Summertime Sadness | Ialix

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Summertime Sadness | Ialix ✻ ( Mar 27 Mar - 9:57 )

Summertime Sadness - IALIX
Now that you look happier, you do.

Ce matin encore, le regard triste d’Ian envahit la pièce, il se réveille une nouvelle fois dans ce lit bien trop grand et bien trop vide. Ce matin, Victoria n’avait pas école, et lui ne prenait le travail qu’à 11h. Il avait du temps pour passer la matinée avec elle, avant de la déposer chez la nounou. Et le jeune trentenaire n’avait eu le temps de dire ouf, qu’une jolie masse blonde, bouclée et en joyeux bazar saute sur le grand lit avec de grand élans de joie. « C’est le matin papa, on va manger du chocolaaaat ! On est samedi, on a le droit ! » Disait-elle, avant de se jeter sur le torse de son père. Elle lui fit un bisou de bambin, tout baveux, mais rempli d’amour, cela faisait sourire Ian. Sans elle, il serait surement devenu aussi fou que son propre père, fou de chagrin d’avoir perdu la seule femme qu’il ait jamais aimé. « Dit Vicky, tu es sûr qu’il reste du chocolat, papa à peut-être tout mangé ! » Dit le jeune père, un sourire en coin, en passant sa main dans les boucles blondes de sa fille. « Papa ! Attends je vais voir ! » Répondit le bambin, en partant en courant. « Victoria tu ne cours pas dans les escaliers ! » La réprimande-t-il en la suivant de près. Il avait le sourire, cette enfant était le dernier rayon de soleil à sa vie. Il la rattrape par les cuisses et la porte par-dessus son épaule, en riant. Ils passèrent alors une bonne demi-heure à préparer des petits gâteaux au chocolat, comme tous les samedis matin. Un rituel qu’il n’oubliait jamais.


Il l’avait laissée dans la chambre, jouer, après l’avoir préparée et le temps que lui se prépare pour partir au travail, et emmener la petite chez la nounou, il la récupérerait en fin d’après-midi, et ils rentreraient manger des burgers maisons, devant un dessin animé. Les rituels du Samedi. C’était différent la semaine, mais le samedi c’était toujours très bien réglé, et il ne voulait pas lui mentir. Il prenait une douche rapide, et pris le temps de discipliner ses cheveux, qu’il devait aller faire recouper, parce qu’ils devenaient un peu trop longs. Il alla ensuite rapidement s’habiller, toujours très bien, jeans serré, chemise blanche et veste noire. Une paire de chaussures de ville, et le voilà prêt. Il se parfume rapidement, et va récupérer la petite, qui porte un joli ensemble tout beige, et un joli gilet rose pale, avec des petites superstar blanches. Une rapide queue de cheval sur le haut de sa tête. Il prit le sac à goûter de la petite et paris dans ses bras, jusqu’à la voiture. Et les voila partis jusqu’à chez la nounou. Il la dépose là-bas en lui donnant quelques dernières recommandations, comme de bien se tenir, d’être sage, et de ne pas faire de bêtises. Un dernier baiser sur le front de sa fille, et il reprend la route pour partir au cabinet.

Ian aimait passionnément son travail qu’il exerce depuis presque 6 ans, il adorait être avocat et défendre les causes justes. Il le prenait surtout très à cœur et il n’hésitait pas à user des grands moyens pour gagner des affaires. Ian est passionné, et il n’a pas monté ce cabinet pour rien, en trois ans, son cabinet est parmi l’un des plus réputé de la ville. On lui confie souvent de très grandes affaires, sans avoir peur de perdre Ian est doué, et il n’y pas mieux en ville ! Ce matin, il était passée auprès de son assistante, consulter ses rendez-vous, et il n’en avait aucune de prévue, c’est une bonne chose il allait pouvoir se concentrer sur les cas en cours. Il demanda à son assistante de le prévenir si quelqu’un se présente.


Ce fût le cas en tout début d’après-midi, le téléphone de son bureau aux murs clairs retentit, le trentenaire décroche et entends la voix de sa jeune assistante à l’autre bout du combiné qui prends la parole. «  Monsieur Blackheart, une jeune femme à l’accueil, elle souhaite vous voir. » Ian fronça les sourcils, et fit un peu la moue quelques secondes avant de répondre à son assistante de laisser entrer la jeune femme


Breathe Out… Breathe In… Breathe Out… Breathe In…


Ian venait d’oublier de respire quelques secondes, quand il avait vu la jeune femme entrée. Pourquoi ? Comment ? Ian ne comprenait plus rien, il ne comprenait pas ce qu’elle faisait dans cette pièce, il la croyait là-bas en Europe, avec un autre homme. Il se lève, les bras croisés sur le buste, passant de l’autre côté du bureau, et s’appuyant dessus, en la regardant, le regard partagé entre la haine et le soulagement qu’elle soit en vie. Il n’avait pas eu de nouvelles d’elle depuis 5 ans. 5 longues années, où il ne l’avait jamais oubliée. Comment pouvait-il alors qu’elle était partout ? Son bureau comportait deux cadres photos dans un coin, la seule photo d’eux trois, avec Victoria, la première photo, l’autre photo est une photo actuelle de lui et Victoria. Il décide enfin de prendre la parole.


« Qu’est-ce-que tu fiches ici, Alix »
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Re: Summertime Sadness | Ialix ✻ ( Mar 3 Avr - 23:21 )

❝ Summertime Sadness
ALIX & IAN ♥


Le palpitant est douloureux ce matin quand elle ouvre les yeux, elle se redresse d'un coup dans son lit et elle déglutit. Elle pose une main sur sa cage thoracique pour reprendre une respiration normale et elle regarde autour d'elle, des perles de sueurs qui perlent sur son front. Sa main saisit le grand verre d'eau qu'elle a posé sur sa table de nuit avant de dormir et elle le vide d'une traite, sans même réfléchir. Elle a mal, tellement mal. Elle se rallonge et attrape son téléphone pour regarder l'heure. Neuf heures. Elle lève le bras, un index en l'air, elle entend la porte qui claque, son frère qui râle et son colocataire qui se fait un café. Elle enfile alors un pull avant de pointer son nez dans la cuisine pour se faire un café à  la suite. Elle offre une caresse à son chat, allume son mac pour voir si elle n'a pas de propositions d'emploi et rien, elle soupire, vogue un peu sur les réseaux sociaux et comme à son habitude, elle va voir son mur. Rien ne filtre, juste une photo de lui et Victoria, Victoria qui a cinq ans, Victoria qui pourrait être si heureuse avec deux parents, Victoria qu'elle a abandonné et elle s'en veut a peintre, elle s'en veut terriblement. Et pourtant, elle n'a pas encore eu le courage d'y aller. Elle a peur. Peur qu'elle ne la reconnaisse pas, peur que lui, il lui crache sa haine au visage qu'il lui dise qu'il la déteste. Et il a toutes les raisons de le faire. Il doit la détester, c'est logique. Parce qu'elle l'a laissé sans rien, sans un mot. Elle l'a laissé s'occuper de leur fille alors que c'était un enfant désiré. Ils avaient décidés d'avoir cet enfant tout les deux, même s'ils étaient jeunes, même s'ils étaient sûrement inconscients, ils en ont voulu de cette petite fille. Leur princesse. Ils en ont voulus, et c'est elle qui avait été faible. Pas lui. C'est elle qui avait disparu. Elle avait mal Alix, mais c'était de sa faute. Sa faute à elle, lui il n'y était pour rien, parce que le cœur était brisé, les morceaux se détachaient au fur et à mesure des jours qui passaient comme des pétales de roses qui fanent la référence à la belle et la bête c'est cadeau

