse malade aux yeux de mon frère. Mais qu’importe, il valait mieux cela que de lui vomir dessus. Il y avait sûrement de meilleures façons de lui apprendre la chose. Tout du moins, des façons moins horribles de lui faire comprendre…

Même mes pensées déliraient alors que je tournais en rond sur mes talons martelant le goudron du parking.

« J’arrive, bouge pas, juste une crampe. Comment va papa ? » tentais-je de dire tout en continuant de marcher comme une lionne en cage en faisant de petits cercles débiles qui attiraient le regard de mémé et pépé qui nous dépassaient. « Et tu sais quoi ? Si tu sais quoi, c’est pas toi et pas moi qui allons payer l’addition ce soir, mais on y reviendra… là j’aimerai que tu attrapes dans mon sac, une pastille à la menthe et me la tende. » Avec un peu de chance il ne sortirait pas de la voiture et ce remède de pharmacienne passerait ma nausée avant qu’il ne se doute que la campe était aussi imaginaire que les monstres sous mon lit.

Après une minute de marche rapide et le refrain de la chanson, je regagnais l’habitacle et je lançais un regard à mon frère.

« Tu pourrais conduire ? J’ai peur que ma crampe revienne et j’ai trop bossé sur ce meuble pour prendre le risque, j’aurai dû aller courir avant de prendre le volant. » Go, l’excuse bidon est de la partie ! Mais qui sait ? Lui au volant, les mains sagement posés sur les commandes et la voiture en route vers le restaurant, il ne verrait pas de changement, les trois kilos de trop, ou mon teint des plus douteux ? Pas avant qu’on soit assez entourés pour qu’il ne bifurque pas chez Sasha et le tue ? Ou qu’il veuille me tuer d’avoir remit le couvert avec lui ? Pire, d’envisager de revivre avec lui ?

« Tu conduis et je t’explique pour la facture, tu veux manger quoi ce soir ? »
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Re: Tie down to someone forever Ft Gin & Gio ✻ ( Dim 12 Nov - 20:30 )



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LOOK, LOVE IS NOT SOMETHING WE WIND UP, SOMETHING WE SET OR CONTROL. LOVE IS JUST LIKE ART: A FORCE THAT COMES INTO OUR LIVES WITHOUT ANY RULES, EXPECTATIONS OR LIMITATIONS. LOVE LIKE ART, MUST ALWAYS BE FREE.

Lorsque Gio s’engouffre à l’intérieur du véhicule, il est à des années lumières de penser que sa sœur ait une nouvelle importante à lui annoncer. Les parents Esposito ont élevé leurs quatre enfants en leur faisant comprendre que la famille était tout ce qu’il pouvait y avoir de plus important et de plus précieux au monde. En y regardant de plus près, on peut dire qu’ils ont réussi. Gio, Simone, Pio et Gina sont incroyablement proches les uns et des autres. Gio pourrait littéralement mourir pour ses frères ou sa sœur. Ce sont les personnes les plus chères qui lui soient, celles pour qui il ferait n’importe quoi, allant du meilleur au pire. Passer du temps avec eux, pour lui, c’est normal et naturel. Il est habitué aux soirées improvisées avec Simone, aux discussions philosophiques autour d’un café avec Pio, et aux déjeuners avec Gina. Pour lui cette rencontre n’est absolument pas synonyme de grande annonce. Et pourtant…

Immédiatement après avoir transmis le message de son père, Gio remarque la mine déconfite de sa sœur. Le teint malade, les mains crispées sur le volant, il ne faut pas être idiot pour comprendre que quelque chose ne va pas. Les sourcils froncés, l’avocat observe sa sœur avec inquiétude. Le fait qu’elle ne lui décroche pas le moindre mot ne fait que le tracasser davantage. Machinalement, il pose une main dans son dos, sans trop savoir s’il doit chercher à l’apaiser ou à la réconforter. « Hey, Gina. Tout va bien ? » Toujours aucune réaction de la part de la blondinette. Toute cette situation lui arrache un rire empli de nervosité, tandis qu’il se retrouve plongé dans l’incompréhension la plus totale. « T’as vu un fantôme ou b-… » Enfin, Gina elle réagit. Elle s’extirpe vivement de la voiture, inspirant une grande bouffée d’air frais les yeux fermés. Penché en avant vers la portière du côté conducteur, il regarde sa sœur faire les cent pas. « J’te jure que tu commences un peu à me faire flipper, là… » Si elle est à ce point malade, pourquoi lui a-t-elle proposé un déjeuner entre frère et sœur ? Avant qu’il ne s’installe vraiment sur le siège passager, Gina semblait être en pleine forme. Du moins, elle n’avait pas l’air malade. Son visage s’est décomposé petit à petit, c’était soudain, imprévisible. Alors non, Gio ne comprend pas vraiment ce qu’il lui arrive. Elle ne cherche pas non plus à s’expliquer, préférant demander des nouvelles du père Esposito. « Euh… » Commence Giovanni. « Bien, je crois. Je suis pas resté longtemps. » Accessoirement, les deux hommes n’ont pas échangé plus de trois phrases. « Attends, quoi ? » Qu’il fait lorsqu’elle lui demande une pastille à la menthe. « Il se passe quoi, bordel ? » Dire que sa sœur l’énerve serait un euphémisme. Malgré toute l’affection qu’il éprouve à son égard, il déteste quand elle se montre évasive. Il sent qu’elle lui cache quelque chose et ça l’insupporte.

Gio consent tout de même à lui donner cette fichue pastille à la menthe, non sans lâcher un soupir d’exaspération. Il doit encore patienter une minute ou deux avant que sa sœur ne regagne la voiture. « D’accord… » Dit-il avec hésitation. Il la fixe avec intensité, comme pour essayer de la sonder. Juste à son regard, il comprend qu’elle le mène en bateau. Il ne sait pas pourquoi, cela dit, et c’est bien ça qui l’embête. « Bizarre, cette histoire de crampe. » C’est tout ce qu’il a à dire pour le moment. Gio sort calmement de la voiture pour échanger sa place avec celle de Gina. Il s’installe tranquillement et attache sa ceinture. Il attend que Gina soit à son tour bien installée avant de se tourner vers elle. « Peu importe, tant que c’est italien. » Il n’oublie pas ses principes, Gio. Il n’a pas envie que sa sœur le traîne dans un restaurant typiquement américain, n’offrant que des pizzas, des hamburgers ou autre plat fort en graisse. Quitte à choisir l’endroit où manger, autant miser sur une valeur sûre. Avant de démarrer, il reste de longues secondes à détailler sa sœur. « Tu vas me dire ce qui ne va pas où tu vas me faire poireauter encore longtemps ? » Gina connaît son frère, maintenant. Elle devrait savoir qu’elle ne pourra jamais lui cacher quoi que ce soit. Depuis qu’ils sont petits, Gina et Gio partagent absolument tout. Elle n’est pas seulement sa petite-sœur, elle est aussi sa meilleure amie. En trente ans, il a eu le temps d’apprendre à cerner Gina. Il n’est pas dupe, l’italien. « Je démarrerai pas tant que t’auras pas cracher le morceau. » Et bon sang, Gio est aussi incroyablement têtu.


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Tie down to someone forever Ft Gin & Gio

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