Tie down to someone forever Ft Gin & Gio

 :: postcard for far away :: Lieux divers
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
avatar
‹ OUR FAMILY IS A HAPPY ONE.

❝ Family don't end with blood ❞
‹ OUR FAMILY IS A HAPPY ONE.
http://chicago-city-rpg.forumactif.org/ Voir le profil de l'utilisateur

›› It's my life
›› Cap Harbor since : 05/09/2017
›› Commérages : 137
›› Pseudo : Hystéria
›› Célébrité : Serinda Swan
›› Schizophrénie : aucun
›› more about me

A DROP IN THE OCEAN
›› family portrait :

Tie down to someone forever Ft Gin & Gio ✻ ( Mar 12 Sep - 21:36 )




Tie down to someone forever
Giovanni & Gina



C’est troublant quand on réalise que sa vie risque de s’effondrer, on regarde soudainement le monde d’un œil neuf. On réalise que parfois le ciel aime vous accompagner. Je me suis bien souvent dis que la nature était bien faite, qu’elle est simplement belle et s’offrait à moi, s’accordant à mes sentiments, un rayon de soleil un matin où tout va bien me semblera si beau qu’il m’emportera en un rien de temps au loin, un sourire m’effleure sous la douceur de la chaleur d’un jour lumineux et me rappelle la chance que j’ai. Tout semble alors possible, facile, le rire d’un enfant, le chant d’un oiseau, tout me chante la joie de vivre, comme si la venue de jours meilleurs pointait le bout de son nez, ce matin encore tout me paressait ainsi… Comment avais-je pu tomber dans ce puit, comment avais-je pu laisser mes sentiments me détruire ?

Pourtant tout y était, les avertissements de ma conscience, le vent chaud, l’orage, la pluie… même mère nature avait tenté de me sauver la mise. Et j'étais pourtant à ces moments fatidiques où une nouvelle fois le ciel semblait vouloir pleurer les larmes qui refusaient à fuir mes yeux et accompagnaient mes instants de doutes, le ciel se chargeait tendrement, voulant repousser les ombres à ma place en libérant un flot de vent, de pluie. Mais si en temps normal assise devant ma baie vitrée mes tristes songes se délavaient, dans ma contemplation présente rien ne semblait aller, le torrent infernal de l’orage n’emportait pas ma peine, ma douleur. L’orage menaçant qui semblait avoir voulu me prévenir déversait son flot de pluie et arrosait mes doutes, n’effaçant rien et au contraire, me hurlant un lourd rappel, comme si une nouvelle fois quelque chose voulait me soulager là où rien ni personne n’y comprendrait quoi que ce soit.

Un mois avait tout changé, je lançai un regard à la pile de boites que j’avais accumulé depuis son départ au travail et posai un nouveau regard sur le jardin où quelques temps plus tôt j’imaginais déjà une barrière pour un enfant en devenir, un petit coin sécuritaire qui en ce jour n’avait plus rien d’aussi fleurissant dans l’avenir pour moi. Un mois à dormir à côté de lui sans même plus supporter qu’il me touche, brûlante d’envie de lui faire mal à chacun de ses « bébé » ou « Chérie ». Un mois à l’imaginer avec elle. Deux heures de plaisir pour une vie entière de destruction, un ouragan en soit bien plus long et destructeur que l’orage qui nous avait uni, que l’orage qui tourmentait l’horizon alors que j’attendais mes frères pour qu’ils m’aident à quitter les lieux avant son retour du travail. Ce soir il ne trouverait que les ruines de ce que nous n'étions plus là où j’avais pourtant tout tenté pour en faire notre refuge. Tout sauf le pardon, dont à ce jour, j’étais encore incapable… pourtant combien de fois avais-je pris sur moi ? Mais cela ne fonctionnait pas… malgré les tentatives de sauvetage, ma positivité avait sombré et même le temps ne prenait pas le pas sur la vie qui me semblait si lourde que je voulais que tout s’arrête par un coup du sort, un miracle, que mon cœur trop lourd s’arrache de ma poitrine pour tomber en cendre sur le sol. Assise sur le perron, les jambes contre ma poitrine, le regard fixé sur le ruissellement de l’eau qui avait pris une part intégrante de moi et s’écoulait torrentiellement sous mes jambes. Je n’arrivais simplement plus à trouver la force de me relever, d’avancer, je ne ressentais que le vide se fendre. Comment engouffrer ainsi le vent ? La pluie n’arrivait à me redonner la force de me relever, je m’effondrais, m’engouffrais inéluctablement, immobile. Comment une simple aventure, une simple rencontre pouvait à ce point réduire mon monde à un néant moral sans fond ?