« Tu fais quoi aujourd'hui Lix ? » Alix tourne la tête vers son frère en fronçant un peu les sourcils alors qu'il vient de se jeter sur son lit. Elle allume une bougie avant de le regarder, haussant les épaules « J'en sais rien, je veux aller voir Ian, mais je sais pas si c'est une bonne idée. Je pense que je vais rester à la maison en matant une série. » Et son frère lui balance un objet non identifié vers le visage qu'elle évite copieusement, reprenant ses pinceaux pour se remettre à peindre, les couleurs encore moins présentes qu'avant, les couleurs sont sombres, sans vie et elle, elle a mal encore plus, à l'intérieur. Ca se creuse, encore, toujours, petit à petit, le trou béant s'agrandit. Comme si c'était nécessaire pour qu'elle sente encore plus mal. « Va le voir. Je sais où il bosse, dans un cabinet d'avocat tout près de Cap Harbor. Peut-être que vous vous retrouverez et que vous vous enverrez en l'air, allez tente le truc soeurette. » Alix lève les yeux au ciel et cette fois-ci c'est elle qui lui balance un tube de gouache en pleine figure, comme si ça allait être aussi simple, comme si, il allait lui pardonner en un claquement de doigt. Le monde des bisounours est bien loin de la vérité, le monde est en train de brûler, et c'est Alix qui a gratté l'allumette, c'est Alix qui a attisé la flamme avec sa fuite.

Alors qu'elle s'était décidé, voilà qu'elle était devant l'immense bâtisse, les mains moites enserrant le volant de sa voiture de sport, elle redémarrait le moteur et indiquait qu'elle désirait entrer dans le parking, elle offrait un sourire fébrile au gardien du parking et elle s'enfonçait dedans, cherchant une place, distraite. Ce n'est que quand elle en eut trouvé une qu'elle se garait et là, elle sentait que ça se compressait plus que de raisons dans son corps, que le cœur avait du mal à assumer et elle avait une irrémédiable envie de pleurer. Elle qui ne pleurait plus. Trop faible. Elle sortait alors de sa voiture, ses mains passaient sur son jean et ajustait sa chemise, regardant s'il n'y avait pas de tâches, aucune. Sa veste sur le dos, elle se dirige jusque l'ascenseur pour se diriger jusque l'étage. Elle a l'impression d'être un clown, une blague que l'on raconte quand on est dans un repas de famille et que c'est l'oncle un peu bourru et totalement saoul. Lorsque les portes s'ouvrent sur l'étage que son frère lui a indiqué, elle s'annonce auprès d'une brunette qui l'alpague dès qu'elle arrive. Elle souffle un petit coup. « Je viens voir Monsieur Blackheart. » Le palpitant s'affole quand elle prononce son nom de famille, ça fait tellement longtemps. « Vous avez rendez-vous ? » Alix secoue la tête négativement, mais la secrétaire lui sourit et lui annonce que ce n'est pas bien grave, il n'a pas de rendez-vous aujourd'hui. Elle avançait jusqu'au bureau et sa main sur la poignée, elle avait envie de faire marche arrière, mais c'était impossible. Elle ne pouvait plus le faire. Elle déglutissait, et entrait dans le bureau. Et elle comprenait son regard, ce regard qu'il lui offrait. Son cœur s'activait trop, bien trop. Le silence et la tension était palpable. « Qu’est-ce-que tu fiches ici, Alix » Alix posait son regard un peu partout et elle finissait par le regarder. Elle jouait avec ses mains, son pouce faisait tourner cette bague qu'arborait son index pour ouvrir la bouche avant de la refermer, puis elle la rouvrait. « Je sais que tu me hais. » Elle restait stoïque, là, près de la porte. « Parce que je suis partie il y a cinq ans. Parce que j'ai disparue comme ça, sans crier gare. Je sais que tu m'en veux. » Elle baissait un peu la tête avant de reprendre et elle se rapproche un peu, toujours la tête baissée avant de s'appuyer sur le fauteuil dont elle serre le dossier « Je sais aussi que tu ne voudras jamais que je revienne dans la vie de Victoria et tu as tout à fait raison. Mais, j'ai cinq années de lettres. Cinq foutues années de lettre que j'ai écrit sans jamais les avoir envoyé parce que je me suis dit que vous seriez mieux sans moi. Parce que je suis une lâche. » Et elle se recule, fébrile. Elle ne parvient pas à marcher. Elle reste là, stoïque, elle attend simplement le coup de grâce. Qu'il l'achève. Et vite.



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Re: Summertime Sadness | Ialix ✻ ( Sam 7 Avr - 19:46 )

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Ian se souviendra à jamais de ce matin d’Août. Victoria avait fêté ses 5 mois il y a une semaine à peine. Le couple était heureux, tout semblait aller bien, bien que tout leur quotidien fût bousculé par la venue au monde de l’enfant, Ian se pensait heureux, il se pensait protégé de tout, de la peine, il semblait avoir trouver un semblant d’équilibre à vivre avec une femme qu’il aimait et un enfant à chérir, il ne reproduirait pas un passé qui était bien trop lourd à porter, il s’en croyait protégé. Pourtant le passé nous rattrape tous un jour. Le jour où il se pris son passé en plein visage, arriva bien trop vite. Il se souvient de cette lettre posée sur une table, comme ça, au hasard, calligraphiée de sa main, sa main à elle. Il se souvient des mots, de chaque mot, comme s’il les avait écrits lui-même. Il pourrait encore réciter cette lettre tant il la connaît par cœur, et pourtant tout ça à presque 5 ans. 5 ans. Et Ian à toujours le cœur aussi brisé de vivre seul sans la femme qu’il aimait. Mais la douleur de l’absence à vite laissée sa place à la haine. Dieu qu’il la détestait de l’avoir laissé seul là, seul avec leur fille, sans jamais aucunes nouvelles. Il avait pensé au pire, qu’elle aurait pu rejoindre sa défunte mère. Ou encore qu’elle soit partie avec un autre, qu’elle aimerait plus qu’elle ne l’a jamais aimé lui. Et pourtant elle est là, sous ses yeux, dans son bureau.

