Je t'aime à en mourir, je te hais à en souffrir. [Farell]

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Je t'aime à en mourir, je te hais à en souffrir. [Farell] ✻ ( Mar 2 Oct - 20:39 )


Je t'aime à en mourir, je te hais à en souffrir.


Lorsque ma petite note touche le sol de la cuisine soit à cause du vent, soit parce que Farell l'a réduite en miette, je suis déjà à plusieurs kilomètres d'ici, dans les collines de ce village que j'apprécie déjà bien plus que de raison. Je ne sais pas comment expliquer à quel point je me sens bien dans cet endroit paradisiaque, loin de la civilisation telle que je l'ai toujours connu, loin de tout et de tous mis à part de mon nouvel ami. Draven. Je continue à être éberluée devant tant de beautés, tant de naturel et tant de solidarités. Je ne dis pas que dans ma famille, nous ne le sommes pas, bien au contraire mais la forme de respect est, avec eux, bien différente. Il ne vaut mieux pas faire de faux pas et j'en sais quelque chose. Les faux pas, c'est pourtant ce que je fais le mieux. Soit parce que je suis maladroite, soit parce que je cherche à tester jusqu'à quel point Farell sera capable de le supporter. C'est sans doute dans cette optique que j'ai fièrement désobéi à l'ordre de Farell. Ou plutôt, l'interdiction de rejoindre Draven pour continuer à écrire mon livre. J'avais bien d'autres arguments à en tête à ce  moment là. Comme celui d'être une femme forte et indépendante. Celui de ne pas être soumise, d'être une working girl accomplie. J'ai même réussi à me convaincre dans un moment de folie intense que finalement, ça ne dérangerait peut-être pas Farell tant que ça. Après tout, j'avais déjà fait pire. J'avais parlé de ses démarches malhonnêtes et illégales à Laurel. Ca, ça ne pouvait pas être mis au même niveau.

Au matin, en quittant Draven et la communauté, je suis plus que ravie de cette décision mais sur le chemin du retour, c'est une autre réalité qui me frappe lentement au visage. J'ai disparu toute une nuit et même si je l'ai prévenu, Farell va me tuer. Littéralement. Même s'il n'aurait pas raison, en le faisant, il risque tout de même de mettre une menace à exécution, je ne sais juste pas laquelle. A aucun moment, il n'a osé en proférer à ce sujet, sûrement certain que je n'oserais pas franchir cette limite après qu'il ait refusé que je le fasse. Et pourtant, je l'ai fait.  L'idée ne me paraît plus aussi brillante à présent que je m'apprête à passer la porte. Au contraire, ça semble même être une idiotie de plus, une manière d'énerver Farell ou de me venger pour ses mensonges et son attitude dans le passé. Serais-je capable de m'arrêter un jour? Je glisse la tête dans la grande salle. Celle où a eu lieu l'ancienne dispute, l'ancien carnage mais aussi un bon nombre de réconciliation et je me demande simplement s'il est réveillé tout en tentant d'oublier le stress qui me gagne, soudainement. Un café, j'ai plutôt intérêt à m'en faire un au plus vite si je veux tenir la distance de la future conversation. Corsée, tout comme le café. Une fois qu'il apparaît, je me retourne vers lui en tentant un sourire. Je n'ai pas la naïveté de croire que ça le calmera d'une manière ou d'une autre mais je décide de faire comme si tout semblait normal.

"Bonjour, tu as bien dormi?" J'hésite un moment avant de demander également et beaucoup plus doucement. "Tu as trouvé ma note?" Celle qui lui précisait exactement le lieu et la personne avec qui j'étais. Au moins, il ne pourra pas me traiter de menteuse.