Non je ne pouvais l’accepter, croire qu’il avait pu pour une pulsion nous mettre autant à mal, me détruire aussi irrévocablement. Ma conscience me hurlait qu’il y avait forcément plus qu’une envie primale de plaire, de sexe, elle avait dû compter d’une façon ou d’une autre, faire une différence pour qu’il arrive à dépasser ce que nous étions pour se laisser aller avec elle ainsi. Elle avait forcement une place ou alors pourquoi tout démolir ?… A cette simple conclusion une nouvelle fois une sonate funeste de mon crépitant raisonna, une de celles si douloureuses que votre souffle se coupe, alors que je maudissais cet organe bien trop vivant et fixé dans ma poitrine qui me semblait si puissant que j’en avais le souffle coupé. L’écho infernal qui tambourinait dans mon crâne, formant un flot diabolique d’images qui remontaient en moi, me rappelant à quel point son dérapage inéluctable allait changer ma vie, détruire des années et faire de mon existence un chemin perpétuel de lutte contre mon cœur pour ne pas mourir en même temps que l’effondrement de ma vie à son côté. Serais-je un jour capable de l’oublier ou voudrais-je malgré tout encore et toujours avoir un peu de lui au lieu d’un futur où il ne serait pas, où il ne serait plus ?...

Et pourtant à présent que tout était fait, l’amertume de la douleur qui me recouvrait avec la pluie ne délavait pas mon amour. Non, j’avais juste la cruelle sensation que ma vie m’échappait, mais que mon cœur lui s’accrochait là où je voulais qu’il lâche sous la douleur… Que mes sentiments m’écrasaient telle une chape de plomb que je n’arrivais pas à repousser. La digue que j’avais doucement érigé depuis un mois avait lâché et la vague me submergeait, un froid insupportable m’entourait et le décor disparu alors que je relevais la tête pour adosser mon crâne au pilier et planter mon regard sur le ciel, sur Gio qui s’avançait. Je luttais pour chercher de l’air, un souffle… un sauve conduit… Je restais impuissante comme au fond d’un puit lugubre, m’enlisant avec des murs qui se rapprochaient inéluctablement.

Le regard de mon frère impuissant face à mon agonie soudaine là où jusqu’à présent j’avais tenu. Jamais je n’aurai pensé m’effondrer de la sorte, jamais je n’aurai cru le vide aussi profond sous mon corps alors qu’il m’attrapait dans ses bras, réalisant sûrement que je venais de lâcher prise…

Les mois avaient passé, des mois sombres où je me murais dans un visage de façade, où je le repoussais inéluctablement à chacun de ses appels nocturnes, où je bouchais mes oreilles et étouffais mes pleurs quand il hurlait devant ma porte ou tapait dans le bois de celle-ci. Des mois où seul Gio avait su voir combien il avait détruit la joie de vivre qui me composait depuis toujours. Et malgré mes luttes pour garder chacune des convictions qui me forgeaient chaque jour, je me retrouvais là, exactement là où je ne voulais pas être.

Là où il y avait près de deux années j’avais fait le choix de fuir ma vie et m’oublier. Là où mon cœur m’avait conduit à lutter, je me retrouvais comme cette femme sans passé et sans avenir, totalement perdue. Mon cœur s’effondrait… Etais-je devenue folle à nouveau ? Depuis quand n’étais-je plus capable de lucidité, de retenue ? Je tentai de me débattre entre réalité et troubles sentimentaux, de me reprendre quelques secondes. Tout pouvait s’arranger encore ? Mais comment ? Avais-je simplement envie de connaître la suite de ma vie ? Étais-je capable d’affronter cela ?