Le brun ne savait pas vraiment comment réagir, partagé entre la haine, et le soulagement. Comment ne pas être partagé ? Ian avait l’impression d’avoir un fantôme devant les yeux. Le fantôme d’un passé joyeux, et qui pourtant, l’a abattu, à jamais. Son ton avait même été plus froid, plus virulent qu’il ne l’aurait voulu, quand il l’avait questionnée. Mais comment aurait-il pu en être autrement, quand une femme que l’on pensait signifier l’éternité, disparait un beau matin, pour revenir 5 ans plus tard, et se pointer comme une fleur au milieu du désert. Evidemment qu’Ian était perdu, évidemment qu’il ne savait pas quoi faire, que son cœur battait vite, mais il devait rester droit et fort. Il la haïssait autant qu’il pouvait encore l’aimer, bien que la haine soit plus forte que l’amour à cet instant.

Les bras croisés, le visage fermé, il scrute la moindre parole, le moindre petit détail qui pourrait l’induire à la reprendre, et à la sortir de ce bureau illico presto, mais non, rien, il l’écoute juste. L’observe juste. « Je sais que tu me hais » Oh bon sang, oui il la hait, un rictus approbateur glisse sur les lèvres du brun. « Et c’est peu dire Alix… » Ajoute le jeune homme, avant de la laisser continuer. « Parce que je suis partie il y a cinq ans. Parce que j’ai disparue comme ça, sans crier gare. Je sais que tu m’en veux. » La plaie béante dans le cœur d’Ian venait de se rouvrir à l’évocation de tout cela. Elle remuait le couteau dans la plaie, et les tremblements, qu’il pouvait entendre dans sa voix et percevoir dans son corps, n’y donnait aucune excuse. « Je sais aussi que tu ne voudras jamais que je revienne dans la vie de Victoria et tu as tout à fait raison. Mais, j’ai cinq années de lettres. Cinq foutues années de lettres que j’ai écrit sans jamais les envoyées parce que je me suis dis que vous seriez mieux sans moi. Parce que je suis une lâche. » Et elle se recule, comme ça, la tête baissée, l’expression d’un condamné à mort, prêt à recevoir une sentence.

Ian décroise les bras, et les jambes, se tient là, droit face à elle avant de se râcler la gorge, histoire de reprendre la voix, et de laisser son cœur meurtri s’exprimer. « Tu es une lâche, Alix, une lâche comme pas deux. Cinq ans ! Cinq ans, Alix. Pas une nouvelle. Je t’ai crue morte, ou même dans les bras d’un autre. J’ai imaginé toutes les situations possibles ! » Son ton est plus fort sous le coup des nerfs qui craquent et qui lâchent, c’est cinq ans, de haine et de tristesse, qui se déversent dans sa voix. « J’ai passé cinq ans à pleurer ton absence chaque matin. A haïr le monde entier, pour tes tords. A vouloir tout abandonner, pour ne plus jamais avoir à confronter ton image, dans le visage de notre fille. Et elle ! Elle, ma fille, TA fille, Alix. T’as jamais pensé à elle. » Ian était fier d’avoir pu élever sa fille seule, sans l’aide de personne, mais il aurait tant aimé qu’elle ai la connaissance d’une mère. Une mère aimante, qui aurait pris soin d’elle, pas une lâche. « Non, je ne veux pas que tu la voies. Victoria n’a pas besoin de souffrir. Elle me parle de toi, elle me demande où tu es, qui est sa mère. Elle est intelligente, mais elle vit dans l’ignorance. Et c’est ta faute ! Ta faute ! » Il avait fait quelques pas en avant. De grands pas, presque colérique, son visage avait rougi de haine, et une veine pouvait même se dessiner au milieu de son front, tant il avait les nerfs, et tant la douleur était forte. «  Je croyais en toi, je croyais en nous. Et par pur égoïsme, tu as tout laissé tomber. Alors oui tu es lâche, mais tu es de celle de la pire espèce. J’avais pas assez souffert peut-être ? Oui, je te hais, je te hais de m’avoir conduit à une douleur plus forte que jamais, et pourtant, j’aurais tout fait pour toi. Tout, Alix. » Il était face à elle, à quelques centimètres d’elle. Il leva une main, lentement, avant de relever son visage à elle, de l’index, de la regarder droit dans les yeux, avant de prononcer des mots détachés, clairs et nets. «  Tu as été ma force, tu m’as aidée à me relever, mais tu as orchestré la chute et la destruction, de la personne qui t’aimais le plus au monde. »

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Re: Summertime Sadness | Ialix ✻ ( Dim 22 Avr - 22:07 )

❝ Summertime Sadness
ALIX & IAN ♥


Elle ne sait pas vraiment à quoi elle s'attendait en venant ici, peut-être qu'il aurait tout effacé, qu'il aurait balayé cinq ans de sa vie comme on balaye une poussière qui nous dérange. Elle ne sait pas vraiment ce qu'elle attendait et pourtant, elle est là. Elle avait tant de fois imaginé comment ils auraient pu se retrouver, dans sa tête, c'était charnel, c'était beau, imprévisible, ils se retrouvaient comme s'ils ne s'étaient jamais quitté. Dans son esprit, c'est utopique, c'est beau, c'est rêveur. Mais la réalité est tout autre. La réalité est malsaine et ça creuse un peu plus le mal. Alix, elle a mal, elle sait qu'elle n'aurait pas dû revenir, que c'était une mauvaise idée. Mais son frère avait besoin d'elle. Et on ne touche pas à son frère, on ne fait pas de mal à son frère. On ne l'enferme surtout pas, surtout pas pour des choses qu'il n'a pas fait. Alix elle remuerait ciel et terre pour son frère comme elle remuerait ciel et terre pour sa fille et Ian. Même si elle ne lui disait pas, même si elle tentait de ne le montrer à personne, le manque se fait bien trop sentir. Elle a bien trop mal au cœur quand elle pense à eux et parfois, elle aimerait effacer elle-même ces cinq années de sa vie. Les effacer en un claquement de doigt, supprimer cette envie folle de faire le tour du monde et rester avec ceux qu'elle aime. Ceux qu'elle aurait dû chérir pendant ces cinq années d'absence. Ce qu'elle n'a évidemment pas fait et qu'elle regrette amèrement. Sa vie est composée de regrets, un peu comme une mélodie que l'on écoute trop souvent et qui devient dur à l'oreille, qui fait mal quand on continue de l'écouter. La chanson d'amour qu'on écoute alors qu'on est triste et qui nous rend encore plus triste.