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Re: Je t'aime à en mourir, je te hais à en souffrir. [Farell] ✻ ( Mer 10 Oct - 23:57 )




Je t'aime à en mourir, je te hais à en souffrir

Farell & Leïla

Farell avait dû relire le mot plusieurs fois pour être certain de ne pas rêver, avant de le froisser dans sa main et le jeter au sol. Il avait défendu à Leïla d’aller vadrouiller avec l’amérindien, le sujet avait été clos. Il découvrait aujourd’hui que non seulement elle avait refusé d’écouter, mais qu’elle avait également commis son méfait à une heure trop matinale pour qu’il l’en empêche, laissant une note derrière pour se donner bonne conscience — et une excuse quand elle aurait affaire à son mari. Leïla ne devait toutefois pas avoir la stupidité de croire que ça la sauverait ne serait-ce qu’un peu. Cette note ressemblait davantage à de la provocation qu’à une réelle attention de sa part. Et avec une femme pareille, on comprenait mieux pourquoi l’uxoricide avait été inventé. La colère dans le ventre, Farell partit bosser et resta dans son lieu de travail tardivement, afin de ressentir le moins possible la frustration de ne pas avoir Leïla sous la main pour la démolir. Cependant, passé un certain horaire, il ne pouvait plus se taire et l’appela afin de l’obliger à rentrer. Elle était cinglée de croire qu’il accepterait qu’elle passe la nuit avec un autre, détail accablant qui était bien pire que tout le reste. Farell n’avait même pas accepté qu’elle passe la journée ! Comment pouvait-elle lui faire un coup pareil, alors qu’elle l’avait défoncé pour de simples croquis d’une femme à qui il adressait tout juste occasionnellement la parole ? Farell devrait laisser une note disant qu’il allait passer la journée et la nuit chez elle aussi, un jour, juste pour voir si elle prenait cela aussi bien que lui. La tentative d’appel fut un échec, faute de réseau. C’est sans doute pour ça qu’elle n’avait pas envoyé de messages pour lui signaler au moins de temps à autres ce qu’elle faisait, une coutume de Leïla, contrairement à lui-même qui pouvait faire un silence radio toute la journée en partant du principe que, de toute façon, elle savait qu’il bosse et ça suffisait. L’absence de signal l’emplit davantage de colère, car il était désormais également inquiet pour cette saleté de femme. Sur les coups de vingt-deux heures, il rendit visite à Marlon afin que celui-ci apaise au moins un peu ses envies de meurtre. Parce que si ça ne tenait qu’à Farell, l’extinction des derniers amérindiens pourraient passer aux infos d’ici quelques jours. Il fallait être malade pour se permettre de passer la nuit en compagnie d’un inconnu, tout en étant mariée avec quelqu’un ayant les nerfs et les mœurs de Farell. Ne travaillant hélas pas le dimanche, soit le lendemain, l’homme avait tout de même prévu de faire du sport dans l’optique d’évacuer la rage. Il avait réussi à obtenir un créneau avec cet overbooké de Lucas afin de lui refaire le portrait, à défaut de pouvoir refaire celui de Leïla sans doute. Vêtu d’un t-shirt blanc et de son pantalon de pyjama, il sirotait de bon matin son café dans son thermos, installé sur son lit. Soudain, Wilde releva la tête en entendant la porte d’entrée s’ouvrir. Son regard acier se refroidit aussitôt. La mâchoire contractée de colère, Farell se leva silencieusement du lit et descendit les escaliers. Il trouva sa femme dans la cuisine, à se préparer un café aussi. « Bonjour ». Et à agir comme si de rien n’était. Elle souriait. Il n’y eut aucune réponse, si ce n’est un regard froid transperçant le sien. « Tu as reçu ma note ? » C’était d’un culot particulièrement sensationnel ça, on aurait dit qu’elle cherchait à mourir. Ceci dit, rien de ce qu’elle aurait pu dire à cet instant n’aurait su apaiser la colère de Farell, alors elle faisait sans doute bien de ne pas se fatiguer.