Mon premier réflexe en apprenant ma grossesse fut de rester seule, je le repoussai une nouvelle fois et eus le réflexe d’appeler Draz, j’avais besoin d’effacer la honte ou la gêne de mon geste, qu’est-ce qui n’allait pas, dans le fond j’attendais un bébé, une vie, le fruit de mes sentiments impossibles et pourtant indéniables ?

Alors pourquoi à nouveau la douleur et la peur me revenaient ? Est-ce parce qu’il avait tout ruiné quand on en voulait un ? Avais-je peur que tout recommence ? Tellement de doutes à nouveau et pourtant était-il encore temps d’en avoir ?

Pourquoi l’amour pouvait-il naître sans connaître la douceur ? À quoi bon donner un cœur pour aimer s’il n’aura jamais la liberté de partager ses battements avec l’être qu’il a choisi sans crainte ? J’avais pourtant lutté non ? Deux années n’était-ce pas assez ? J’aurai dû partir, vendre mon fond de boutique, rentrer en Italie, ma lâcheté m’avait conduite là… à ce même point que par le passé où j’avais vu mon frère venir à mon secours alors que je m’effondrais sur ce sol, amoureuse d’un homme qui m’avait trahi, amoureuse de l’impossible, à cette pensée mes larmes se mêlèrent à la pluie et alors que j’avais souhaité reprendre mon air en marchant… je me noyais, je m’effondrais et ce maudit cœur fait pour aimer était ma prison, chacun de ses battements raisonnait dans mes tempes de plus belle, douloureux au possible, il relançait à mon regard perdu dans le ciel orageux des images du passé, comme si la vie allait enfin s’enfuir. Pourtant je savais qu’il n’en était rien, que ses battements allaient continuer, tambouriner inlassablement, douloureusement en moi et je savais que la vie n’en avait pas fini avec moi et qu’à un moment j’allais devoir me relever à nouveau pour marcher, affronter la réalité et me forcer à accepter que cette fois il n’était plus question de m’enfuir, de m’enfermer dans un loft au-dessus de mon atelier ou d'ignorer la réalité...

Mes souvenirs se jouaient de moi sous le temps pluvieux, finies la peine et les larmes d’une fin d’histoire, au lieu de cela c’était le bruit du vent, le son de sa voix semblait tout droit sorti de ma conscience alors que les hurlements de la pluie de l’orage refluaient avec elle. Ses mains se glissèrent sur mon visage, repoussant mes mèches et les gouttes de pluie quand le ciel disparu et que mon souffle une nouvelle fois se coupa et enserra ma gorge. Mes yeux fixés dans les siens, je ne bougeais pas, il était là devant moi, la pluie dégoulinant sur son visage et ses bras tendus au-dessus de nous, tentant de nous abriter, mes ongles s’enfoncèrent dans mes jambes alors que le temps semblait s’être suspendu. En quelques secondes tout s’effaça, plus de doute, plus de trahison, j’étais là, face à son visage aussi ruisselant que le miens.

« Je t’ai dit que j’allais te ramener chez toi alors c’est ce que je vais faire, que tu le veuilles ou non. Je ne vais certainement pas te laisser attraper la mort sous ce déluge. » Rentrer ? Là ? Avec lui ? Non… non je n’allais pas rentrer avec lui ?  Pourquoi vouloir m’aider ? Pourquoi fallait-il qu’il soit là face à moi à vouloir me porter secours alors que je m’en sortais très bien non ? Non, je ne risquais rien ici, le risque était pour lui. Je venais de ruiner mon cœur, je venais de… je me mordis les lèvres le détaillant, perdue. Il allait parler et je l’avais embrassé sans somation… Doucement la colère me gagna comme une vague, j’étais remontée contre moi, contre le temps, contre l’horloge qui semblait tourner au ralenti pour moi et si rapidement pour lui. Sa main se tendit vers moi et m’attrapa, le sol se déroba à son soutien pour me retrouver là, face à lui. A demi appuyée au mur et lui si proche une nouvelle fois et si loin pourtant. « Ça va devenir une habitude qu’on se retrouve trempés. » avait-il dis, alors que je tentais de ne pas me noyer dans le flot de mes pensées.