« Et c’est peu dire Alix… » Elle sait qu'il la hait, et si la haine était mesurée graduellement et bien, elle était persuadée que ça dépasserait l'échelle. Ca dépasserait l'entendement. Tout simplement. « Tu es une lâche, Alix, une lâche comme pas deux. Cinq ans ! Cinq ans, Alix. Pas une nouvelle. Je t’ai crue morte, ou même dans les bras d’un autre. J’ai imaginé toutes les situations possibles ! » Elle n'arrive pas à lever la tête, elle ne parvient pas à bouger et pourtant, elle sent chacun de ses muscles qui se crispent, elle a l'impression que le sol va s'ouvrir en deux et qu'elle va tomber dans une spirale infernale. Elle a la nausée d'un coup et elle a l'impression qu'elle va tomber. Cette sensation est insupportable. « J’ai passé cinq ans à pleurer ton absence chaque matin. A haïr le monde entier, pour tes tords. A vouloir tout abandonner, pour ne plus jamais avoir à confronter ton image, dans le visage de notre fille. Et elle ! Elle, ma fille, TA fille, Alix. T’as jamais pensé à elle. » Elle secoue la tête négativement, de gauche à droite, puis de droite à gauche rapidement, ses poings se serrent et elle le coupe sèchement « C'est faux. Je pensais à elle tout les jours. Toutes les semaines je lui écrivais une lettre. Ne dit pas que je ne pensais pas à elle... Je pensais que tu me connaissais mieux que ça. » Blâmer pour moins souffrir. Blâmer pour résister. Mais elle ne résistera pas longtemps Alix, elle le sait. Elle risque de craquer avant lui. Elle n'aurait pas dû venir. Imbécile. Elle aimerait ne pas attendre la suite, elle aimerait qu'il se taise, que le silence règne, mais il n'en fait rien. Elle n'aurait pas dû venir. Oiseau de malheur. « Non, je ne veux pas que tu la voies. Victoria n’a pas besoin de souffrir. Elle me parle de toi, elle me demande où tu es, qui est sa mère. Elle est intelligente, mais elle vit dans l’ignorance. Et c’est ta faute ! Ta faute ! » Elle sursaute quand la voix se fait plus puissante, elle sursaute et se met à trembler un peu plus. Pourquoi est-ce qu'il avait fallu qu'elle parte ? Pourquoi est-ce qu'il avait fallu qu'elle revienne surtout ? Elle aurait mieux fait de rester à sa place, ça se serait tellement mieux passé. «  Je croyais en toi, je croyais en nous. Et par pur égoïsme, tu as tout laissé tomber. Alors oui tu es lâche, mais tu es de celle de la pire espèce. J’avais pas assez souffert peut-être ? Oui, je te hais, je te hais de m’avoir conduit à une douleur plus forte que jamais, et pourtant, j’aurais tout fait pour toi. Tout, Alix. » Le coup de grâce, le palpitant vient de louper un battement, peut-être deux. Voir trois. Les larmes lui montent aux yeux et elle a l'impression qu'elle va vraiment tomber, elle essuie une perle salée qui vient de rouler sur sa joue, d'une main tremblante et lorsqu'il la force à le regarder, elle aimerait pouvoir fuir du regard, mais c'est impossible. Tout lui revient en mémoire. Leur premier baiser, ses sentiments à elle, quand il lui a dit aussi qu'il était amoureux d'elle. Quand il était jaloux, ça revient. Tout revient. «  Tu as été ma force, tu m’as aidée à me relever, mais tu as orchestré la chute et la destruction, de la personne qui t’aimais le plus au monde. » Elle décale alors son visage pour qu'il ne la touche plus. Et elle se recule et fait quelques pas, seul le bruit de ses talons résonnent dans le bureau et elle aime ce bruit même s'il est rare vu qu'elle ne porte jamais vraiment de talons. A croire qu'elle avait envie d'être une toute autre personne. A croire qu'elle avait envie de faire comme si elle avait changé, alors qu'elle était la même, elle était juste un peu plus blessée. « Tu crois que je n'aurais pas tout fait pour toi ? » qu'elle commence en continuant de marcher dans la pièce, sans s'arrêter. Elle ne peut pas s'arrêter. « J'aurais tout fait pour toi. Tout. Je t'ai dit de ne pas me chercher. Mais c'était pour ton bien. Pour votre bien. » Elle soupire, et serre un peu les poings et son regard s'arrête sur une photo, leur photo, alors qu'elle est juste derrière son bureau. Elle bloque un instant avant de reprendre, secouant la tête. « Je sais que ce que j'ai fait est impardonnable. » Sa main trouve le chemin de son cou et comme par habitude, elle joue avec la bague qu'elle a entre les doigts, puis elle se souvient de ce jour où il lui avait offert et où elle avait pleuré. Ce n'était pas une demande en mariage, mais elle l'aimait vraiment cette bague. Elle se retrouvait alors devant lui et elle détachait la chaîne de son collier, puis elle attrapait la main de Ian, la peau chaude de son ex petit-ami contrastant toujours avec la peau fraîche d'Alix et elle y glissait la bague et la chaîne « Ne croit pas que j'ai oublié. J'ai rien oublié de toi. J'ai rien oublié de Victoria, même si elle était petite. J'ai rien oublié de ton sourire, du son de ta voix le matin au réveil. J'aurais voulu que tu me comprennes Ian. J'aurais voulu autre chose. » Elle refermait alors les doigts de Ian sur l'objet « Est-ce que tu me laisseras la voir un jour ? Juste une fois. » Elle aurait voulu le supplier. Elle aurait voulu, mais elle n'y parvenait pas, après tout, elle n'avait pas le droit.


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Re: Summertime Sadness | Ialix ✻ ( Lun 23 Avr - 12:27 )

❝ No matter where I go, I'm always gonna want you back ❞Summertime Sadness.Tout était toujours si difficile, le quotidien même était devenu difficile depuis qu’Alix avait pris ses cliques et ses claques et s’en était allée loin de lui, et de leur vie, mais la voir là, en face de lui, se tenir là les yeux et les joues baignées de larmes, c’était tout aussi douloureux que de la savoir à des milliers de kilomètres, entre deux avions. Il aurait aimé qu’elle ne parte jamais. Il aurait aimé qu’elle reste à jamais à ses côtés, qu’ils élèvent leur petite fille dans une unité totale. Il s’était vu une vie entière de joie et d’amour avec elle, le tout envolé au petit matin. Quel idiot il avait fait, penser que quelqu’un l’aimerait jusqu’à la fin des temps, qu’il ne serait plus jamais abandonné, il avait cru en un rêve qui n’existais que dans sa tête. Et il s’en était posé des questions ; pourquoi elle était partie ? Qu’est-ce-qu’il avait fait de travers ? Etait-ce l’amour qui leur manquait ? Etait-ce lui ? Etait-ce elle ?  Pourtant, il avait tout fait pour qu’elle soit heureuse, il lui avait donné une vie parfaite, et il l’avait élevée au rang de reine de cœur, et ça n’avait pas suffi. Elle aussi était partie, après avoir couché sur le papier des mots qu’il aurait aimé ne jamais lire. Cette lettre qui lui avait brisé le cœur.