Il répondit cette fois, mais par le geste : Farell envoya brusquement son thermos en métal vers elle. L’objet s’écrasa contre le meuble derrière, passant proche de son oreille. L’homme était incapable de dire lui-même s’il n’avait pas touché sa tête en raison de quelconque résidu d’égard pour elle bien enfoui…. Ou s’il avait tout simplement mal visé. La belle n’eut pas une seconde de répit, puisqu’il s’approchait pour saisir fortement son bras et la secouer sèchement. « Je t’avais défendu de t’y rendre, et toi tu y passes la nuit ! Avec un étranger, et sans aucune personne de confiance pour t’accompagner ! » Il parlait évidemment de personne à qui lui faisait confiance, pas elle et sa naïveté. Leïla cumulait trop de conneries d’un seul jet. Pourquoi revenait-elle chez eux seule, sans Lucas, Owen ou Seth pour l’accompagner ? Ou pourquoi ne logeait-elle pas chez un de ces trois-là ? N’était-ce pas une énième provocation de débarquer comme si de rien n’était, sans crainte, après les fautes commises ? La patience de Farell avec elle avait été épuisée il y a bien quelques temps déjà. Leïla n’avait pas laissé la jauge se remplir à nouveau avant de royalement merder. Tenant toujours son bras d’une main, Farell saisit les cheveux à la base de la nuque, comme un animal, et tira sèchement vers l'arrière, l’obligeant à lever la tête vers lui. « Qu’est-ce que tu cherches ? Tu veux me pousser à bout pour que ce soit moi qui demande le divorce ? C’était censé être derrière nous ! »


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Re: Je t'aime à en mourir, je te hais à en souffrir. [Farell] ✻ ( Jeu 11 Oct - 20:14 )


Je t'aime à en mourir, je te hais à en souffrir.

Je tente désespérément d'éviter l'objet que je vois rapidement s'envoler dans ma direction. Bien plus choquée par le geste qu'effrayée, en premier lieu. Je lui lance un regard effaré et je lâche dans un souffle. "Mais tu es un grand malade!" Et je le pense sincèrement. Il aurait pu me blesser sérieusement mais le pire dans tout ça, c'est que je ne remarque pas une seule petite once de regret ou d'inquiétude à ce sujet. Farell semble si énervé que je me mets tout à coup à craindre qu'en fait, il me visait réellement et que si je n'avais pas eu un semblant d'instinct de survie en essayant d'éviter l'objet, je l'aurais sûrement pris en plein visage. Tout du moins, je pense que c'est le pire jusqu'à ce qu'il s'approche pour attraper mon bras et me secouer comme un prunier. Bien malgré moi, les mauvais souvenirs de notre énorme altercation dans mon ancienne et courte demeure me reviennent alors rapidement à l'esprit et l'instinct de survie laisse place à une colère sourde qui est exaspérée par la remarque de Farell. Je ne peux alors que saluer son autorité maladive comme il se doit.

"J'étais DEJA avec une personne de confiance. Tu n'as pas à m'interdire quoi que ce soit Farell, il serait peut-être temps que tu l'imprimes pour arrêter de te torturer et lâche moi maintenant! Tu me fais mal!"

J'ai pourtant conscience que cette demande pourrait être acceptée uniquement si Farell prenait réellement la peine de considérer ce que je pense, veux ou exige mais il faudrait être la dernière des idiotes pour y croire réellement. Qui ne tente rien n'a rien cela dit. Lorsque je sens sa main saisir mes cheveux, je ne peux que me rendre à l'évidence, en plus de ne pas m'écouter, Farell a clairement envie de me le faire payer. Pire encore, il semble perdre un peu de son sang-froid et je suis bien placée pour savoir que ce n'est pas bon signe. Hélas, je ne me démonte pas pour autant, ni même ne me calme à sa menace de divorce, bien au contraire. Et malheureusement, contrairement à lui, quand je suis en colère, je ne sais pas paraître calme et d'autant plus dangereuse. Je suis juste une boule de nerfs passionnée qui démarre au quart de tour. Entière, tout en le regardant droit dans les yeux parce que, de toute façon, je ne peux pas faire autrement. Ma voix monte alors d'un octave au cours de la discussion, qui, soyons sincères, n'en est déjà plus une.