« J’en peux plus, ça suffit... J’en ai plus qu’assez merde ! » Lâchais-je à moi-même. Revenant à la maison d’un pas décidé et dégoulinante, mon jogging s’était soldé en marche du souvenir, tout ça parce qu’une fois de plus je m’enfermais dans le déni, attendant des solutions qui cette fois ne viendraient pas sans que je les décide. Une fois rentrée j’envoyai un message à Gio, midi au restaurent Italien, c’est important.

Je me glissai sous la douche et passai le reste de ma mâtiné à tourner en rond chez moi, avant de taper un nouveau message à Sacha.

« Ok mais j’ai des conditions, passe à la maison ce soir. »

La pluie matinale avait laissé place à un soleil radieux et mon humeur des derniers jours avait fini par se plier à mon besoin de reprendre le contrôle.

La musique à fond dans l’habitacle, le toit repoussé pour profiter du soleil, je m’éloignais doucement de mon logement, mon humeur morose définitivement dans la cave bien décidée à me réjouir de mon état et qui sait retrouver ma vie. Le premier feu, la musique l’emporta sur le reste des craintes de ma prochaine rencontre avec mon aîné et je me mis à chanter en gardant la rythmique avec les mains sur mon volant.

Comme toujours je trouvais là un moyen de m’évader, de m’oublier un instant et alors que lunettes sur le nez, je m’élançais dans les files de voitures. Je ne prenais aucune attention aux regards des passants qui pour quelques-uns se détournaient pour m’observer lors d’un ralentissement, un stop ou un feu. J’avoue même que leurs regards sur moi me donnaient le sourire et provoquaient en moi une sensation de ne plus être aussi invisible que dans mon quotidien.  Doucement mais sûrement Shakira emportait avec elle toute ma pudeur et mes hanches attachées par ma ceinture dansaient de gauche à droite dans des mouvements cadencés. Je me rappelais amusée des moments où dans ma folie musicale j’avais emporté avec moi copines et famille. Entre le ménage qui ne se faisait jamais sans quelques notes, les marches de groupes, le sport…

Il y a quelques années la musique m’avait offert un de mes plus beaux souvenirs. On traversait une place vide en pleine nuit avec Gio durant nos vacances, en Italie la musique passait dans mon téléphone en mode haut-parleurs et alors que le moral tombait avec la pluie qui nous glaçait. Je me mis à sauter, danser et chanter la chanson qui passait et après un regard un peu perdu mon frère avait suivi la note, c’est donc en délire total et musique qu’on avait retrouvé la maison où nous avions réveillé tout le monde tellement nous chantions mal ce soir-là.

Certes nous étions trempées jusqu'à l’os, mais tellement bien. Si seulement j’avais imaginé à mon retour que je tomberais sur lui et que ma vie changerait à ce point…

Je forçai le son de la musique un peu plus et me lançai le défi fou de lui donner une chance aujourd’hui de me donner une chance d’être heureuse. Qui sait dans le fond ce bébé était peut-être une véritable nouvelle chance pour moi, pour nous et mon frère le verrait peut-être aussi ainsi une fois encaissé le choc ?  Enfin arrivée sur le parking sous le regard amusé ou choqué de certaines personnes, je stoppai mon véhicule sans couper la musique, sans l’amoindrir et j’attrapai mon portable pour demander à Gio s’il était bientôt là.
code by © Hystéria



_________________
If I'm honest, I know I would give it all back, For a chance to start over and rewrite an ending or two, For the girl that I knew
Revenir en haut Aller en bas

Tie down to someone forever Ft Gin & Gio

SCREW DESTINY :: postcard for far away :: Lieux divers
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
( )



Outils de modération