« C'est faux. Je pensais à elle tous les jours. Toutes les semaines je lui écrivais une lettre. Ne dit pas que je ne pensais pas à elle... Je pensais que tu me connaissais mieux que ça. » Un rire, presque ironique traverse les lèvres de Ian, lorsqu’il entend qu’elle prétend qu’elle n’a jamais cessé de penser à elle. « Je n’ai jamais reçu tes lettres pour elle, jamais, parce qu’encore une fois, tu étais trop lâche pour penser que ta fille avait probablement besoin de toi ! » Dit-il en laissant tomber les bras contre son corps. « Je pensais aussi te connaître mieux que ça, puis tu m’as abandonné, comme tous les autres. » Automatiquement les yeux de Ian se baissent pour regarder le sol, quelques secondes. Elle l’avait abandonné, comme tout le monde, parce que la vie d’Ian n’a jamais été stable ; Pas de mère, un père fou de chagrin, l’amour qu’il laisse filer. Puis sa colère et sa haine explosent, et il développe un flot de parole tellement puissant, tellement enragé, mélangeant colère et chagrin. Elle était tout pour lui, son passé, son présent, et probablement son futur. Les images d’un passé heureux lui reviennent, le frappant de plein fouet, le rendant ivre de chagrin, faisant battre son cœur si vite, qu’il pourrait mourir de tristesse à ce moment précis. Et elle détourne le visage, alors que dans ses yeux, il semblait lire la promesse d’un renouveau, de quelque chose de différent, peut-être qu’un jour, cette plaie béante dans son cœur cicatriserait, et il sera mieux, il ira mieux. Mais elle détourne le regard, et ce qu’il avait cru voir, s’écroule encore. Parce que tout s’écroule un jour, il faut être deux pour croire à un espoir. Et la haine et le chagrin, ont tué l’espoir de Ian.

Elle arpente la pièce, tourne, vire, et le jeune homme la suit du regard, alors qu’elle se met à parler, vite, en ayant peine à s’arrêter, et chaque mot, est un coup de poignard de plus dans sa poitrine. « Tu crois que je n'aurais pas tout fait pour toi ? »  Il n’y croit pas, pas un mot, c’est facile de dire ça… «  Tu es partie. Tu m’as abandonné. » Dit-il avec une peine immense dans la voix, le regard biaisé vers le sol, un peu comme cet enfant, qu’il y a 24 ans, disait à sa mère qu’il serait fort. Il a menti. Il ne l’est pas. « J'aurais tout fait pour toi. Tout. Je t'ai dit de ne pas me chercher. Mais c'était pour ton bien. Pour votre bien. »  Ian secoue la tête, c’est impossible, elle n’avait pas souhaité leur bien en partant. Le cœur lui joue des tours, et la haine a laissé sa place à la tristesse. «  J’avais besoin de toi… J’avais besoin de la femme que j’aimais… Ce n’était pas pour mon bien, ni pour le sien. Tu as été tellement égoïste. » Réponds le grand brun, avant de s’avancer. « Je sais que ce que j'ai fait est impardonnable. ». Ça l’est. Elle est impardonnable, pourtant il aurait aimé lui dire qu’elle étai toute pardonnée, qu’il acceptait qu’elle revienne dans sa vie, mais c’était trop, impossible pour lui de dire ces mots, il ne pourrait pas la laisser revenir dans sa vie comme ça, trop paralysée par la peur qu’elle le laisse encore, qu’elle l’abandonne encore. La peur froide d’Alix prenant sa main, le fait frissonner, il se rappelait de cette sensation quand leurs peaux thermiquement opposées se frôlaient, et laissait place à un grand frisson. Oh que oui il s’en rappelait.  Dans sa main, une chaine se glisse avec cette bague qu’il lui avait offerte. Il lui avait offerte pour leurs 7 ans d’amour, 7 ans. C’était beau 7 ans. Il se rappelle encore de la joie qu’il avait pu lire sur son visage, de l’amour qu’il avait vu dans ses yeux, et à cette pensée son cœur se brise un peu plus. « Ne croit pas que j'ai oublié. J'ai rien oublié de toi. J'ai rien oublié de Victoria, même si elle était petite. J'ai rien oublié de ton sourire, du son de ta voix le matin au réveil. J'aurais voulu que tu me comprennes Ian. J'aurais voulu autre chose. » Sa voix est une terrible mélodie, et dans sa tête résonne une entière cacophonie, rien n’a de sens, et pourtant tout s’embrouille. Sa main serre en tremblant son contenu. Elle l’avait gardé, c’était une preuve qu’elle n’avait pas oublié… « Est-ce que tu me laisseras la voir un jour ? Juste une fois. » Ian relève les yeux vers Alix, des yeux débordant d’une tristesse même qu’une larme déborda de ses muqueuses, afin de venir mourir sur sa joue.


Ian était terrifié, il ne savait plus quoi faire, ni comment le faire, accepter et risquer de souffrir à nouveau, ou refuser et continuer de souffrir en silence, parce que ça ne sera jamais comme avant. Tant de décisions si difficiles. « Je ne veux pas qu’elle souffre... Je ne veux pas que Victoria puisse te connaître si tu comptes encore repartir après, parce que tu n’as pas assez vu le monde. » Dit-il en la regardant, effaçant les larmes orphelines sur ses joues. Ian ne pleure jamais d’habitude, il laisse peu souvent ses émotions le gagner, et pourtant aujourd’hui, tout contenir est difficile. « Je ne veux pas qu’elle s’attache à toi, qu’on se rattache à toi, si tu comptes à nouveau t’en aller. Parce que tout le monde repart un jour. Tu es déjà partie… Tu nous as déjà abandonnés, qui me dis que tu recommenceras pas… » Ian est perdu, triste, et apeuré, l’enfant qu’il avait laissé loin derrière, qui avait besoin de réponse, reprends sa place, et il est vulnérable, parce qu’au fond, la flamme d’un amour éternel, fort, et fusionnel, ne cesse de brûler. Il ne cessera de l’aimer, parce qu’on empêche pas un cœur meurtri d’aimer.
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Re: Summertime Sadness | Ialix ✻ ( Jeu 3 Mai - 23:38 )