"Derrière nous? Derrière NOUS?!? Ça t'arrangerais bien qu'on puisse mettre un voile sur toutes les conneries et tous les mensonges que tu as enchaîné ces derniers temps, pas vrai? Mais ne compte pas sur moi pour acquiescer! Ce n'est pas derrière nous Farell, on est plutôt en plein dedans. Je ne suis pas ta fille, ta voiture ou ton chien. Je te préviens, lâche moi, je ne me laisserais plus faire et cette fois tu le regretteras!"

Presque autant que moi parce que je sais pertinemment que je ne peux pas lui faire de mal sans m'en faire au centuple et sans le regretter des mois durant. Je le fixe en plissant un peu les yeux cette fois, toujours un brin hystérique, je l'avoue.

"C'est donc là toute la preuve de ton amour Farell? C'est exactement comme ça que tu nous vois? Moi, obéissante et fidèle avec l'obligation de SUBIR ton courroux si j'ose m'opposer à toi d'une quelconque manière?" Je glisse ma main sur son bras pour tenter de l'éloigner du mien en rajoutant un peu amer. "Tu veux demander le divorce? Grand bien te fasse! Les papiers sont déjà rédigés, je t'ai mâché tout le boulot. Tu n'as qu'à les exiger comme tu sais si bien le faire pour avoir le plaisir de les signer et de  te débarrasser de moi une bonne fois pour toutes!" Et de lui, pour elle. A savoir, la briser en milles morceaux mais son ego est bien trop grand pour qu'elle ose ne serait-ce qu'en parler, y penser ou même l'envisager.

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Re: Je t'aime à en mourir, je te hais à en souffrir. [Farell] ✻ ( Mar 16 Oct - 21:49 )




Je t'aime à en mourir, je te hais à en souffrir

Farell & Leïla

Si elle lui sortait l’excuse de leurs antécédents pour justifier ses comportements les plus inacceptables, ils allaient droit vers la chute et même sa volonté de fer ne pourrait plus la retenir. « C’est une vengeance ? Tu n’es pas foutue d’aller de l’avant alors tu creuses le fossé ? » Elle comptait creuser la provocation en tout cas. Leïla savait qu’il ne menait pas ses activités illégales pour son profit personnel, elle savait qu’il ne l’avait pas trompée, or elle parlait de ses « conneries » comme s’il avait ruiné leur vie de famille en faisant de la taule quand Nancy était encore en bas âge. Farell lâcha ses cheveux et repoussa violemment son épaule du plat de la main. Il avait tout d’un coup bien moins d’égard pour elle. Elle parlait d’une obéissance à sens unique, mais quand elle lui avait pété une durite pour ses dessins d'une blonde, il avait bien cessé d’en faire en reconnaissant que ça pouvait la blesser. « C'est donc là toute la preuve de ton amour Farell? C'est exactement comme ça que tu nous vois? Moi, obéissante et fidèle avec l'obligation de SUBIR ton courroux si j'ose m'opposer à toi d'une quelconque manière? » « Ça n’a rien à voir » « Tu veux demander le divorce? Grand bien te fasse! Les papiers sont déjà rédigés, je t'ai mâché tout le boulot. Tu n'as qu'à les exiger comme tu sais si bien le faire pour avoir le plaisir de les signer et de  te débarrasser de moi une bonne fois pour toutes! » « C’est donc vraiment ce que tu attends. Je ne vois pas d’autre explication. Si j’avais passé la nuit dehors en compagnie d’une autre, tu vas me faire croire que tu l’aurais bien pris ?! » Il frappa de nouveau l'épaule de sa femme. Pourtant, il devrait savoir que la secouer comme un prunier n’enclenchait pas le discernement dans son cerveau. « Tu pensais que je te trompais parce que tu en avais vu une sur du papier ! » rappela t-il en élevant le ton et en poussant cette fois son front de l’index comme un appel à sa mémoire de moineau. Avait-elle conscience de combien elle était haut placée dans l’échelle de gravité, au moins à ce niveau ? Improbable venant de cette tête de mule. Une moue dégoutée et méprisante flottant sur ses lèvres, il se tut un instant, avant de reprendre aussi calmement que froidement : « Tu n’en as rien à foutre. Tu trouves ça tolérable de dormir ailleurs avec un autre homme sous prétexte que tes intentions sont droites.  Et tu parles d’une droiture ! Tu n’es qu’une égoïste qui m’humilie pour le bien de ton travail. Elle est là, la différence entre nous. Il n’y en a que pour ta gueule dans toutes les décisions que tu prend, et il n’y en a que pour tes foutus livres. C’est aussi pour ça que tu n’as jamais été une bonne mère pour Nancy. »

Et dire que c’était cette même personne odieuse qui avait fait des grands sourires à tout le monde et s’était comportée comme la femme aimante et exemplaire qu’elle n’était pas, lors de l’anniversaire d’Andrés. Le garçon semblait avoir vu au-delà des apparences et était resté froid devant elle. Il n’était pas forcément plus rancunier que Farell, mais le sale gosse avait un sixième sens. Il devait avoir senti que son oncle n’était pas au bout de ses peines. Nul doute que Leïla avait très bien joué son rôle... Sur une dizaine de personnes, elle avait quasiment dupé tout le monde, y compris lui-même, presque. Farell saisit la mâchoire de Leïla, tel un rapace plantant ses serres sur sa proie. Le visage proche du sien, il la toisa de haut d’un regard glacial. « Je suppose que je peux au moins te remercier de ne pas avoir montré ton vrai visage à ma famille. Quelle merveilleuse hypocrite tu fais » ajouta t-il avec un petit rictus sarcastique. Farell avait beaucoup de défaut, mais rester égal à lui-même en toute circonstances était une qualité aussi solide que sa loyauté. Tout le monde prenait cher avec lui, il ne portait jamais de masque. Ceci dit, comment rester loyal à une femme qui le méprisait ? L’homme repoussa négligemment son visage et tourna les talons pour s’éloigner de son idiote d’épouse, avant de commettre quelque chose qu’il risquait de vraiment regretter cette fois.



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Re: Je t'aime à en mourir, je te hais à en souffrir. [Farell] ✻ ( Mer 17 Oct - 4:36 )


Je t'aime à en mourir, je te hais à en souffrir.

Une vengeance? Je n'y suis effectivement pas allée dans cette optique. Il se pourrait pourtant peut-être que ça passe exactement pour ce que ça semble être. Impossible de faire passer une pierre  pour un poisson rouge, surtout avec Farell. Il n'est pas aussi stupide. Or, après son interdiction, je pourrais bien dire ce que je veux, même la vérité, il y a peu de chance qu'elle passe immédiatement. Je pourrais me calmer, avouer que ce n'en est pas une même si à mes yeux, rien n'est réglé comme il le pense. Je le pourrais. "C'est vraiment triste que tu ne puisses te rendre compte qu'aujourd'hui que tu es marié avec une idiote qui ne fait que du sur place, non?" Et quand enfin, je réussis à mettre le doigt sur la véritable source du problème. Son orgueil blessé et le manque de confiance flagrant qu'il a envers moi. Le même que j'ai eu envers lui, d'ailleurs, j'ai droit à un simple. "Ça n'a rien à voir." Ayant commencé dans le sarcasme et peu disposée à lâcher du leste, je demande, toujours pleine d'ironie. "Ah vraiment?" Je flanche légèrement quand il affirme ne trouver aucune autre explication à mon attitude que mon désir de divorcer. J'ai bien envie de lui rappeler que lorsqu'il m'a laissé le choix entre les lui donner ses fichus papiers et les garder, c'est bien moi qui aie pris la décision de ne pas les poser sur son bureau. Malgré TOUT. A cause de mon amour pour lui, il m'est bien trop facile de me ramollir. Comme à chaque fois, je me promets de ne pas le faire, de ne plus le faire. Je n'arrive plus à compter le nombre d'inepties qui sortent de sa bouche passée l'histoire du divorce. Il y en a tellement que je me demande si je fais bien de continuer cette discussion. Farell semble avoir perdu tout bon sens à mon sujet uniquement et c'est mauvais. Mauvais pour moi. Je monte pourtant dans les aïgues, n'écoutant pas l'alarme qu'il met pourtant bien en face de moi en me poussant. "Egoiste?!? Que pour ma gueule?!? Une MAUVAISE MERE?!?" Je répète comme si cela pourrait lui permettre d'entendre combien c'est cruel mais surtout faux. Mais pire que tout. "Je t'HUMILIE? MOI?" Venant d'un mec qui m'a tiré par les cheveux sur plusieurs mètres, c'est gonflé. J'ai même presque envie de rire tellement c'en est triste. Presque.