❝ Summertime Sadness
ALIX & IAN ♥


C'était bien pire que ce qu'elle n'avait imaginé l'artiste, le flot de haine et de tristesse qui s'échappe de la bouche d'Ian lui retourne le cœur, le couteau bien planté dans le cœur qui creuse un peu plus la plaie béante de la poitrine. Elle va devenir folle, les voix continuent de parler dans sa tête, ça hurle, ça crie, cacophonie incessante qui n'a de cesse qu'abîmer un peu plus le palpitant. Mais elle comprend Alix, elle comprend qu'il a mal, elle comprend parce qu'elle aurait sûrement réagit pareil s'il était parti de l'autre côté de la terre, avec pour seul excuse, une lettre. Une lettre posée sur une table, des mots d'excuse qui n'ont certainement pas d'impact pour la personne qui l'a écrite après tout, c'est elle qui s'barre et que reste t-il à ceux qui restent ? Rien. Du vide, des souvenirs, un mal-être qui gratte le cœur et qui torture les pensées. « Je n’ai jamais reçu tes lettres pour elle, jamais, parce qu’encore une fois, tu étais trop lâche pour penser que ta fille avait probablement besoin de toi ! » Alix a le cœur qui s'accélère et les larmes qui lui montent aux yeux, elle a l'impression de vivre un procès qu'elle est sûre de perdre. Les avocats ne sont pas assez puissants pour donner le change et elle sera fustigée sur la place publique, elle a l'impression que c'est ça, qu'elle va finir par crever, parce qu'elle est lâche et égoïste. « Tu ne comprends pas... » Elle-même, elle ne se comprend pas, Et ça lui fait mal à l'intérieur, mais elle préfère ne pas aggraver son cas et le lui dire, il lui dirait que c'est bien mérité et dieu seul sait à quel point il aurait raison. Elle n'a que ce qu'elle mérite. De la haine. Et elle ne lui en veut même pas. Pace qu'il a raison après tout. Elle était lâche, et elle l'est certainement toujours. « Je pensais aussi te connaître mieux que ça, puis tu m’as abandonné, comme tous les autres. » C'en était trop, elle avait envie de partir, de repartir loin. Après tout il semblait bien mieux sans elle et il avait raison. Combien de fois devrait-elle s'excuser ? Combien de fois devrait-elle lui dire qu'elle était désolée de ce qu'elle lui a fait subir ? Elle pourrait se mettre à genoux pour qu'il lui pardonne et qu'il lui donne le droit de voir sa fille, mais sa dignité l'en empêche. Elle n'a pas envie de passer pour plus pathétique qu'elle ne l'est déjà. « Je suis désolée. » C'est dit, elle l'est, réellement. Mais elle ne parvenait pas à le regarder parce qu'il avait l'air si triste que ça lui brisait le cœur, un peu plus encore. Elle allait finir poussière.

«  Tu es partie. Tu m’as abandonné. » Elle le sait, le comprend, mais elle aimerait qu'il arrête de le lui dire, de lui répèter parce qu'elle a l'impression qu'elle va crever à chaque fois qu'il le fait, c'est insupportable cette façon mal habile et certainement involontaire de lui faire du mal. «  J’avais besoin de toi… J’avais besoin de la femme que j’aimais… Ce n’était pas pour mon bien, ni pour le sien. Tu as été tellement égoïste. » Oui, elle avait été égoïste, mais il ne comprenait pas, elle avait peur du futur, elle avait peur de ne pas pouvoir jouer les vagabonds plus tard. Peut-être qu'elle aurait dû y penser avant de mettre Victoria au monde, peut-être qu'elle aurait pu lui proposer de venir avec elle, avant. Avant Victoria, et ils auraient bien vu par la suite de quoi leur vie était faites, mais tout cela avait été tellement vite qu'elle avait eu l'impression de suffoquer. D'étouffer dans une vie qui ne semblait pas être la sienne. Elle n'avait pas envie de vivre comme un robot, se lever à sept heures, se coucher à vingt-trois heures, trimer comme une forcenée, être déçue parce que personne n'accepte et ne veut exposer son art. Elle n'avait pas envie de ça. Elle a envie qu'il comprenne qu'ils ont toujours été dans sa tête, quand bien même elle était à l'autre bout du monde, et elle se dit qu'il vaut mieux qu'elle lui rende ce qu'il lui avait offert, après tout, elle ne devrait pas mériter de le porter. Ni même de l'avoir en sa possession, elle l'a trahit, elle les a trahit et maintenant, elle devrait combler le vide, de corps inconnus, et ne surtout pas tomber pour un autre, parce que c'est Ian qu'elle aime, ça a été et ce sera toujours lui. Quand le regard de Ian se perd dans le sien, Alix sent que la boule qui ne demandait qu'à grossir dans le fond de sa gorge est à deux doigts d'exploser et qu'elle va se mettre à pleurer. Et la larme solitaire qui vient de couler sur la joue de l'homme qu'elle aime, renforce un peu plus cette sensation de mal-être. « Je ne veux pas qu’elle souffre... Je ne veux pas que Victoria puisse te connaître si tu comptes encore repartir après, parce que tu n’as pas assez vu le monde. » A cette phrase, elle secoue simplement la tête, négativement. Elle ne repartira pas, elle a compris la leçon. Elle a compris ce qu'elle avait perdu. Et ce qu'elle risquait encore de perdre si elle refaisait la même erreur. « Je ne veux pas qu’elle s’attache à toi, qu’on se rattache à toi, si tu comptes à nouveau t’en aller. Parce que tout le monde repart un jour. Tu es déjà partie… Tu nous as déjà abandonnés, qui me dis que tu recommenceras pas… » Timidement, Alix glisse sa main contre la joue de Ian, et elle ferme les yeux un instant quand un frisson parcourt encore l'échine de son ancien petit-ami. Elle se concentre, tente de paraître un peu sûre d'elle, mais ce n'est pas le cas. Elle n'est pas sûre, elle a peur, elle crève de trouille. « Je ne repartirais pas. Je n'ai plus envie de voir le monde. » prononce t-elle alors d'une voix mal assurée. « Mon monde,  malgré toutes les erreurs que j'ai pu faire, c'est Victoria... » Elle n'avait pas envie de lui dire qu'il était son monde « Victoria et... et toi. » Ah ben finalement si. Les pensées et le cerveau ne respectent plus rien. Elle soupire en retirant sa main, et elle ne sait pas ce qu'elle fait l'artiste quand elle se met sur la pointe des pieds et qu'elle dépose ses lèvres sur celles de Ian. La terre s'arrête de tourner, le monde se remet en place, et elle l'embrasse, doucement, timidement. Comme pour panser ses plaies. Puis la porte s'ouvre à la volée, et la secrétaire de Ian s'excuse. Alix se recule alors vivement et sent que ses joues se colorent de rouge. Prise sur le fait. « Ecoute, réfléchis à ce que je t'ai dit d'accord ? » Elle cherche une réponse qui ne vient pas à travers le regard de l'avocat « Je pense que je ferais mieux d'y aller. » Et pourtant, elle ne bouge pas, elle laisse la secrétaire faire son boulot et repartir comme si de rien n'était et elle le regarde « J'aurais pas dû faire ça. Je suis désolée. »

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Re: Summertime Sadness | Ialix ✻ ( Dim 6 Mai - 0:46 )