Et enfin, trop énervée pour en rester à des simples répétitions, je contre-attaque. "Je n'ai pas de leçon à recevoir d'un père incapable de donner plus que le quart de son affection!" Bien que cette leçon soit remplie de rancœur, c'est pourtant ce que ça semblait être. En plus d'un jugement faussé. A présent, l'égoïsme, puisqu'on en parle. "Dis moi Farell, c'est en pensant à ta fille et à moi que tu t'es décidé à me mentir la totalité de notre vie maritale?!? Tout en me sortant, bien-sûr avec la nonchalance qui te caractérise par la suite que... J'aurais dû m'en rendre compte à un moment. De quoi on parle? D'un foutu jeu télévisé?" Le seul qui me vient là, tout de suite, c'est "Question pour un Champion" alors je le retiens immédiatement. Finalement, je n'ai peut-être pas beaucoup plus de bon sens que lui. A corps perdu, je me lance dans un plaidoyer qui ne sent pas bon d'avance. "Tu savais qui j'étais quand tu m'as épousé. J'aime mon boulot bon sang Farell. Arrête de faire comme si tu tombais de haut en le découvrant et je n'ai pas dormi AVEC lui. Je suis simplement restée camper dans son village." D'abord parce que je voulais entendre les histoires au coin du feu et ensuite parce qu'il était bien trop tard pour que je n'ai envie de faire toute cette route seule ensuite. Ses arguments qui ne vaudront pas un sou pour Farell, je me les garde. Ce n'est cependant tout de même pas comme si on avait partagé une tente et en effet, cette droiture fait toute la différence pour moi. "Tu veux vraiment parler de différence entre toi et moi? Je pensais que tu me trompais parce que tu n'étais jamais là! Nuance. Le papier n'a fait qu'exacerber cette idée mais moi je suis là. Malgré tout tes mensonges, malgré ton attitude, malgré les bleus, malgré le manque d'excuses à mon égard, je suis là!" Et il ne fait que confirmer mon idée en me tournant le dos à nouveau. Bien évidemment, je suis trop en colère pour comprendre qu'en vérité, se faisant, il tente de sauver ma misérable vie. Les dernières paroles m'ont achevé. Le bougre, il sait frapper exactement là où ça fait mal surtout quand il s'agit de moi. Puisqu'on a commencé ainsi, c'est ainsi qu'on finira. Je me rends à peine compte que c'est moi qui aie lancé la tasse vide qui s'écrase à côté de Farell. Elle ne frôle rien cette pauvre tasse. Je ne sais pas viser, du tout. Elle éclate pourtant et je n'ai pas le temps de me demander si un morceau a fini par voler de son côté quand je me mets à hurler. "Je t'interdis de me traiter d'hypocrite envers ta famille simplement parce que, comme tu me l'as demandé, je n'ai plus étalé nos problèmes au grand jour! Je les aime plus que tout et tu le sais! C'est dégueulasse et bas ce que tu fais! S'il y a bien une chose qui pourrait rester de ce mariage maudit pauvre Wilde de pacotille, c'est bien mon amour pour ta famille!" Je suis bien trop en colère pour cesser, à mon tour, de raconter des bêtises. Alors je termine en le regardant droit dans les yeux. Il veut partir? Soit. "Va au diable!" Ma voix n'a pas baissé d'un octave.

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Re: Je t'aime à en mourir, je te hais à en souffrir. [Farell] ✻ ( )

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