❝ No matter where I go, I'm always gonna want you back ❞Summertime Sadness.Ian aurait aimé que leurs retrouvailles soient différentes. L’avocat avait longuement imaginer ce jour où il la retrouverait, o possiblement elle reviendrait, il l’avait imaginé, tant de fois. Bien trop, et bien trop souvent.  Il avait imaginé toute sorte de scénarios, des retrouvailles passionnées, des retrouvaille tendres, des retrouvailles à se hurler dessus, mais il n’avait jamais imaginé ce scénario là. Finir dans les larmes, partagé entre les larmes et la haine. Le jeune Avocat était bien perdu, et tellement maladroit, les paroles plus fortes que son esprit, que ses pensées. Tout était plus fort que lui. Tout était plus fort que tout. Sa peine et sa haine, plus fortes que sa volonté même. Il aurait aimé ne pas se laisser emporter par ses émotions, ne pas laisser cette larme orpheline, glisser sur sa joue marquée des nuits trop courtes à trop penser, à songer à comment appréhender le lendemain, loin de son seul amour, à élever une petite fille, à la fois intelligente et adorable. Ian avait été mit devant le fait accompli bien trop de fois et le destin l’avait laissé orphelin trop de fois. Orphelin de mère, orphelin de père, orphelin d’enfance, orphelin d’amour. Laissé seul face au vent, face à l’ouragan le plus violent de sa vie. Perdre la femme qu’il comptait épouser, la mère de sa fille, l’amour, le seul et l’unique, amour de sa vie. Combien de fois, Ian avait songé s’adonner à d’autres femmes pour panser ses plaies, l’oublier, la réduire à néant dans son esprit. Mais bordel que c’était difficile. Si difficile d’oublier une histoire aussi importante que la leur.   « Tu ne comprends pas... » Ian, les yeux plongés dans ceux d’Alix, acquiesce. «  Je n’ai jamais compris… On aurait pu le faire ensemble ce tour du monde. » Ajoute le jeune homme. Il aurait aimé, plus que tout lui faire voir le monde. Lui montrer toutes les merveilles dont regorge la planète. Lui montrer les plus sommets, les splendeurs de la nature. Mais elle n’a pas été patiente. Et pourtant, Ian lui aurait servit le monde sur un plateau d’argent. Mais le temps fait et défait ce qu’il à construit. Il les a construits avec de la patience, mais comme un château de cartes, le vent les as ruiner. « Je suis désolée. » Oh il l’espérait bien oui. Mais il ne répond rien, il ne réagit pas. Il le sait au fond, qu’elle est désolée, il l’entend dans sa voix. Mais comment croire qu’elle est vraiment désolée, comme ça, de surface, et pourtant, il la croit. Mais il n’en dit rien.

Ces mots qui résonnait dans sa tête, ses mots qui se mêlent à ses maux. Les maux du cœur, en symbiose avec les mots de l’esprit, qui brisent un peu plus le cœur meurtri, de cet orphelin d’une vie qu’il aurait rêvé meilleure. 5 ans. 5 ans pendant lesquels tous les matins, il aurait aimé se lever près d’elle, lui chuchoter des je t’aime au creux de l’oreille, l’aimer dans le creux de ses reins. L’aimer tout court, pendant ses cinq dernières années. Il aurait tant aimé que jamais elle ne parte à l’autre bout du monde. Il aurait aimé tant de choses qui ne sont qu’illusion, c’est rajouté à tout cela, que la plaie béante d’un malheur, le brûle. La brûlure, se traduisant dans une larme solitaire. La douleur est si forte, si lacérante. La douceur de la main de la belle brune, se posant sur sa joue, l’irradie. Il frissonne, la regarde dans les yeux, tout aussi mort de peur qu’elle. « Je ne repartirais pas. Je n'ai plus envie de voir le monde. » Si il avait pu soupirer de soulagement il l’aurait fait. Il aurait lâcher ce soupir. Il ne voulait tellement pas la voir repartir loin de lui, maintenant qu’il la sait là. Bien qu’il ne la pardonne pas. C’est un soulagement de la savoir ici. Peut être un espoir. Mais il n’est pas prêt, il n’est pas prêt à lui pardonner cinq ans sans un mot, il n’est pas prêt à lui pardonner 5 ans de douleur, de questions, de haine. « Mon monde,  malgré toutes les erreurs que j'ai pu faire, c'est Victoria... » Il relève les yeux, un peu surpris, plein d’incompréhension. « Victoria et... et toi. » . Le cœur du trentenaire loupe un raté. Il veut y croire, et pourtant c’est si difficile de savoir si ce qu’elle dit est vrai. Ian est perdu, troublé, dans un terrible et éprouvant brouillard. Ses pensées s’emmêlent, s’embrouillent. Tout s’efface cependant, quelques secondes, quand les lèvres d’Alix se posèrent sur les siennes, il oubliait le monde, et la douleur une fraction de seconde, le temps qu’il s’en rende compte. Et pourtant, se détacher de ses lèvres lui semble impossible. Il se sentait comme s’il jouait sa vie sur ce baiser, mais la trêve n’à que peu durer. La porte s’ouvre à la volée. Tout s’arrête. La vie reprend son court. Le jeune homme passe une main dans ses cheveux, une fois reculé, signe de gène. Il se sentait comme un adolescent. Il tourne le dos, et passe de nouveau derrière son bureau, rapidement. « Ecoute, réfléchis à ce que je t'ai dit d'accord ? » Il se contente de la regarder, sans une bribe de réponse à lui donner. Il ne sait pas quoi lui répondre. « Je pense que je ferais mieux d'y aller. » Mais il la regarde, et elle reste là. Le jeune homme fronce les sourcils, plein d’incompréhension. Il ne sait que faire, que dire. Sa secrétaire repart rapidement, les bras chargés de dossiers, s’excusant piteusement de son intrusion. Ian repasse devant son bureau, et s’appuie à celui-ci, bras croisés. « J'aurais pas dû faire ça. Je suis désolée. » . Et pourtant, ces quelques secondes durant lesquels leur connexion et leur alchimie avait refait surface, ayant combattu la haine et la tristesse, Ian, au fond de lui, les avaient appréciées. «  Ne t’excuses pas… » Répond-t-il enfin, la regardant. Et ça tournait dans sa tête, il réfléchissait sans cesse. Pouvait-il encore interdire à Alix de voir leur fille, lui qui avait été privé d’une mère, et sous la charge d’un père absent ? Pouvait-il encore interdire à une mère de voir son enfant ? Pouvait-il refuser à l’amour de sa vie, de voir l’enfant unique qu’elle lui avait donner, comme un souvenir d’elle durant son absence ? En avait-il le droit ? « Ecoutes Alix… Je veux bien que tu revoies Vicky… Mais je veux être là. » Ajoute-t-il, faisant comme un pas vers elle. Un pas sur un très long chemin. Il ne lui faisait pas confiance, il n’avait pas envie de lui confier sa fille, si c’est pour qu’elle parte encore, et l’emmène elle aussi… Les angoisses d’un homme que l’abandon effraie. «  Victoria à le droit de te connaître. Et tu as le droit de voir, l’enfant incroyable que tu m’as laissée. »

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Re: Summertime Sadness | Ialix ✻ ( Dim 6 Mai - 19:05 )

❝ Summertime Sadness
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Elle le savait Alix que c'était une mauvaise idée de partir, jusqu'au dernier moment, de l'instant où l'idée a germé dans sa tête, sur le chemin de l'aéroport, jusque dans l'avion, elle avait eu envie de faire demi-tour, cinq ans plus tôt. Cinq ans plus tôt elle avait eu envie de partir et de retourner près des siens, mais l'envie de voir le monde était bien plus forte. Personne n'avait compris, personne n'avait chercher à comprendre non plus. Elle avait déçue ses parents, elle avait déçu sa meilleure amie. Et elle avait brisé le cœur d'Ian. Et c'était la pire des choses qu'elle avait pu faire, prendre son cœur et le réduire à néant, lui briser toute confiance et le rendre orphelin d'un amour qu'il avait sûrement dû penser invincible et indestructible. Mais Alix, elle sait, elle sait qu'elle détruit tout ce qu'elle touche. Elle aurait dû le savoir, quand elle avait enfin décidé de lui avouer ce qu'elle ressentait, quand elle avait enfin décidé de lui avouer ses sentiments qu'elle cachait au creux d'elle-même, que tôt ou tard, elle allait finir par le briser. Elle aurait dû le savoir, poupée qui brise tout ce qu'elle touche. Elle aurait dû le savoir même si elle ne s'est pas écoutée, elle a vécu un ascension, une belle histoire, et c'est elle qui a tout cassé, tout brisé et maintenantelle a l'impression de marcher sur des œufs, si elle continue elle va se briser elle-même, mais ce serait tout ce qu'elle mérite, souffrir un bon coup pour arrêter d'imaginer ce qu pourraient être leurs retrouvailles. Elle a tant de fois penser que ça irait comme sur des roulettes, qu'elle reviendrait, qu'il lui pardonnerait et que tout reviendrait dans l'ordre, mais ce n'était pas le cas, elle le voyait. Elle allait ramer, ramer, et peut-être que ça irait plus tard, même si elle était sûre du contraire. Plus rien n'irait. Alix aurait tellement voulu partager ce tour du monde avec eux, mais elle avait besoin de sa liberté, quand bien même elle avait voulu garder Victoria, pour elle, c'était aller trop vite quand elle y réfléchissait. Elle était trop jeune, elle n'avait même pas une situation stable, comment voulait-elle assumer une enfant alors qu'elle vingt-quatre ans, qu'elle venait de sortir de l'école d'art dans laquelle elle avait excellé ? Tout était définitivement allé trop vite et elle s'en mordait les doigts, même si elle aimait Victoria du plus profond de son cœur, elle se trouvait égoïste de penser que cela avait été trop vite, mais après avoir mûrement réfléchi, c'était le cas, ça avait été trop vite, c'était trop vite, trop fort d'un coup. Trop puissant aussi, deux corps et deux cœurs qui ne demandent qu'à s'aimer et qui n'y arrivent pas, deux cœurs et deux corps qui s'aiment tous sauf en symbise et pour une fois, Alix n'était pas celle qui aimait le plus. «  Je n’ai jamais compris… On aurait pu le faire ensemble ce tour du monde. » Elle hausse les épaules l'artiste, s'il savait combien de fois elle avait voulu lui proposer de le faire, combien de fois elle avait voulu l'appeler pour qu'il la rejoigne, elle aurait bien été capable de payer les billets d'avion, juste pour le retrouver, juste pour retrouver cette sensation apaisante qu'elle ressent quand elle se loge dans ses bras, quand il pose ses mains sur elle, quand il lui dit qu'il l'aime au petit matin. Elle aurait voulu qu'il soit là, quand elle faisait un trekking en Suède, quand elle a exposé sa première toile à Londres, quand elle allait courir sur les quais de la Seine, elle aurait voulu qu'il soit là pour voir à quel point elle aimait sa vie, même si au jour d'aujourd'hui, elle ne regrette rien, elle aurait voulu qu'il soit avec elle, dans ces moments-là.

Ca ne tourne plus rond dans la tête d'Alix, elle a l'impression que ses mots n'ont aucun impact, elle a l'impression que ce qu'elle dit ne sert strictement à rien et elle a mal au cœur. Alors, elle décide d'user de sa dernière carte, la carte qu'elle gardait bien cachée, comme pour offrir une réalité à ses rêves qui ne demandaient qu'à être réalisés. Elle dépose ses lèvres sur celles de l'avocat, comme si c'était sa dernière chance, et elle est plutôt consciente que c'est certainement une mauvaise idée, mais elle continue l'imbécile, elle aurait pu continuer encore longtemps s'ils n'avaient pas été interrompus par la secrétaire qui s'était empressé de rebrousser chemin en se rendant compte qu'elle avait fait une erreur. Le silence prend place et c'est elle qui le brise en s'excusant. Parce qu'elle ne peut faire que ça, s'excuser. Elle n'aurait pas dû, c'était une mauvaise idée même si elle en avait terriblement envie c'était la pire idée du monde. «  Ne t’excuses pas… » Alix baisse la tête et commence à rebrousser chemin vers la porte quand il se décide à faire un pas vers elle, elle ne supporterait pas qu'il la touche une fois encore, elle serait bien trop faible. « Ecoutes Alix… Je veux bien que tu revoies Vicky… Mais je veux être là. » Elle se retourne alors vers lui, les larmes aux yeux, le cœur qui palpite un peu trop fort avant de sourire et d'essuyer la larme qui vient encore de rouler contre sa joue. «  Victoria à le droit de te connaître. Et tu as le droit de voir, l’enfant incroyable que tu m’as laissée. » Et elle ne sait pas encore pourquoi, mais elle se jette une fois de plus dans ses bras, ses bras enserre le cou du jeune homme alors qu'elle soupire de soulagement « Merci... » murmure t-elle dans un souffle avant de se reculer pour finir par embrasser sa joue avec une tendresse qui ne sied qu'à elle. « Et oui, je ne comptais pas te demander de partir si un jour je la voyais... » Elle sourit un peu avant de reprendre « Je t'envoie un message. » Parce que oui, elle avait toujours son numéro, parce que oui, elle l'avait gardé dans un coin de sa tête. Et elle avait essayé de l'appeler quelque fois, mais elle raccrochait toujours au bout de la première tonalité. « Prends soin de toi. » finit-elle par conclure en prenant le chemin inverse de celui qu'elle a prit quelques minutes plus tard, la secrétaire s'excusant encore et Alix lui offrant un sourire doux et franc pour lui assurer qu'il n'y a pas mort d'hommes. Après tout, c'était peut-être mieux comme ça, qu'elle soit venue, ils n'avaient pas franchis leur limites. Limites invisibles qui ne demandent qu'à être franchies, mais Alix ne veut pas, de peur de le briser. Une nouvelle fois.

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Summertime Sadness | Ialix

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